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Enseignement supérieur : Fame Ndongo réorganise la fin de l’année

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Fame Ndongo veut des examens de fin d'année sans Covid

Dans le nouveau découpage de l’année au ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), la soutenance des rapports de stage et des projets tutorés est prévu du 8 au 26 juin 2020. Les épreuves pratiques du Bts, Hnd, Dsep, Hpd, auront lieu du 29 juin au 04 juillet 2020. Quant aux épreuves écrites, le Bts est programmé du 20 au 25 juillet 2020 et les autres examens, du 27 juillet au 1er août 2020.

Dans la lettre circulaire signée à cet effet ce 27 mai 2020, la Covid-19 influence ce nouveau découpage ainsi que l’organisation des examens qui relèvent de l’enseignement supérieur. Au moment où le Cameroun court encore vers l’atteinte du pic dans cette pandémie, le Minesup est largement revenu sur les dispositions que prend son ministère pour lutter contre le virus qui sème la panique dans le monde entier. « Je vous invite à l’application, sans faille, des mesures suivantes dans les différentes phases de l’organisation et du déroulement desdits examens au sein des établissements devant les abriter», écrit Jacques Fame Ndongo à ses collaborateurs.

Mesures-barrières contre le Covid-19

Le respect des mesures-barrières est de mise. Ainsi, Jacques Fame Ndongo prescrit l’obligation du port du masque facial pour toute personne ayant accès à tout établissement accueillant des candidats aux examens. Le dispositif de lavage des mains doit être systématiquement disponible et facilement repérable aussi bien à l’entrée de l’établissement que devant les amphithéâtres, les blocs pédagogiques, les salles de cours et les toilettes. Le lavage des mains étant obligatoire pour tous les étudiants et l’ensemble des intervenants aux examens nationaux. L’usage du thermo-flash est recommandé « afin de mesurer instantanément et sans contact la température corporelle des cas suspects ». Le Minesup prescrit également « la désinfection régulière des laboratoires, des ateliers, des équipements, et des salles de composition ».

Par ailleurs, « l’admission à l’enceinte de l’établissement est exclusivement réservée aux candidats programmés, selon un ordre de passage bien établi et largement diffusé », souligne la circulaire. L’usage de solutions hydro-alcooliques recommandée pour « tous les acteurs dans les salles de soutenance ». Seules les personnes justifiant d’une présence importante seront admises en salle. La distance requise entre membres du jury est d’un mètre et de trois mètres entre les membres du jury et le candidat à la soutenance. Un seul photographe est admis en salle pour les photos et ce dernier devra être accrédité par l’établissement.

Chracehr : Paul Biya fait confiance à Mama Fouda

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Mama Fouda à l'inauguration du Chracerh en 2016

André Mama Fouda est le nouveau Président du Conseil d’administration (Pca) du Centre hospitalier de recherches et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (Chracerh). Ainsi en a décidé le président de la République hier dans un décret. Paul Biya a déchargé Séraphin Magloire Fouda pour nommer à la place André Mama Fouda qu’il avait remercié du ministère de la Santé publique (Minsanté) le 4 janvier 2019. Mettant ainsi un terme à un séjour long de douze années (7 septembre 2007-4 janvier 2019) à la tête de ce ministère.

Ce n’est pas la direction de la prison que cet ingénieur de génie civil a prise, comme l’annonçaient des sources. Lui reprochant des indélicatesses dans la gestion des fonds du Minsanté. D’aucuns voyaient l’Agence nationale d’investigations financières (Anif) aux trousses du fils de Yaoundé 3ème en raison des fortes sommes d’argent qu’il garderait à la maison et que les multiples coups de vols dont il a été victime ont dévoilés, si l’on en croit des informations liées à ces incidents. Des dizaines, voire des centaines de millions à chaque coup.

Paul Biya avait simplement laissé à la réserve de la République ce cadre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Seize mois après sa sortie du gouvernement, André Mama Fouda retrouve une place au soleil. Du moins il conforte ce qu’il lui restait comme strapontin à l’ombre du pouvoir. Lui qui « n’était plus que » Pca du Centre nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels (Cename). Une corde similaire vient être ajoutée à son arc. L’homme qui a inauguré le 6 mai 2016 le Chracerh, y revient comme Pca.

