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Portrait : Cyrus Ngo’o, l’homme qui a remis le Port de Douala au cœur de la compétitivité

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Un après-midi de février 2022, le Palais des Congrès de Yaoundé vit au rythme de Promote, une foire des acteurs de l’économie nationale. Les allées bruissent de délégations, de discours et de signatures de partenariats. Cyrus Ngo’o, Directeur général du Port autonome de Douala (PAD), vient de quitter le stand institutionnel consacré à la première plateforme portuaire du Cameroun. Contre toute attente, il bifurque vers un autre stand, celui d’une entreprise de presse privée locale.

Sous la tente, le responsable du journal est saisi de surprise : on ne s’attend pas, dans ce genre de manifestations, à recevoir la visite impromptue d’un haut responsable public. Mais Cyrus Ngo’o ne se contente pas d’un salut poli. Il prend le temps de serrer des mains et de prononcer quelques mots simples, mais lourds de sens : « Nous voyons le travail que vous abattez à propos du Port autonome de Douala. » Le geste paraît anodin. Il ne l’est pas. Dans un univers médiatique souvent confronté à l’indifférence ou à la méfiance des grandes institutions, ces paroles sont perçues comme un signe de considération. C’est un baume, une reconnaissance inattendue. Et, au-delà du symbole, l’épisode éclaire une facette de l’homme : Cyrus Ngo’o n’est pas seulement un gestionnaire de chiffres et de grues portuaires. Il est aussi un dirigeant qui, au milieu des tempêtes qu’il a lui-même traversées à la tête du PAD, sait reconnaître la valeur du travail des autres.

Le 24 août 2016, un décret présidentiel nomme Cyrus Ngo’o, Directeur général du PAD, principale porte d’entrée du commerce extérieur camerounais. À 50 ans, l’administrateur civil prend les rênes d’une institution fragilisée par la congestion, les lenteurs administratives et un climat interne difficile. Membre du conseil d’administration avant sa nomination, il avait une idée des faiblesses. A sa prise de fonction, il impulse une « nouvelle dynamique ». Ce mot d’ordre se traduit par la transparence, la pédagogie et la rupture avec le statu quo.

Dès 2017, il initie une réforme majeure avec la création de régies autonomes pour reprendre en main des activités stratégiques — gestion des conteneurs, dragage, remorquage, immobilier. Cette réappropriation nationale des leviers portuaires marque une inflexion historique. Les résultats suivent rapidement. La régie du terminal à conteneurs, réinvestissant ses marges, enregistre de meilleures performances que l’ancien concessionnaire. La régie de dragage assainit le chenal, débarrassé de vingt-cinq épaves qui gênaient la navigation depuis des décennies.

Le temps d’attente des navires diminue, les coûts baissent et le port améliore son image d’efficacité. L’engorgement longtemps décrié est un triste souvenir. Parallèlement, des investissements massifs modernisent les infrastructures : plus de 44 milliards de FCFA sont injectés entre 2020 et 2024 pour acquérir grues, portiques et tracteurs portuaires. Pour la première fois, les dockers disposent d’équipements conformes aux standards internationaux. La digitalisation suit, avec la modélisation BIM, la dématérialisation des procédures et une meilleure circulation de l’information.

 Au-delà de la technique, Cyrus Ngo’o impose une nouvelle culture organisationnelle : transparence, responsabilité et ouverture. Le port est désormais perçu comme un bien commun au service de l’économie nationale. Les grands projets en cours confortent cette ambition : réhabilitation du duc d’Albe pétrolier, nouveau quai polyvalent bois, terminal mixte de vrac de 280 milliards de FCFA, extension du terminal à conteneurs pour atteindre un million d’EVP d’ici 2030.

À Dibamba, une zone industrielle et portuaire de 517 hectares est développée avec ARISE, destinée à désengorger la ville et créer une plateforme logistique intégrée. Natif de Messamena dans le HautNyong, Cyrus Ngo’o, 59 ans, est un administrateur civil. Longtemps, conseiller technique auprès du Premier ministre, il a coordonné des grands projets de l’État, dans divers domaines : énergie, mines, travaux publics, eau, télécommunications.

