vendredi, mai 8, 2026
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Barrages hydroélectriques : entre avancées et reculades

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Barrages hydroélectriques : entre avancées et reculades

Le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba n’a de cesse de se triturer l’esprit pour trouver des solutions aux problèmes de délestage auxquels font face les populations du Cameroun. Récemment, il a tenu à éclairer la lanterne des uns et des autres, à travers une interview accordée au quotidien gouvernemental. Gaston Eloundou Essomba dont le département ministériel conduit ces dernières années plusieurs projets dans le domaine de l’énergie électrique, a saisi cette opportunité pour faire le point sur la construction des barrages hydroélectriques dont la mission principale est de permettre aux populations de sortir « définitivement » de l’obscurité. En ce qui concerne l’aménagement hydroélectrique de Lom Pangar, le Minée a tenu a rappelé la fonction principale de cet ouvrage qui est celle de « constituer, pendant la saison pluvieuse, des réserves d’eau dans sa retenue pour augmenter, pendant l’étiage, les débits naturels du fleuve Sanaga et ainsi, maintenir et accroître la productivité des centrales de production situées en aval (Songloulou et Edéa) pendant cette période d’étiage ». Il a ajouté que la construction du barrage réservoir, d’une capacité de 6 milliards de m3, est achevée depuis 2017 et sa mise en eau permet, depuis lors, « de garantir une puissance supplémentaire de 150 MW et ainsi, de diminuer les délestages en période d’étiage, au profit de nos populations et de l’économie camerounaise bien évidemment ». Sur le même sujet, Gaston Eloundou Essomba a ajouté que les travaux de construction de l’usine de pied attenante audit barrage, d’une durée de 34 mois, ont commencé depuis mars 2019 ; quant à la construction des lignes de transport de 100 km entre Lom Pangar et Bertoua et du poste d’interconnexion de Bertoua et des ouvrages connexes, les dossiers d’exécution des travaux ont été validés par le bureau d’études Cima. La réalisation de ces ouvrages permettra l’arrêt de la centrale thermique de Bertoua et l’alimentation pérenne des populations de la région de l’Est en énergie électrique, a-t-il tenu a précisé. Barrages hydroélectriques : entre avancées et reculades

Lom Pangar : la construction de l’usine de pied se poursuit

Par ailleurs, outre les ouvrages sus-évoqués, le Minée a également indiqué, pour ce qui est des barrages de Nachtigal Amont, Bini à Warak et Menchum, que les travaux ont démarré ou sont en phase de démarrage. A Nachtigal par exemple, a-t-il souligné, « après le bouclage financier depuis le 28 décembre 2018, les travaux de construction de l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal Amont, d’une puissance de 420 MW, associée à une ligne de transport d’électricité de 400 kilovolts, ont effectivement démarré le 1er février 2019, pour une mise en service de la première turbine dès octobre 2022, la mise en service définitive du barrage étant prévue en 2023 ». D’après le Minée, « la réalisation à bonne fin de ce projet permettra, à court terme, d’améliorer la fourniture, en quantité et en qualité, de l’énergie électrique dans l’ensemble du Réseau Interconnecté Sud (RIS) » ; et, à long terme, « le surplus de l’énergie produite sera injecté dans les Réseaux Interconnectés Est (RES) et Nord (RIN), à travers des lignes dédiées de 225 KV ». De même, a-t-il poursuivi, « la construction de la ligne Yaoundé –Abong Mbang a déjà commencé pour le RIS, tandis que la ligne Nachtigal–Tibati-Ngaoundéré pour le RIN a, quant à elle, déjà obtenu le financement de la Banque Mondiale ». Pour ce qui est de l’aménagement hydroélectrique sur le fleuve Menchum, pour une capacité de 72 MW, avec une ligne associée de transport d’électricité de 90 KV, les études d’avant-projet détaillé se poursuivent, le contrat commercial ayant déjà été signé ; cependant, les problèmes sécuritaires dans le Nord-Ouest constituent pour l’instant une entrave pour la mise en œuvre ce projet, a indiqué Gaston Eloundou Essomba. Si sur les précédents ouvrages, les travaux évoluent plus ou moins sereinement, Memve’ele, Mekin et Bini à Warak rencontrent quelques difficultés.

