L’atelier de validation organisé à l’hôtel Tou’ngou, au carrefour Etoa Meki, organisé par la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté (WILPF Cameroon), a réuni associations féminines, organisations de jeunesse, experts en gouvernance, acteurs politiques et médias. Ensemble, ils ont formalisé un document qui engage les principales forces vives à œuvrer pour un climat électoral serein, fondé sur le respect mutuel, la tolérance et la responsabilité civique.
Le contexte est doublement symbolique, le Cameroun se prépare à une séquence électorale dense – présidentielle, régionales, puis législatives et municipales – tandis que la communauté internationale célèbre le 25ᵉ anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci reconnaît le rôle décisif des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix. Cette année, l’enjeu est de transformer ce principe en réalité nationale.
Pour Sylvie Dongmo, « le manifeste repose sur des bases solides, notamment la Résolution 1325, la Charte africaine de la démocratie et la Résolution 2250 sur la jeunesse, paix et sécurité. Il place femmes et jeunes au centre du jeu démocratique, non plus comme observateurs, mais comme garants de la paix ».
Le document adopté formule plusieurs engagements concrets : intensifier l’éducation civique et électorale, combattre les discours de haine, promouvoir l’autonomisation économique des femmes et renforcer la participation des jeunes dans les instances de décision. Il consacre également la mise en place d’une Salle de veille et d’alerte des femmes, un mécanisme de suivi et d’alerte précoce destiné à identifier et atténuer les risques de violence politique.
Nathalie Foko, présidente de la WILPF Cameroun, salue « un travail collectif porteur d’espoir pour un Cameroun apaisé ». De son côté, Ndongo, représentante de la branche jeune de la même organisation, appelle à « une utilisation responsable des réseaux sociaux pour promouvoir la stabilité et la cohésion nationale ». Au-delà du plaidoyer, cette mobilisation traduit une conscience citoyenne émergente, celle d’une génération qui lie paix, inclusion et développement durable. En inscrivant leurs revendications dans un cadre institutionnel reconnu, femmes et jeunes s’affirment comme des acteurs économiques et sociaux essentiels à la stabilité du pays.
Le manifeste sera transmis aux candidats et aux institutions concernées, pour rappeler que la paix électorale n’est pas seulement une exigence politique, mais un levier économique. Dans un contexte où chaque tension affecte la confiance des investisseurs, la fluidité des échanges et la sécurité des communautés, la cohésion nationale devient une condition de croissance.
En unissant leurs voix, femmes et jeunes rappellent que le développement durable commence par la paix, et que la démocratie ne s’enracine que là où la société se reconnaît dans le dialogue plutôt que dans la confrontation.
La nouvelle n’a pas été rendue publique mais des sources concordantes disent Aboubacar Ousmane Mey aux arrêts depuis cet après-midi du 6 octobre 2025. L’homme passera la nuit au commissariat central de la ville.
Rien ne filtre pour le moment des motifs de son arrestation. Mais il y a quelques mois, l’homme avait effectué une sortie médiatique aux relents guerriers, sur les antennes d’Equinoxe télévision. Annonçant la fin du régime de Yaoundé pour bientôt.
...Un candidat à la présidentielle menacé
Et pourtant, c’est plutôt sur un candidat à l’élection présidentielle que le marteau de l’administration s’annonçait. Un communiqué de mise en garde du préfet du Nord qui laissait envisager des jours sombres pour le fils de l’ancien gouverneur de la province du Nord, comprenant jadis le territoire des trois régions septentrionales. Haman Wabi indique que des informations font état de ce qu’un candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 menace de déstabiliser la ville de Garoua. Sans le citer nomment, le préfet mettait en garde cet homme politique de représailles.
Les deux personnes sont-elles liées par la même affaire ? Rien ne peut l’assurer. Seuls les développements permettront d’en savoir plus.
Le financement de l’éducation au Cameroun peine toujours à atteindre les standards internationaux. Cette année 2025 par exemple, le budget alloué au ministère de l’Éducation de base s’élève à environ 313,6 milliards de FCFA, soit environ 3,3% du PIB national en 2022. Le ministère des Enseignements secondaires avait le plus gros budget en 2024 avec 556,7 milliards de FCFA. Il y a aussi des partenaires internationaux comme l’UNESCO qui mobilisent aussi des fonds, comme les 44,5 millions de dollars, soit environ 26 milliards FCFA annoncés pour 2024, pour moderniser les programmes scolaires et former des professionnels de l’éducation. Selon l’Institut national de la statistique (INS), au cours de la période 2019-2022, la part globale du secteur dans le budget national (hors dette) a connu une augmentation de 18,74% en 2019 à 19,43% en 2021, mais une baisse de 1,16% en 2022 (18,27%). Cette allocation est légèrement en deçà des 20% recommandés par les partenaires techniques internationaux du secteur de l’éducation.
C’est le même constat que la société civile camerounaise qui déplore ce peu de financements alloués à l’éducation. Elle souhaite donc un relèvement substantiel du budget alloué à l’éducation au Cameroun. A l’occasion de l’édition 2025 de Journée mondiale des enseignants dont le thème était « Redéfinir l’enseignement comme une profession de collaboration », le Cameroon education for all network (CEFAN) a organisé une conférence-plaidoyer à Yaoundé, l’effet de veiller à ce que les programmes politiques des candidats à la présidentielle du 12 octobre 2025, intègrent les préoccupations de la société civile en matière d’éducation. Il était également question de suivre les engagements du gouvernement relatifs à la grève des enseignants de 2022 au Cameroun.
De manière concrète, comme l’explique Mbassi Ondoua, Conseiller général du CEFAN, « Nous attendons du prochain président pour me résumer, qu’il résolve ces problèmes-là, ces trois problèmes. Financement adéquat de l’éducation, c’est-à-dire 20 à 22% du budget, 6% du PIB, gratuité du préscolaire, et enfin la prise en charge des enfants avec des besoins spécifiques ». Car, précise-t-il, « il n’est pas normal qu’on dise que l’école primaire est gratuite, mais le préscolaire, lui, ne soit pas gratuit. Donc, il faut être cohérent et que la gratuité commence à la base, qui est le préscolaire, et s’achève même selon l’ODD 4, à la fin du premier cycle secondaire. Ça fait qu’on est sûr que beaucoup d’enfants iront à l’école, parce que l’argent constitue la principale barrière ».
En rappel, le CEFAN est une Organisation non gouvernementale (ONG) de droit camerounais mobilisée depuis 20 ans dans le secteur de l’éducation, avec un axe particulier sur l’augmentation du financement et du budget de l’éducation. La coalition, qui compte dans ses rangs la majorité des syndicats d’enseignants prend ainsi le prétexte de la Journée mondiale de l’éducation pour permettre à ces syndicats-membres de se faire entendre. Sur le plan africain, le CEFAN est membre de la plateforme régionale appelée Africa Network Campaign on Education For All (ANCEFA). Au plan mondial, il est membre de la Campagne mondiale pour l’éducation (CME), de la Concertation collective des ONG (CCONG) de l’UNESCO et du Réseau francophone des OSC pour la lutte contre la marchandisation de l’éducation.
Face à divers freins rencontrés par sa clientèle pour la levée des fonds dans le cadre des opérations de commerce extérieur, la banque panafricaine a réuni les acteurs à Douala pour un partage d’expérience.