Reprise des cours : Dion Ngute aphone, ses ministres courent contre la montre

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Snobe-t-il les syndidats?

A quatre jours de la reprise des cours décidée par le gouvernement, rien n’est encore rassurant quant à l’effectivité de l’opérationnalisation de cette décision. Dans une lettre datée du 20 mai dernier, les syndicats du secteur de l’éducation ont posé des conditions que devra remplir le gouvernement pour une bonne reprise des cours en cette période de crise de coronavirus. « Nous n’avons encore eu aucun retour du Premier ministre. Du moins notre porte-parole ne nous a pas encore donné un retour», déclare Charles Koung, président national du Syndicat national des instituteurs contractuels et maîtres de parents (Snicomp). Dans leur lettre commune, les 19 syndicats dénonçaient la mise à l’écart des principaux acteurs de la communauté éducative par le gouvernement qui a ainsi pris des mesures dont la mise en œuvre semble être porteuse de facteurs de propagation du Covid-19, selon les syndicalistes.

Face au danger, les leaders syndicaux demandaient au Premier ministre Joseph Dion Ngute de réviser les positions du gouvernement. Ainsi, entre autres, nous souhaitons « qu’on ne parle pas de rentrée ou de reprise des cours, mais qu’on organise directement les examens de fin d’année », rappelle Charls Koung. Ce qui suppose « que le programme du 3ème trimestre soit purement et simplement mis aux oubliettes». Rappelant d’ailleurs que «en principe, au terme des deux premiers trimestres, le programme est pratiquement bouclé et le 3ème trimestre concerne les révisions et autres mises à niveau ». A défaut, et si le gouvernement tient à la reprise des cours, que les effectifs initialement arrêtés à 25 élèves par classe, avant d’être revus à 50, soient ramenés à ce premier chiffre facile à gérer et limitant les contacts au sein d’une classe. Outre la distribution gratuite par le gouvernement de gels hydroalcooliques et de l’eau coulante dans les établissements, la désinfection des campus scolaires et universitaires, l’octroi d’une prime spéciale aux enseignants pour les « risques » pris, les syndicats exigeaient également la dotation des centres d’examens de dispositifs pour parer éventuellement en urgence aux cas de Covid-19 qui pourraient survenir.

Une semaine après, Joseph Dion Ngute n’a pas encore réagi. Au cours du conseil de cabinet mensuel tenu ce jour, le Premier ministre et son équipe ont longuement échangé sur la reprise des cours, sans aborder les préoccupations des syndicats, pourtant visiblement en ordre de bataille pour une guerre contre les pouvoirs publics. Cependant, deux ministères sectoriels ont essayé de donner une suite aux syndicalistes, avec les moyens du bord. Ce 27 mai, le ministre de la Décentralisation et du développement local (Minddevel) a instruit les préfets de prendre des dispositions pour que les maires des communes et des communautés urbaines désinfectent les établissements scolaires et universitaires privés et publics avant la reprise des cours. Et aussi, que les exécutifs municipaux dotent ces établissements de nécessaires pour le lavage des mains et de thermo-flash. Une mesure qui risque de ne pas être implémentée à date, tant les mairies ont jusqu’ici développé des programmes spécifiques de lutte contre le Covid-19. Pour sa part, Pauline Nalova Lyonga, la ministre des Enseignements secondaires a ramené les effectifs dans les salles de classe à 25. Puis plus rien.

Reprise des cours : Les conditions des enseignants

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Ce sont en tout 19 syndicats des ordres d’enseignement relevant de l’éducation de base et des enseignements secondaire qui viennent de saisir le Premier ministre Dion Ngute dans un communiqué conjoint pour dire leur indisponibilité à reprendre le chemin des classes, faute de garanties sur le plan de la sécurité sanitaire. Dénonçant l’obstination des politiques à imposer leur regard sur ce secteur prioritaire de la vie de la nation. Pour les enseignants, « la décision de reprise des cours a été prise de façon unilatérale, sans consultation des autres parties prenantes de l’éducation ; et même pour sa mise en œuvre, les partenaires de la communauté éducative que sont les enseignants, les parents, bien organisés, structurés et parfaitement connus des pouvoirs publics, ne sont toujours pas impliqués ». Alors que « de telles concertations, dûment organisées dans d’autres secteurs comme le transport, le commerce, ont permis de prendre des mesures consensuelles», comparent-ils.