Nachtigal, Bini à Warak, Menchum : sur la bonne voie

Evoquant le cas du barrage de Memve’ele d’une capacité de 211 MW, le Minée a rappelé que la centrale a été mise sous tension depuis le mois d’avril 2019, la mise en service définitive étant prévue au 31 décembre 2020. Cependant, a précisé Gaston Eloundou Essomba, « bien que sa ligne d’évacuation ne soit pas encore achevée », ledit ouvrage injecte actuellement 65 MW par jour dans le Réseau Interconnecté Sud, à travers une ligne provisoire, via le poste de Mbalmayo, au grand soulagement des populations de la Région du Sud, en particulier celles d’Ebolowa pour lesquelles les délestages intempestifs sont désormais un triste souvenir. Cette mise en production partielle a permis, selon Gaston Eloundou Essomba, « le démantèlement des centrales thermiques d’Ahala Oyom Abang, Mbalmayo et Ebolowa, générant des économies dans la facture des combustibles de l’ordre de 350 millions de F par semaine. Des diligences et des essais de montée en puissance au niveau de la centrale sont en cours par la Sonatrel, tendant à augmenter cette puissance à 75 MW ».

Barrage de Memve’ele : la ligne d’évacuation n’est toujours pas achevée

Si la ligne d’évacuation n’est pas encore achevée à Memve’ele, Mekin est « en arrêt depuis plusieurs mois à cause d’une panne de la bobine du point neutre », a déclaré le Minée. Toutefois, a-t-il martelé, « la société Hydro Mekin qui en charge des travaux est en cours d’acquisition d’une pièce de remplacement ». Il y a lieu de souligner que Mekin a une capacité de 15 MW, et elle a été mise sous tension depuis avril 2019.

Mekin : en arrêt temporaire du fait d’une panne

L’autre site qui connait des difficultés est le barrage hydroélectrique de Bini à Warak. D’une capacité installée de 75 MW, associée à une ligne de transport d’électricité de 225 KV, l’entreprise Sinohydro, en charge des travaux, est installée sur le chantier et a commencé à réaliser un certain nombre de prestation, informe Gaston Eloundou Essomba. Cependant, l’entreprise s’est démobilisée, parce que le partenaire financier n’a pas libéré les fonds d’avance de démarrage. Mais, selon le Minée, « les négociations sont en cours avec ledit partenaire au niveau du ministère de l’Economie, et nous osons espérer que les travaux pourraient reprendre dans les tout prochains jours ».

Par Junior Matock (Défis Actuels 469)

Coronavirus: la BAD lance un emprunt obligataire de plus de 1000 milliards

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La BAD lance un emprunt obligataire de plus de 1000 milliards

La Banque Africaine de Développement (BAD) vient de procéder avec succès à la levée sur les marchés financiers internationaux, de la somme de trois milliards de dollars, soit plus de 1000 milliards de francs CFA, à travers un emprunt obligataire social intitulé « Combattre le Covid-19 ». Selon le communiqué publié à cet effet par l’institution, ces financements sont destinés à « atténuer les effets de la pandémie de Covid-19 sur la vie des populations africaines et les économies du continent ». La banque a précisé dans la note publiée que cet autre succès tient à la crédibilité dont elle bénéficie auprès des investisseurs. Une crédibilité qui est confortée par la note triple-A dont elle jouit depuis quelques temps. La BAD a d’ailleurs pris le soin de décliner le profil des investisseurs qui ont manifesté leur intérêt pour son emprunt obligataire. Il s’agit, a-t-elle souligné dans son communiqué, des investisseurs de premier plan, y compris les investisseurs socialement responsables. Le même communiqué insiste sur le fait que la BAD a bénéficié d’un carnet d’ordres de très grande qualité de plus 4,6 milliards de dollars. En outre, la BAD informe que « Combattre le COVID-19 » est aujourd’hui « le plus gros emprunt social libellé en dollars américains, ayant jamais été placé par un émetteur sur les marchés financiers internationaux. Il représente aussi le plus gros emprunt global de référence jamais émis par la Banque Africaine de Développement ». L’émission porte ainsi un coupon de 0,75 %, et une échéance de trois ans. Cet acte de la BAD a été motivé, apprend-on, par le souci de cette institution à apporter des réponses flexibles visant à « réduire les graves effets économiques et sociaux de la pandémie de Covid-19 sur ses pays membres régionaux et sur le secteur privé africain ». L’initiative tombe d’ailleurs sous le sens en ceci que la survenance de cette crise sanitaire marque une «période critique pour l’Afrique, à un moment où elle doit relever les défis induits par le Covid-19 ». De plus, a renchérit Tanguy Claquin, le Responsable mondial Sustainable banking, du Crédit agricole CIB, «l’épidémie du Covid-19 menaçant dangereusement l’Afrique, la Banque Africaine de Développement veut être à la hauteur de ses énormes responsabilités et déployer des fonds pour aider et préparer les populations africaines en contribuant à l’accès à la santé et à la totalité des autres biens, services et infrastructures essentiels». Dans le détail, cet emprunt obligataire n’est que la première partie de la réponse de la BAD au Covid-19, selon Akinwumi Adesina, président du groupe de la BAD. Il y a lieu de noter que cette émission s’est faite suivant une répartition institutionnelle et géographique précises à savoir : banques et institutions officielles (53 %), trésoreries de banques (27 %), gestionnaires d’actifs (20 %). Du point de vue de la répartition géographique, l’Europe (37 %), Amériques (36 %), Asie (17 %), Afrique (8 %), et le Moyen-Orient (1 %).