Le financement reste le défi majeur dans les échanges commerciaux pour les entreprises. Selon la Conférence des Nations unies pour le commerce et le Développement (CNUCED, le taux de refus des demandes de financement est de 12 % sur l’ensemble du continent. Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) qui représentent environ 90% des entreprises du continent africain sont les plus affectées. L’OMC révèle que lorsque leurs demandes de financement ne sont pas rejetées (près de 50 %), elles paient des taux d’intérêt élevés, allant de 7 à 9 % dans certains pays.
Pour aborder cette problématique pour laquelle les établissements financiers sont souvent indexés, Ecobank Cameroun a réuni les acteurs, notamment les opérateurs économiques à Douala. La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la première édition d’Ecobank Trade Expo , une plateforme interactive. « Le thème de cette première édition de l’Ecobank Trade Expo, « Libérer le potentiel commercial : Solutions de financement pour la croissance », n’est pas un simple slogan, c’est un appel à l’action. Il met en lumière l’immense potentiel inexploité de notre marché, de nos frontières et de tout le continent. Il témoigne avec force de la détermination d’Ecobank à permettre aux entreprises de lever toutes les barrières commerciales qui freinent leurs ambitions de croissance et d’expansion », explique l’Administrateur Directeur Général d’Ecobank, Gwendoline Abunaw.
Invitée d’honneur à cette première édition d’Ecobank Trade Expo, Kate Fotso, qui a du succès dans le secteur de l’exportation du cacao à travers Telcar Cocoa a pu partager son expérience. Ceci sur des aspects tels que le renforcement de la crédibilité auprès des partenaires commerciaux et des banques, la gestion de la trésorerie, l’accès aux nouveaux marchés et fournisseurs internationaux etc. C’était aussi l’occasion pour Ecobank de proposer ses solutions de financement du commerce. Notamment sa plateforme Single Market Trade Up, qui met en relation acheteurs et vendeurs sur le continent, déjà utilisée par plus de 12 000 clients Ecobank. Pour cette banque, ses produits sont une solution au renforcement du commerce interafricain.
Réactions
Gwendoline Abunaw, Administrateur directeur général Ecobank Cameroun
« Notre objectif est d’aider nos clients et partenaires à être compétitif sur le marché mondial »
« L ’économie camerounaise a continué de faire preuve de résilience malgré les nombreux défis locaux et mondiaux rencontrés ces dernières années. Le commerce international contribuant significativement à cette stabilité grâce à l’accès à des marchés plus vastes, tant pour l’exportation que pour l’importation. Certaines tendances émergentes, telles que la numérisation disruptive des fintechs, la présence croissante des PME, la diversification des sources de financement et la multiplication des partenariats public-privé, sont des signes forts d’un avenir prometteur pour notre marché commercial. Ces tendances témoignent également du potentiel de croissance de nos entreprises. Mais nous savons aussi que nos activités commerciales évoluent dans un environnement difficile, susceptible d’entraver notre capacité à exporter des marchandises, à être compétitifs à l’échelle mondiale et à attirer des investissements étrangers. Notre objectif principal est de doter nos clients et partenaires des connaissances et des outils nécessaires pour maîtriser les complexités du commerce international et être compétitif sur le marché mondial. Cet objectif s’inscrit dans l’essence même de la mission d’Ecobank : être une banque panafricaine de premier plan, dédiée au développement économique et à l’intégration financière du continent africain. »
Kate FOTSO, Telcar Cocoa
« Il faut gagner la confiance des banques »
« J’ai appris très rapidement que les banques, dépensent beaucoup d’argent sur la gestion des risques, sur l’intelligence, sur l’investissement et sur la croissance. Donc je dirais que nous devons nous vérifier d’abord. S’assurer que ce que nous faisons, nous le faisons correctement. Alors nous n’aurons pas beaucoup de questions, ou de problèmes avec nos clients internationaux. Chaque client international veut s’assurer que lorsqu’ils ont un ordre, ou qu’ils proposent de vendre quelque chose, ils veulent s’assurer que vous allez le faire.
Je pense aussi que chaque secteur a ses propres particularités. Ainsi, en sectorisant les différents secteurs d’activité, nous pourrons trouver des solutions concrètes. Car la banque n’a pas pour vocation de vendre son argent, de le rentabiliser et de permettre aux entrepreneurs de se développer. Si vous optimisez les besoins de vos clients, vous pourrez mieux répondre à leurs besoins et développer votre activité et celle de vos clients. Le défi, à nos débuts, était de faire comprendre aux banques notre activité, car le secteur des matières premières exige des financements considérables. Et pour le cycle de vie de l’activité, les banques peuvent s’adapter à notre activité et nous essayons d’améliorer notre production grâce à nos volumes de transactions importants. »
Amedée ASSOMO, Directeur Général MRS
« Les défis liés au financement sont rudes »
« Les défis majeurs pour le commerce comme ont cité les précédents orateurs sont le problème d’infrastructures, les problèmes de régulation, mais je vais peut-être donner un peu plus de détails. Quand on parle de problèmes d’infrastructure, en ce qui nous concerne par exemple, je vais être factuel. Pour importer du camion au camion, nous avons essentiellement deux ports, le port de Douala et le port de Kribi. Il faut savoir qu’au port de Douala, nous n’avons que deux quais, notamment le quai 61, qui ne peut prendre que des navires de maximum 15 kt, c’est-à-dire 12 kt maximumde 15 000 tonnes. Dans notre domaine, pour ceux qui importent, c’est extrêmement petit, c’est une très grosse contrainte. Ça veut dire que pour quelqu’un qui veut par exemple s’approvisionner auprès d’une raffinerie, il ne peut pas tout simplement parce que les minimums pour reprendre une raffinerie, c’est à partir de 20 kt. La deuxième contrainte c’est au niveau des régulations en lien avec le monde bancaire. Personnellement, je pense que nous avons, une Cobac et une BEAC anachroniques. Ils ne sont pas arrimés aux nouvelles tendances. Quand vous regardez ce que les banques vous demandent pour pouvoir mettre en place vos outils pour importer, les LIC, etc. C’est tellement contraignant. Moi, j’ai eu la chance de faire deux systèmes, le système européen ou asiatique, et le système ici, c’est totalement différent. Même en France, de votre bureau, vous pouvez décider de 2 millions d’euros, 30 millions d’euros, mais ici, ce n’est pas évident, on vous demande tellement de documents aussi gros que vous ne savez plus comment faire. »
Les exportations camerounaises d’huile de palme brute se sont effondrées en 2024, tombant à 152 tonnes pour une valeur de 57 milliards de FCFA, contre 1 688 tonnes et 2 232 milliards de FCFA un an plus tôt, selon les chiffres officiels compilés par l’Institut national de la statistique (INS) rendus publics le 29 septembre 2025. Cette contre-performance, équivalente à une baisse de 91 % en volume et de 97,5 % en valeur, illustre la fragilité d’une filière clé de l’agro-industrie nationale, longtemps présentée comme l’un des leviers de la substitution aux importations et de la souveraineté alimentaire.
Lors de la présentation du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice budgétaire 2025, le 1ᵉʳ décembre 2024, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a révélé que la production nationale d’huile de palme brute s’élevait à 446 984 tonnes. Un volume qui, bien que significatif, demeure insuffisant pour couvrir la demande croissante des unités de raffinage et des ménages camerounais.
