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Women’s Entrepreneurship Day 2025 : l’entrepreneuriat féminin au centre de la compétitivité nationale

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L’édition 2025 du Women’s Entrepreneurship Day, tenue le 20 novembre à Yaoundé, a servi de plateforme pour redéfinir l’action publique en faveur des entreprises féminines. Le Ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises, Achille Bassilekin III, a replacé ces actrices au centre des politiques de création de richesse et d’emploi. Cette prise de position s’inscrit dans un environnement économique où l’innovation et la transformation industrielle sont considérées comme des leviers essentiels de croissance, avec un accent mis sur l’intégration des femmes dans ces chaînes de valeur.

 Les données officielles montrent une dynamique ascendante : en 2024, les Centres de formalité et de Création d’Entreprises ont enregistré 21 132 nouvelles PME, soit une hausse de 7,5 % par rapport à 2023. Les créations portées par des femmes représentent 26,58 %, contre 73,4 % pour les promoteurs masculins. Entre 2019 et 2024, le nombre d’entreprises créées par des femmes a progressé de 57,2 %, passant de 3 572 à 5 616. Cette évolution traduit l’impact des dispositifs publics d’accompagnement, mais aussi leurs limites, notamment en matière d’accès au financement, de consolidation des structures et de passage à l’échelle.

Selon les statistiques gouvernementales, les femmes dirigent 38 % des entreprises au Cameroun, avec une forte présence dans les très petites entreprises et une représentation réduite dans les grandes structures (14 %). Elles occupent 43 % des postes de direction, une proportion qui chute à 18 % dans les grandes entreprises. Ces écarts illustrent les difficultés d’accès aux marchés, aux capitaux et aux technologies productives. Ces contraintes renvoient aux obstacles classiques des économies émergentes : faible capitalisation, absence de garanties bancaires, coûts élevés du crédit, et complexité des procédures de formalisation.

La formalisation désigne ici le passage d’une activité informelle vers un statut légal reconnu par l’État, permettant l’accès aux financements institutionnels, aux marchés publics et aux protections juridiques. Face à ces défis, la série de réformes annoncées par le Ministre vise à corriger les rigidités structurelles. Il a évoqué des réponses « concrètes, rapides et efficaces » aux barrières persistantes, sans entrer dans les détails opérationnels, mais en laissant entrevoir un renforcement des outils de financement et des mécanismes de coopération avec les institutions financières. Ces mécanismes correspondent à des dispositifs dans lesquels l’État ou des partenaires apportent des garanties partielles, des subventions d’amorçage ou des lignes de crédit dédiées afin de réduire les risques bancaires liés aux TPE dirigées par des femmes.

Lors de la même session, Bertha Yenwo, présidente de CAWEECO, a insisté sur la nécessité de structurer davantage les partenariats entre entrepreneures, banques et décideurs publics. Elle a mis en avant la carence de dispositifs capables d’accompagner la montée en gamme des entreprises féminines, en particulier dans les secteurs où l’innovation technologique et la transformation de produits locaux peuvent générer une valeur ajoutée compétitive à l’échelle régionale.

Les démonstrations de produits et services exposées au WED ont illustré ce potentiel. Elles ont servi de base à une lecture élargie des opportunités industrielles, notamment dans les chaînes de transformation où les femmes occupent une place croissante. Ces vitrines permettent aux décideurs d’identifier des secteurs où un appui ciblé – financement patient, incubateurs, dispositifs de normalisation – pourrait accélérer l’intégration des femmes dans l’économie formelle.

Cette orientation s’inscrit dans la cohérence de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, qui positionne le secteur privé comme moteur de croissance et souligne la nécessité d’une inclusion renforcée des jeunes et des femmes. Lors du lancement de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, le Ministre a rappelé que 62,2 % des promoteurs restent masculins, avec une forte concentration dans la tranche 30- 40 ans. Cette structure démographique questionne la capacité des politiques actuelles à créer des conditions favorables pour des profils diversifiés, notamment les femmes en début de carrière entrepreneuriale.

L’édition 2025 du WED a ainsi fonctionné comme un espace d’ajustement stratégique. Elle a mis en évidence la nécessité de passer d’une logique de soutien général à une démarche plus ciblée, centrée sur les contraintes financières, organisationnelles et industrielles. Les réformes annoncées seront évaluées à l’aune de leur capacité à réduire les coûts de formalisation, à sécuriser l’accès au crédit et à renforcer la compétitivité des entreprises féminines dans un environnement où la transformation productive devient un impératif national.