Résultats financiers du PAD : entre croissance et renforcement de la trajectoire financière

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L’impact économique du Port autonome de Douala ne fait pas débat. Selon une étude menée par l’Institut national de la statistique et citée par Cyrus Ngo’o en 2023, dans le cadre d’une interview à la CRTV, l’activité du PAD génère « à peu près 85 % des recettes douanières du pays, et 21,5 % des recettes internes de l’État. Le Port de Douala c’est à peu près 48 % de l’ensemble des emplois créés au niveau local, et 18 % à l’échelle nationale. »

Des chiffres qui expliquent pourquoi cette plateforme est souvent qualifiée de « poumon économique du Cameroun ». Alors que le Port Autonome de Douala (PAD) entre dans son 150e année d’existence, son histoire récente, depuis l’arrivée de Cyrus Ngo’o à sa direction générale en 2016, est marquée par une transformation financière significative, mais non dénuée de turbulences. L’examen des résultats publiés à l’issue des conseils d’administration successifs, présidés par Shey Jones Yembe, permet de retracer une évolution en trois actes : un redémarrage, une expansion rapide, puis une période de consolidation sous tension. Le premier exercice complet sous cette direction, celui de 2016, avait posé des bases modestes mais stables.

Selon le communiqué issu de la 67e session du Conseil d’administration, le résultat net s’était établi à 940,5 millions de FCFA, avec un résultat avant impôts de 2,16 milliards de FCFA. L’année 2017 avait confirmé les difficultés avec un net recul, le résultat net tombant à 455,5 millions de FCFA, une contreperformance attribuée à l’époque à « un ralentissement des activités » et à un « déficit de fluidité ». Le véritable tournant intervient en 2018. Les comptes adoptés ont révélé une spectaculaire progression du chiffre d’affaires, qui a « presque doublé » pour atteindre 60 milliards de FCFA, contre 38,018 milliards un an plus tôt. Le résultat net a suivi, grimpant à 2,043 milliards de FCFA.

Cette dynamique expansive s’est poursuivie jusqu’à un pic en 2021, où le PAD a enregistré un bénéfice net de 22,605 milliards de FCFA, selon les données des sessions 109e à 112e du Conseil en mai 2023. Cependant, le cycle haussier semble avoir trouvé sa limite à partir de 2022. Cette année-là, le bénéfice net a entamé une baisse, chutant à 16,059 milliards de FCFA, puis à 14,44 milliards de FCFA en 2023, selon les états financiers approuvés lors des 118e et 119e sessions en juin 2024.

Le communiqué précisait que cette performance était notamment tirée vers le bas par les résultats négatifs de la Douala Port Security (DPS) et de la Régie déléguée de dragage (RDD), affichant « un résultat net négatif cumulé de plus de 7,5 milliards ». La tendance s’est confirmée pour l’exercice 2024, dont les comptes ont été examinés lors des 124e, 125e et 126e sessions en juin 2025. Le résultat net s’est établi à 12,5 milliards de FCFA, contre 14,4 milliards en 2023, soit une nouvelle diminution de 1,9 milliard de FCFA.

Le chiffre d’affaires a également connu « une légère baisse, passant de 119,6 milliards de FCFA en 2023 à 114,1 milliards de FCFA ». Malgré cette contreperformance annuelle, le total du bilan, lui, continue de croître, s’affichant à 505,4 milliards de FCFA fin 2024, signe d’un ancrage structurel solide.

Le patrimoine immobilier du PAD, un actif de rentabilité

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Le 30 mai 2023, le Conseil d’administration du Port autonome de Douala (PAD) a décidé de la création de la Régie du Patrimoine Immobilier. Un acte qui marque la prise en main de la gestion de l’actif résiduel de l’Ex-Office national des ports du Cameroun (ONPC), transférés au PAD. Ce patrimoine couvre une superficie de 20,7 hectares constituée de 23 propriétés immatriculées, dont 22 bâties dans la ville de Douala et une non bâtie dans la ville de Yaoundé.

