vendredi, avril 10, 2026
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Paul Biya, le temps du renouvellement

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Depuis des décennies, le Cameroun vit sous le signe d’une continuité devenue doctrine d’État. À chaque remaniement, des visqges connus depuis des lustres réapparaissent, parfois après plusieurs années d’absence, rappelés comme si le temps n’avait aucune prise sur la vie politique. Anciens ministres, directeurs généraux ou présidents de conseils d’administration, certains sont reconduits ou rappelés au service de l’État bien après la retraite. Cette fidélité institutionnelle, que le pouvoir semble présenter comme une garantie de stabilité, traduit aussi une forme d’immobilisme.

Les intérims prolongés, les reconductions et le recyclage des élites sont les symptômes d’un système où la loyauté pèserait davantage que le renouvellement, et où la longévité tiendrait lieu de compétence. Les derniers mois en ont fourni une illustration parlante. Après la démission d’Issa Tchiroma Bakary, en juin 2025, Mounouna Foutsou, ministre de la Jeunesse, a été chargé d’assurer l’intérim au ministère de l’Emploi. Gabriel Mbaïrobe cumule désormais l’Agriculture et le Tourisme, tandis que Fuh Calistus Gentry, secrétaire d’État, dirige toujours par intérim le ministère des Mines depuis le décès de Gabriel Dodo Ndoké en 2023.

À chaque fois, la « continuité du service public » est invoquée, mais la formule pourrait désormais masquer un manque de volonte de renouvellement politique. Dans certaines entreprises publiques, des dirigeants en poste depuis plus d’une décennie dirigent leur établissement comme un prolongement personnel de leur carrière. D’autres, bien qu’ayant atteint la limite d’âge, continuent d’exercer. Une étude de la politologue Viviane Ondoua Biwolé souligne ainsi que 43 présidents de conseils d’administration continuent d’exercer en violation de la réglementation, tout en percevant indûment 634 millions FCFA. Le Cameroun compte pourtant une nouvelle génération de cadres formés localement ou à l’étranger, compétents et disposés à servir.

Mais ces profils demeurent souvent cantonnés aux seconds rôles. L’ouverture à ces compétences, issues aussi bien du secteur privé que de la fonction publique ou de la diaspora, pourrait redonner souffle à l’action publique. La responsabilité d’une telle mutation incomberait naturellement au sommet de l’État.

Plus précisément au président de la République qui vient d’être réélu pour son 8e mandat. Réformer la gouvernance ne signifierait pas rompre avec la continuité, mais la repenser. L’adapter à un monde en mutation, capable d’intégrer le numérique, la transition énergétique, la performance publique et la participation citoyenne. Injecter du sang neuf dans l’appareil d’État ne relèverait pas d’un simple rajeunissement symbolique, mais d’une stratégie de vitalité institutionnelle. Le Cameroun, riche de ses compétences et de sa jeunesse, gagnerait à faire de la relève non un risque politique, mais un instrument de modernisation.

Accès à l’emploi : restaurer la méritocratie

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S’il y a une classe sociale dont les suffrages ne sont pas toujours en faveur de la classe dirigeante actuelle, c’est la jeunesse. Les résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 sont une parfaite illustration de ce sentiment de rejet de la jeunesse vis-à-vis de l’actuel locataire du palais d’Etoudi. Et la raison est toute simple. Cette jeunesse est aujourd’hui confrontée à un chômage endémique, se sent le plus délaissée. Surtout que pour les quelques emplois disponibles, notamment dans la Fonction publique et les sociétés d’Etat, leur accès est de plus en plus compliqué, surtout pour les jeunes issus des milieux défavorisés.

La jeunesse dans son ensemble peut donc espérer que le nouveau septennat accordé au Président Paul Biya soit une occasion de changer la gouvernance dans l’accès aux emplois publics. Que la méritocratie soit restaurée, qu’elle soit le baromètre d’accès aux grandes écoles, à la Fonction publique ou alors dans les recrutements dans les sociétés d’Etat. Toute chose qui permettrait d’installer une saine émulation entre les jeunes dans l’accès à l’emploi. Et finir avec l’achat des places dans les grandes écoles, le parrainage dans les recrutements dans les sociétés d’Etat, etc.

Comme le reconnaissait fort à propos le président de la République, Paul Biya lui-même dans l’un de ses adresses à la nation, « Le chômage des jeunes est un phénomène qui n’épargne aucun pays. Des efforts méritoires sont consentis pour le résorber. J’ai à cet égard prescrit au gouvernement de mettre en place un cadre réglementaire régissant l’aide à l’embauche des primo demandeurs d’emploi ». Il est donc question d’aller au-delà des simples discours, et créer des conditions propices à la création des emplois décents, et surtout changer de gouvernance dans l’accès aux emplois publics.