DES IMPORTATIONS MULTIPLIÉES PAR DIX EN SIX ANS
Selon l’INS, entre 2017 et 2023, le Cameroun a importé 409 000 tonnes d’huile de palme, pour une valeur cumulée de 280,4 milliards de FCFA. Ces importations, principalement en provenance du Gabon et de la Côte d’Ivoire, ont été multipliées par dix en six ans : de 12 600 tonnes (5,7 milliards FCFA) en 2017 à 122 500 tonnes (89,9 milliards FCFA) en 2023. Cette tendance traduit une inversion paradoxale des flux régionaux : le Cameroun, longtemps fournisseur de produits oléagineux dans la sous-région, est désormais importateur net, tandis que ses voisins – notamment le Gabon, devenu exportateur – consolident leur avance industrielle et foncière.
PLANS DE RELANCE ET NOUVEAUX INVESTISSEMENTS
Face à cette situation, le gouvernement tente de reprendre la main. Un plan de relance de 21,7 milliards de FCFA a été lancé pour la période 2024-2026, avec pour objectif d’appuyer la production locale. Ce programme prévoit la subvention de trois agro-industries de première transformation – la Cameroon Development Corporation (CDC), Socapalm et Pamol – en équipements modernes, la réhabilitation de 5 000 hectares de plantations villageoises, et l’installation de 35 pressoirs modernes dans les coopératives rurales.
Un décret présidentiel du 22 septembre 2025 autorise par ailleurs le ministre de l’Économie à conclure un crédit commercial de 4,6 milliards FCFA avec la Standard Chartered Bank de Londres, destiné à financer la fourniture et l’installation d’usines d’huile de palme, de margarine et d’hévéa.
Dans le secteur privé, de nouveaux acteurs cherchent à redéfinir les équilibres du marché. À Douala, la Société de Raffinage du Cameroun (Sorac), filiale du groupe Nasco, dirigée par l’homme d’affaires Nassourou Issa, a récemment annoncé la mise en service d’un complexe industriel ultramoderne de 25 milliards FCFA. L’usine disposera d’une capacité de production de 100 000 tonnes d’huile raffinée et de 70 000 tonnes de savon par an, générant plus de 300 emplois directs. Pour soutenir ce projet, Sorac a porté son capital à 10 milliards FCFA et signé un partenariat avec l’Agence de Promotion des Investissements (API), bénéficiant des exonérations prévues par la loi de 2013 révisée en 2017.
Cet investissement vient s’ajouter à ceux d’autres opérateurs majeurs tels qu’Oléo, Mayor, Diamaor, Socapalm, Safacam ou Pamol, confirmant la vitalité d’un secteur stratégique mais sous tension.
L’ACCÈS À LA TERRE, PRINCIPAL VERROU
Si le gouvernement mise sur les équipements et les appuis techniques, les industriels de l’ASROC plaident pour des facilités d’accès au foncier, condition selon eux indispensable à la relance durable de la filière. Le modèle gabonais, souvent cité en exemple, démontre qu’une politique foncière proactive peut inverser la balance commerciale d’un pays en quelques années.
Une foule compacte amassée au lieu dit Artisanat à Yaoundé ce 3 octobre 2025. Difficile de circuler entre l’école de police et Tsinga. »Il faut contourner, ça ne passe pas », renseigne, mieux, instruit un moto-taximan officiant comme agent de police. L’homme s’est érigé en agent de direction de la circulation. Orientant les automobilistes soit vers le marché Mokolo, soit vers la ruelle opposée, pour ceux qui vont vers le quartier Bastos. De l’autre côté de cet axe routier, un autre volontaire assure la même fonction.
Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), est attendu en meeting dans le cadre de la campagne électorale pour l’élection présidentielle du 12 octobre prochain. Un podium est installé sur la route, entre l’Artisanat et le lycée de Tsinga. C’est là que le ministre démissionnaire va s’adresser aux populations de la capitale. Les piétons de plus en plus nombreux, sortis parfois des taxis et autres véhicules coincés dans les bouchons, tentent de se frayer un passage. Sifflets, klaxons, cris créent un tintamarre.
Bientôt, les bruits se font plus retentissants. Le candidat est là. On sautille, on danse, on chante. Au-devant du cortège, des hommes vêtus de T-shirts et casquettes jaunes, estampillés »Mon Bon diable ». On apprend que »ce sont les hommes d’Aristide Mono ». Le jeune universitaire engagé depuis quelques années aux côtés de l’opposition en vue d’une alternance au Cameroun, a rejoint les rangs de celui qui, après l’invalidation de la candidature de Maurice Kamto, lui semble être »le mieux à même de porter les aspirations du peuple du changement ». Le message imprimé sur les T-shirts se rapporte à la sortie de Mgr Barthélémy Yaouda, évêque de Yagoua qui en décembre dernier, avait dans une homélie critique au régime de Yaoundé, indiqué que »même le diable, on prend d’abord, et on verra après ». Évoquant l’élection présidentielle pour laquelle Paul Biya n’avait pas encore annoncé sa candidature, mais dont les signaux montraient déjà que l’homme du Renouveau n’allait pas prendre sa retraite. C’est que l’ancien membre du gouvernement tient désormais un discours aux antipodes des positions qu’il tenait du temps où il était encore aux affaires. Le véhicule de Tchiroma s’ébranle sur la place, au milieu de la foule et se gare près du podium. Cris, youyous montent en intensité.des éléments de police tentent de bloquer le passage à des jeunes forçant le passage vers le podium. Ils n’y parviendront pas. Ces »fous » de Tchiroma sont déterminés à témoigner leur sympathie à leur idole, de plus près.
Après plusieurs tentatives vaines de monter sur le podium, le candidat sera obligé de s’adresser à la foule depuis le toit de sa voiture. C’est l’ivresse: »Tchiroma, président, Tchiroma, président », scande-t-on. Rien ne peut facilement arrêter les fanatiques. Lorsque l’homme prend la parole, c’est l’extase. »Ils peuvent arrêter Tchiroma,ils peuvent même tuer Tchiroma, mais ils ne tueront pas tous les Camerounais », lance-t-il. Soutenu par le Pr Calvin Anana Oyono, pour qui »Tchiroma est l’émanation de la volonté du peuple ». Les décibels de baffles visiblement mal ajustés, sont étouffés par les bruits de la foule. Le tribun s’adresse à ses partisans et autres sympathisants, étouffé par le brouhaha d’un public presqu’incontrôlable. Pour une quarantaine de minutes, arrachant régulièrement des salves d’applaudissements.
L’accueil réservé à Tchiroma à Tsinga-Yaoundé.
Démission
Les partisans de l’ancien allié du gouvernement, n’en demandaient pas mieux. »Ils ont cru qu’ils pouvaient l’empêcher de parler à ses militants », défie un homme, habillé du tissu pagne du Fsnc. C’est que l’esplanade du stade Ahmadou Ahidjo a été refusée à l’opposant, quelques jours seulement après l’avoir l’avoir accordée à Patricia Tomaïno Ndam Njoya. Tout comme le stade d’Olembe. L’homme s’est donc contenté de ce cadre étroit du populeux quartier Tsinga, dans le 2ème arrondissement de la ville. Et l’homme n’a pas manqué de servir à la foule ce qu’elle souhaite entendre : le sacrifice de sa personne pour le peuple qui a soif de changement, après 43 ans d’une gouvernance Biya qui n’a pas pu »exploiter les multiples opportunités que la nature nous a offertes, pour développer ce pays’‘.
