Les résultats officiels de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 seront proclamés, le 27 octobre 2025 par le Conseil constitutionnel. Ils ne seront probablement pas très différents de ceux déjà en circulation sur les réseaux sociaux, après la compilation des résultats faite par la Commission nationale de recensement général des votes. Des résultats qui donnent Paul Biya, vainqueur avec environ 53% des suffrages exprimés, suivi par Issa Tchiroma Bakary, 35%. Mais la vérité des urnes selon le candidat Issa Tchiroma Bakary est toute autre. Au soir du 12 octobre 2025, il s’est déclaré vainqueur de cette élection, selon les tendances issues des bureaux de vote. Bien évidemment, cette vérité ne sera pas celle du Conseil constitutionnel, l’instance juridictionnelle habilitée à proclamer officiellement les résultats de l’élection présidentielle.
Et déjà depuis lundi dernier, les cadres du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti du président candidat Paul Biya, sont mis à contribution pour préparer l’opinion publique à se détourner des éventuelles contestations incitées par certains candidats à cette élection. En exécution des « Très hautes prescriptions » du Président Paul Biya, ces élites sont de nouveau envoyées sur le terrain, pour délivrer « un message de rejet total de la violence et d’impératif respect du verdict des urnes à venir, visant à contrecarrer les appels au chaos lancés par des acteurs politiques en attendant la décision du Conseil constitutionnel », apprend-on de la communication de ce parti.
Les mises en garde du RDPC
Dans la région de l’Est par exemple, le ministre Joseph LÉ, ignorant le message d’une autre élite de cette région, Michel Ange Anguing qui, dans une tribune au lendemain de l’élection présidentielle, reconnaissait que « les bastions imprenables du RDPC sont pour la plupart ébranlés dans leurs fondations » et que « le moment est certainement venu pour chaque militant, sympathisant ou allié du RDPC d’évaluer sa contribution à la victoire souhaitée du candidat président ». Mais le plénipotentiaire politique de la région de l’Est va plutôt mette en garde les populations contre les manipulations qui conduiraient à la destruction de leurs villes. Tout en insistant sur le fait que le vrai gagnant doit être le Cameroun, et en réitérant le message de paix du Chef de l’État. Il va également mettre en garde la population contre les conséquences dévastatrices de la violence, insistant sur la primauté de la stabilité et du vivre-ensemble sur toute ambition politique individuelle. Pourtant, comme le pense Mgr Paul Lontsie, évêque de Bafoussam, « On ne peut pas parler de paix et bourrer les urnes, voler la victoire du peuple. La paix va ensemble avec le respect de la volonté populaire ».
Les vraies raisons de la débâcle électorale ignorées
La tribune de l’ancien ministre Michel Ange Angouing, si elle a le mérite d’appeler les cadres de son parti à une autocritique pour comprendre les véritables causes de leur échec électoral et s’ajuster. Elle cache mal le malaise actuel au sein de ce parti. L’on se regarde en chiens de faïence. Des messages comme « Présidentielle 2025: Philippe Mbarga Mboa, l’homme de main du SGPR, Ferdinand Ngoh Ngoh accuse le ministre Etoundi Ngoa de faire partie des ministres qui ont félicité Issa Tchiroma Bakary », écument les réseaux sociaux. L’on se rejette donc mutuellement la responsabilité de l’échec électoral. Ou alors, on se réfugie derrière un supposé vote communautaire, comme le reconnaissait Félix Zogo, le Secrétaire général du ministère de la Communication, au cours d’un débat télévisé sur les antennes de la télévision Vision 4, le 19 octobre 2024. Toute chose qui frise la stigmatisation. C’est cette logique de stigmatisation qui peut d’ailleurs transparaitre de cette invitation du préfet de la Sanaga Maritime, Cyrille Yvan Abondo, à la suite de ceux du Wouri et de Guider, invitant les chefs des communautés Bamiléké, du Grand Nord et Anglophones, regroupées et organisées d’Édéa à une séance de travail prévue, le mardi 21 octobre à la préfecture, pour consolider la paix et le maintien de l’ordre.
Pourtant, les véritables raisons de cet échec électoral n’ont aucune couleur tribale. C’est tout simplement l’expression d’un raz-le-bal social face aux difficultés que rencontre l’ensemble de la population actuellement. La vie chère, le chômage des jeunes, la pauvreté ambiante, avec son corollaire de faible pouvoir d’achat des Camerounais, la mauvaise gouvernance, etc., n’ont de couleur ethnique. Et, c’est ce raz-le-bal qui a été exprimé à travers les urnes, le 12 octobre 2025.
Alors que l’audience du contentieux post-électoral est attendue ce 21 octobre 2025, des caciques d’Issa Tchiroma entendent réclamer la victoire de leur champion dans les rues. A Yaoundé, des marcheurs se sont lancés sur la bretelle entre le carrefour Warda et l’Ecole nationale supérieure de police. Des manifestations improvisées que la police et la gendarmerie ont tenté de maitriser et de circonscrire autour du Palais des sports. Pendant ce temps, d’autres foyers sont nés sur l’axe principal de Madagascar et à la sous-préfecture de Tsinga. Des camions de la gendarmerie veillent au grain, et parviennent à immobiliser des manifestants aux abois, scandant des chansons à la gloire du candidat du Front pour le Salt national du Cameroun (Fsnc). Au fur et à mesure, le nombre s’accroit. L’on annonce des interpellations. De source crédible, des renforts sécuritaires sont en route pour la capitale.