 Les chiffres du chômage au Cameroun en 2025, faut-il le rappeler, sont sujets à des estimations divergentes : certains indicateurs suggèrent une légère hausse, passant de 6,1 % en 2024 à environ 6,8 %, tandis que des modèles prévisionnels pointent vers un taux d’environ 3,50 %. Les données disponibles font également état d’une situation particulièrement difficile pour les jeunes, avec un taux de chômage élevé, atteignant environ 35 % en 2024, selon la Banque Mondiale, et des défis persistants liés au marché du travail saturé et au décalage entre les compétences et les besoins des entreprises.

Certes, comme le font remarquer certains experts, l’emploi salarié n’est pas le seul moyen d’insertion sur le marché du travail, d’autres voies existent à l’instar des opportunités qu’offrent les domaines tels que l’industrie agropastorale. Les jeunes sont donc appelés à capitaliser les atouts du numérique pour développer l’auto-emploi afin de relever les défis qui se posent avec acuité.

Gouvernance : le président appelé à plus de leadership

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Il est considéré comme une énigme pour de nombreux Camerounais, y compris pour certains de ses ministres, tellement ses sorties sont rares. Paul Biya s’adresse uniquement deux fois l’an à la nation. A l’occasion de la célébration de la fête de la jeunesse et à la veille du nouvel an. En dehors de ces circonstances, difficile d’entendre le président de la République. Le silence du dirigeant fait l’objet de plusieurs curiosités, même scientifiques. « Les silences de Paul Biya : analyse d’une communication de pouvoir », ouvrage paru en 2019 sous la plume du journaliste François-Marc Modzom, confirme bien ce mythe dans la manière de gouverner.

Mais pour bon nombre d’observateurs, il est temps pour l’homme politique de rompre avec ce silence pour impulser un dynamisme, mieux une reddition des comptes au sein de l’appareil gouvernante. Car, il semble absent. Le dernier remaniement du gouvernement date du 4 janvier 2019. Le président n’a pas non plus tenu de conseil ministériel depuis cette période. Or, plusieurs indicateurs de gouvernance ne sont pas au vert.

En matière de corruption par exemple, le Cameroun occupe la 143e place, sur 180 économies dans le classement 2024 de Transparency International. Le pays figure donc parmi les plus corrompus avec un indice de moins de 26 sur une échelle de 100. Des scandales financiers tels que la gestion des fonds covid, de la CAN, ou encore l’affaire Glencore, ont révélé des fautes de gestion graves comme l’attestent des rapports de la Conac. Mais les administrés attendent toujours des sanctions à la hauteur des manquements tandis que la situation sociale se dégrade. Sur 28 millions d’habitants, plus de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit près de 40 % de la population selon la Banque mondiale. Le nombre de pauvres a bondi de 66 % depuis le début des années 2000.

Dans le même temps, le pays projette depuis plusieurs années, d’atteindre un taux de croissance à deux chiffres. Mais il stagne toujours autour de 4%. Les objectifs de croissance seront difficilement atteints dans le contexte actuel selon plusieurs analyses. « En 2023, le PIB/habitant n’était que de 1 674 $US soit une hausse minable de 198$US ou 13,41% en 15 ans, c’est-à-dire une croissance moyenne annuelle de 0,9% qui est largement inférieure à la croissance démographique annuelle pas loin de 3%.

En 2023, le PIB/habitant des pays à revenu intermédiaire était de 6 267 $US avec 2 414 $US pour la tranche inférieure. Il est donc clair qu’au rythme actuel et prévisible, l’écart de croissance du PIB par rapport à la tranche intérieure étant de 740 $US, il faut une cinquantaine d’années pour y parvenir », soutient Babissakana, expert financier dans une lettre adressée à Paul Biya en novembre dernier.

Pour une meilleure efficacité, des critiques espèrent la fin du laxisme et un leadership visible du président de la République durant le nouveau mandat. Même si pour Edmond Biloa, cadre du RDPC, « il ne faut pas interpréter le silence comme étant le manque de parole. Parler c’est transmettre des idées, ne pas parler c’est aussi parler ».

PAR LA REDACTION

   Impéritie, Incurie, Arrogance : ces poisons lents qui tuent le régime Biya de l’intérieur

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Qui peut croire qu’il a fallu trente ans au régime pour enfin offrir aux Lions indomptables de l’équipée historique de 1990 les maisons qui leur avaient été promises ? Pourtant, c’est bien en août 2020 que cette récompense, alors promise par le président Biya, a été attribuée aux valeureux Lions de cette épopée italienne (trois d’entres eux n’ont jamais pu en profiter car décédés entre temps : Louis Paul Mfédé, Tataw Stephen et Benjamin Massing). Trente longues années durant lesquelles la bureaucratie camerounaise a fait ce qu’elle sait faire le mieux : tourner en rond, compliquer les choses les plus simples, bloquer les initiatives et chercher les intérêts individuels de quelques fonctionnaires. Il aura donc fallu trois décennies au gouvernement camerounais pour mener à terme une procédure qui se règle en quelques mois dans la plupart des autres pays. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que de nombreux grands projets piétinent — autoroutes, péages automatiques, complexes touristiques, etc. — lorsqu’ils ne disparaissent pas tout simplement de l’agenda gouvernemental.