Se présentant comme l’homme de la situation, en s’appuyant sur cette démission qui marque un refus des multiples »avantages » d’un si haut commis de l’Etat, pour se mettre au service d’un peuple qui croupit sous le poids de la misère pendant qu’une minorité jouit de tous les privilèges. »Au revoir Paul Biya, Tchiroma arrive, au revoir Paul Biya, Tchiroma arrive », a entonné la foule. Concluant ainsi une rencontre au cours de laquelle ‘‘le plus important n’était pas ce qu’il va dire, mais qu’il sache que le peuple est avec lui », a lancé un fan. Convaincu qu’il est, que son champion sera le successeur de Paul Biya à Etoudi. Ce, à un jet de pierre du palais présidentiel.
Marc Brys n’a pas dérogé à sa tradition. Il a (presque) pris les mêmes pour recommencer. 25 joueurs convoqués pour les deux dernières rencontres des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Dans les buts, André Onana et ses deux compagnons Simon Omossola et Devys Epassy. En défense, Ngadeu Ngadjui, Jean Charles Castelleto, Nouhou Tolo, Jackson Tchatchoua, auxquels se sont Junior Tchamadeu, Malcom Bokele, Nagida Mahamadou. Tout comme la même ossature en milieu où Zambie Anguissa, Martin Hongla et Baleba. L’attaque sera l’affaire de Vincent Aboubakary, Choupo Moting, Nkoudou, Étranger Eyong.
Parmi les titulaires de titres fonciers, seul Christopher Wooh manque à l’appel. Mais Marc Brys peut compter sur une jeune garde qui se montre prête à relever le défi. C’est donc à cette équipe remaniée que repose le destin du Cameroun sur la route de la Coupe du monde 2026. En raison d’une défaite concédée au Cap Vert (1-0) lors de la 8ème journée, les Lions indomptables sont classés 2ème derrière leur bourreau capverdien qui les devancent de quatre points. Les Lions indomptables sont condamnés à ne plus perdre, pour espérer une seconde place qui pourrait être qualificative pour le tournoi de repêchage. Ile Maurice et Angola attendent le Cameroun respectivement le 8 et le 13 octobre prochain.
ACHILLE BASSILEKIN III, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat
Défis Actuels : Monsieur le Ministre, dans le contexte de mise en œuvre de la politique d’import substitution, quelles sont les mesures prises par votre département ministériel en soutien à cette dynamique ?
ACHILLE BASSILEKIN III : De prime abord, il convient d’indiquer que le Gouvernement a fait de la politique d’import-substitution et de promotion des exportations, un axe majeur de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. Bien plus, au cours de son adresse à la Nation le 31 décembre 2022, le Président de la République S.E Paul BIYA a réitéré avec emphase cette vision quand il déclare, je cite : « Nous devons nous atteler à réduire nos importations et à accroître le volume de nos exportations en augmentant la production locale, si nous voulons relever le défi de la croissance ». A l’écoute de cet extrait, le département ministériel dont j’ai la charge a été davantage conforté dans les initiatives opérées au cours de l’année 2022, dont les objectifs étaient en droit fil de cette prescription présidentielle. En effet, le MINPMEESA a réalisé des études dans les secteurs sanctuaires de l’Agro-industrie, des Forêts-Bois ainsi que du Coton-Textile-Confection-Cuir, qui ont permis de comprendre les difficultés rencontrées par les PME, les Unités de l’Économie Sociale et les artisans (PMEESA) opérant dans lesdits secteurs.
Au terme des études conduites, les actions ci-après ont été entreprises : Pour ce qui est du secteur de l’Agro-industrie, il a été mis en place un Programme. Il s’agit du PAD-PME qui est une mutation de l’ancien PACD-PME. L’objectif de ce Programme est de contribuer au développement d’un tissu compétitif de PME de transformation et de conservation des produits locaux, à travers un appui technique visant à rendre bancables leurs projets et à leur apporter un accompagnement pour l’accès au financement, en vue de l’acquisition des équipements et des outils de production modernes.
En ce qui concerne le secteur Forêt-bois, le MINPMEESA a entrepris d’accompagner les Communes d’Edéa, Lomié et Sangmélima à la mise en place des parcs industriels spécialisés bois (PIS-bois), afin de favoriser la transformation poussée des grumes et de rendre disponible les produits comme les meubles, les panneaux et les portes. S’agissant du Coton-Textile-Confection-Cuir, le département ministériel s’est engagé dans un vaste chantier pour sa structuration autour de certaines CTD, à l’effet d’accompagner nos cibles dans l’installation des Zones Économiques Spécialisées. De façon générale, en termes d’accroissement de l’offre des produits manufacturiers Made in Cameroon, un peu plus de 3.384 PMEESA ont été mis en réseau, dans un écosystème de production plus structuré et dynamique à travers le renforcement des capacités techniques de leurs interprofessions.
Enfin, il convient d’ajouter que plus de 500 PME et artisans ont été accompagnés à la normalisation et à la certification des procédés de production, d’étiquetage et d’emballage avec pour objectif, d’accroître la visibilité de leurs produits ainsi que leur compétitivité sur les marchés locaux et internationaux.
Défis Actuels : L’entrepreneuriat jeune est une de vos priorités. Comment promouvoir la vocation et l’élan entrepreneurial chez les jeunes ? Quelles sont les mesures mises en œuvre dans ce sens par le MINPMEESA ? Et quels en sont les premiers acquis ?
ACHILLE BASSILEKIN III : Au MINPMEESA, nous avons fait de l’entrepreneuriat jeune l’une de nos priorités stratégiques, en adoptant une approche multidimensionnelle pour promouvoir les jeunes entrepreneurs. Ainsi, nous avons accéléré :
Le Renforcement des capacités/formation-accompagnement sur mesure avec le déploiement des programmes comme EMPRETEC, PE2MJ, PMTIC, etc., qui offrent des modules de formation certifiant en esprit d’entreprise ciblant les jeunes.
L’accès aux financements innovants, d’une part avec des dispositifs de fonds d’amorçage comme le Fonds-Proto, les subventions aux structures d’incubation, ou des programmes de cofinancement qui réduisent les risques pour les investisseurs et les banques, permettant ainsi aux jeunes entrepreneurs de réaliser leur projet entrepreneurial.