Par Junior Matock (Défis Actuels 469)

Hydrocarbures: comment l’Etat veut éviter la pénurie

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Comment l’Etat veut éviter la pénurie.

L’assèchement des pompes à carburant dans certaines stations-services de la ville de Yaoundé a certainement mis la puce à l’oreille de l’Etat qui, à travers le ministre d’Etat, Secrétaire Général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, a pris deux principales mesures pour éviter la pénurie. En effet, dans une note signée par ses soins le 25 mars dernier, Ferdinand Ngoh Ngoh répercutait les instructions de Paul Biya au Secrétaire Général des services du Premier ministre. Relativement à son accord sur les dispositions à prendre pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers. Ces mesures portent notamment sur la mise en vigueur, dès ce mois de mars, de la nouvelle grille des produits pétroliers et de l’ouverture des négociations par le gouvernement camerounais, auprès d’Afreximbank (banque africaine spécialisée dans l’import-export), afin d’obtenir un prêt d’un montant de 300 millions d’euros, soit 197 milliards de francs CFA, destiné à l’importation des produits pétroliers par la Société Nationale de Raffinage (Sonara). En ce qui concerne la première mesure, le président de la République « accorde à la Sonara une marge minimale de 47,88 francs CFA par litre, sans incidence sur le niveau actuel des prix à la pompe ». Dans la même perspective, Paul Biya octroie aux importateurs des produits pétroliers, y compris la Sonara, « une marge fixe de 16 francs CFA par litre, destinée à couvrir leur rémunération », et valorise également « les droits de passage au profit de la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers à hauteur de deux francs CFA par litre ». De l’avis de certains spécialistes, ces mesures gouvernementales vont permettre d’éviter la pénurie des produits pétroliers qui se faisait déjà ressentir dans certaines grandes villes du Cameroun. Il convient de souligner que le phénomène connaît ce pic du fait de l’incendie de la Sonara survenue le 31 mai 2019 et qui réduit désormais cette entreprise, auparavant principal raffineur des produits pétroliers, à se limiter à l’importation. Sur des données officielles, elle importera pour un total de 480 000 m3, tandis que les autres acteurs le feront à hauteur de 1,060 m3.

Par Junior Matock (Défis Actuels 469)

Louis Paul Motaze, ministre des Finances: « les conséquences économiques seront terribles pour nos Etats »

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Motaze veut mobiliser 220 milliards