Cette forme achevée d’incurie est précisément ce contre quoi de nombreux Camerounais se sont levés le 12 octobre dernier, infligeant au RDPC une défaite historique dans plusieurs grandes villes. Certes, les résultats officiels donnent le président Paul Biya vainqueur, mais la dégringolade de son score national — de près de 20 points — traduit une rupture profonde de confiance entre la gouvernance actuelle et les populations. Le parti au pouvoir, pourtant nanti de moyens financiers, logistiques et humains colossaux, s’est montré incapable de transformer cette puissance, autrefois redoutée, en atout électoral.

En somme, l’impéritie, l’incurie et l’arrogance qui caractérisent nos hauts dignitaires se sont transposées sur le terrain électoral, à travers une multiplication de maladresses et de preuves d’incompétence. Ainsi, cette puissante machine aura même été incapable de réceptionner et de distribuer les gadgets de campagne à temps — exactement comme elle gère les affaires de l’État. Depuis des années, le régime Biya est rongé par trois poisons lents : l’impéritie, l’incurie et l’arrogance.

Trois mots qui résument la lente mais sûre décomposition d’un système qui ne travaille plus que pour lui-même, abreuvant les populations de justifications farfelues là où elles attendent des résultats concrets. Des justifications bancales déclamées avec aplomb, comme si les Camerounais n’étaient qu’un peuple d’abrutis capables de gober toutes sortes de boniments.

L’INCOMPÉTENCE DEVENUE NORME

 Le RDPC n’a jamais manqué de cadres, mais il manque de compétences réelles. La sélection des élites obéit désormais à des logiques d’allégeance, non de mérite. L’accès aux grandes écoles dépend aujourd’hui davantage de l’épaisseur du portefeuille et du tissu de relations haut placées que des aptitudes intellectuelles. Normal, donc, qu’au bout du compte, l’administration soit tenue par une chaîne d’incompétents dont bon nombre ont acheté leur place dans les grandes écoles, puis leurs postes dans la hiérarchie administrative. Dans les structures du parti comme dans celles de l’État, les plus zélés supplantent les plus compétents. Résultat : une direction politique souvent déconnectée du terrain, incapable de lire les signaux faibles de la société.

 Dans le quotidien des Camerounais, cette impéritie se manifeste dans les nombreux projets inachevés, les villes insalubres et l’incapacité de l’État à faire face aux demandes sociales en matière d’emploi, de santé ou d’éducation. Sur le terrain politique, cette incompétence généralisée s’est encore révélée au grand jour durant la campagne électorale : messages brouillons, absence de stratégie de communication cohérente, incapacité à mobiliser la jeunesse urbaine — pourtant jadis pilier des mobilisations. Les « ténors » du régime ont multiplié les meetings sans âme, les promesses ressassées pour la énième fois devant un public aussi maigre qu’incrédule, pendant que l’opposition investissait les réseaux sociaux et réveillait les consciences, tirant parti du ras-le-bol et de la détresse d’une majorité bâillonnée.

L’INDIFFÉRENCE À LA SOUFFRANCE DU PEUPLE

 L’incurie du régime Biya, c’est aussi — et surtout — la négligence érigée en gouvernance. Dans un pays où la vie quotidienne est une épreuve — routes défoncées, hôpitaux délabrés, chômage endémique, corruption omniprésente — le pouvoir semble vivre dans une bulle. Quand l’insécurité monte, les hiérarques du régime élèvent un peu plus leurs clôtures, doublent la garde devant leurs résidences et recrutent des gardes du corps pour leurs familles. Le RDPC, en quasi parti d’État — qui n’a d’ailleurs pas tenu de congrès depuis une décennie — s’est enfermé dans une routine bureaucratique où la victoire électorale est considérée comme un droit acquis, non comme une mission à reconquérir. Or, les Camerounais, qui n’ont jamais été dupes, ont manifestement perdu patience. Dans les grandes villes, notamment Douala, Yaoundé, Bafoussam ou Garoua, une partie de la population urbaine a sanctionné cette incurie par le vote. Le message est clair : on ne gouverne plus un peuple qu’on n’écoute pas. Un message que le régime ferait bien d’entendre et de comprendre avant les élections locales prévues dans quelques mois.

L’ARROGANCE : LE MÉPRIS DES SIGNAUX DU RÉEL

Le troisième poison, peut-être le plus destructeur pour le régime RDPC, c’est l’arrogance. Celle d’un pouvoir qui se croit éternel, qui confond stabilité et immobilisme. Celle d’une élite administrative et politique persuadée que le peuple camerounais lui doit gratitude et obéissance. Cette élite déboule périodiquement dans les villages à bord de véhicules cossus payés par l’État, plus pour exhiber sa « réussite » et chanter les louanges du président, leur bienfaiteur, que pour écouter les populations et chercher des solutions à leurs problèmes. Cette arrogance a conduit à une déconnexion complète entre la base et le sommet. Quand le peuple gronde, on parle de manipulation, dressant les Camerounais les uns contre les autres, avec des arguments ethniques. Quand la jeunesse revendique, on répond par le mépris ou la répression. Quand l’opposition progresse, on se réfugie derrière le déni, voire les discours triomphalistes. Mais cette façade se fissure, et les fissures deviennent des brèches.