Le Renforcement de la culture entrepreneuriale et de l’esprit d’entreprises dont les actions reposent essentiellement sur la formulation des réformes sur les politiques entrepreneuriales (le Programme National d’Incubation –PNI-, le Programme de Promotion de l’Entrepreneuriat chez les Femmes et les Jeunes au Cameroun -PPEFJC-, la formulation du Plan National de Développement de l’Entrepreneuriat au Cameroun -PNaDEC-). Mais aussi, l’accompagnement à la mise en place des structures d’incubation publiques et privées, à l’effet de soutenir la transformation des idées de projets des jeunes en entreprises viables et bancables, la dynamisation des « Clubs entrepreneuriat » dans les lycées et collèges et Centres de formation professionnelle, ainsi que l’organisation de campagnes de sensibilisation, de concours/appels à projets, pour stimuler la créativité des jeunes et le réseautage avec d’autres acteurs. Enfin, l’organisation régulière des évènements scientifiques dédiés tels que le Colloque International sur la diffusion de culture entrepreneuriale organisé en octobre 2024, dont les objectifs étaient entre autres de structurer et de diffuser la culture entrepreneuriale dans tous les segments de la société, de renforcer l’écosystème éducatif pour intégrer l’entrepreneuriat dès les premiers niveaux d’enseignement et enfin de créer une masse critique de jeunes créateurs de richesses pour soutenir les ambitions d’émergence du Cameroun. Cette rencontre internationale a eu le mérite de i) mobiliser les jeunes autour de l’entrepreneuriat comme levier d’insertion socio-économique, ii) de renforcer les synergies entre les universités, les incubateurs et les entreprises, iii) d’encourager les jeunes à adopter une posture proactive et créative dans la création d’entreprise.
Partenariats stratégiques et synergies d’actions avec le Ministère chargé de la jeunesse (MINJEC) où plusieurs leviers de collaboration ont été mis en place à l’instar de la collaboration avec des organismes de formation comme l’AUF, la PNPE d’Edéa pour renforcer les compétences entrepreneuriales des jeunes, la participation conjointe à des programmes gouvernementaux à l’instar de la mise en place du Fonds de Garantie aux Jeunes Entrepreneurs prescrit par S.E.M. le Président de la République, pour faciliter l’accès au crédit bancaire, l’accompagnement des jeunes dans les incubateurs spécialisés en vue de la maturation de leur projet entrepreneurial, sans oublier la valorisation des success-stories pour inspirer les jeunes et renforcer leur engagement à l’esprit d’entreprise. En définitive, je dois dire à date, que ces mesures combinées ont permis d’enregistrer des acquis significatifs et encourageants avec entre autres, une meilleure structuration des cibles et instruments qui promeuvent l’entrepreneuriat (mise en place d’un cadre réglementaire sur l’incubation d’entreprise au Cameroun et cartographie de 91 structures d’incubation (22 publiques, 69 privées), un accroissement du nombre de projets de jeunes financés, un renforcement des compétences techniques et managériales (plus de 42000 jeunes bénéficiaires), ainsi qu’une croissance tangible du nombre de création d’entreprises et d’emplois générés par les jeunes entreprises (21132 entreprises créées en 2024 contre 19651 en 2023, dont 9488 par des jeunes). Ce modèle intégré de politique, qui combine financement, formation, incubation et partenariats, doit permettre de consolider ces initiatives sur le moyen terme pour positionner le Cameroun parmi les pays les plus innovants et compétitifs en matière d’entrepreneuriat jeune. Ceci, grâce à la présence d’un véritable écosystème entrepreneurial, capable de rivaliser avec les standards internationaux tout en répondant aux réalités locales.
Défis Actuels : Quelles solutions mettez-vous en place pour lever les obstacles au financement des PME, TPE, artisans ?
ACHILLE BASSILEKIN III : Le MINPMEESA met en œuvre plusieurs solutions innovantes et structurantes pour lever les obstacles au financement des PME, TPE et artisans au Cameroun. Celles-ci visent entre autres à réduire les délais de paiement, améliorer la solvabilité des PMEESA, et stimuler leur croissance dans un environnement financier souvent contraignant. C’est ainsi que dans le cadre de la mise en place des mécanismes de financement innovants en faveur de nos cibles, une plateforme numérique nommée BLUPASS a été lancée par le MINPMEESA en 2023, en partenariat avec la Société Camerounaise d’Equipement ciblant principalement les PME opérant dans divers secteurs tels que le commerce, la distribution, la fabrication, les brasseries, le transport maritime et l’industrie métallurgique.
Son objectif est de faciliter l’accès au financement, d’aider à l’externalisation de la gestion des créances et la protection contre les impayés, mais aussi d’améliorer le recouvrement des créances pour les TPE et PME camerounaises. Le mécanisme principal utilisé par Blupass est l’affacturage, un procédé financier encadré par la loi n°2014-6 du 23 avril 2014 au Cameroun.
Par ailleurs, il faut noter que le Président de la République, soucieux des difficultés que rencontrent les PMEESA en matière d’accès aux financements, a initié en 2013 la mise en place la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC-PME). Depuis sa création, la BCPME a réalisé en termes de production de crédit environ 75 Milliards de Fcfa et dispose de près de 4000 PME dans son portefeuille. En outre depuis 2021, un guichet agricole pour le financement des PME agricoles est opérationnel dans cette institution bancaire. Dans la perspective de faire de la BC-PME un acteur central du financement des Petites et Moyennes Entreprises, une stratégie de repositionnement est actuellement en cours, visant à renforcer son rôle en tant que véritable banque de développement dédiée aux PME.
Journée patrimoniale de la Région de l’Est au Musée National à Yaoundé
Cette démarche s’inscrit dans une volonté de consolidation de ses missions, afin d’élargir son champ d’intervention, de diversifier ses produits financiers et de mieux répondre aux besoins spécifiques des entreprises en croissance. Il convient également de faire mention des lignes de financement en faveur des PME négociées auprès de certains Partenaires Techniques et Financiers (BEI, BADEA-PNUD, BID), à hauteur de 50,9 Milliards de FCFA et qui sont aujourd’hui placées dans certaines Banques locales. Enfin, les start-ups ne sont pas en reste. En effet, ces derniers au regard de leur faible capacité à apporter des garanties auprès des banques qui contraste sans doute avec leur potentiel exceptionnel de croissance sont accompagnés à travers des fonds de prototypage et des fonds d’amorçage avec pas moins de 2,124 milliards FCFA de subvention accordée aux centres d’incubation.
Défis Actuels ; Les petits entrepreneurs camerounais font également face aux problèmes d’accès aux marchés, d’arrimage aux normes, de packaging, etc. Quels soutiens leur apporte le Gouvernement dans ce registre ?
ACHILLE BASSILEKIN III : Dans le cadre des réponses plurielles du Gouvernement visant l’accompagnement optimal des entrepreneurs, plusieurs actions ont été engagées à travers un processus global qui intègre les questions liées à l’amélioration de la qualité de leurs produits en termes d’accès aux normes, aux packagings et à la certification, aux fins de garantir leur compétitivité dans les marchés locaux et internationaux. Outre les initiatives conjointes que le MINPMEESA mène de concert avec l’ANOR, pour intégrer dans l’esprit de nos acteurs la culture de la qualité et l’accompagnement à la certification et à la démarche qualité de leurs produits, mon département ministériel a signé en 2020, une convention de partenariat avec le Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME), en vue de garantir l’innocuité des produits en vente destinés à la consommation au Cameroun. Cette convention s’articule autour de plusieurs piliers essentiels à savoir, le contrôle de la qualité, à travers un système national d’évaluation de la conformité des produits de nos entrepreneurs ; le renforcement des capacités institutionnelles nationales de management en la matière ; le développement des compétences locales susceptibles d’accompagner efficacement nos entreprises dans la démarche qualité. S’agissant des aspects liés à l’amélioration du packaging et du conditionnement des produits, l’Agence de Promotion des PME a adressé cette problématique dans le cadre du programme Cameroon Food Packaging and Quality (CAPMACK-Q).