« Les ministres de l’Economie et des Finances n’ont pas une réponse sanitaire. Nous devions analyser les répercussions de cette crise sur notre tissu économique et nos budgets, et voir quelles peuvent être les réponses que nous pouvons apportées. Pour ce qui est de l’évaluation, ça reste encore un peu difficile, parce qu’elle dépend de la durée de la pandémie. Une chose est certaine, c’est que nous aurons des conséquences sur nos budgets. Au niveau du Cameroun par exemple, on a fait quelques évaluations. En ce qui concerne notre loi de finances 2020, elle avait été faite sur une hypothèse d’un baril de pétrole à 54,4 dollars. Aujourd’hui, nous sommes à moins de 30 dollars, vous comprenez donc que la conséquence est immédiate. Nous savons également qu’avec la diminution des échanges avec le monde extérieur, les importations vont baisser, ce qui suppose que les recettes douanières vont chuter. Et tout cela va avoir des effets significatifs sur l’économie réelle. En clair, il a été constaté que les effets vont être terribles. En ce qui concerne les solutions, les ministres ont pensé qu’il fallait réfléchir sur une réponse globale. Ce d’autant plus les pays de la Cemac négocient toujours avec leurs partenaires, mais très souvent de manière bilatérale. La décision qui a été prise est celle de mener des négociations communes avec des institutions telles que le Fonds Monétaire International (FMI). Il faut qu’on détermine ces dénominateurs communs, notamment ce qu’il faut accepter ou demander. Bien entendu, en laissant par la suite le soin à chaque Etat, en fonction des spécificités qui sont les siennes, de mener des négociations bilatérales. Evidemment, il y a des efforts qui doivent être faits au niveau de chaque pays, en matière de discipline budgétaire et de réallocation des ressources en fonction des priorités. La priorité actuelle est celle de combattre ce virus et soutenir le tissu économique pour éviter les licenciements et autres fermetures des entreprises. Il y aussi un effort à faire avec nos propres institutions sous régionales avant de recourir à l’aide internationale. Dans cette perspective, le président de la Bdeac m’a informé avoir accordé à chaque Etat plus de 500 millions de francs CFA. La Banque des Etats de l’Afrique Centrale a accordé une ligne de crédit de 90 milliards de francs CFA qui seront mis à la disposition de la Bdeac pour les investissements publics des Etats, dans le domaine de la santé. Les autres mesures sont d’ordre technique, notamment à travers les politiques monétaires qui visent à injecter de l’argent dans l’économie, il faut également que les crédits soient facilités aux entreprises afin qu’elles puissent faire face aux différents défis. L’autre démarche consistera à aller vers les institutions de Bretton Woods pour solliciter l’annulation de leurs dettes. Heureusement que certaines de ces institutions ont déjà planché sur le sujet et envisagent carrément l’annulation de la dette ».

Par Junior Matock ( Défis Actuels 469)

Coronavirus: le plan de riposte de la Cemac

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Le plan de riposte de la Cemac

La vitesse avec laquelle le Covid19 se propage dans la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac), n’est pas sans conséquences pour les économies des six pays (Cameroun, Tchad, République Centrafricaine, Gabon, Congo, Guinée Equatoriale). L’impératif d’agir en urgence a dicté la convocation d’une réunion extraordinaire des ministres de l’Economie et des Finances de la sous-région, à l’initiative du président du Comité de pilotage du Programme des Réformes Economiques et Financières de la Cemac (Pref-Cemac), Denis Sassou Nguesso. D’après le communiqué qui a sanctionné ces travaux, le but de cette réunion était d’évaluer les « incidences économiques et financières du Covid-19 sur les économies de la Cemac et esquisses de solutions ».

Solutions

Nombre de solutions ont donc été prises au cours de la réunion de Brazzaville. Dans le chapitre de la politique monétaire, il s’agit notamment du « déblocage de la somme de 90 milliards de francs CFA qui seront mis à la disposition de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (Bdeac), par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale ( Beac), pour le refinancement des projets des pays de la zone portant sur la lutte contre la pandémie du Covid-19 et le renforcement des systèmes sanitaires nationaux », selon le communiqué publié à la fin des travaux. Dans la même perspective, il a été demandé aux Etats de la Cemac « de soumettre des projets banquables à la Bdeac dans les plus bref délais possibles au bénéfice de nos populations et la Bdeac veillera à la répartition équitable de ces 90 milliards de francs CFA », précise le document. Aussi, avant la tenue de cette réunion, la Bdeac avait déjà décidé de mettre à la disposition de chacun des six Etats membres, de la somme de 500 millions de francs CFA. En outre, les ministres de l’Economie et des Finances ont recommandé aux États de négocier collectivement et d’obtenir « l’annulation de l’ensemble de leurs dettes extérieures», auprès des institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. En outre, les ministres de l’Economie et des Finances ont également autorisé la Beac de relever le niveau d’injection des liquidités dans le système bancaire sous régional à hauteur de 500 milliards de francs CFA. Dans la même veine, il est demandé aux Etats membres de « mobiliser les banques nationales en vue d’un plus large financement des entreprises, notamment des Petites et Moyennes Entreprises et les Petites et Moyennes Industrie ». Les pays membres de la Cemac devraient aussi « inciter les banques commerciales à réaménager les échéanciers de leurs créances sur les entreprises affectées par la crise ». Dans cette perspective, précise le communiqué, « la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale est invitée à examiner avec les banques concernées, les assouplissements qui pourraient être apportés à la surveillance prudentielle ». En matière de politique budgétaire, il a été recommandé aux Etats de « poursuivre les efforts de rationalisation et d’efficacité des dépenses publiques, pour mieux faire face à toutes les dimensions de la crise ». Allant dans le même sens, le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, a déclaré au sortir de cette réunion qu’il est grand temps pour les pays de pratiquer une discipline budgétaire plus rigoureuse et une réallocation des ressources en fonction des priorités. La priorité de l’heure étant, a-t-il insisté : « celle de combattre ce virus et soutenir le tissu économique pour éviter les licenciements et autres fermetures des entreprises ».