Parmi les missions confiées à cette nouvelle structure, la maîtrise de tous les actifs immobiliers actuels et à venir, leur développement, leur entretien, leur maintenance et l’exploitation par la mise en location, la recherche et l’acquisition de nouveaux immeubles. Quelques actions importantes de valorisation sont déjà visibles depuis la mise en place de cette régie. En mars dernier en l’occurrence, une sélection d’entreprises a été effectuée afin de bâtir de nouveaux logements à la suite d’un appel public international à manifestation d’intérêt lancé en décembre 2024.

Ce projet sera réalisé en partenariat public-privé (PPP) par un ou plusieurs prestataires, qui vont concevoir, financer, construire, exploiter les logements, puis les rétrocéder à la régie au terme d’un délai qui sera déterminé par les conventions. Les aménagements immobiliers seront réalisés sur 12 sites, dont 11 situés à Douala et un à Yaoundé. Prévu pour démarrer début 2026, il consistera à construire 12 immeubles dans les quartiers Bonanjo et Bepanda à Douala, ainsi qu’au quartier Tsinga à Yaoundé. Ils comprendront des logements d’habitation, des bureaux et des parkings pour véhicules. Autre projet d’envergure, la construction d’un hôtel 5 étoiles sur le domaine privé portuaire.

Dans quelques mois seront lancés au plateau Joss à Douala, les travaux de construction d’un complexe hôtelier. Le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD) a signé le 01 er août dernier, une convention de partenariat à cet effet avec la société Leilak Estates corporation Sarl basée aux Etats Unis. L’investissement d’environ 160,3 milliards de FCFA sera entièrement recherché par le partenaire privé sans aval ni caution du PAD et de l’Etat du Cameroun.

Gestion : le PAD à l’ère de la renationalisation des activités

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C ’est l’une des réformes majeures impulsées par l’actuel top management du Port Autonome de Douala : la nationalisation des activités. Et, celle-ci n’a toujours pas été un long fleuve tranquille. On en veut pour preuve, l’éviction du consortium Bolloré-Maersk du terminal à conteneurs, en décembre 2020 et contentieux judiciaire qui s’en est suivi. En effet, après 15 ans de concession du terminal à conteneurs, par le couple Bolloré-Maersk, à travers Douala International Terminal (DIT), le PAD a repris cette activité à travers la Régie du terminal à conteneurs (RTC) pour poursuivre les activités de DIT, non sans avoir réquisitionné au passage les près de 400 employés de cet opérateur.

Dans la même mouvance, dans le but d’autonomiser le dragage du port qui grevait considérablement les caisses de l’entreprise, soit environ 156 milliards FCFA en 10 ans, le PAD la Régie Déléguée du Dragage (RDD), a acquis de nouveaux équipements inaugurés, le 13 octobre 2020, par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Et, la drague aspiratrice de 3000 m3 de puits, baptisée Monts Mandara, propriété du PAD est entrée en action dans le chenal, principale autoroute du Port de Douala-Bonaberi, pour des travaux d’entretien de cet espace qui permet l’accès aisé des navires sur les quais du port.

 « Avec la reprise en main du dragage par le PAD, le Cameroun retrouve sa pleine souveraineté sur la principale autoroute d’accès du Port de Douala-Bonaberi. Audelà de la réduction drastique des coûts de cette activité, et la fin du chantage permanent exercé par les multinationales qui étaient chargées du dragage, le PAD voudrait en faire une activité génératrice de revenus pour l’entreprise à travers la location de ses équipements et l’exploitation des sédiments issus du dragage », précise l’autorité portuaire de Douala.

 Et comme le rappelait le DG du PAD, Cyrus Ngo’o, « L’activité de dragage est tenue par des Camerounais. Leur engagement permet au PAD de faire des économies de près de 9 milliards de FCFA par an, là où les multinationales faisaient dépenser plus de 10 milliards de FCFA par an au PAD, et cela pendant 15 ans ».