 UN AVERTISSEMENT DE L’HISTOIRE

Ce qui s’est passé lors de cette présidentielle est plus qu’un accident électoral : c’est un avertissement historique. Le RDPC, machine politique redoutable dans les années 1990 et 2000, se délite de l’intérieur, minée par l’incompétence doublée de l’arrogance de ses cadres. Sa puissance financière et son maillage territorial ne suffisent plus à masquer sa déconnexion totale des préoccupations populaires. Sa discipline de parti ne compense plus la perte de légitimité. Le RDPC semble avoir oublié que gouverner, c’est servir, non se servir. Que le pouvoir n’est pas un héritage, mais une un charge quasi-sacerdotale au service des populations, surtout les plus démunies. Si le régime Biya veut encore écrire son nom dans l’histoire autrement que comme une longue agonie du pouvoir, il doit changer — non par des slogans, mais par un profond renouvellement moral et politique : rendre la parole au peuple, restaurer la compétence et le sens du devoir, bannir l’arrogance. Faute de quoi, les poisons d’aujourd’hui deviendront les causes certaines de sa chute demain.

PAR LA REDACTION

Le Cameroun et le Maroc unissent leurs caisses de dépôt pour digitaliser et fiabiliser la gestion de l’épargne publique

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Cet accord ouvre un cadre de collaboration entre les deux institutions sur plusieurs volets : transfert de savoir-faire, formation du personnel, ingénierie financière, transformation digitale et gouvernance. En d’autres termes, la CDEC entend tirer profit de l’expérience marocaine dans la gestion et la valorisation des fonds publics et parapublics.

Créée il y a 66 ans, la CDG du Maroc est un acteur central du financement de l’économie marocaine. Elle mobilise et sécurise l’épargne à long terme, investit dans les infrastructures et participe au développement territorial. Son modèle repose sur la double mission de protection des fonds confiés par l’État et les citoyens, et de leur transformation en investissements productifs. C’est précisément cette expertise que la CDEC souhaite adapter au contexte camerounais.

L’accord prévoit notamment la mise en place d’échanges techniques entre les équipes, des programmes de formation et un appui à la structuration des mécanismes internes de gestion des risques. L’ingénierie financière – qui regroupe les méthodes d’analyse et de conception des produits d’investissement – figure au cœur du partenariat, de même que la digitalisation des opérations et l’amélioration des procédures de gouvernance.

La CDEC, encore en phase d’opérationnalisation, cherche à asseoir son rôle d’instrument financier public dédié au financement du développement économique national. Elle a pour mission de collecter, sécuriser et faire fructifier les dépôts provenant de sources diverses, notamment les consignations administratives et judiciaires, les fonds d’assurance, ou encore certaines réserves des établissements publics. L’objectif est de transformer ces ressources dormantes en leviers d’investissement, notamment pour les projets structurants dans les secteurs routier, énergétique et agro-pastoral.

Pour Richard Evina Obam, cette coopération avec la CDG du Maroc permettra d’accélérer la mise en place des outils nécessaires à la gestion moderne des fonds publics à long terme. Elle marque aussi une ouverture vers une approche régionale de la finance publique, fondée sur le partage d’expérience entre institutions africaines de même nature. Deux caisses, deux pays, une même ambition : sécuriser l’épargne nationale et la mettre au service du développement.

BGFI Holding entre sur le marché des capitaux : 10 % du capital ouverts à la BVMAC du 11 novembre au 24 décembre

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Cette opération marque le lancement officiel du processus de cotation de BGFI Holding à la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC). Elle porte sur 10 % du capital social de la holding, à travers l’émission d’actions nouvelles dans le cadre d’une offre publique d’achat (OPA). Autrement dit, une partie du capital du groupe sera proposée à la vente au public, permettant aux investisseurs institutionnels et individuels d’y souscrire.

La période de souscription s’étendra du 11 novembre au 24 décembre 2025. Les titres émis seront inscrits à la cote de la BVMAC et gérés par le Dépositaire Central Unique, structure chargée de conserver les valeurs mobilières et d’assurer la bonne exécution des transactions boursières.

Le groupe précise que BGFIBourse, filiale du réseau, agit comme Arrangeur et Chef de file de l’opération. À ce titre, elle aura la responsabilité de coordonner le placement des titres et de publier les modalités pratiques de souscription dans les prochains jours.