Couvre-feu à Garoua
On apprend de sources journalistiques que la ville de Garoua avait déjà engagé les hostilités avant. « Des manifestants ont pris d’assaut les rues dans la zone du Carrefour 8», renseigne un confrère en service dans la ville. Il s’agit d’un des coins de la ville où des échauffourées avaient eu lieu le 12 octobre dernier, jour même de l’élection présidentielle. C’est là que, à un jet de pierre de sa maison, Issa Tchiroma avait été « sauvé » par la foule de partisans, alors que la gendarmerie l’avait déjà encerclé.
Des manifestants près de l’école de police
Le prefet de la Benoué a instauré un couvre-feu dans son territoire de commandement, entre 20h et 5h. Le patron de l’administration territoriale dans ce département dont est originaire Issa Tchiroma, a convoqué la presse cet après-midi. L’on en saura un peu plus dans les prochaines heures.
La Chambre d’Agriculture, de Pêche et d’Élevage (CAPEF) s’est engagée depuis quelques mois à moderniser une filière porcine longtemps artisanale pour la rendre compétitive sur le marché national et la zone du libre-échange continental africain (ZLECAf). Le dossier Proporc prévoit, d’ici 2026, la construction de 500 fermes modernes et la mise en service de plusieurs abattoirs industriels — une architecture destinée à faire basculer la production vers une logique d’échelle et d’exportation.
Sur le plan financier et opérationnel, le projet s’appuie sur des partenaires étrangers notamment avec la société française I-TEK qui a annoncé un apport technique et financier d’environ 5 milliards FCFA pour la construction des unités, tandis qu’un volet génétique confié à des acteurs comme Axiom doit améliorer les performances zootechniques des élevages. Le pilote est programmé à Bankim (Adamaoua) et la phase de déploiement s’étend sur plusieurs régions. Le calcul économique motive l’urgence, le Cameroun accuse un déséquilibre structurel entre offre et demande.
Les estimations publiques et professionnelles varient — une production nationale souvent citée autour de 30 000 tonnes contre une demande évaluée entre 50 000 et 75 000 tonnes selon les sources — ce déficit structurel nourrit l’argument central du Proporc : combler le marché intérieur puis convertir l’excédent en recette d’exportation. Sur le plan technique, le modèle retenu est calibré et chiffré : chaque ferme-type comptera 28 truies pour une production estimée à 1 500 porcelets par an — hypothèses fournies par la CAPEF — et, à terme, la capacité cumulée des fermes projetées doit permettre d’atteindre une masse critique de production.
La stratégie de développement de la filière porcine repose sur quatre leviers étroitement liés : moderniser les infrastructures et les abattoirs pour répondre aux normes internationales, lancer des programmes d’amélioration génétique combinant races adaptées au climat et lignées plus performantes, sécuriser l’approvisionnement en intrants tels que les aliments et produits vétérinaires, et enfin élargir l’accès aux marchés nationaux comme régionaux. L’ambition affichée est claire : faire évoluer l’élevage porcin d’initiatives dispersées vers une véritable chaîne de valeur intégrée, capable de peser dans l’économie camerounaise et au-delà. L’orientation vers la ZLECAf est stratégique. La zone continentale offre un marché potentiel d’environ 1,3 milliard de consommateurs et, selon la Banque mondiale, l’accord continental peut accroître significativement les échanges intra-africains — des projections évoquent des gains substantiels pour les filières industrielles intégrées.
Pour le CAPEF, la ZLECAf représente la débouchée naturelle d’un surplus camerounais industrialisé. Mais un défi de taille subsiste : la résilience sanitaire et climatique, condition sine qua non de la réussite industrielle. Experts et partenaires insistent sur l’urgence d’introduire des races porcines adaptées aux fortes températures, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en intrants, et de renforcer les dispositifs de surveillance zoosanitaire. Ces exigences techniques, dictées par la fréquence des chocs épidémiques qui affectent la porcherie mondiale et africaine, sont cruciales pour éviter que la montée en puissance du projet ne soit fragilisée dès ses fondations.
Pour les acteurs nationaux — éleveurs, transformateurs, distributeurs — Proporc ouvre une fenêtre d’opportunité d’emplois avec une estimation d’environ 2 000 emplois directs, apprend-on, de formation dans le centre pilote en cours d’implantation à Bankim, dans la région de l’Adamaoua et l’intégration des chaînes de valeur. Mais la réussite passera par trois conditions politiques et économiques : sécurisation du financement privé/public, mise en conformité sanitaire et traçabilité, et construction d’un corridor logistique compétitif pour l’export intra-africain.