La lettre épluche point par point les mesures gouvernementales en rapport avec leur domaine. Les enseignants font savoir au Premier ministre qu’au départ il était question d’admettre 24 élèves par classe, puis une « contre-instruction » a prescrit 50 élèves par classe, alors même que les chefs d’établissements avaient déjà réorganisé leurs établissements. « En tenant compte de la surface d’une salle de classe, , il est évident qu’une tel effectif ne permettra pas de mettre en œuvre la mesure phare de distanciation sociale», démontrent-ils. En ce qui concerne le port obligatoire des masques, « le gouvernement n’a pas encore dit comment les enseignants et les élèves devront se les procurer». En rappelant que « l’obligation de protection de l’espace scolaire et de ses acteurs est un devoir régalien de l’Etat, et la distribution des masques et des gels hydro-alcooliques est le seul moyen d’assurer l’égale protection de tous ces acteurs devant le risque d’infection au coronavirus». Rappelant que si l’Etat cède cette prérogative aux parents, « ceux des élèves dont les parents n’auront pas les moyens de leur offrir les masques se verront logiquement interdits l’accès aux établissements scolaires». Par ailleurs les enseignants demandent au gouvernement de prendre des mesures claires visant à minimiser les risques de contamination à partir du moment où les contacts entre personnes dans une même salle de classe, l’utilisation des mêmes lieux d’aisance, la manipulation des copies,… En bref, « la reprise annoncée des cours est lourde de menaces pour les enseignants et les élèves », concluent les syndicalistes.

Parés pour la guerre

Cependant, les défenseurs de la cause des enseignants laissent à l’appréciation du Premier ministre des propositions concrètes pour éviter la situation du Japon qui a dû interrompre la reprise des cours après deux semaines, face au danger d’une infection généralisée. Pour éviter un engorgement no maîtrisée des campus, les syndicats proposent une « reprise échelonnée », en commençant par les terminales, d’assurer la distribution gratuite de masques et gels hydro-alcooliques aux élèves et enseignants sur tous les campus scolaires, de ramener les effectifs à 24 élèves par salle de classe, « d’assurer la désinfection quotidienne et méticuleuse des campus scolaires », d’équiper sur les fonds de lutte contre le Covid-19 tous les centres d’examen « pour leur permettre de répondre à toutes les urgences sanitaires qui pourraient survenir au cours du déroulement des examens de la session 2020». Mais aussi, une prime spéciale au bénéfice des enseignants pour la surcharge et le risque imposés par le nouveau contexte.

Redoutant l’usage du bâton du gouvernement face à leurs exigences, les syndicats anticipent et avisent le gouvernement que « les syndicats mobiliseront les enseignants en cas de nécessité à se défendre si des dispositions claires ne sont pas prises pour assurer leur retour protégé sur les campus scolaires ». Si Joseph Dion Ngute a pu maîtriser et neutraliser les syndicats des transports, ceux de l’éducation représentent une bombe qu’il faut désamorcer. A moins d’une semaine de la rentrée décidée unilatéralement par le gouvernement.

Covid-19 : Malachie Manaouda annonce une « situation compliquée »

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Le Minsanté a écouté les pleurs du peuple

Dans un tweet ce 25 mai 2020, le Dr Malachie Manaouda déclare que « nous entrons dans une phase compliquée de la pandémie ». Sans explications. Alors que la date fixée pour l’atteinte du pic, qui pourrait symboliser éventuellement la fin de la progression de la maladie dans la société camerounaise, est largement dépassée et que les experts assurent que le pic n’est pas encore atteint au Cameroun. Le ministre de la Santé publique (Minsanté) avoue-t-il son puissance ? Certainement pas, pour un homme dont l’on dit épuisé par le front de cette lutte, mais qui demeure engagé dans le combat, y compris sur les réseaux sociaux, notamment twitter qu’il affectionne particulièrement.