QUID DE LA SÉCURITÉ ET DU PESAGE

 Afin de sécuriser le port, le PAD a également créé Douala Port Security (DPS). Cette régie chargée de la sécurisation de l’espace portuaire, qui a recruté plusieurs centaines de jeunes, qui ont par la suite été formés avec le concours d’une unité d’élite de l’armée camerounaise. « Hier poreux et dangereux à certains égards, le port de Douala-Bonabéri est devenu sinon le port le plus sûr de la côte ouest-africaine, du moins parmi les plus sûrs », se satisfait Cyrus Ngo’o. Les activités de remorquage des navires ont également été reprises par le PAD, à travers une régie dédiée. Quant aux activités de lamanage (amarrage des navires), elles ont également été nationalisées, puisqu’elles ont été confiées à Fako Shipping and Transport Company, une entreprise basée dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, qui a créé une société de projet de droit camerounais, baptisée Douala Mooring Company (DMC).

Pour sa part, Douala Port Weighing Services S.A.S. (DPWS), filiale de Business Facilities Corporation Group S.A. (BFC GROUP S.A.), une unité opérationnelle de droit camerounais a été créée en 2019, à l’occasion du transfert de la compétence de pesage au groupe suscité, en vue de mettre à la disposition des décideurs, des informations relatives à la quantité de matières entrant et sortant du port de Douala, et aussi de préserver le patrimoine routier et ferroviaire du domaine public portuaire de Douala-Bonabéri.

Avec la Régie du dragage, le PAD économise environ 5 milliards de FCFA par an

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Cette mutation repose sur la création d’une Régie déléguée du dragage (RDD), mise en service en 2018 puis opérationnalisée en 2020. Selon le directeur général de la RDD, Samuel Ngondi Eboua, qui intervenait en février 2024 au salon Promote de Yaoundé, « la régie est l’aboutissement d’un processus engagé par le PAD pour rétablir la souveraineté de l’État du Cameroun sur l’entretien de la principale autoroute d’accès et de sortie des biens de notre pays, tout en réduisant les charges d’exploitation du port ».

156 milliards engloutis en quinze ans Entre 2005 et 2020, le dragage externalisé avait pris des allures de gouffre financier. Les multinationales chargées d’entretenir le chenal d’accès au port – parmi lesquelles l’opérateur espagnol Boluda – ont facturé en quinze ans plus de 156 milliards de FCFA, selon les chiffres communiqués par le PAD. Ce coût colossal représentait en moyenne 10,5 milliards par an, une charge qui pesait lourdement sur la trésorerie de l’autorité portuaire.

Le problème n’était pas uniquement budgétaire. Le PAD reconnaît avoir été confronté à un « chantage régulier » de la part de ses prestataires, qui conditionnaient la qualité des services à des rallonges financières. Une situation jugée intenable par l’autorité portuaire. C’est dans ce contexte qu’est née la Régie déléguée du dragage. Entièrement financée par le PAD, elle dispose de ses propres équipements nautiques. Le parc a été renforcé par l’acquisition, auprès des constructeurs internationaux d’unités modernes. Ces investissements stratégiques permettent désormais d’assurer un dragage continu et autonome du chenal, des darses et des quais. Le cahier de charges assigné à la RDD est de maintenir une profondeur minimale de 7 mètres, rétablir les profondeurs de conception aux pieds de quais, assurer la maintenance régulière des équipements, tout en garantissant la préservation de l’environnement. Mais la régie ne se limite pas aux aspects techniques. Elle a également une mission commerciale : valoriser les résidus de dragage, vendre ses prestations à d’autres clients potentiels et développer de nouvelles niches de recettes.

DES ÉCONOMIES SUBSTANTIELLES

Le coût annuel du dragage, qui dépassait les 10 milliards de FCFA lorsqu’il était confié aux multinationales, est désormais contenu à environ 4 à 5 milliards de FCFA. Autrement dit, l’opération permet au PAD de réaliser chaque année une économie moyenne de 5,5 à 6 milliards de FCFA. Sur une décennie, la facture globale devrait ainsi s’alléger d’au moins 55 milliards de FCFA, soit l’équivalent du financement de plusieurs infrastructures portuaires ou logistiques au Cameroun. Pour le PAD, l’opération produit un double effet.

L’assainissement des finances et le rétablissement de la souveraineté nationale. « L’autonomisation du dragage neutralise progressivement les charges liées à cette activité par la vente des services et des résidus de dragage », souligne la direction générale. Une logique de rationalisation qui tranche avec la dépendance passée vis-à-vis des opérateurs étrangers.