L’introduction en bourse de BGFI Holding, initialement annoncée en juillet 2025, avait été temporairement suspendue. Un groupe d’administrateurs minoritaires avait saisi la justice pour contester la démarche. Le Tribunal de commerce de Libreville a finalement rejeté la requête le 19 septembre 2025, jugeant les accusations « infondées ». Cette décision a permis au conseil d’administration de reprendre le processus dans un cadre juridique clarifié.

En procédant à cette ouverture du capital, BGFI Holding entend lever des ressources destinées à soutenir sa stratégie d’expansion régionale. Le programme prévoit la mise sur le marché de 1 573 536 actions, proposées à un prix indicatif de 80 000 FCFA l’unité. L’opération, dont le montant global est estimé à 125,8 milliards de FCFA, vise à renforcer les fonds propres de la maison mère du groupe BGFIBank et à consolider sa capacité de financement sur le long terme.

La COSUMAF, régulateur basé à Libreville, supervise l’ensemble du marché financier de la zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale). Elle veille à la transparence des opérations, à la protection des investisseurs et à la régularité des introductions en bourse.

Créé en 1971, le Groupe BGFIBank est aujourd’hui le premier groupe bancaire de la sous-région Afrique centrale. Son capital social s’élève à 100 milliards de FCFA selon son dernier rapport annuel. Il est présent dans 12 pays, dont le Cameroun, le Gabon, le Congo, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo, ainsi qu’en France.

Avec cette introduction en bourse, BGFI Holding Corporation devient l’un des rares groupes bancaires de la région à franchir le pas du marché des capitaux, dans un environnement où la BVMAC cherche encore à renforcer sa profondeur et sa liquidité.

Injustice: Enlevé à Mbouda, détenu à Yaoundé

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Dans un communiqué rendu public le 2 novembre 2025, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) alertait sur la « disparition inquiétante » de son secrétaire communal de Babadjou, une commune du département des Bamboutos. Ce  « depuis le 1er novembre 2025 à 21h40 ». Ludovic Daga, puisqu’il s’agit de lui, n’avait plus donné signe de vie. A en croire le communiqué du MRC, « selon les informations concordantes obtenues auprès de son épouse et de sa famille, Monsieur Ludovic Daga n’est plus joignable par aucun moyen de communication et son domicile a été encerclé par des éléments en tenue dans la nuit du 31 octobre au 1er Novembre 2025 ».

Depuis lors, tant sa famille que son parti, se sont mobilisés pour rechercher. L’enseignant de profession sera retrouvé à Yaoundé dans les locaux de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), le quartier général des services secrets camerounais. « Nul ne sait ce qu’on lui reproche», craint une source familiale qui redoute des tortures contre l’infortuné.

Défaite de Biya

Dès le départ, le MRC soulignait déjà que « cette disparition qui s’inscrit dans un contexte national marqué par une vague d’arrestations arbitraires et d’intimidations visant les responsables et militants de l’opposition, notamment dans la région de l’Ouest ». ET de fait, outre Anicet Ekane, Aba’a Oyono, Djeukam Tchameni,…plusieurs opposants ont été enlevé par des hommes armés, en pleine nuit. Pour ce qui est de Ludovic Daga, l’homme est conu pour son engagement dans le MRC depuis des années. L’homme réputé « incorruptible», s’est particulièrement démarqué durant la dernière élection présidentielle à Babadjou, commune sous le contrôle du Rdpc, parti au pouvoir, qui a basculé le temps d’une élection, pour l’opposition. Un engagement de ce parti dont nombre de cadres, ont soutenu ouvertement la candidature d’Issa Tchiroma. Lequel opposant a battu Paul Biya dans le département des Bamboutos en général (57,64% contre 33,81%) et dans la commune de Babadjou en particulier.

Au moment où Ludovic Daga séjourne dans les locaux de la Dgre, le MRC « tient les autorités administratives et sécuritaires de la région de l’Ouest, ainsi que les élites politiques locales du RDPC, entièrement responsables de la sécurité et de l’intégrité physique » de son militant. Etant donné que les hauts cadres du parti au pouvoir « ont à plusieurs reprises essayé de manipuler les forces de maintien de l’ordre pour étouffer l’opposition », dénonce un cadre du MRC à Bamessingué, village frère et voisin de Babadjou. « Ils ne supportent pas que ce soient des jeunes qui leur tiennent tête et refusent leur argent», souligne ce dernier. 

Journée Mondiale de l’Epargne : l’épargne domestique pour renforcer la souveraineté financière

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Cette première édition nationale a rassemblé régulateurs, banquiers, assureurs, institutions de microfinance, fintechs et partenaires au développement, dans un contexte économique dominé par la flambée des prix, la précarité de l’emploi et une informalité structurelle qui freinent la mobilisation de l’épargne. Les chocs économiques récents — crise sanitaire, tensions géopolitiques, instabilité régionale — ont fragilisé les équilibres macroéconomiques du Cameroun.