Un internaute a demandé à mieux comprendre la pensée du Minsanté. Et Manaouda Malachie qui se montre disponible pour les abonnés de son compte twitter s’est ouvert : La phase compliquée c’est «une multiplication des cas positifs par une accélération de la transmission du virus du fait des comportements irresponsables de certains d’entre nous», a-t-il expliqué. Occasion pour le Minsanté de glisser un conseil : « nous devons plus que jamais nous protéger, protéger nos familles et protéger les autres en observant les gestes-barrières…»

Cela survient alors que les chiffres du jour font état de 154 nouveaux cas positifs, pour 52 guérisons et six nouveaux décès. Pour les dernières 24h. Portant au total à 5044 cas officiellement déclarés comme confirmés au Cameroun, pour 1917 guérisons et 171 décès.

Insécurité : Maurice Kamto échappe à une agression

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Kamto serein malgré tout

La résidence de Maurice Kamto a reçu des visiteurs inattendus ce 25 mai en milieu de matinée. Une bande d’individus se réclamant d’une association dite Mouvement des patriotes, a pris d’assaut le domicile de l’opposant, lui proférant des menaces de mort. pour menacer de faire payer au président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) le saccage des ambassades du Cameroun à Paris, Londres et Berlin au lendemain de l’élection présidentielle de 2018. Incident qu’ils attribuent au principal challenger de Paul Biya à cette élection. Lui attribuant l’initiative de cette violation des représentations diplomatiques du Cameroun.

A en croire le Mrc, la police et la gendarmerie sollicitées ne sont arrivées sur les lieux, au quartier Santa Barbara, qu’à 14, soit près de quatre heures après l’arrivée des assaillants. « C’est avec l’arrivée des premiers militants et sympathisants alertés par les réseaux sociaux que les assaillants sont partis ». Mais surtout en « promettant d’aller brûler le siège du Mrc… et surtout d’assassiner Maurice Kamto », indique un communiqué de Christopher Ndong, le secrétaire général du Mrc. Le commissariat du 6ème arrondissement de la ville étant situé à un jet de pierre de là, à Etoudi.

Guerre de la transition

Au Mrc, on est convaincu que « le pouvoir a ordonné l’attaque de la résidence du président élu», vu le temps mis pour intervenir. La semaine dernière, le leader du Mrc a tenté en vain de rencontrer le secrétaire d’Etat à la défense (Sed) pour relancer le dossier de la « tentative d’assassinat » qu’il a dénoncé lors de sa récente visite à Garoua. « L’opinion nationale et internationale doit savoir que dès à présent le gang de la succession de gré à gré à la tête de l’État est entré en action », pense-t-on au Mrc. Collant aux dernières sorties de Maurice Kamto qui a récemment écrit à la France pour dénoncer le complot dont serait complice le gouvernement d’Emmanuel Macron dans cette transition que redoute le Mrc au Cameroun. « Le Cameroun est en train de sombrer du fait d’un vieux régime, kleptocrate et incompétent. Ceux qui pensent qu’on peut encore faire quelque chose pour sauver le Cameroun doivent le faire maintenant» lance Christopher Ndong.

Ces agresseurs agissent sous le couvert d’une association légalisée à la préfecture du Mfoundi le 11 mai dernier. Et ont bénéficié d’une déclaration de manifestation publique signée de la préfectorale qui muselle les partis d’opposition. Le Mrc ne compte pas se laisser faire. Su les réseaux sociaux, la guerre entre les deux camps se prépare.

Humeurs : Amadou Vamoulke, la justice et la déshumanisation de l’homme

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Amadou-Vamoulke-reclus dans sa cellule

Amadou Vamoulke est prisonnier des questions qui le hantent toutes les nuits : «Mais que fais-je ici ? Où allons-nous ? Quels Dieux ai-je pu offenser et quel prix paierai-je pour ma rédemption?». L’ancien directeur général de la Cameroon radio television (Crtv) se considère comme « otage » du système politico-judiciaire camerounais. Dans une tribune écrite il y a quelques mois, l’homme s’apparente aux esclaves de la Traite négrière dont le seul crime était leur validité particulière. Comme lui le gestionnaire « exemplaire » de la Crtv. « Il a été établi qu’il n’y avait eu ni détournement, ni gonflement, ni perte d’argent», fait-il observer. Lui qui a été inculpé pour «Détournement de deniers publics par gonflement artificiel de la Redevance Audiovisuelle». La Redevance audiovisuelle étant un impôt que l’Etat prélève chez le contribuable pour financer l’audiovisuel public national, et qui est logé dans les comptes du Trésor public qui seul le décaisse et met à la disposition du directeur général de la Crtv.