Elle reste le parent pauvre d’une filière pourtant en forte croissance. La transformation industrielle de la viande porcine au Cameroun reste faible et en croissance. La filière souffre d’un manque de maîtrise des techniques modernes de production, de transformation et de valorisation de la viande porcine. Il y a encore un besoin de construction et de modernisation des abattoirs, des unités de transformation, et de systèmes de conservation (chambres froides). Bien que la production et la consommation de porc augmentent, le marché reste dominé par les ventes de produits frais ou de produits issus d’abattages artisanaux. La transformation industrielle, en produits élaborés, notamment en jambon, saucisses, viande hachée, et autres produits dérivés, nécessitant des techniques de préparation spécifiques, est encore embryonnaire, bien qu’il existe des opportunités de développement.
L’USINE DE TRANSFORMATION DE NKOLAFAMBA TOUJOURS ATTENDUE
C’est le cas par exemple, dans le cadre du projet Proporc, avec la construction annoncée d’une usine de transformation industrielle de porc dans la commune de Nkolfamba, région du Centre. Malheureusement, malgré la signature d’une convention, le 11 avril 2023, entre cette collectivité territoriale décentralisée et la CAPEF, ce projet tarde à prendre corps. Cette convention prévoyait l’implantation dans la commune de Nkolafamba, d’un centre technique d’excellence, avec en son sein, des blocs administratifs ; des blocs pédagogiques ; des dortoirs ; des aires de jeux ; des abattoirs ; des parkings et des voies et réseaux divers. Il était question, à travers ce centre d’excellence, d’y développer une expertise locale dans un domaine de la transformation industrielle de porc qui fait encore quelque fois défaut dans cette filière.
Également, le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) avait lancé, le 12 janvier 2021, un appel à préqualification des investisseurs désireux d’investir dans la transformation des produits animaux. Concrètement, grâce aux financements de la Banque mondiale dans le cadre du Projet de développement de l’élevage (Prodel), le gouvernement entendait cofinancer la mise en place de ces unités de transformation avec des privés.
Selon le Minepia, les projets visés étaient la construction « d’une unité de transformation laitière d’envergure avec possibilité de mise en place d’une laiterie de type UHT, d’une unité industrielle de charcuterie (porc), d’une unité industrielle de transformation de volaille, d’une unité de transformation des produits de la ruche, d’une unité industrielle de transformation de la viande bovine ».
Le marché camerounais de la viande porcine s’impose aujourd’hui comme l’un des plus dynamiques du secteur de l’élevage. D’après une étude récente du cabinet Trends & Poor, la filière représentait en 2024 une valeur estimée à 231 milliards de FCFA, pour un volume de 77 000 tonnes. Cette analyse du cabinet co-fondé à Londres par Ludovic Feumo, spécialiste en modélisation macroéconomique, souligne un potentiel de croissance considérable, même si certains chiffres diffèrent de ceux avancés par le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia).
Selon le rapport publié par le Minepia en février 2024 sur la situation du sous-secteur, la production nationale de viande porcine a atteint 49 400 tonnes en 2023, contre 46 000 tonnes en 2022, soit une hausse de 7 %, presque le double du rythme enregistré l’année précédente. « Ce chiffre est en hausse de 57% par rapport au chiffre du ministère de l’Elevage pour l’année 2023. Nous pensons que cette différence n’est pas uniquement le fait de l’augmentation de la production entre 2023 à 2024, mais aussi le résultat d’éventuelles erreurs de calcul », a indiqué le cabinet Trends & Poor.
Les projections du cabinet Trends & Poor anticipent une croissance annuelle moyenne. « Ce marché devrait connaître une croissance régulière avec un TCAC moyen prévu d’environ 9 % et atteindre près de 490 milliards de francs CFA d’ici 2030. Par construction, cette tendance projetée, fondée sur la dynamique historique du marché, est également influencée par les prévisions démographiques et de revenus dans les régions du Cameroun. Elle ne tient pas compte (au-delà des informations intégrées dans la structure de l’équation prédictive) des variations plausibles des préférences des consommateurs, des prix relatifs des viandes et des poissons, et des coûts de production et de distribution », indique le cabinet londonien.
Sur le terrain, apprend-on, la consommation par habitant reste faible. Elle oscille entre 0,5 et 4,11 kg par an selon les régions, bien en deçà des standards internationaux. Mais les disparités régionales sont frappantes. La région de l’Ouest domine le classement en termes de consommation, tandis que les régions septentrionales ferment la marche. Côté prix, l’écart est tout aussi marqué en 2024. Si le kilogramme de porc s’affiche à 3 500 FCFA dans le Littoral et le Centre, il tombe à 1 400 FCFA dans l’Extrême-Nord, traduisant des différences de pouvoir d’achat et de structuration de l’offre. Les régions du Littoral et du Centre représentent les principaux pôles de marché, tandis que l’Ouest, le Nord-Ouest et l’Extrême-Nord constituent les bassins d’approvisionnement stratégiques.
UN SECTEUR À FORT POTENTIEL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
Au-delà des chiffres, l’étude souligne l’existence de segments encore sous-exploités dans la chaîne de valeur : transformation locale, production de charcuterie, conservation et exportations régionales. Ces créneaux offrent non seulement des marges attractives mais aussi un fort potentiel de création d’emplois et de réduction de la pauvreté en milieu rural, dans une filière qui exige moins d’expertise technique que d’autres productions animales.