UNE PORTÉE NATIONALE ET STRATÉGIQUE

Le dragage du fleuve Wouri n’est pas un détail technique, c’est la condition même de la survie du Port de Douala-Bonabéri, porte d’entrée de quasi-totalité des importations et exportations camerounaises, mais aussi un hub vital pour le Tchad et la Centrafrique. Les navires doivent affronter la remontée du fleuve, rendue complexe par les marées et les fortes pluies de Douala. Sans dragage régulier, c’est toute la chaîne logistique nationale et régionale qui serait paralysée.

Modernisation : la régie du terminal à conteneurs de plus en plus performante

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En juin dernier, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe a procédé à la pose de la première pierre du projet d’extension du terminal à conteneurs de Douala-Bonabéri. Un chantier qui vise à augmenter les capacités opérationnelles du Port Autonome de Douala pour répondre à l’évolution projetée des trafics portuaires. De 12 millions actuellement, on estime à 23 millions de tonnes à l’horizon 2030, et autour de 45 millions de tonnes d’ici 2050. Des volumes bien au-delà de la capacité actuelle du port, évaluée à environ 13,5 millions de tonnes. Le terminal à conteneurs, qui représente quasi 17% du domaine portuaire, est l’un des plus sollicités en raison de l’importance de l’activité des conteneurs dans les échanges commerciaux nationaux et internationaux.

Pour réaliser ce projet, un partenariat public-privé a été conclu avec la société française Négri avec un coût d’investissements évalué à 47, 2 milliards de F CFA. Cette extension consiste à la construction de 250 mètres linéaires de quai supplémentaire, à l’aménagement de 7,9 hectares de terreplein arrière et 1200 mètres linéaires supplémentaires des voies terrestres. Ce qui va permettre d’augmenter les capacités d’accueil des navires et l’accroissement des installations d’acconage.

LES 5 ANNÉES DE LA RTC

C’est en décembre 2019, par une résolution du conseil d’administration du PAD que la RTC a été créée pour reprendre la gestion et l’exploitation du terminal à conteneurs du port de Douala après la fin de la concession de Douala international terminal (DIT), détenue par le consortium Bolloré-APMT. En cinq années de fonctionnement, le bilan est reluisant. Entre 2020 et 2024, la Régie du terminal à conteneurs (RTC) du port de Douala déclare avoir reversé au Port de Douala, des redevances d’un montant total de 89,2 milliards de FCFA.

 Des chiffres qui connaissent une courbe croissante depuis le lancement des activités de la RTC en 2020. Cette année-là, les redevances encaissées étaient de 15,7 milliards de FCFA puis sont passées à 16,5 milliards de FCFA en 2021, 17,9 milliards de FCFA en 2022, 19,1 milliards de FCFA en 2023 et 20 milliards de FCFA en 2024. Soit une hausse de 27,3% en cinq ans et 3,7 fois ce que reversait l’ex-concessionnaire dont les redevances tournaient autour de 4 milliards par an.

En cinq ans, la RTC revendique aussi un investissement de plus de 44 milliards de FCFA sous fonds propres, qui ont permis de réduire les délais de traitement des navires « On a dépassé tous nos objectifs. Nous sommes passés d’un chiffre d’affaires de 49 milliards et nous tutoyons aujourd’hui 61 milliards de FCFA. Le trafic est passé de 320 000 boîtes et nous allons frôler les 380 000 boîtes à la fin de cette année. Sur la cadence navire, nous sommes aujourd’hui à 27 mouvements par navire, nous avons ce que nous appelons ici le temps de livraison au Cameroun, parce que ça c’était une grosse plainte.

 Aujourd’hui, quand un camion arrive ici, il fait à peine 1 heure, il prend son conteneur et peut sortir », indique Lin Dieudonné Onana Ndoh, le directeur délégué de la RTC lors d’une rencontre avec la presse en fin d’année dernière.

Perspectives : un objectif de plus de 20 % du trafic des marchandises à l’horizon 2030

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Le port de Douala prépare son extension vers un nouveau site en eau profonde à l’île de Manoka dans l’arrondissement de Douala 6ème. C’est l’un des projets phares de son schéma directeur de développement 2020-2050 qui vise à répondre aux défis à long terme du commerce maritime. Diverses initiatives sont prévues pour permettre au PAD de conserver son statut de port majeur de la côte ouest africaine.