Un étranger dans le système

En revanche, l’ex Dg de la Crtv plaide coupable pour avoir révisé à la baisse son salaire, en divisant celui de son prédécesseur qu’il trouvait « indécent », par quatre. Non sans écrire au chef de l’Etat pour l’en informer. C’est peut-être là le début des malheurs de l’homme que l’on ne semblait pas attendre, et qui sortait du secteur privé pour succéder au Pr Gervais Mendo Ze ? Toujours est-il que les quelques reproches à lui crachés dans les couloirs des administrations et de la justice laissent croire à Vamoulke qu’il avait trahi un système dans lequel il s’est retrouvé sans en avoir été préparé : «il est hautain » (police, renseignement) ; il n’a rien à faire à la Crtv» (un ministre) ; «il a montré à la télévision la fille du président de la République en tenue légère» (vidéo montage réalisé à mon insu pour décider le chef de l’Etat à me démettre) ; «il a écarté l’entreprise de la fille du conseiller judiciaire du Chef de l’Etat de la Crtv» (ce qui est vrai, pour des raisons objectives) ; «il n’est pas fiable» (comprendre «contrôlable»)« , recense-t-il. « Il est aussi vrai que j’avais signé, en tant que président de l’Union des Journalistes du Cameroun(UJC), un mémorandum directement adressé au Gouvernement pour demander rien de moins que la libéralisation du paysage audiovisuel ainsi que la dépénalisation des délits de presse. Ces actions m’ont valu de fortes pressions et ont bâti une réputation d’électron libre, c’est-à-dire, dans le contexte national, d’une personnalité indésirable !», suppute-t-il.

Privé de soins médicaux

Dans le même temps, le détenu cite de hauts dignitaires du régime qui ont pris des libertés avec la fortune de l’Etat et qui en ont été condamnés à de lourdes peines de prison. Beaucoup ont pu bénéficier d’évacuation sanitaire. « Quel cynisme il faut avoir pour m’empêcher d’aller me soigner à l’étranger alors même que les spécialistes camerounais et étrangers ont souligné l’extrême gravité de la neuropathie sévère dont je souffre désormais ? », se demande celui qui est privé de soins médicaux. Lui à qui la liberté provisoire a été refusée.

C’est un texte écrit il y a plusieurs mois. Amadou Vamoulke qui a été interpellé le 29 juillet 2016, était à 1200 jours de détention. Mais le texte garde sa pertinence. Mieux, sa pertinence s’en trouve confortée et consolidée, tant rien n’a bougé, si ce ne sont de nouveaux renvois sans issue probable. Pour « défaut de charges crédibles», soutient-il. « Ma carrière ne peut en être la raison, car mes collaborateurs, mon environnement, ma famille, tous plaident en ma faveur, mettant en avant ma probité et mon intégrité », se vante celui qui pense que même « le président Paul Biya pourrait lui-même témoigner en ma faveur». Le détenu ne croit plus à la justice de son pays qu’il qualifie de « broyeuse de vies». Une justice dans laquelle « les juges reçoivent parfois comme instruction de leur «hiérarchie» qu’ils doivent «défendre la position du ministère public jusqu’à l’absurde», dénonce-t-il. Mais est certain que « la vérité se vengera».

Nécrologie : Isaac Feuzeu quitte la scène…

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Isaac Feuzeu n’est plus. Le président du Mouvement pour l’émergence et le réveil du citoyen (Merci) s’est éteint ce matin pendant qu’il pratiquait son sport matinal. Pour les témoins des derniers instants de l’homme sur la terre des hommes, la thèse d’un arrêt cardiaque est plus plausible. L’homme n’ayant pas été annoncé malade ces derniers temps. Même s’il est resté très aphone par ces temps où l’arène politique camerounaise est très agitée depuis la fin de la présidentielle 2018. Lui qui était pourtant candidat, avant de jeter l’éponge pour se rallier à Paul Biya, dans le cadre du G20, une coalition de 20 partis politiques pour le moins peu connus, engagés dans une liaison non formelle, en concurrence avec les alliés traditionnels de Paul Biya et du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Avec comme figures les plus connus, Robert Bapooh Lipot, Me Jean De Dieu Momo, Lawan Bako, Isaac Feuzeu (le seul à avoir déclaré sa candidature et déposé un dossier dans la limite du temps légal).