Avec une demande croissante, une structuration progressive des pôles régionaux et des opportunités d’industrialisation, la filière porcine se positionne comme un levier stratégique de l’agro-industrie camerounaise. À condition de relever les défis sanitaires – notamment la Peste porcine africaine, devenue endémique – et d’investir dans la transformation locale, le Cameroun pourrait rapidement transformer ce secteur en moteur de croissance et de sécurité alimentaire.
Au moment où l’on annonce l’ouverture du contentieux post-électoral pour le scrutin présidentiel du 12 octobre dernier, le candidat Issa Tchiroma Bakary qui a déjà reconnu sa victoire, rend publics les procès-verbaux de 18 départements, qui fondent sa déclaration de victoire. Ces procès-verbaux sont issus des compilations des (PV) sortis des bureaux de vote et des antennes communales. Il s’agit du Wouri (Littoral), du Mfoundi (Centre), de la Bénoué (Nord), du Diamaré (Extrême-Nord), du Mayo-Danay, du Mayo-Tsanaga, de la Vina (Adamaoua), du Logone-et-Chari, du Mungo, du Noun, du Mayo-Louti, du Mayo-Kani, du Mayo-Sava, de la Menoua, de la Mifi, du Mayo-Rey, du Lom-et-Djérem et de la Lékié.
On en apprend que le candidat du Front pour le Salut national du Cameroun (Fsnc) a remporté l’élection dans le Wouri avec 78,31% des suffrages ; 59,56% dans la Vina ; et 61,05% dans le Mungo. Globalement, ces 18 départements clé qui, selon le communiqué accompagnant la publication desdits PV, totalisent près de 80% des 8 millions d’électeurs. « En remportant ces 18 départements, la victoire nationale est garantie, car leur poids électoral détermine l’issue du scrutin », explique le communiqué.
Alors même que les opérations de vote se déroulaient encore en terre camerounaise, la diaspora avait commencé à livrer les résultats des urnes. Et dans l’ensemble, selon les informations reçues et concordantes, Issa Tchiroma se comporte mieux à l’étranger. Aux Emirats-Arabes unis, le candidat du Fsnc a damé le pion à Paul Biya avec 174 voix contre 21, et Cabral Libii arrive en 3ème position avec 13 voix. En Arabie saoudite, c’est encore Issa Tchiroma qui arrive en tête avec 33 voix, contre 17 pour Paul Biya. Pareil en Chine où l’ancien membre du gouvernement dame le pion au président sortant, par 21 voix contre 12. A Naïrobi pour vote au Kenya, le même opposant coiffe les autres avec 92 voix contre 70 pour Paul Biya. C’est aux Pays-Bas que Cabral Libii force un passage mais juste pour occuper la seconde place (13 voix), derrière Issa Tchiroma (25 voix), et Paul Biya 3ème avec 11 voix.
En revanche, en Russie, le président Paul Biya arrive en tête avec 56 voix, suivi d’Issa Tchiroma avec 43 voix.
Vague jaune
Sur le plan national, Yaoundé a vu une vague jaune jaillir des urnes. En témoigne les explosions de joie de militants se réclamant de l’ancien membre du gouvernement, dans la plupart des bureaux de vote de Yaoundé 2, Yaoundé 3 et Yaoundé 6. A Maroua, capitale de la région de l’Extrême-Nord, c’était une liesse populaire. Les partisans d’Issa Tchiroma ont envahi les rues pour crier la victoire de leur champion. Ici, le résultat le plus illustratif est celui des Services du gouverneur. Dans ces locaux abritant les bureaux du représentant du président de la République, deux bureaux avaient accueilli les votes des électeurs. Dans l’un, le « candidat du peuple » a récolté 117 voix contre 72 pour Paul Biya, 7 pour Cabral Libii et 3 pour Bello Bouba. Le PAL et le FDC se contentent chacun d’une voix. Dans l’autre bureau, le même opposant arrive en tête avec 18 voix contre 12 voix pour le « propriétaire » des lieux, et une seule voix pour le candidat de l’Undp.
Au lamidat de Maroua, un autre centre de vote installé dans le domaine d’un affidé du régime, les deux bureaux de vote ont donné la même tendance. Dans le bureau A, Issa Tchiroma obtient 78 voix, contre 39 pour Paul Biya et 4 pour Bello Bouba. Les autres n’ont aucune voix. Dans le bureau B, c’est la même razzia jaune avec 80 voix pour Tchiroma et 27 pour Paul Biya, 02 pour Cabral Libii et une seule pour Bello Bouba.
Le contentieux électoral s’ouvre mercredi 22 octobre. Une journée marathon qui débouchera sur la proclamation des résultats officiels du scrutin. Mais Issa Tchiroma, lui, a déjà pris la peau de l’élu. Son représentant à la commission nationale de recensement général des votes ayant déserté la salle des travaux en dénonçant de grandes disparités entre les chiffres issus des départements, et ceux présentés devant la commission. De quoi susciter des contestations dans plusieurs villes dont Garoua, Dschang, Douala, Bafoussam. L’homme retranché dans sa résidence de Garoua, a appelé les forces de défense et de sécurité à se ranger du côté du peuple et non d’un clan ou d’un individu.