En outre, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) en 2025, le MINPMEESA est à pied d’œuvre pour accompagner plus d’une centaine d’entrepreneurs des filières par ledit programme. Cet accompagnement se traduit par des appuis multiformes notamment l’encouragement d’installation d’unités de transformation dans les bassins de production désenclavés, la promotion des zones agro-industrielles pour la valorisation locale des matières premières (maïs, manioc, riz, sorgho, mil, soja, huiles raffinées, lait, produits halieutiques), l’encadrement de nos cibles pour la mise aux normes de leurs produits (hygiène, sécurité alimentaire, certification), l’octroi des subventions en vue de l’acquisition d’équipements de transformation pour les produits locaux (presses à huile, broyeurs, séchoirs, etc.) ainsi que la structuration des interprofessions pour améliorer la gouvernance des filières et la mutualisation des ressources. En termes de perspectives, en ce qui concerne l’appui à la certification et à la normalisation des produits des PMEESA, des réflexions sont en cours pour la mise en place par le Gouvernement, d’un Fond d’appui spécial dédié à la certification des produits des petits entrepreneurs.
Défis Actuels : Où en est la structuration du secteur de l’artisanat et la formalisation des artisans ?
ACHILLE BASSILEKIN III : La politique de structuration de l’artisanat et de formalisation des artisans prend ancrage dans la Loi N° 2007/004 du 03 juillet 2007 régissant l’artisanat au Cameroun. Cette loi définit l’artisanat, l’artisan, l’entreprise artisanale et les métiers des trois secteurs de l’artisanat que sont l’artisanat d’art, l’artisanat de production et l’artisanat de service. Elle précise également les différents services et avantages déterminés par la réglementation en vigueur auxquels les artisans et les entreprises artisanales peuvent prétendre. En outre, le Décret N°2010/2996/PM du 03 novembre 2010 fixe les modalités d’application de la loi précitée, en mettant une emphase sur la structuration du secteur et la formalisation des acteurs. Dans le cadre de la mise en œuvre de toutes ces dispositions, le MINPMEESA de concert avec toutes les parties prenantes a engagé des réflexions qui ont abouti à l’élaboration d’un Plan de structuration des filières dont le processus est en cours de validation dans les Services du Premier Ministre.
En outre, des actions allant toujours dans le sens de la structuration se poursuivent actuellement dans les communes avec le regroupement des artisans dans les différents métiers dédiés, aux fins d’induire le développement de leurs chaînes de valeur, d’améliorer les conditions de travail de cette cible et in fine de mieux capter leur contribution dans le PIB. Les travaux d’élaboration des listes des métiers artisanaux ont abouti à la formulation de la nomenclature des métiers artisanaux qui est également disponible au sein du Département pour appuyer cette dynamique de structuration. S’agissant de la formalisation des artisans, le Département après avoir doté les communes du matériel informatique pour l’enregistrement des artisans par filières et par métiers dans les registres dédiés, a bénéficié de l’appui technique du BIT pour la formulation d’une feuille de route arrimée aux standards internationaux en vue de la formalisation des entreprises artisanales, des artisans et de leurs travailleurs. Par la suite aux fins de réduire l’ampleur du secteur informel chez cette catégorie d’acteurs, le bulletin de formalisation pour les entreprises artisanales a été produit dans les Centres de Formalités de Création des Entreprises (CFCE) et dans les Bureaux Communaux des Artisans (BCA) en ce qui concerne les artisans.
ACHILLE BASSILEKIN III, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat et CELESTIN TAWAMBA, président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam)
En outre, en vue d’optimiser les résultats de cette démarche, le MINPMEESA a doté les Mairies de 850 guides pratiques de l’agent communal chargé de l’enregistrement des artisans dans les BCA. Par ailleurs, un manuel d’accompagnement des artisans à la tenue de la comptabilité simplifiée, conformément à l’une des recommandations de la loi OHADA, relative au processus de formalisation a été produit pour une gestion harmonisée et transparente de l’activité de ces derniers. Enfin, une étude sur la mise du plan « train MyGeneration » a été réalisée et des démarches sont en cours auprès des partenaires au développement pour la certification technique des travailleurs du secteur informel en vue de garantir une migration réussie de ces acteurs dans le circuit formel.
Défis Actuels : Quelle politique de promotion de la sous-traitance au bénéfice des PME camerounaises ? Et quels sont les premiers résultats ?
ACHILLE BASSILEKIN III : Avec la promulgation récente de la Loi n°2025/010 du 15 juillet 2025 portant régime de la sous-traitance au Cameroun, l’activité de la sous traitance a connu un tournant décisif pour le développement et la protection des PME camerounaises. En effet, cette loi s’inscrit dans une logique de souveraineté économique, en cohérence avec le PIISAH et la politique d’import-substitution, visant à renforcer les capacités locales et à réduire la dépendance aux multinationales. Sur le plan de la protection juridique et contractuelle des PME, elle assure un encadrement strict des contrats de sous-traitance en définissant clairement les obligations des parties, les modalités de rémunération et les sanctions en cas de non-respect.
Un point d’honneur est également mis sur la préférence nationale obligatoire où désormais tous les projets structurants doivent prioriser les PME locales (au moins 51 % de capital détenu par des nationaux). En outre, cette loi assure la sécurisation financière des PME avec notamment l’exigence de l’avance obligatoire de 30 % avant démarrage des travaux, versée par l’entreprise principale à la PME sous-traitante, un délai de paiement plafonné à 60 jours ouvrables, avec un maximum légal de 90 jours, les sanctions financières en cas de retard de paiement : pénalités administratives et intérêts moratoires. Il faut noter également le renforcement de la compétitivité des PME à travers le transfert de compétences technologiques des grandes entreprises vers les PME, l’accès facilité aux marchés publics et privés, avec obligation de publication annuelle des montants versés aux sous-traitants, sans oublier les incitations fiscales et douanières pour les PME engagées dans la sous-traitance. Les premiers résultats de la mise en œuvre de cette loi pourront s’observer à travers l’amélioration du climat des affaires relativement aux aspects liés à la transparence dans les marchés de sous traitance où désormais les entreprises publiques et privées sont tenues de publier la liste de leurs sous-traitants et les montants versés, renforçant la traçabilité et la confiance.
Avec cette loi, on pourra également observer la hausse des opportunités d’affaires pour les PME locales dans les projets d’infrastructures, grâce à l’obligation de réserver 40 % en valeur des prestations de ces projets à la sous-traitance locale. On pourra également observer la diminution des préfinancements forcé par les sous-traitants, évitant ainsi des faillites liées aux retards de paiement.
Défis Actuels : Quels sont les buts et contenus de la convention de partenariat entre votre département ministériel et le réseau des Maires du Cameroun pour l’Economie Sociale et Solidaire ? Avons-nous déjà quelques retombées ?
ACHILLE BASSILEKIN III : La transformation structurelle de l’économie est au cœur de la SND30 où il est question pour le Gouvernement d’actionner tous les leviers qui concourent à l’atteinte de la vision d’émergence du Cameroun. Le secteur de l’économie sociale et solidaire n’est pas en reste. A cet effet, le MINPMEESA s’emploie à structurer les acteurs par le biais de leur mise en réseau et des accompagnements divers, afin de booster la création de plus de richesses et d’emplois porteurs de croissance. C’est donc dans cette perspective et au regard de l’ancrage territorial des organisations de ce secteur que nous avons signé le 22 juin 2023, une convention de collaboration avec le Réseau des Maires du Cameroun pour l’Economie Sociale et Solidaire (REMCESS).