L’inflation persistante a érodé le pouvoir d’achat des ménages, tandis que la prédominance du secteur informel, qui représente près de 80 % de l’activité économique, limite la portée des politiques financières classiques. Dans ce contexte, l’épargne apparaît comme un instrument essentiel de stabilité, capable de soutenir la consommation, de financer l’investissement et d’amortir les crises. Le ministre Yaouba Abdoulaye a rappelé l’origine symbolique de la Journée mondiale de l’Épargne, instituée en 1924 à Milan, et sa portée contemporaine : « L’épargne demeure un instrument moral de bien-être individuel et social », a-t-il déclaré, soulignant que la mobilisation de ressources internes conditionne la capacité des pays à financer leur propre développement.

 UNE ÉPARGNE EN PROGRESSION, MAIS INÉGALEMENT RÉPARTIE

Les données du ministère des Finances montrent qu’entre 2000 et 2022, l’épargne nationale brute est passée de 1 150 milliards à 4 169 milliards de FCFA. Si cette évolution traduit une tendance haussière, elle masque un ralentissement notable : le rythme annuel de progression, de 8,7 % entre 2000 et 2006, a chuté à 4,2 % sur la période 2007–2022. L’épargne des ménages, estimée à 16,75 % du revenu disponible, reste en deçà de la moyenne observée dans les pays à revenu intermédiaire inférieur. Cette faiblesse tient en grande partie à la précarité du marché du travail et au poids du secteur informel. Les transferts de la diaspora constituent une variable d’ajustement importante, permettant à de nombreux ménages d’épargner ou d’investir. En l’absence de protection sociale généralisée, l’épargne reste aussi un mécanisme d’autoprotection, souvent géré en dehors du système financier formel.

 LE POIDS DE L’INFORMEL ET LA CULTURE DES TONTINES

Au Cameroun, l’épargne informelle s’exprime à travers les tontines — associations d’entraide où les membres cotisent régulièrement pour bénéficier tour à tour d’un capital commun. Ces structures, bien que non réglementées, jouent un rôle majeur dans la résilience des ménages et le financement des activités locales. Cependant, leur impact macroéconomique reste limité : elles ne génèrent pas d’effets multiplicateurs à grande échelle et échappent aux circuits de financement de l’investissement productif. C’est dans cette perspective que les autorités cherchent à créer des passerelles entre épargne informelle et institutions financières agréées, notamment les microfinances et les fintechs.

Le pays compte aujourd’hui 19 banques commerciales, 3 établissements financiers, 390 institutions de microfinance, 11 compagnies d’assurance-vie et la Caisse nationale de prévoyance sociale. À ces acteurs s’ajoutent les fintechs et les intermédiaires de marché agréés par la COSUMAF, qui diversifient les produits d’épargne. Malgré cette densité institutionnelle, la confiance des épargnants demeure fragile. Plusieurs faillites dans le secteur de la microfinance ont accentué la méfiance du public. Les participants à la conférence ont ainsi appelé à une application rigoureuse des directives de la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC) pour assainir le secteur et restaurer la transparence.

LES LEVIERS FISCAUX ET RÉGLEMENTAIRES

Sur le plan fiscal, le ministère des Finances a rappelé plusieurs mesures incitatives destinées à encourager la formalisation de l’épargne. Les intérêts sur les comptes d’épargne inférieurs à 50 millions de FCFA sont exonérés de l’Impôt sur les revenus de capitaux mobiliers (IRCM), et les produits d’assurance-vie à composante épargne bénéficient d’une exonération de TVA. Ces mesures visent à stimuler les dépôts à long terme et à renforcer la base d’investissement domestique. Parallèlement, le gouvernement soutient le développement d’un marché financier régional plus dynamique. Le renforcement de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) est perçu comme un moyen de canaliser l’épargne institutionnelle vers les obligations d’État et les entreprises locales.

 LA FINANCE NUMÉRIQUE, NOUVELLE FRONTIÈRE DE L’INCLUSION

 Les services financiers numériques transforment progressivement la relation entre épargnants et institutions. Les fintechs et opérateurs de téléphonie mobile permettent aujourd’hui d’ouvrir un compte ou d’effectuer des dépôts via téléphone, une avancée majeure pour les populations rurales ou non bancarisées. Les discussions de la conférence ont cependant souligné la nécessité d’un cadre réglementaire plus adapté à cette transition digitale. Les experts ont notamment recommandé la rémunération des comptes en ligne et la création d’outils de notation du risque (credit scoring) pour sécuriser les utilisateurs et encourager la confiance.

L’ÉDUCATION FINANCIÈRE, UN CHANTIER À LONG TERME

 Les intervenants ont insisté sur la faiblesse de la culture financière, en particulier chez les jeunes et les travailleurs informels. L’intégration de modules d’éducation financière dans les programmes scolaires, du primaire à l’université, a été proposée pour instaurer dès le plus jeune âge des réflexes d’épargne et de gestion budgétaire. Les institutions financières sont également invitées à concevoir des produits adaptés aux revenus modestes, avec des conditions d’entrée plus souples et une meilleure communication sur les avantages de l’épargne formelle.