Par Junior Matock ( Défis Actuels 469)

Gouvernance : Kamto veut faire constater la vacance du pouvoir au Cameroun

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Kamto-veut-renverser-Biya-par-la-voie-constitutionnelle

Même s’il reconnaît le pouvoir de fait de son adversaire de la présidentielle 2018, le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) fait le constat d’un pouvoir non assumé par celui qui est aux affaires depuis le 6 novembre 1982. «Nous pouvons faire ensemble le constat, à partir de la défaillance de Monsieur Paul Biya dans ce moment de crise grave où, en tant que chef de l’Etat en fonction, sa présence est plus que jamais requise pour conduire personnellement la guerre contre le Covid-19, d’une possible incapacité du président de la République dans les conditions prévues par la Constitution », lance-t-il dans une déclaration rendue publique ce 3 avril 2020. Alors « le peuple camerounais n’a pas d’autre choix que de prendre en main son destin afin de donner une chance à sa survie qui est en cause », met-il en garde.

Sur le sujet du décès de Paul Biya annoncé par un certain Kamwa la panthère, cyberactiviste camerounais basé à l’étranger, Maurice Kamto que d’aucuns voyaient dans la « cabale », renvoie la balle à Paul Biya qui en est habitué selon lui. Feignant ainsi d’être mort, pour venir « narguer le peuple» par une apparition physique, condamne-t-il, en laissant une place au doute. Mais l’opposant renouvèle la menace à l’intention du commandant en chef du navire de guerre camerounais, avec plus d’intensité : «Si, dans les 7 jours suivant la publication de la présente déclaration le président de facto du Cameroun n’avait pas donné une preuve physique de ce que c’est bien lui qui est aux commandes de l’Etat, nous nous trouverions dans l’obligation d’engager les procédures juridiques adéquates pour obtenir le constat, par les instances compétentes, de la vacance présidentielle et ses suites constitutionnelles », promet-il. D’ailleurs « je me réserve le droit d’appeler à de mesures plus radicales», tonne-t-il.

La mort de Paul Biya

Dans un contexte marqué par des attaques venant du camp présidentiel. Jacques Fame Ndongo (secrétaire à la communication du Rdpc), Grégoire Owona (secrétaire général adjoint du Rdpc), Oswald Baboke (directeur adjoint du cabinet civil), pour ne parler que de ces trois, ont servi chacun une riposte pour le moins violente à l’adversaire politique qui donne des insomnies à leur champion depuis deux ans. « Peu importe les critiques et les insultes. Ce qui est sans prix à mes yeux, c’est la vie de chaque Camerounais, du plus grand au plus petit d’entre eux, et notre devenir commun en tant que Nation», clame-t-il. A l’intention des caciques du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui lui ont répondu après le premier ultimatum du 27 mars dernier. Pendant ce temps, la rumeur sur la mort du président réélu le 7 octobre 2018 résiste aux démentis du ministre de la Communication, soutenu par des pontes du régime. Paul Biya, 87 ans dont 38 au pouvoir, n’est plus apparu en public depuis bientôt deux mois.

Municipales 2020 : L’élection du maire de Mbouda annulée

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Ngoulla-Roger. Déjà une 1ère victoire vers son ancien poste de maire

L’élection du maire Francis Wadji de Mbouda a été annulée hier. Décision du tribunal administratif de Bafoussam ce 3 avril 2020. L’élection de Wadji a été contestée par son prédécesseur et adversaire le Dr Michel Roger Ngoulla, pour corruption, notamment la circulation de pots de vins qu’il reprochait à Francis Wadji.