Ladite convention fixe les modalités de collaboration entre le département ministériel dont j’ai la charge et le REMCESS en matière d’encadrement des acteurs, de promotion et de développement de l’économie sociale. Les domaines de collaboration couverts par ladite convention sont entre autre, l’appui à l’enregistrement, à la structuration, à la professionnalisation et au renforcement des capacités des Unités de l’Economie Sociale (UES) ; le soutien au développement des structures d’accompagnement et des dispositifs territoriaux d’appui à l’innovation et aux entreprises sociales ; l’encadrement et la promotion des activités des réseaux locaux d’économie sociale et l’échange d’informations et renseignements utiles à la mise en œuvre conjointe et satisfaisante des activités prévues par la convention. En ce qui concerne les retombées, elles sont nombreuses. Nous pouvons citer entre autres, la Co-organisation entre mon département ministériel, le REMECESS et d’autres acteurs de l’économie sociale du Tout premier Forum Africain de l’Economie Sociale et Solidaire (FORA’ESS), du 28 au 30 mai 2024 au palais des congrès.
Forum qui nous a permis de mettre en lumière le modèle Camerounais de structuration auprès des 2000 participants venus de 32 pays d’Afrique et d’ailleurs. Cette dynamique de structuration en elle-même constitue également un résultat positif à mettre au crédit de cette convention, dans ce sens qu’à travers nos efforts conjoints, nous avons pu mettre en place 316 Réseaux Locaux d’Economie Sociale (RELES) au niveau des communes, 54 Réseaux Départementaux (REDES) et 09 Réseau Régionaux (RERES). Nous pouvons également souligner comme résultat positif de cette convention, une appropriation par les maires du concept de l’économie à travers des sessions de formations que nous organisons de manière conjointe à leur endroit chaque année. Il est également à souligner l’organisation des marchés dont la prise en charge des acteurs est assurée par les CTD.
Défis Actuels : Une de vos missions consiste en la constitution d’une banque de données et de projets à l’intention des investisseurs dans le secteur des Petites et Moyennes Entreprises et de l’artisanat. Quelles sont vos réalisations dans ce domaine ?
ACHILLE BASSILEKIN III : Il faut souligner que le MINPMEESA a mis en place en 2021 une plateforme en ligne de gestion de la banque des projets. Cet outil centralise les besoins en financement exprimés par les PMEESA à travers des projets. Les projets inscrits dans cette plateforme font l’objet d’un accompagnement à la maturation à travers les services internes du MINPMEESA et ceux de l’Agence des Petites et Moyennes Entreprises pour qu’à terme, nous disposions d’un portefeuille de projets crédibles et bancables. Il convient de noter que le MINPMEESA ambitionne à travers la banque de projet de mettre à la disposition des banquiers et des bailleurs de fonds, un outil efficace permettant de réduire l’asymétrie d’information et de connaissance avec les promoteurs des projets, facilitant par conséquence leur accès aux crédits. C’est d’ailleurs dans la perspective d’organiser un écosystème incitatif autour de ladite banque de projet que le MINPMEESA a signé récemment une convention avec la BANGE Bank et d’autres conventions dans ce sens sont à venir dans les prochains mois.
Défis Actuels : Monsieur le Ministre quels sont les principaux indicateurs qui témoignent de la dynamique en cours dans les secteurs des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat ?
ACHILLE BASSILEKIN III : Trois principaux déterminants témoignent de la dynamique en cours au MINPMEESA pour renforcer la création des richesses et des emplois au Cameroun :
La promotion de l’entrepreneuriat innovant et social avec en perspectives l’organisation dans les prochaines semaines de plusieurs activités promotionnelles (Journées Nationales de la PME (JNPME) ; Journée des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (JMPME) ; Journées de la Coopération et du Partenariat (JCP) ; Journées Nationales de l’Economie Sociale (JNES) ; Caravanes de sensibilisation des PME en vue de leur adhésion aux CGA ; la Semaine Mondiale de l’Entrepreneuriat au Cameroun (SMEC) ; ainsi que les Salons Régionaux et Départementaux de l’Artisanat. A l’issue de toutes ces activités, il est attendu en termes de densification du nombre des PME, des entreprises artisanales et des Organisations de l’Economie sociale, de porter le stock des PMEESA à 1 000 000 d’unités de production formelles, susceptibles de générer près de 560 000 nouveaux emplois directs. En matière d’incubation, notre ambition est d’inscrire l’activité d’incubation sur la voie de la spécialisation, à travers l’appui à la mise en place de 100 structures d’incubation spécialisées dans les secteurs prioritaires définis dans la SND30. L’objectif ici est de favoriser l’éclosion des PME innovantes du secteur de la transformation afin d’accroître substantiellement la valeur ajoutée manufacturière. S’agissant de la structuration des filières artisanales, il est envisagé la formalisation de plus de 10 filières, 45 corps de métiers et 301 métiers autour d’une Chambre des Métiers de l’Artisanat en vue de mieux valoriser le savoir-faire des artisans et renforcer leur contribution au PIB. En matière d’entrepreneuriat social, le processus de structuration des acteurs en cours sera consolidé, afin de faire des réseaux de l’Economie Sociale de véritables unités de production locales ; l’objectif étant d’aboutir à la mise en place de 360 unités de production collectives dans les Communes.
La mise en œuvre de la politique d’import-substitution, il est envisagé la mise en place de 03 Unités de Transformation Collective et de 10 petites unités individuelles de transformation agroalimentaire dans les Collectivités Territoriales Décentralisées, afin d’accroître la production des farines locales, d’huiles végétales, de riz et de lait. Les attentes portent sur 8611 tonnes de farine locale, 6965 tonnes d’huiles, 5400 tonnes de riz et 1440 tonnes de lait par an. Le Ministère entend également consolider le dispositif de soutien à la normalisation et à la certification des produits transformés par les PMEESA, et accompagner leur arrimage aux normes dans des filières clés telles que le maïs, le riz, l’huile de palme, le blé, le mil, le soja, le lait et les produits halieutiques. L’objectif étant d’accompagner 200 PMEESA au processus de certification de leurs produits. En outre, le MINPMEESA apportera son appui à l’implémentation d’une Zone Économique Spécialisée au niveau communal dans la Région de l’Adamaoua, dédiée à la transformation du coton. Plus de 3500 emplois sont envisagés ainsi que la production du textile et du fil pour le marché local. De même, la mise en place de Parcs Industriels Spécialisés dans la transformation du bois dans les Communes de Lomié, d’Edéa et de Sangmélima, permettra d’envisager la création de près de 16 000 emplois ainsi que le développement de chaines de valeur de la filière bois pour créer de la Valeur Ajoutée Manufacturière.
L’amélioration de l’accès au financement, il sera principalement question d’intensifier le plaidoyer auprès des institutions et partenaires financiers en vue de la mise à disposition des banques commerciales de lignes de financement au profit des PME ; d’œuvrer à l’opérationnalisation rapide du Fonds de promotion des PME et à la mise en place du Fonds spécial d’appui à la certification des produits locaux transformés par les PME ; de favoriser la mise en place des dispositifs légaux pour l’opérationnalisation des mécanismes des financements innovants et verts ; et d’accompagner la création et l’opérationnalisation de la Société de gestion des Fonds de garanties des crédits en faveur des PME.