Dans la première phase de cette ambition, il est question d’engager plusieurs projets de développement dont certains sont déjà visibles, afin de moderniser et d’optimiser les infrastructures du site de Bonabéri. En second lieu, étendre le port vers le nouveau site en eau profonde de Manoka. On peut citer dans la première phase consiste, l’enlèvement des épaves ; le dragage; la mise en service des nouveaux postes pétrolier et de chargement de bois ; l’extension du terminal à conteneur et la construction de nouveaux quais, terminaux, magasins etc.

Cette phase devrait s’achever en 2035 et porter la capacité du port à 23 millions de tonnes par an dès 2030. Le projet d’extension, qui devrait s’achever en 2050, consiste à la construction de quatre postes conteneurs pouvant accueillir les plus grands navires du monde, un terminal céréalier et deux postes vraquiers. Le projet intègre aussi la construction des zones logistiques; des infrastructures de tourisme et de loisirs etc. « Cette extension sera indispensable pour le traitement du trafic futur du port de Douala dont les prévisions sont évaluées à environ 45 millions de tonnes à l’horizon 2050 , bien loin des 12 millions de tonnes actuels associées à une forte dynamique de croissance de la taille des navires exigeant des profondeurs plus importantes au plan d’eau. », précise Cyrus Ngo’o, le DG du PAD.

Le Port Autonome de Douala prévoit ainsi d’augmenter de plus de 20 % le trafic des marchandises sur sa plateforme en 2030. Avant d’atteindre 45 millions de tonnes à l’horizon 2050. Dans l’optique de réaliser cette ambition, le port de Douala est ouvert aux potentiels investisseurs. Plusieurs délégations d’hommes d’affaires étrangers effectuent constamment des visites au PAD. Le directeur général PAD et le président du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (Carpa), Dieudonné Bondoma Yokono, ont par ailleurs signé, en mai 2024 à Douala, un accord-cadre de coopération.

Les deux institutions mettent ainsi leurs efforts ensemble en vue d’attirer les investissements privés sur la place portuaire. Les termes de cet accord qui couvre une période de trois ans, prévoit que le Carpa devra aider le port à identifier et à attirer des partenaires privés. Dans le cadre ses partenariats publics privés, le PAD opte généralement pour des partenaires pouvant mobiliser les financements nécessaires, finaliser les études, réaliser les infrastructures et superstructures, les exploiter sur une période convenue avant de les céder au PAD.

Port de Douala-Bonabéri : l’œuvre de modernisation se poursuit

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Le dernier fait majeur dans les grands chantiers de modernisation engagés par le top management actuel du Port Autonome de Douala, c’est la signature, le 12 septembre 2025, avec Douala Port Power Corporation SA (DPPC SA), d’une convention relative à la construction d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité au Port de Douala-Bonabéri. Ce projet qui vise la production de l’électricité pour répondre à la demande énergétique croissante au Port de Douala-Bonabéri, tout en réduisant l’empreinte carbone par l’utilisation de technologies modernes, verra la construction d’une centrale électrique de 102 MW pour un coût de 257 milliards de FCFA, couplée à la construction d’un gazoduc partant de Kribi pour Douala, dont le coût est 140 milliards de FCFA. Mais également, l’extension de la capacité de cette centrale électrique (de 102 MW à 300 MW à terme), pour un coût de 230 milliards de FCFA sur 10 ans. Le coût total du projet est de 628 milliards environ.

UN TERMINAL VRAQUIER DE DERNIÈRE GÉNÉRATION EN CONSTRUCTION

Mais, on se souvient qu’il n’y a pas longtemps, le 25 juillet 2025 précisément, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, procédait à la pose de la première pierre du projet de construction d’un terminal vraquier de dernière génération sur la rive droite du Wouri. Un projet qui vise à désengorger les installations existantes, accroître du pays, et soutenir la montée en puissance de l’industrie nationale et régionale. Cette extension sur la rive droite, ajoutera 900 mètres linéaires de quai, trois nouveaux postes à quai (53, 54, 55), 36 hectares de terre-pleins, et un important dispositif logistique comprenant des zones de stockage, de manutention, et de raccordement routier, ferroviaire et énergétique.