…sans arriver à Etoudi

Isaac Feuzeu n’a donc pas attendu une autre occasion de se lancer dans la course pour le Palais présidentiel. Peut-être parce que la première tentative fut un cuisant échec ? Au terme de l’élection de 2011, le candidat du Merci avait récolté 9 216 voix sur l’étendue du territoire, soit 0,1905%, et se classait alors 18ème sur les 23 candidats en lice. L’homme avait alors compris que le chemin qui mène à Etoudi était encore plus long qu’il ne l’imaginait. L’homme d’affaire basé à Elig Edzoa dans le 1er arrondissement de Yaoundé avait fini par se joindre au concurrent qu’il voyait plus apte à remporter la bataille pour le siège qu’il occupait déjà depuis 1982. Avec l’espoir de quelques prébendes ( ?). Même si Paul Biya réélu en 2018 n’a récompensé que Jean de Dieu Momo dans le groupe des vingt soutiens de la dernière heure, il reste que le locataire du palais d’Etoudi n’avait pas encore oublié ces autres alliés qui se sont engagés sans signer d’accords politiques. Et s’est souvenu récemment de Robert Bapooh Lipot qu’il a nommé membre du Conseil d’administration de la Société de recouvrement des créances (Scr), avant d’en faire le président. Isaac Feuzeu et les dix-huit autres restaient dans l’attente. D’aucuns espérant un strapontin à l’occasion des échéances électorales à venir, notamment les régionales.

Covid-19 : le médecin personnel de Biya n’est plus

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Le médecin colonel Etoundi Ngono

Les ravages du Covid-19 se sont poursuivis ce vendredi par le palais présidentiel du Camerounais. Le virus mortel a pris au passage le colonel médecin Marius Etoundi Ngono. Le haut gradé de l’armée est décédé aux environs de 2h le vendredi. « Et pourtant il a lui-même conduit sa voiture de la maison», renseigne une source familiale. Alors que la thèse du Covid faisait l’objet de débat dans certains milieux. des informations faisant état de ce que le défunt avait préparé déjà son caveau de son vivant ayant été avancées. « Cette thèse du Covid n’est pas contestée», assure-t-on en famille. D’ailleurs la dépouille du Dr Marius Etoundi a aussitôt été mise sous terre aux environs de 10h30 le même vendredi. « Pour ses œuvres au service de la nation, il aurait pu avoir des obsèques dignes », regrette la source familiale.

Le colonel médecin Marius Etoundi a passé plus de trente années au service du président de la république. En toute discrétion. Même par ces temps ou les ennuis politiques de son « patient » avec une partie de la diaspora ont imposé à l’homme d’être casanier, malgré des ennuis sanitaires. L’homme abandonne Paul Biya par ces temps de covid-19, lui-même arraché à la vie par ce virus. De même, le Dr Marius Etoundi abandonne les patients de sa clinique privée du quartier Ekounou.

Le Dr Etoundi n’est pas la première victime du Covid-19 aux côtés de Paul Biya. Il y a quelques semaines, un des chauffeurs du couple présidentiel quittait la scène toujours à cause du ce virus.

Discours à la nation : Paul Biya en pacifiste et unificateur

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L'homme a su garder le sourire (Photo d'archives)