Finances publiques : les enseignants absorbent 58% des arriérés de salaire au 1er semestre 2025

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Selon le rapport sur l’exécution du budget de l’État à fin juin 2025, publié par le ministère des Finances, le gouvernement a consacré 78,5 milliards au premier semestre de l’année pour apurer la dette salariale. Ce terme désigne les rappels de salaires et les avantages de carrière dus aux fonctionnaires.

Le document officiel révèle que la majeure partie de cet argent est allée aux enseignants. Plus précisément, le secteur de l’enseignement secondaire et de l’éducation de base a capté à lui seul 45,4 milliards. Cette somme représente 57,9% du total des rappels soldés sur la période. Le rapport explique cette concentration des paiements par la mise en œuvre des mesures gouvernementales prises en réponse aux revendications salariales des enseignants.

 Au 1er janvier 2025, la dette salariale totale à résorber était estimée à 193,0 milliards. Après le décaissement de 78,5 milliards au cours des six premiers mois, un important reliquat demeure. Il reste ainsi plus de 114 milliards à mobiliser pour éteindre complètement cette créance envers les agents de l’État.

Ce montant s’ajoute aux sommes déjà versées les années précédentes dans le cadre de ce vaste programme d’apurement des arriérés.

Crise post-électorale: la guerre des chiffres

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Dans un communiqué de presse daté du 17 novembre 2025, le Collectif défense citoyenne, une organisation de la société civile, indique que, « plus de 1 900 personnes sont actuellement détenues, pour un total estimé à environ 2 500 arrestations sur l’ensemble du territoire » national camerounais. Faisant ainsi le bilan provisoire des violations des droits humains au Cameroun dans le cadre de la crise post-électorale, déclinées en des arrestations et détentions arbitraires, ponctuées de traitements inhumains, entre le 3 et le 16 novembre 2025, dans sept régions. Il s’agit du Littoral/Douala (640 interpellations, dont 383 détenus à PK19 sans accès aux avocats ; de l’Est (Bertoua, Batouri, Garoua-Boulaï avec 397 personnes détenues ; de l’Ouest (Bafoussam, Dschang, Bandja avec 397 personnes gardées à vue ou incarcérées; de l’Extrême-Nord (Maroua, Mokolo avec 191 arrestations, dont 12 mineurs); du Centre et Sud (Yaoundé, Ntui avec plus de 300 arrestations); et du Sud (chiffres non mentionnés).

Les régions du Nord et de l’Adamaoua n’y figurent pas, alors que les manifestations n’ont pas épargné ces deux régions, et particulièrement celle du Nord qui a enregistré le premier mort. Ici les manifestations ont débuté le jour même de l’élection, lorsque la gendarmerie a tenté d’arrêter Issa Tchiroma Bakary à Garoua dans la région du Nord. Ses partisans sortis nombreux, se sont interposées et ont réussi à exfiltrer leur leader qu’ils ont conduit dans un lieu inconnu du grand public.

39 morts, violations des droits humains

Par ailleurs, le rapport provisoire du Collectif mentionne que 39 personnes sont mortes par balles dans plusieurs régions du pays et que plusieurs victimes n’ont pas encore été formellement identifiées.

Le Collectif souligne que « Crise post-électorale: la guerre des chiffres ». Et dénoncent  »de fortes restrictions d’accès aux détenus pour les avocats ».

On remarque dans le rapport du Collectif d’énormes disparités entre les chiffres communiqués par le ministre de l’Administration territoriale (Minat). Paul Atanga Nji a déclaré qu’il y avait eu 16 morts et plus de 800 arrestations. Et dans chaque région où l’agent du gouvernement en matière électorale est passé faire le bilan des manifestations, il a livré dès chiffres qui s’avèrent être en deçà de ceux du Collectif.

Le Collectif défense citoyenne qui compte 49 avocats répartis dans sept régions du pays, lance un appel aux autorités nationales, aux institutions, aux partenaires et aux citoyens, afin qu’ils assurent la protection, le soutien et la garantie des droits des personnes en détention, et surtout que tous les cas soient rendus publics. détresse.