Les deux hommes devraient donc repartir devant les urnes pour reconquérir les voix des conseillers municipaux. Sauf si le nouveau maire déchu saisit la Chambre administrative de la Cour suprême, seule instance habilitée à connaître de la suite de ce litige à ce stade. A défaut, l’autorité préfectorale des Bamboutos devra se préparer à organiser de nouvelles élections dans les prochains jours.

L’élection du maire de la commune de Mbouda avait agité le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir. Des dizaines de militants avaient organisé un sit-in devant la préfecture de Mbouda, pour dénoncer « la mascarade » qu’organisaient des pontes du régime, avec la « complicité du préfet » des Bamboutos et affichaient leur préférence pour le maire sortant dont ils vantaient le mérite d’avoir fait de la ville de Mbouda la plus propre de l’Ouest, et l’une des plus propres du pays. Dans le même temps, ils dénonçaient le « diktat » du ministre Emmanuel Nganou Djoumessi des Travaux publics, patron département du parti au pouvoir et sociologiquement plus proche de Wadji. Cela n’avait rien changé. Le candidat adversaire du maire sortant avait été élu le lendemain, au terme d’un processus électoral sous haute tension.

Coronavirus : Plus de 500 personnes déjà infectées au Cameroun

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Laéroport-voie-par-excellence-dentrée-du-coronavirus-au-Cameroun

C’est le grand bond. Le plus grand jusqu’ici dans le décompte journalier des patients du coronavirus au Cameroun. 203 nouvelles infections en 24h. Ce qui fait exploser le compteur qui passe à 509 cas depuis le 6 mars 2020, date de découverte du premier cas au Cameroun. En revanche, les cas de guérison stagnent presque. On n’en est qu’à 17 personnes, pour 8 décès. Jusqu’ici, l’on n’avait pas encore enregistré plus d’une cinquantaine de cas en une journée. Cependant, il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure. A en croire le ministre de la Santé le Dr Manaouda Malachie, les 203 nouveaux cas détectés hier, sont toutes asymptomatiques, c’est-à-dire qu’ils ne développent pas (encore) la maladie. Les 203 nouveaux cas sont issus des 800 personnes sur lesquelles pesaient des soupçons, en raison de ce que ces derniers venaient prioritairement de pays à fort taux d’infection.

Cela arrive au moment où le gouvernement vient de renouveler pour deux semaines l’observation de mesures restrictives de libertés. En effet, à l’expiration le 1er avril dernier, le Premier ministre Dion Ngute a simplement reconduit les 13 mesures qu’il a prescrites pour contenir la progression du coronavirus. Et sur le terrain, les autorités administratives et municipales jouent les veilleurs jusque dans certains cois enclavés des quartiers des grades villes.

Silence présidentiel : Le message que le peuple attendait de Kamto

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« Je me sens le devoir d’interpeller, de proposer, d’appeler le peuple camerounais abandonné à lui-même à s’organiser pour sa SURVIE». Ainsi, a parlé Maurice Kamto hier soir. A l’expiration de l’ultimatum de sept jours qu’il a donné à Paul Biya pour sortir de son mutisme et s’adresser à la nation camerounaise, dans le cadre de la « guerre » que mène le monde entier et le Cameroun, contre la pandémie qui décime des dizaines de milliers de personnes chaque jours à travers le monde. Ultimatum au terme duquel le président de la République ne s’est pas bougé. Et celui qui se fait appeler « président élu » du Cameroun depuis le 8 octobre 2018, lendemain de la dernière élection présidentielle, a fait le constat désolant de ce qu’aucune ligne n’a bougé : « Les sept jours ont expiré. Monsieur Biya ne s’est pas exprimé, ni ne s’est rendu visible. Quelles qu’en soient les raisons, il a ce faisant établi sa défaillance comme chef de l’Etat du Cameroun», relève-t-il. Mieux, « ensemble nous pouvons constater la DEFAILLANCE de Monsieur Paul Biya comme président de la République, à un moment où le peuple camerounais a le plus besoin d’un commandant en chef. Aucune armée ne peut gagner une guerre avec les seules effigies d’un commandant en chef que la troupe ne voit ni n’entend», enseigne l’universitaire. Alors « j’appelle le peuple camerounais à tirer toutes les conséquences de cette grave défaillance », lance-t-il. Et « la plus immédiate est son incapacité à conduire personnellement le pays dans la lutte contre le grave danger du Coronavirus, dont on assiste à une progression fulgurante et à ses premières conséquences économiques et sociales », regrette Maurice Kamto.