EMMANUEL NOUBISSIE NGANKAM, Analyste Economique Ancien haut fonctionnaire
de la Banque mondiale
Alors que la parenthèse de l’élection présidentielle se referme avec son lot d’émotions et d’incertitudes non encore totalement contenues, la réflexion sur les enjeux du développement économique devrait reprendre ses droits afin de sortir le Cameroun de l’abîme dans lequel il s’enlise doucement et peut être même inexorablement si rien n’est fait pour changer de trajectoire. Dans un tel contexte, la relation avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) prend toute sa place et particulièrement avec le Fonds Monétaire International (FMI) dont la seule évocation suscite de la controverse voire de l’appréhension. Une controverse qui confine à certains égards, à l’irrationnel et parfois teintée de dogmatisme et d’idéologie.
L’appréhension quant à elle pourrait se résumer à l’effroi d’un grand malade qui face à son médecin traitant, redoute à la fois le diagnostic et la thérapie de choc qui s’y prête. Et pourtant le Cameroun a mal à son économie et la présence entre autres, du FMI à son chevet, n’est certes pas une panacée, mais un accompagnement rendu indispensable du fait de la conjonction de plusieurs facteurs que sont, (i) l’état de l’économie et les contreperformances des politiques publiques, (ii) la pusillanimité des institutions publiques peu enclines à mettre en œuvre de manière courageuse et cohérente les réformes parfois audacieuses qu’impose la quête de performance et le respect de la trajectoire fixée, et (iii) la valeur ajoutée réelle qu’apporte le FMI.
UNE CROISSANCE POSITIVE MAIS MOLLE, QUI, RAPPORTÉE AUX PARAMÈTRES SOCIAUX, EST APPAUVRISSANTE
S’agissant de l’état de l’économie camerounaise, c’est devenu une rengaine que de rappeler que les performances des politiques publiques sont sous-optimales à plusieurs égards et les principaux indicateurs macroéconomiques sont suffisamment édifiants. D’après les comptes nationaux publiés par l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de croissance du PIB est resté atone voire fragile au regard d’une part des potentialités du pays et d’autre part des objectifs fixés par les autorités.
Le pic de 5,3% réalisé en 2014 n’a plus jamais été atteint et en 2020 il a même été presque négatif (0.7%), certes du fait de la crise planétaire induite par la pandémie du Covid-19. Depuis lors, le taux de croissance oscille autour de 3% (il a été de 3,5% en 2024) et la projection relativement optimiste pour 2025 est d’environ 4%, c’est-à-dire loin, très loin de la moyenne annuelle de 8,1% prévue dans la Stratégie Nationale de Développement SND30. C’est donc une croissance molle qui, rapportée à l’évolution démographique et à d’autres paramètres économiques et sociaux, pourrait s’apparenter à une croissance appauvrissante.
D’après le dernier baromètre de la CEMAC publié par la Banque mondiale en juin 2025, sur une population camerounaise estimée à 29,6 millions d’habitants, 12,6 millions soit environ 42,5% seraient pauvres et vivraient avec moins de 3,65 dollars (2200 F CFA) par jour. Cet appauvrissement est amplifié par l’inflation qui, d’après toujours l’INS, a atteint un pic de 7,4% en 2023 avant de redescendre à 4,5% en 2024, au-dessus de la norme communautaire de 3%. Cette hausse généralisée des prix considérée comme l’impôt des pauvres, érode le pouvoir d’achat particulièrement celui des couches les plus vulnérables.
UNE CRISE DE TRÉSORERIE QUI INDUIT LE RECOURS QUASI HEBDOMADAIRE AUX BONS DE TRÉSOR ASSIMILABLES
Pour ce qui est des comptes publics, la situation du Cameroun est essentiellement caractérisée par un déficit budgétaire couplé à un déficit du compte courant, les fameux déficits jumeaux fortement préjudiciables à l’ensemble de l’économie. En 2024, le solde du compte courant était de – 3,4% du PIB et le solde budgétaire de -1,5%. Ces chiffres traduisent un déséquilibre des comptes extérieurs et un déficit public financé soit par de l’endettement, soit par l’accumulation des arriérés, soit par les deux à la fois. Au-delà du solde budgétaire global, la situation des finances publiques est marquée entre autres, par une persistante tension de trésorerie de l’état dont l’une des manifestations est le recours quasi hebdomadaire au marché régional des titres publics par l’émission des Bons de Trésor Assimilables à 13 semaines (3 mois), 26 semaines (6 mois) ou 52 semaines (un an) pour lever 10 à 15 milliards de F CFA au taux d’intérêt allant jusqu’à 7%.