 De manière précise, le nouveau terminal intègrera des unités de stockage de 120 000 tonnes, des entrepôts de 3 000 et 12 500 m², des bâtiments administratifs, des ateliers de maintenance, entre autres. Fruit d’un partenariat public-privé (PPP) de type Build-Operate-Transfer (BOT), ce projet sera entièrement financé et réalisé par le groupe britannique Kharam Trading Holding, via sa filiale Africa Ports Development (APD). Et, l’Etat à travers le PAD, de son côté, percevra 258 milliards FCFA de recettes sur la durée de l’exploitation de 25 ans.

EXTENSION DU QUAI 17 DU TERMINAL À CONTENEURS

Toujours dans la même lancée des travaux de modernisation du Port de Doula-Bonabéri, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, au même mois de juillet 2025, procédait à la pose de la première pierre des travaux d’extension du quai 17 du terminal à conteneurs. Il s’agit de construire 250 mètres linéaires de quai et aménager un terre-plein de 7,9 hectares. Au total, les travaux d’extension devront couvrir une superficie de 1200 mètres linéaires des voies RTG exploitables sur une durée de 10 ans. D’une durée de 30 mois, ces travaux seront réalisés par la société NEGRI qui, d’ores et déjà, a paraphé une convention y afférente avec le PAD, calquée sur le modèle de partenariat public-privé.

À travers cette modernisation des infrastructures et équipements portuaires, Cyrus Ngo’o, ambitionne de faire passer le trafic annuel de 380 000 EVP, à plus d’un million d’EVP à l’horizon 2030. Avec des incidences financières énormes sur les chiffres d’affaires annuels de la RTC et d’autres régies, ainsi que sur les redevances versées au PAD.

Port autonome de Douala : 150 ans d’ancrage économique

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Le Port de Douala-Bonabéri, qui célèbre en 2025 son cent cinquantenaire, est une infrastructure dont l’histoire se confond avec celle de l’économie camerounaise. Selon le discours prononcé le 26 septembre 2025 par le directeur général du Port autonome de Douala (PAD), les « premiers jalons » de cette plateforme furent posés en 1868 par les Allemands, présents sur le fleuve Wouri depuis 1851.

 Leur objectif était de créer un débouché stratégique pour l’exportation du cacao, du café, du bois et de l’huile de palme, tout en important les équipements nécessaires à la colonie. Durant 45 années d’occupation allemande, Douala devint un centre névralgique du commerce colonial. Dès 1904, l’infrastructure est administrée par le Service officiel de navigation fluviale et de cabotage et dispose déjà de quais, de jetées et d’ateliers modernes.

La compagnie Woermann-Linie, fondée en 1885, relie Hambourg à Douala en seize jours. En 1911, la côte du Cameroun accueille 536 navires, dont 170 à Douala transportant près de 493 000 tonnes de marchandises. Après la Première Guerre mondiale, la France hérite du site. Dès 1922, un premier projet d’extension est lancé, estimé à trois millions de francs français, centré sur le dragage et l’amélioration des superstructures.

Une seconde phase suit au lendemain de la Seconde Guerre. En 1947, un avant-projet est adopté et confié à la Société des Grands Travaux de Marseille. Les chantiers menés entre 1948 et 1954 offrent au port 1 800 mètres de quais en eau profonde et 25 000 m² de magasins-cales, dimensionnés pour un trafic d’un million de tonnes. À l’indépendance, en 1960, le Cameroun hérite de six ports d’État et deux privés, mais Douala concentre entre 1966 et 1968 près de 87 % du trafic.

Les entreprises françaises conservent alors une position dominante, les syndicats d’acconiers et sociétés de transit continuant à opérer. Pour accroître les capacités, trois programmes d’investissement sont initiés. Le premier, lancé en 1969 avec l’appui de la Banque mondiale (778 millions FCFA), permet la construction d’un quai minéralier et l’aménagement d’un parc à bois. Le second, inscrit dans le quatrième plan quinquennal (1977-1981), est lancé en 1976 par Paul Biya, alors Premier ministre, et exécuté par Boskalis sous la direction de Simon Ngann Yonn.