Yaounde, Défis Actuels – Érigé sur une superficie de plus de 2 000 m², l’Hôtel des Finances d’Abong-Mbang, inauguré ce 2 octobre 2025 par le ministre des Finances Louis Paul Motaze. s’impose comme un véritable outil de proximité et un joyau architectural dans le département du Haut-Nyong. L’édifice abrite des installations de pointe, incluant 33 bureaux modernes, deux salles de réunion, et des équipements informatiques performants. Il regroupe désormais sous un même toit plusieurs services essentiels : le Contrôle financier départemental ; la recette des Finances, la Brigade mobile des douanes et le Centre de fiscalité locale et des particuliers.
Comme l’a souligné Joseph LE, Ministre de la Fonction publique et de la Réforme Administrative, ce bâtiment est « le symbole vivant de la volonté du Chef de l’État de rapprocher l’administration des citoyens » et de bâtir une gouvernance moderne au service du développement local. En offrant un cadre de travail rénové et fonctionnel aux agents publics, cette infrastructure assure une amélioration tangible de la qualité du service rendu et une efficacité accrue des services fiscaux et douaniers.
Un puissant levier de croissance régionale
Au-delà de l’aspect administratif, l’Hôtel des Finances d’Abong-Mbang est conçu comme un puissant levier économique. Il est destiné à stimuler l’économie locale en injectant des capitaux et en formalisant les échanges ; accroître la mobilisation des recettes par une meilleure organisation des services d’assiette ; accompagner les projets structurants de la Région de l’Est, souvent surnommée le « Soleil Levant».
Cette sollicitude du Grand argentier envers le département du Haut-Nyong est notamment justifiée par les résultats encourageants des services locaux. Les recettes fiscales ont atteint 160 millions de FCFA durant les neuf premiers mois de l’année, tandis que le recouvrement des taxes douanières affiche un taux impressionnant de 59,26 %. De même, les postes de péages et de pesage de la zone (Mbama, Djaglassi, Doume, Atok) ont totalisé 519 millions de FCFA en 2024. Pour le Ministre Louis Paul Motaze, « Ces chiffres démontrent à suffisance qu’il y a un grand potentiel ici à Abong Mbang qui nécessite que nos personnels bénéficient d’un confort plus affirmé. »
Une vague de modernisation à l’échelle nationale
L’inauguration d’Abong-Mbang s’inscrit dans un vaste programme de modernisation des infrastructures du ministère des Finances à travers tout le Cameroun. Louis Paul Motaze a annoncé que ce bâtiment est le premier d’une longue série d’ouvrages destinés à transformer l’environnement de travail des fonctionnaires de la Région de l’Est.
Parmi les réalisations déjà concrétisées, on compte l’inauguration, en mars dernier, du nouvel immeuble siège futuriste de la Trésorerie Générale de Douala. De nombreux chantiers sont également en cours sur l’ensemble du territoire. L’achèvement imminent des Secteurs des Douanes de Garoua et du Sud 2 à Kribi affichent des taux d’exécution avoisinant respectivement 70 % et 72 %.
La construction en cours des Services du Secteur des Douanes du Nord-Ouest à Bamenda (première pierre posée en janvier 2024) affiche déjà un taux de réalisation de 40 %. Dans les zones difficiles d’accès, l’on compte des postes comptables qui verra le jour dans des localités reculées de l’Extrême-Nord comme Doukoula, Mogode, Datcheka et Yagoua.
De nouvelles étapes sont déjà planifiées pour l’année prochaine notamment le lancement de la construction d’un Hôtel des Finances à Yokadouma dans la Boumba et Ngoko, ainsi que l’ouverture des perceptions dans les localités d’Atok et de Dimako dans le département du Haut-Nyong.
L’Hôtel des Finances d’Abong-Mbang marque donc un tournant symbolique et concret. Il consolide la présence de l’État auprès des populations et ouvre une nouvelle ère où la gouvernance fiscale moderne et décentralisée est mise au service d’une croissance et d’une fierté régionales renouvelées.
Ambiance de campagne électorale
Cet évènement très couru a vu une intense mobilisation des militantes et militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais. En cette période de campagne électorale, ces derniers venus en masse, ont pris d’assaut l’esplanade de l’hôtel des finances ainsi que celle de la mairie d’Abong Mbang, scandant des messages à l’endroit du candidat du RDPC à la présidentielle du 12 octobre. Ils n’ont d’ailleurs pas manqué d’offrir un présent au ministre des Finances pour ce joyau architectural.
Une ambiance de propagande électorale qui a transformé la cérémonie d’inauguration de ce jour en meeting géant où les réalisations du chef de l’Etat, Paul Biya, dans la Région de l’Est ont été égrenées les unes après les autres dans moult domaines par le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative : adductions d’eau potable, électricité, réhabilitation du réseau routier, construction de nouveaux axes routiers, réhabilitation, rénovation d’infrastructures hospitalières, construction d’écoles, appuis multiformes et divers aux populations vulnérables, etc.
Les chiffres publiés par MTN Cameroun révèlent que près de 90% des cas de tentatives de fraudes proviennent de l’ingénierie sociale et 12% des cyber attaques.
La fraude sur les comptes mobile money est une menace permanente au Cameroun. Elle reflète aussi une situation globale avec une hausse de plus de 20% des cas au niveau mondial ces dernières années selon la fondation IFRAP. Pour ce qui est de l’opérateur télécoms MTN Cameroun, les chiffres font état de plus de 10000 plaintes relatives à la fraude par an, soit au moins 1000 par mois.
Au cours de l’année en cours, les tendances chez MTN Cameroun révèlent plus de 4000 cas de fraudes et tentatives avérées. D’après ces données dévoilées par l’opérateur à la presse il y a quelques jours à Douala, la plus grande part de ces cas, soit 87% provient de l’ingénierie sociale. C’est-à-dire des personnes véreuses qui usent des stratégies pour manipuler la psychologie des abonnés afin qu’ils divulguent des informations sensibles ou effectuent des actions leur permettant d’avoir accès à leurs comptes. Derrière ce mode d’emploi, vient la cyber fraude qui occupe 12% tandis que moins de 5% est initiée par des agents de MTN Cameroun. Ils procèdent également par des sim swap, via la reconduction frauduleuse des cartes sim 1, le phishing par message frauduleux ou arnaques aux transferts et retraits.
En gros, les responsables de cet opérateur disent être bien connaître les menaces. Diverses actions sont prises pour réduire l’impact de cette activité sur les clients et l’économie en général, disent -ils. 500 agents MTN ont été suspendus. Plus de 2000 comptes bloqués pour activités suspectes ; un renforcement de la sécurisation de ses plateformes de transfert et de retrait d’argent etc. De même, environ 90 000 clients sont sensibilisés tous les mois sur les risques de fraude depuis le début de cette année. Car, les pertes déclarées par les clients du fait de la fraude s’élèvent à 3,5 millions de FCFA.
En 2024, MTN Cameroun a enregistré un chiffre d’affaires de 367 milliards de FCFA, tirés par les services Internet et fintech. Ces derniers, notamment le mobile money, ont contribué à hauteur de 35 milliards de FCFA, soit 19,3% des revenus.