Cour suprême : Marie-Claire Dieudonnée Nseng-Elang pour remplacer Luc Ndjodo

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La Cour suprême du Cameroun connaît un nouveau procureur général. Par un décret signé ce 20 novembre 2025, le président de la République a nommé Marie-Claire Nseng-Elang, au poste de procureur général près de la plus haute instance judiciaire du pays. Celle qui était jusqu’ici directeur des affaires générales au ministère de la Justice, Garde des sceaux (Minjustice), va y remplacer Luc Ndjodo. L’homme est décédé le 1er août 2025. Et depuis, le poste était resté vacant.

Plus qu’une formalité de remplacement à un poste hyper important et sensible de ce ministère de souveraineté, la nomination de Marie-Claire Nseng-Elang sonne comme une révolution. D’autant plus que c’est la première femme à occuper ce poste dans l’histoire de la magistrature camerounaise. Jusqu’ici, ce sont les hommes qui avaient bénéficié de la confiance du patron du Conseil supérieur de la magistrature. Comme dans l’ensemble de l’appareil judiciaire même au pays. Les hommes occupant la quasi-totalité des postes clé.

Aussi, cette promotion rare pour le souligner, arrive au lendemain de la réélection de Paul Biya à la présidence de la République. L’un des premières grandes décisions prises par le chef de l’exécutif. Et dans son discours d’investiture, Paul Biya avait pris l’engagement d’accorder plus d’importance aux femmes et aux jeunes durant son 8ème mandat. Du coup, le lien avec la promesse électorale est facile à établir.

La Mefou-Akono, terre de pionnières

Née le 20 juin 1961, Marie-Claire Nseng-Elang entre dans la magistrature un peu par accident, à défaut de pouvoir elle-même assumer son choix professionnel d’enfance. Selon nos confrères de Cameroon tribune, « Marie-Claire Dieudonnée Nseng Elan rêvait pourtant de devenir médecin afin d’aider les personnes nécessiteuses. Elle s’était néanmoins heurtée à un problème : elle a la phobie du sang humain ». Ainsi, la native de Mbankomo, département de la Mefou-et-Akono, détentrice d’une licence en droit privé francophone obtenu à l’université de Yaoundé, obtient le concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) en 1986. A sa sortie, la jeune magistrat sera nommée substitut du procureur près les tribunaux de première et grande instance de Yaoundé, de 1988 à 1994. Elle sera mutée à Mbalmayo pour les mêmes fonctions. Puis retour à Yaoundé, pour devenir en 2001, contrôleur de l’inspection des services judiciaires. Depuis 2020, devenue magistrat hors hiérarchie 1er groupe, Marie-Claire Dieudonnée Nseng-Elang est promue directeur des affaires générales du Minjustice. Première femme à occuper la fonction de procureur général, Marie-Claire Dieudonnée Nseng s’aligne dans une sorte de lignée déjà tracée depuis des décennies, par le pouvoir de Yaoundé. La Mefou-et-Akono dont est originaire la nouvelle promue, avait déjà offert au Cameroun la première femme ministre : Delphine Tsanga. C’était en 1975, après avoir été tour à tour ministre adjoint de la Santé publique (en 1970) et vice-ministre de la Santé publique (en 1072). 50 ans après, ce département de la région du Centre, a encore offert au pays sa première femme procureur général.

Semaine mondiale de l’entrepreneuriat : la sous-traitance, levier pour sécuriser les petites entreprises au Cameroun

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La 7e édition de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, lancée le 18 novembre 2025 à Yaoundé, intervient dans un contexte où la structure même du tissu productif camerounais connaît des recompositions visibles. Les données actualisées du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) fournissent un point de départ concret pour analyser ces mutations. Au 31 décembre 2024, le fichier statistique du ministère recense 444 302 entreprises, dont 443 524 petites et moyennes entreprises (PME). La concentration de 77,2 % de ces entreprises dans le secteur tertiaire confirme l’orientation majoritairement commerciale et de services de l’économie nationale.

Cette configuration illustre la faible diversification structurelle du tissu productif et renforce la nécessité d’une montée en capacités des entreprises opérant en amont des chaînes de valeur. La rencontre de Yaoundé, organisée sous le thème « Entrepreneuriat productif et opportunités de la loi portant régime de la sous-traitance », inscrit ce débat dans un cadre institutionnel précis.

La loi sur la sous-traitance prévoit, notamment, l’obligation pour l’entreprise principale de verser un acompte de 30 % avant le démarrage d’un marché, ainsi que le paiement du solde au plus tard 90 jours après la livraison. Ces deux obligations visent à sécuriser la trésorerie des sous-traitants, un point particulièrement sensible dans une économie où les retards de paiement constituent un frein majeur à la croissance des PME.