Pour faire simple, cette pratique est assimilable à un chef de famille qui chaque semaine, va à la tontine emprunter de l’argent pour faire face à ses engagements courants. Après chaque remboursement, il réemprunte immédiatement et ainsi de suite. Une cavalerie financière couteuse. Pour ce qui est de la torpeur à mettre en œuvre les réformes hardies y compris l’application de certaines législations, le cas le plus patent est la gestion des entreprises publiques dont certaines dans des secteurs stratégiques, sont devenues de véritables boulets, obérant la productivité et partant, la compétitivité de l’ensemble de l’économie. Le retard pris dans le secteur du numérique, la qualité et le coût des prestations dans ce secteur en est une parfaite illustration. Que dire de la mise entre parenthèses de l’application de la loi de 2017/011 du 12 juillet 2027 portant statut général des entreprises publiques et particulièrement les dispositions relatives à la limitation des mandats des dirigeants sociaux de ces entreprises ? Une situation de fait, fortement décriée avec persistance par l’universitaire Viviane Ondoua Biwole. Des cris dans le désert. Des exemples des réformes contenues ou différées sont légion et relèvent soit d’un manque de volonté politique, soit de la protection des privilèges, ou tout simplement de l’incompétence. Quelles qu’en soient les raisons, la procrastination et la lenteur dans le processus de prise de décision sont des maux aux conséquences incommensurables.
La réhabilitation de la SONARA ou la construction d’une nouvelle raffinerie devenue un véritable serpent de mer est à mettre dans ce registre. Il en est de même de la SNI dont la décision de réorganisation par décret du 10 juillet 2024 a charrié d’énormes attentes au regard des missions stratégiques de cette entreprise. Plus d’un an après, il y a à craindre que la montagne n’ait accouché d’une sourie car depuis lors, en dehors de la nomination du Président du Conseil d’Administration (PCA), aucune transformation majeure annoncée dans le décret ne semble s’être matérialisée. Dans le secteur de l’énergie électrique ô combien névralgique, la réalisation du barrage de Nachtigal avec ses 420 MW constitue incontestablement une avancée majeure.
Cependant, les difficultés à mettre en œuvre certaines clauses contractuelles liées à l’exploitation de ce barrage, la persistance du déséquilibre financier de l’ensemble du secteur, pourraient retarder voire compromettre les perspectives de développement de ce secteur, situation fortement préjudiciable à l’ensemble de l’économie. Quid des atermoiements dans la réalisation des infrastructures de transport (routes, autoroutes) ou encore des contrats mal négociés et qui conduisent à des contentieux aux conséquences financières désastreuses (péages routiers, contrats miniers etc). La parfaite illustration est l’affaire Sundance relative à l’exploitation du gisement de fer de Mbalam, affaire encore pendante depuis 2022 devant la Cour d’Arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale (CCI) alors que la compagnie australienne réclame au Cameroun 5,5 milliards de dollars de dommages, soit environ 3300 milliards de F CFA (près de 45% du budget annuel de l’Etat).
UN NOUVEAU PROGRAMME AVEC LE FMI PERMETTRAIT D’ACTIONNER AU MOINS TROIS LEVIERS AUX RETOMBÉES POSITIVES
Dans un tel contexte, quelle serait la valeur ajoutée d’un programme avec le FMI ? Il convient de rappeler que c’est le pays qui, en fonction de l’état de son économie et de ses besoins, sollicite l’assistance du FMI dans le cadre d’un programme. Le faire n’est pas (de manière absolue) une perte de souveraineté encore moins une mise sous tutelle même si elle s’accompagne de contraintes et de conditionnalités.
Il s’agit avant tout de l’exercice d’un droit que confère le statut de membre de cette institution qui s’apparente à une caisse de crédit mutuel pour les pays. Chaque membre peut y faire des placements ou solliciter des prêts. Cela dit, en ce qui concerne le Cameroun, un nouveau programme avec le FMI permettrait d’actionner au moins trois leviers aux retombées positives notamment, (i) des ressources financières, (ii) la mise en œuvre des réformes qui vont avec les conditionnalités et le rétablissement de la confiance des partenaires, et (iii) l’assistance technique et le renforcement des capacités dans des secteurs spécifiques. S’agissant des financements, les prêts du FMI sont essentiellement à taux d’intérêt raisonnable voire concessionnel.
Ceci est indéniablement un précieux avantage dans un environnement mondiale caractérisé par, d’une part la raréfaction des ressources et d’autre part le renchérissement des conditions des prêts sur le marché des capitaux. Ces prêts ne sont pas destinés au financement de projets spécifiques comme le font les banques de développement, mais constituent en quelque sorte des appuis budgétaires permettant au pays de faire face à des problèmes de liquidité ou au paiement des engagements internationaux (financement des importations, remboursement de dette etc.).
Au regard du solde courant et du déficit budgétaire persistants mentionnés plus haut, un financement du FMI serait une bouée de sauvetage pour le Cameroun qui par ailleurs pourrait pâtir des contreperformances des autres pays de la CEMAC. Rappelons que le dernier programme qui s’est achevé en juin 2025 et appuyé par trois accords de financement a permis au Cameroun de bénéficier d’une assistance financière globale de 956,1 millions de dollars soit environ 590 milliards de F CFA.