« Front commun », « ensemble », « union sacrée », « solidaire »,… sont revenus dans le discours de Paul Biya ce 19 mai 2020. Loin des slogans à connotation invective que le Chef de l’Etat emploie parfois pour tancer l’opposition ou ses partisans impétrés dans des actes qui déshonorent le gouvernement, Paul Biya a changé de cap. Le temps de la célébration de la Fête de l’unité, le commandant en chef des armées qui avait déserté depuis plus de deux mois que la pandémie du Covid-19 terrorise le monde entier, est sorti du bois pour s’adresser à son peuple en rassembleur. Loin de toute polémique, et alors que le gouvernement est en ordre de bataille contre le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto qui, face à la « désertion » du commandant en chef des armées, a décidé d’appeler le peuple à s’organiser pour combattre le virus à travers une solidarité nationale qui rencontre des difficultés à se réaliser sur le terrain. « Je salue à ce propos, une nouvelle fois, l’attitude de la quasi-totalité des dirigeants politiques et des autorités religieuses qui ont accepté de se joindre à ce combat national», a-t-il lancé. Et même l’ensemble du peuple camerounais : «La plupart d’entre vous ont bien compris que devant le danger sournois que représente le COVID-19, il convenait de mettre de côté les querelles politiciennes et de présenter un front commun »,a-t-il constaté.

Après avoir remercié en les citant nommément les partenaires internationaux qui ont jusqu’ici accompagné le gouvernement dans cette lutte, Paul Biya n’a cité aucun nom local. Comme à son habitude. Mais l’homme est reconnaissant pour tout effort fourni dans ce sens : « Certains dirigeants politiques qui n’appartiennent pas à la majorité gouvernementale se sont exprimés dans ce sens. Je les en remercie», a-t-il salué dans son discours. Laissant aux uns et aux autres le soin de déceler les dirigeants politiques dont il parle. Entre Cabral Libii dont les positions plus ou moins proches de la mouvance gouvernementale, dont l’initiative a avorté du fait du blocage administratif et qui a assisté au déploiement du sa militante l’honorable Nourane Fotsing, et Maurice Kamto resté radical et qui est actif sur le terrain des dons aux populations, les Camerounais sont partagés. Toujours est-il que Paul Biya n’a pas voulu frustrer un quelconque acteur de la lutte. «Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné. J’en appelle donc à une sorte d’« union sacrée » de toutes les forces vives de la Nation pour combattre la pandémie du Coronavirus », a plaidé le chef de l’Etat.

Dans le respect des lois républicaines

Pas que le gouvernement en soi si dépassé. « Je veux…que vous sachiez que le Gouvernement, sous mon impulsion, fait le maximum possible pour nous sortir de cette grave crise sanitaire », rassure-t-il. Concrètement, « les mesures de protection ont d’ores et déjà été prises pour contrer la propagation du COVID-19 sur notre territoire », rappelle-t-il. Et « le Gouvernement est pleinement conscient de la gravité de la situation et est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires», garantit le président de la République. Alors « je demande donc aux Camerounaises et aux Camerounais de faire confiance aux pouvoirs publics », supplie-t-il. « Le défi est certes grand, mais nous sommes capables de le relever ensemble comme nous l’avons fait en de nombreuses autres circonstances», assure-t-il.

Mais Paul Biya sait que le virus a révélé les limites des capacités de tous les Etats du monde. Alors le président de la république appelle à la solidarité nationale. « J’invite particulièrement tous les responsables politiques, tous les hommes de religion, tous les leaders d’opinion, tous les responsables d’associations, tous les chefs traditionnels et tous les corps constitués à continuer à s’investir pleinement dans ce combat contre le Covid-19», appelle-t-il. Mais « bien entendu, tout ceci dans le cadre fixé par le Gouvernement et dans le respect des lois et règlements de la République », recadre-t-il.

D’ailleurs, « dans le combat qui est le nôtre aujourd’hui, le Gouvernement s’emploiera à poursuivre la lutte contre toute instrumentalisation ou exploitation politique, économique ou sociale de cette tragédie », prévient le chef de guerre. Alors « je sais pouvoir compter, une fois de plus, sur votre patriotisme, votre sens des responsabilités et votre courage pour qu’ensemble, nous parvenions à vaincre ce fléau qui touche la planète entière », adoucit-il le ton. Et ressort par des conseils : « Évitons de stigmatiser ceux qui sont atteints par la maladie. Chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus. N’oublions pas que la négligence d’une seule personne peut nuire gravement à l’ensemble de la communauté. Ne baissons donc pas la garde ».

Pour une sortie attendue, le temps d’une guerre pour laquelle il n’a pas été physiquement présent sur le front de la guerre, Paul biya a saisi l’occasion de la fête de l’Unité qui ne sera pas célébrée de façon festive, pour prêcher l’unité de son peuple. « Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné« , a-t-il prêché.

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