 Dans un environnement largement tertiarisé, ce dispositif tente de rééquilibrer les rapports entre donneurs d’ordre et opérateurs de terrain, dont la solidité financière conditionne la capacité d’exécution. La démographie entrepreneuriale présentée par le ministre Achille Bassilekin III apporte un éclairage complémentaire. Le fichier statistique révèle une forte présence masculine dans les registres de création, mais indique une progression continue des femmes entrepreneures.

Cette montée en participation féminine traduit l’élargissement progressif des niches d’activité, même si la répartition sectorielle demeure encore inégale selon le genre. Le même document précise que 70 % des entrepreneurs ont entre 20 et 40 ans. Cet indicateur démographique traduit une dynamique d’entrée massive des jeunes dans l’auto-emploi, devenu un levier d’insertion dans un marché du travail formel limité. Cette structure d’âge influe directement sur les secteurs privilégiés : commerce, services numériques, micro-services, restauration, artisanat urbain et activités à faible besoin en capital fixe.

 La Semaine mondiale de l’entrepreneuriat mobilise simultanément les dix régions du pays à travers des ateliers, visites d’entreprise, rencontres sectorielles et témoignages d’entrepreneurs. Cette diffusion territoriale cherche à renforcer les capacités locales, souvent pénalisées par un déficit d’accompagnement et une faible structuration des réseaux économiques hors des métropoles. Les success stories partagées lors des activités illustrent les trajectoires possibles dans cet environnement encore marqué par l’informalité et la fragilité financière des petites unités productives.

 Dans une interview accordée à Défis Actuels, Achille Bassilekin III, ministre camerounais des PME décrit une stratégie d’intervention structurée autour de quatre leviers. Le premier repose sur le renforcement des capacités des jeunes porteurs de projets à travers des programmes de formation comme Empretec ou PMTIC, dont la vocation est de consolider les aptitudes entrepreneuriales de base. Le second levier concerne l’accès au financement. Les dispositifs tels que le Fonds-Proto ou les subventions aux incubateurs visent à réduire le risque supporté par les banques et à faciliter le démarrage des entreprises naissantes. Le troisième axe porte sur la diffusion d’une culture entrepreneuriale, matérialisée par la mise en place du Programme national d’incubation, du Programme de promotion de l’entrepreneuriat chez les femmes et les jeunes, ainsi que par la création de clubs d’entrepreneuriat dans les établissements scolaires. Le quatrième levier s’appuie sur des partenariats avec le ministère de la Jeunesse et d’autres institutions pour encourager la maturation de projets et faciliter l’accès au crédit, notamment via le futur Fonds de garantie aux jeunes entrepreneurs.

 Selon les données communiquées, 91 structures d’incubation (22 publiques et 69 privées) sont aujourd’hui répertoriées. Plus de 42 000 jeunes ont bénéficié de formations techniques et managériales, tandis que la création d’entreprises progresse : 21 132 en 2024 contre 19 651 en 2023, dont 9 488 portées par des jeunes.

Faux médicaments : un trafic qui coûte 33 milliards de FCFA par an

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Plus de 8,6 milliards de FCFA de médicaments contrefaits ont été saisis depuis 2020. Cette estimation, rendue publique par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, le 12 novembre 2025, lors de la Journée africaine de lutte contre les faux médicaments, situe immédiatement l’ampleur économique du phénomène.

Le Cameroun perd chaque année près de 33 milliards de FCFA à cause de la vente illégale, selon les chiffres officiels. Le rapport de l’ONUDC publié en 2023 rappelle la dimension sanitaire du problème : « 270 000 personnes meurent chaque année en Afrique subsaharienne pour avoir consommé des médicaments antipaludiques falsifiés ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) évalue pour sa part à « 116 000 décès » la mortalité liée à l’ingestion de faux produits dans la région. Ces données confirment que le faux médicament relève autant de la santé publique que de l’économie criminelle organisée. Ces produits illicites circulent ainsi dans les marchés urbains, les zones périurbaines et les localités peu couvertes par les officines agréées.

En 2021, « près de 40 % des médicaments seraient issus de la contrebande », selon l’Ordre National des Pharmaciens. L’impact économique est massif. Le trafic perturbe l’équilibre du marché pharmaceutique légal, en orientant notamment le transfert des flux financiers vers une économie criminelle qui échappe aux mécanismes de contrôle. Les décès évitables provoquent une contraction de la productivité et augmentent les coûts supportés par les ménages et par le système de santé publique.