VERS UNE ÉPARGNE AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT

La mobilisation de l’épargne nationale reste une priorité stratégique pour le Cameroun, confronté à la réduction des flux d’aide internationale et à une dette publique croissante. En favorisant la transformation de l’épargne en investissement productif, les autorités espèrent réduire la dépendance extérieure et renforcer la résilience économique face aux chocs exogènes. Les recommandations issues de cette première édition nationale de la Journée mondiale de l’Épargne visent à faire de cette pratique non plus seulement un geste individuel, mais un levier collectif de développement. Dans un environnement incertain, épargner devient un acte de stabilité — et, pour les économies émergentes comme le Cameroun, un instrument de souveraineté économique.

Assemblée nationale : une session parlementaire qui s’ouvre sur fond de serment présidentiel et de débats budgétaires

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Ouvrant la session devant les députés réunis au Palais des Congrès, Cavaye Yeguié Djibril a planté le décor d’un contexte politique chargé. Il a rappelé que ces travaux interviennent « au lendemain d’une échéance capitale pour le Cameroun », marquée par le scrutin présidentiel du 12 octobre, lequel, malgré « quelques actes isolés de violence », s’est « globalement déroulé dans le calme sur l’ensemble du territoire national ». Il a également salué, au nom des députés, la réélection du président de la République, tout en réaffirmant le rôle du Parlement comme expression du pluralisme politique instauré depuis les lois sur les libertés promulguées en 1990.

Deux points dominent l’ordre du jour : la prestation de serment du président de la République, conformément à l’article 140 du Code électoral – cérémonie qui doit intervenir dans les quinze jours suivant la proclamation des résultats – et l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Ce budget, a indiqué le président de l’Assemblée nationale, « sera le tout premier du septennat des Grandes Espérances », nom donné au programme annoncé par le chef de l’État pour son nouveau mandat.

Un budget sous contraintes et ambitions

Selon la circulaire présidentielle adressée au gouvernement, le budget 2026 doit refléter les priorités du nouvel exécutif et s’inscrire dans la poursuite du processus de transformation structurelle de l’économie camerounaise. Il s’agit, selon le document, d’accélérer la mise en œuvre du Programme d’Impulsion Initiale (P2I) et du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH). Ces deux cadres d’action visent à réduire la dépendance du pays aux importations, en favorisant la production locale dans les filières agricoles, halieutiques et industrielles.

Le texte prescrit également la promotion de l’industrie pharmaceutique nationale, notamment par l’encouragement des investissements et la facilitation de l’accès des entreprises locales à la commande publique. Sur le plan énergétique, le gouvernement est invité à finaliser la mise en service du barrage de Nachtigal, à lancer la construction du barrage hydroélectrique de Kikot et à renforcer les capacités de distribution d’électricité afin de répondre aux besoins des ménages et des entreprises. Ces mesures visent à stabiliser l’offre d’énergie, élément central de la compétitivité industrielle.

La circulaire évoque aussi le développement des énergies renouvelables – solaire, éolienne et biomasse – pour diversifier le mix énergétique, ainsi que la poursuite des projets d’adduction d’eau potable et de logements sociaux, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines. L’accent est mis sur le rétablissement de l’équilibre financier du secteur de l’électricité, notamment par le rachat des parts d’ACTIS dans la société ENEO, principal opérateur de distribution.

Soutien à la production nationale et relance territoriale

L’exécutif prévoit également de renforcer l’accompagnement des entreprises dans les filières prioritaires définies par la Stratégie Nationale de Développement (SND30), par un appui technique et financier. Les investissements dans les infrastructures routières, ferroviaires et portuaires doivent, selon la circulaire, favoriser le désenclavement des bassins de production et faciliter la circulation des biens sur le marché intérieur.

Un accent particulier est mis sur le patriotisme économique, c’est-à-dire l’orientation prioritaire de la commande publique vers les produits et services locaux. L’objectif est de soutenir la production nationale et de stimuler la demande intérieure.

Sur le plan territorial, le gouvernement devra poursuivre la reconstruction des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, affectées par les crises sécuritaires. Ces efforts devront combiner la réhabilitation des infrastructures économiques et sociales, la relance de l’activité et le retour durable des populations déplacées.

Nouvelles orientations fiscales et douanières

Sur le plan fiscal, la circulaire fixe les orientations de la politique budgétaire interne et de la fiscalité de porte. À l’intérieur, l’action publique doit renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables. Les priorités incluent le renforcement des droits fiscaux des citoyens, la simplification des déclarations, la réforme de la fiscalité locale et l’harmonisation de la législation nationale avec les directives communautaires de la CEMAC. Une attention particulière est accordée à la fiscalité environnementale, instrument de financement des politiques climatiques nationales et de respect des engagements internationaux.