COMME SI ELLES AVAIENT ABDIQUÉ DE LEURS RESPONSABILITÉS, CES AUTORITÉS SE DÉFAUSSENT SUR FMI QUI LES ENJOINT À METTRE DE L’ORDRE DANS LEURS PROPRES AFFAIRES
Pour ce qui est de la mise en œuvre des réformes, cette composante du programme constitue ce qui pourrait s’assimiler à une assistance vertueuse qui traduit à certains égards les difficultés (pour ne pas en dire plus) des autorités à s’approprier lesdites réformes et de les mettre en œuvre de manière autonome, volontariste et courageuse. Comme si elles avaient abdiqué de leurs responsabilités, ces autorités se défaussent sur FMI qui les enjoint à mettre de l’ordre dans leurs propres affaires par le biais des conditionnalités (repères structurels ou quantitatifs).
A titre d’illustration, alors que l’on se serait attendu à une action volontariste de l’Etat, c’est le FMI qui, en 2022, enjoint le Gouvernement à procéder à : (i) un audit par la Chambre des Comptes de la Cour Suprême et sa soumission aux services du FMI, au Premier Ministre, au Sénat et à l’Assemblée Nationale ; (ii) la publication des informations sur les marchés en rapport avec la COVID-19 et, (iii) la publication du rapport d’exécution du Compte d’Affectation Spécial COVID-19 ».
C’est encore le FMI qui dans le cadre des conditionnalités du programme triennal appuyé par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et le Mécanisme Elargi de Crédit (MEDC), exige de l’Etat du Cameroun « La finalisation et la publication des textes d’application de la loi 2016/017 du 14 décembre 2016 portant code minier ». Fallait-il attendre que ce soit le FMI qui exige « la finalisation de l’étude diagnostique de CAMTEL, du PAD (Port Autonome de Douala) et de CAMWATER » ? Si ce n’est pas de la pusillanimité, ça y ressemble. Dans un éditorial mémorable de Cameroon Tribune du 22 septembre 1987 (déjà), Henri Bandolo, de regrettée mémoire, s’alarmait : « Evacués les facteurs exogènes dont l’origine, le contrôle et la maîtrise nous échappent, on n’a pas dit grand-chose sur nos propres responsabilités dans cette crise et, notamment, sur la médiocrité de nos élites intellectuelles, cadres supérieurs de la Nation, en charge des affaires de la République ». C’était il y a 38 ans…
Enfin, pour ce qui est de l’assistance technique et des conseils, c’est l’une des missions statutaires du FMI et le Cameroun en a déjà tiré avantage notamment en ce qui concerne la réforme du système de l’administration fiscal ou encore plus récemment le renforcement des capacités de la chambre des comptes de la cour suprême en vue d’un meilleur accomplissement de ses missions de contrôle des comptes publics et juge des comptables et gestionnaires publics.
En somme, si le FMI s’apparente à une caisse de crédit mutuelle pour ses états membres, solliciter opportunément son assistance constitue une bouée de sauvetage macroéconomique pour les pays en développement et émergents qui savent tirer avantage de cette institution qui souffre encore, hélas, d’une réputation écornée du fait, entre autres, des ajustements structurels des années 90 dont la brutalité, à certains égards, a laissé des cicatrices.
Emmanuel NOUBISSIE NGANKAM, Analyste Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale enoubissie7897@gmail.com
A domicile le 13 octobre dernier, les Lions indomptables ont été accrochés par les Palancas negras (0-0). Un nul au goût de défaite. Et d’ailleurs, les visiteurs ont manqué trois fois de trouver le chemin des filets : deux fois la transversale, et un tir de Banza (41ème) capté par André Onana. Côté Cameroun, seul une tête peu appuyée de Nouhou Tolo a pu être enregistrée. La sélection locale a souffert dans une rencontre peu engagée sur le plan offensif.
Il aura fallu attendre les dix dernières minutes pour voir ce flanc se réveiller. Avec les entrées de Vincent Aboubakar, Choupo-Moting et Christian Bassogog. Mais les trois occasions franches obtenues, notamment cette double frappe de Bryan Mbeumo, ont trouvé un impérial portier angolais. Les Palancas negras qui n’avaient plus rien à gagner dans ce tournoi éliminatoire, n’ont accordé aucun répit aux Lions indomptables, qui devront compter sur le destin des autres pour sauver le leur. Alors que le Cabo verde se qualifie directement, et pour la première fois pour la Coupe du monde, le Cameroun, lui, rêve de l’y retrouver, par le mécanisme des barrages intercontinentaux. Il faut déjà s’affirmer lors des barrages africains.
Le tournoi des barrages africains se jouera au Maroc. Ce sera du 13 au 16 novembre 2025. Les quatre pays admis à ce rattrape sont respectivement le Gabon, le Cameroun, la Rdc et le Nigéria. Le règlement prévoit que le premier joue contre le 4ème et le 2ème affronte le 3ème. Ainsi, le Cameroun aura pour adversaire la Rdc, pendant que Gabon et Nigéria s’expliqueront. Les deux vainqueurs s’affronteront dans une finale continentale qui livrera le nom du représentant africain pour la confrontation intercontinentale.
L’opération en cours concerne tous les ménages, commerces et petites industries raccordés au réseau basse tension d’Eneo, soit plus de 600000 clients de l’entreprise.
Du 16 octobre au 31 décembre 2025, les clients d’Eneo dans sa région dite de Douala, recevront des équipes techniques dans leurs domiciles ou lieux d’activités. L’entreprise chargée de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun vient de lancer une campagne d’inspection de tous les compteurs du parc de la ville de Douala et environs.