Estimé à 120 millions de dollars, il confère au port sa configuration actuelle. Le troisième, financé en 1983 par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (22,5 millions de dollars), complète l’équipement avec de nouveaux quais, entrepôts et installations pour les conteneurs. La réforme de 1998, créant le Port autonome de Douala, visait à transformer le PAD en instrument de souveraineté économique. Mais les injonctions des institutions de Bretton Woods « en faveur du désengagement de l’État provoquent un délitement du patrimoine foncier et immobilier, et une chute de compétitivité ». Le port vit alors « au rythme des congestions », selon les mots du directeur général, jusqu’à la reprise en main décidée par l’État.

Depuis 2016, conformément aux instructions présidentielles énoncées en 2011, un programme de normalisation et de modernisation est engagé. Les activités renationalisées, les investissements récents et les nouvelles infrastructures replacent le PAD dans une dynamique de croissance. À l’occasion de son 150e anniversaire, l’institution rappelle que cette infrastructure n’est pas seulement une installation commerciale, mais un « patrimoine commun et une fierté nationale », au cœur du commerce extérieur du Cameroun et de l’intégration régionale.

Alerte sur les impacts négatifs de la pêche industrielle sur les riverains

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 Violation de la zone réservée à la pêche artisanale, violences infligées par des officiers étrangers, pillage des poissons… A travers un film, l’ONG anglaise EJF met en évidence la vulnérabilité des communautés côtières camerounaises et appelle à des mesures gouvernementales urgentes.

 Malgré des avancées dans les réformes en matière de pêche, beaucoup reste encore à faire pour préserver les plus de 200000 pêcheurs que compte le Cameroun, pense Environmental Justice Foundation (EJF). L’ONG anglaise de défense du droit fondamental de l’homme à un environnement naturel sûr tire la sonnette d’alarme dans un film publié il y a quelques jours. Dans cette production réalisée dans les zones côtières du Cameroun, l’ONG   met en évidence les impacts de la pêche illicite sur les riverains.

Le film présente des pêcheurs artisanaux dont les moyens de subsistance sont détruits ou menacés par des chalutiers appartenant à des étrangers qui se livrent à des activités illégales. L’une des pratiques occurrentes est la violation de la zone réservée exclusivement à la pêche artisanale. La loi dispose en effet que ces navires de pêche ne doivent pas pêcher dans les cinq milles nautiques à partir de la côte. Mais cette limite n’est pas respectée.  Conséquence, les ressources sont pillées et se font rare pour les riverains.  « C’est le poisson qui nous sauve. Grâce au poisson nous envoyons nos enfants à l’école. Grâce au poisson nous achetons tout ce que vous voyez ici. Mais aujourd’hui, ils ne s’arrêtent pas. Nuit, jour… Parfois ils viennent en nombre, 10 ou 12. », témoigneAbel Benson Okonniyin pêcheur. 

Outre les menaces sur l’environnement, le film recense le non-respect de certains droits humains pour les ouvriers qui travaillent dans ces chalutiers.   Les équipages travaillant à bord de ces navires décrivent divers abus : absence de contrat, de nourriture et d’eau insuffisantes, des violences infligées par des officiers étrangers.

EJF souligne la nécessité pour les autorités, de renforcer urgemment la transparence dans la gouvernance des pêches. Le pays a pourtant révisé sa loi sur la pêche et l’aquaculture en décembre 2024 et a adhéré à la Charte mondiale pour la transparence des pêches en avril dernier. Pour EJF, il faut plus pour que ces textes aient des effets. « Le gouvernement camerounais a pris certaines mesures encourageantes, mais il faut aller beaucoup plus loin pour garantir l’application effective de la loi, sanctionner les contrevenants et faire de la transparence la norme. Ce n’est qu’à cette condition que le Cameroun pourra assurer une pêche durable, légale et éthique. », a indiquéSteve Trent, Directeur général et fondateur d’EJF.

Il recommande notamment l’adoption urgente du décret d’application de la nouvelle loi sur la pêche, sinon les pêcheurs illégaux continueront de dévaster les moyens de subsistance des populations et les écosystèmes marins.

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