En matière douanière, l’État entend poursuivre la rationalisation des procédures aux frontières et la transposition des instruments économiques de la CEMAC et de la CEEAC. L’objectif est de faciliter les échanges, d’améliorer la compétitivité du commerce extérieur et de lutter contre les flux financiers illicites. Les mesures prévues incluent la vulgarisation des régimes douaniers économiques, la réduction des délais de passage des marchandises et la promotion du statut d’opérateur économique agréé, dispositif permettant aux entreprises certifiées de bénéficier de procédures douanières simplifiées.

Vers une économie numérique régulée

Enfin, la circulaire présidentielle mentionne la poursuite du développement de l’économie numérique, à travers le renforcement des infrastructures de télécommunications et la régulation des activités liées aux cryptomonnaies. Le texte prévoit l’élaboration d’un cadre légal pour encadrer l’usage des actifs numériques et prévenir les risques de fraude ou de blanchiment.

L’ensemble de ces orientations devra guider la préparation du projet de loi de finances 2026, soumis à l’examen des députés au cours des prochaines semaines. Pour le président de l’Assemblée nationale, il s’agira d’un budget « réaliste et conforme aux orientations du Chef de l’État », marquant le lancement du nouveau septennat dans un contexte de consolidation économique et de recomposition politique.

Cameroun : à 44% du PIB au 3e trimestre, la dette publique reste soutenable

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Le niveau d’endettement du Cameroun continue donc de croître. Selon la note de Conjoncture mensuelle de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), l’encours de la dette du secteur public, au 30 septembre 2025,  s’élève à 14 591 milliards de FCFA, représentant 43,9% du PIB. Soit une hausse de 0,8% par rapport au mois d’août 2025. Mais, ce niveau d’endettement reste pratiquement stable en glissement trimestriel, tout en affichant une progression annuelle de 2,6%, précise la CAA. La structure de cette dette met en évidence une concentration significative au niveau de l’administration centrale, qui en détient 93,3%, contre 6,5% pour les entreprises et établissements publics et 0,2% pour les Collectivités territoriales décentralisées (CTD).

Précisément pour l’administration centrale, à fin septembre 2025, l’encours de la dette directe s’établit à 13 613 milliards de FCFA, correspondant à 41% du PIB. Cette dette connait une baisse de 0,9% en glissement mensuel. Mais, elle reste stable sur le trimestre, tout en progressant de 3,3% en glissement annuel. La structure de cette dette demeure dominée par les emprunts extérieurs, qui en représentent 62,9%, principalement contractés auprès de bailleurs bilatéraux et multilatéraux. La dette intérieure, pour sa part, constitue 37,1% de l’encours total.

952 milliards pour les établissements et entreprises publics

Pour ce qui est des établissements et entreprises publics, la dette directe, au 30 septembre 2025,  s’élève à 952 milliards de FCFA, soit 2,9% du PIB. Elle enregistre un repli de 0,6% en variation mensuelle, se stabilise sur un trimestre et se contracte significativement de 6,6% en glissement annuel. Par ailleurs, les passifs conditionnels explicites de l’État sont estimés à 4 897 milliards de FCFA, soit 14,7% du PIB. Ce volume demeure stable en glissements mensuel et trimestriel, mais baisse de 0,1% en glissement annuel. Ces passifs, selon la CAA, correspondent aux investissements cumulés réalisés dans le cadre des Partenariats public-privé (PPP), illustrant le recours non négligeable et statique depuis plusieurs mois à ce type de montage financier pour le développement des infrastructures, sans alourdir l’endettement direct de l’État.

Enfin, la dette des Collectivités territoriales décentralisées (CTD’s) reste marginale, s’établissant à 26 milliards de FCFA. Elle est constituée à 60,8% de dette flottante et 39,2% de dette bancaire directe. Selon la CAA, des efforts continus sont déployés pour améliorer la comptabilisation et la traçabilité de cette dette, notamment à travers une collaboration renforcée entre les ministères des Finances, celui de la Décentralisation et du développement local, et le Comité national des finances locales, et la poursuite de collecte des informations auprès des collectivités.

Les principaux créanciers du Cameroun

Les principaux créanciers multilatéraux du Cameroun sont la Banque mondiale (IDA et BIRD), qui détient 42,4% de la dette multilatérale, soit 23,1% de la dette extérieure totale ; le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD et FAD), qui représente 24,5% de la dette multilatérale, soit 13,4% de la dette extérieure totale ; et le Fonds monétaire international (FMI), avec 21,2% de la dette multilatérale, soit 11,6% de la dette extérieure totale, hors allocation des Droits de tirages spéciaux (DTS). Pour sa part, La dette bilatérale se chiffre à 2 591,6 milliards de FCFA, soit 7,8% du PIB. La Chine en constitue le premier détenteur, avec 63,4% de cette composante, soit 19,2% de la dette extérieure totale, confirmant sa place de premier partenaire bilatéral. La France suit avec 26,1% soit, 7,9% de la dette extérieure totale.

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