L’opération qui concerne à la fois des compteurs post payés communicants et non communicants va se dérouler dans la capitale économique, mais également dans une partie de certains départements du Littoral. Il s’agit notamment du Moungou avec la zone allant de Bekoko à Maleke en passant par Souza et Dibombari ; du Nkam, soit de Pk30 à PK45 et Bonepoupa. Dans la Sanaga maritime, la zone de Dibamba à Missole est aussi concernée. Tous les foyers, commerces et petites industries basse tension d’Eneo dans la région Eneo de Douala seront visités. Cette région compte environ 622 600 clients basse tension, dont près de 400 000 en prépaiement et plus de 220 000 en post paiement.
Sur le terrain, les équipes techniques d’Eneo procèdent chez chaque client à la vérification et la géolocalisation du compteur, la mise à jour des informations du client (coordonnées, activité, téléphone, etc.) et un contrôle visuel des installations. Ceci en vue de contrôler le bon fonctionnement des appareils de comptage et d’assurer la fiabilité de leurs données.
Cette campagne qui répond à une exigence règlementaire, vise la mise à jour des informations dans les systèmes techniques et commerciaux de la compagnie. « Initialement ponctuelle, cette campagne s’inscrit désormais dans une démarche pérenne de fiabilisation du fichier clientèle et de modernisation des outils d’exploitation, notamment par la géolocalisation. Elle s’emploie à une mise à jour régulière des données clients et un meilleur suivi des équipements sur le terrain. Cette activité contribue également à réduire les risques d’erreurs de facturation susceptibles de générer des litiges, et à améliorer la transparence dans la relation avec les clients », renseigne la direction régionale d’Eneo Douala.
Les clients sont appelés à identifier les agents déployés sur le terrain. Ils seront munis d’un badge, d’une carte professionnelle Eneo (ou partenaire) et d’un ordre de mission authentifiable via un QR code. Cette opération gratuite intervient deux années après une campagne de mise à jour des compteurs prépayés sur l’ensemble du territoire national.
Une enquête menée par une organisation de la société civile révèle des irrégularités dans l’attribution de certaines concessions foncières à la Socapalm mais celle-ci soutient que les reproches reposent sur des interprétations erronées.
La Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) est de nouveau indexée dans une affaire foncière. Une enquête menée par Green Development Advocate ( GDA), met en évidence des irrégularités dans l’attribution de certaines concessions foncières à cette agro-industrie à Édéa, dans la région du Littoral. Cette organisation de la société civile indique qu’on assite à des affrontements récurrents entre les communautés d’Apouh A Ngog, Koukouhè, Onguè et Déhanè et la Socapalm, depuis que l’entreprise a lancé les campagnes de renouvellement des plantations de palmiers à huile en 2023.
Selon l’enquête, près de 1 000 hectares seraient concernés par les revendications des populations qui dénoncent l’accaparement de leurs terres ancestrales. Au centre de la controverse, un arrêté préfectoral de mars 2021 attribuant 874 hectares de terres d’Apouh à la Socapalm. Cette « surface exploitée de 874 ha a été attribuée par arrêté préfectoral N°066/AP/C18/SAAJP du 3 mars 2021 au lieu-dit Apouh, pendant que la concession provisoire demeure en cours de transmission. Ce qui traduit l’illégale antériorité de l’exploitation agricole avant l’attribution de l’espace », indique le rapport d’enquête qui souligne aussi d’importants écarts entre les superficies concédées et les superficies exploitées.
Dans un communiqué, la Socapalm réfute les conclusions du rapport et affirme que les griefs ont pour base « des interprétations erronées ». Au sujet de l’arrêté préfectoral de 2021, l’entreprise soutient que « le préfet concerné a confirmé quele village d’Apouh n’existait pas à l’époque de la signature des titres contestés ». Bien plus, comme pour démontrer sa bonne foi, la Socapalm fait savoir qu’en 2017, avec l’appui du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), elle a engagé une expertise foncière impliquant les autorités locales et les représentants des communautés riveraines pour une clarification définitive des droits fonciers. Ce qui a abouti à la régularisation des concessions, avec la délivrance de titres fonciers définitifs en mars 2025. La superficie de la concession d’Édéa a été ramenée à 1 086 hectares et les parcelles retranchées devant être restituées à l’État du Cameroun, précise l’entreprise.
Les conflits fonciers autour des plantations de la Socapalm sont récurrents. En 2024, les riverains de la Socapalm ont obtenu de la justice le paiement de plus de 90 millions de FCFA. Un montant versé par Socfin, la maison mère de cette agro-industrie, dans le cadre d’une affaire judiciaire au sujet des plaintes pour accaparement des terres et violation de certains droits. L’affaire concernait 145 riverains régions du Sud, du Littoral et du Sud-Ouest, où la Socapalm est implantée. Ils dénonçaient l’accaparement de leurs terrains et lieux de sépulture, la pollution des cours d’eau par les produits chimiques, des mauvaises conditions de travail dans les plantations, l’absence d’actions de développement etc.