 » SURVIE-CAMEROON-SURVIVAL INITIATIVE »

L’homme dont le discours était très attendu du côté du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir, n’a pas manqué le rendez-vous. Le parti au pouvoir dont plusieurs hauts cadres ont répondu violemment à l’ultimatum du leader de l’opposition, dénonçant l’incapacité institutionnelle de l’opposant à « donner des injonctions à un président de la République ». Là où ses adversaires politiques redoutaient un appel à la révolution de rues, Kamto invite les Camerounais à « s’auto organiser », dans le cadre d’une initiative populaire baptisée « SURVIE-CAMEROON-SURVIVAL INITIATIVE ». Un concept visant trois objectifs majeurs : « contribuer à faire face à l’urgence sanitaire, apporter une réponse à l’impact social et économique de la pandémie, préparer la bataille de la reconstruction des communautés et de la survie de notre nation », souligne-t-il.

Dans ce plan, Maurice Kamto recommande une batterie de mesures dont le confinement de 15 jours (du 6 au 15 avril ) aux populations des régions du Centre, du Littoral et du sud-ouest, qui concentrent les 509 cas répertoriés par les pouvoirs publics, le port systématique de masques par les populations de ces régions, le dépistage populaire dans ces régions, avec comme cible prioritaire les personnes de 50 ans et plus, le dépistage systématique des voyageurs partant des régions touchées vers les sept autres régions…

Coronavirus : pas de confinement total au Cameroun

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Le Cameroon Business Forum s’ouvre ce lundi à Douala.

Le gouvernement a décidé mercredi de renouveler pour une durée de 15 jours, les 13 principales mesures dictées par le chef de l’Etat pour faire face à la propagation du Covid-19.

Malgré la menace grandissante du coronavirus, les pouvoirs publics écartent la piste d’un confinement total de la population. Enfin, pour le moment. Le gouvernement a décidé mercredi de renouveler pour une durée de 15 jours, les 13 principales mesures édictées par le chef de l’Etat pour freiner la propagation du Covid-19. Mises en application depuis le 18 mars dernier, ces mesures de riposte de l’Etat sont donc maintenues jusqu’au 15 avril prochain.

1. Les frontières terrestres, aériennes et maritimes du Cameroun seront fermées : tous les vols passagers en provenance de l’étranger sont suspendus, à l’exception des vols cargos cl des navires transportant les produits de consommation courante ainsi que les biens et matériels essentiels, dont les temps d’escale seront limités et encadrés ; les Camerounais désireux de retourner dans leur pays devront prendre attache avec les différentes représentations diplomatiques du pays ;

2. la délivrance des visas d’entrée au Cameroun aux différents aéroports est suspendue ;

3. tous les établissements publics et privés de formation relevant des différents ordres d’enseignement, de la maternelle au supérieur, y compris les centres de formation professionnelle et les grandes écoles seront fermés ;

4. les rassemblements de plus de cinquante (50) personnes sont interdits sur toute l’étendue du territoire national ;

5. les compétitions scolaires et universitaires sont reportées, à l’instar des jeux Fenasco et des jeux universitaires ;

6. les débits de boissons, les restaurants et les lieux de loisirs seront systématiquement fermés à partir de 18 heures, sous le contrôle des autorités administratives ;

7. un système de régulation des flux des consommateurs sera instauré dans les marchés et les centres commerciaux ;

8. les déplacements urbains et interurbains ne devront s’effectuer qu’en cas d’extrême nécessité ;

9. les conducteurs de bus, de taxis et de mototaxis sont invités à éviter des surcharges dans les transports publics : les forces de maintien de l’ordre y veilleront particulièrement ;

10. les formations sanitaires privées, les hôtels et autres lieux d’hébergement, les véhicules ainsi que les équipements spécifiques nécessaires à la mise en œuvre du plan de riposte contre la pandémie du Covid-19 au Cameroun pourront être réquisitionnés en tant que de besoin, à la diligence des autorités compétentes ;

11. les administrations publiques devront privilégier les moyens de communications électroniques et les outils numériques pour les réunions susceptibles de regrouper plus de dix (10) personnes ;

12. les missions à l’étranger des membres du gouvernement et des agents du secteur public et parapublic sont suspendues ;

13. les populations sont invitées à observer strictement les mesures d’hygiène recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé, à savoir notamment se laver régulièrement les mains au savon, éviter des contacts rapprochés tels que se serrer les mains ou s’embrasser, se couvrir la bouche pour éternuer.

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