Les formations sanitaires doivent composer avec l’afflux de patients victimes de traitements inefficaces ou toxiques, ce qui alourdit des budgets déjà contraints, observe-t-on. La réponse opérationnelle s’intensifie. Les chiffres publiés sont sans ambiguïté : « la valeur cumulée de stocks saisis au cours du premier semestre 2025 est d’environ 369,8 millions F CFA » et « depuis 2020 », le total atteint plus de 8,6 milliards de FCFA ». Soixante-neuf affaires ont été enregistrées, dont trente-six ont déjà abouti à une décision judiciaire. Le marché parallèle prospère pourtant sur une asymétrie d’information persistante.

Dans les rues, « certains citoyens estiment que les médicaments de rue ne sont pas mauvais pour la santé ». Le déficit de sensibilisation, la faible accessibilité financière ou géographique à certaines officines et l’attrait des prix bas entretiennent la demande. Cette situation alimente un cercle économique délétère : les faux produits circulent, les pathologies s’aggravent, les dépenses médicales augmentent et le budget national absorbe les dégâts d’un marché qu’il ne contrôle pas.

Prix de l’excellence pour la paix : avec 55 voix sur 55, Jean Gatsi réalise le carton plein continental

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C’est un sans-faute qui égale le record historique de l’ancien ambassadeur d’Égypte au Cameroun. L’Association africaine des acteurs de la communication (2Acom) ne s’y est pas trompée. Dans sa lettre du 18 novembre, elle loue “l’esprit patriotique” et la “posture exemplaire” du conseiller technique auprès du recteur de l’Université de Douala. La salle bondée d’étudiants et de jeunes militants ce jour-là témoignait déjà de l’ascendant du professeur sur cette génération.

Quand le travail de l’ombre attire la lumière

« Il a œuvré dans l’ombre, sans relâche », explique Hervé Narcisse Yemdji, président exécutif de 2Acom. C’est justement cette discrétion, cette régularité sans tapage qui ont convaincu le jury continental. Voilà comment Jean Gatsi devient la 18ème personnalité d’Afrique centrale distinguée pour son engagement en faveur de la paix, de l’unité et de la formation des jeunes.

La surprise du principal intéressé était palpable : « Je ne m’y attendais pas du tout, j’ai appris la veille qu’une récompense m’attendait. ». Pas le genre d’homme à chercher les projecteurs, visiblement. Pourtant, son engagement parle pour lui. Aurélien Fernand Ndjock, président du conseil d’administration de 2Acom, y voit l’incarnation parfaite d’un Cameroun qui avance dans la sérénité.

Convergence républicaine gagne ses galons

Cette distinction fait rayonner bien au-delà du professeur lui-même. Toute la plateforme Convergence républicaine profite de ce coup de projecteur continental. « C’est un homme de conviction, un exemple à suivre », insiste Aurélien Ndjock en appelant les jeunes à s’inspirer de cette rectitude.

Et Jean Gatsi ne cache pas sa fierté d’avoir ouvert la voie : « J’ai été le premier à proposer la candidature du président Paul Biya pour 2025 ». Une audace précoce qui illustre, selon lui, sa capacité à anticiper et son engagement sans faille. D’ailleurs, l’éminent juriste ne compte pas s’arrêter là : « Je vais continuer à travailler pour que ce mandat de grandeur et d’espérance soit un mandat au service des jeunes et des femmes ».

Attention aux sirènes

Mais Hervé Yemdji connaît la musique. Avec la notoriété viennent les tentations : « Avec cette visibilité, de nombreuses sollicitations viendront avec les élections municipales et régionales à venir ». Le message est clair : garder le cap, résister aux chants des sirènes politiciennes, rester fidèle à la ligne qui a justement valu cette reconnaissance.

L’unanimité des 55 voix fait basculer le Pr Jean Gatsi du statut de militant discret à celui de référence continentale. Une consécration qui dépasse largement les frontières camerounaises et qui place la barre haute pour la suite. Reste à savoir si le professeur saura naviguer entre cette nouvelle notoriété et la fidélité à ses convictions originelles.

Par Dilan KENNE

Hydrocarbures : le vice-président de Guinée Équatoriale en visite à la SNH à Yaoundé pour discuter de projets énergétiques stratégiques

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Journée inhabituelle au siège de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) ce mercredi 19 novembre. Mme Nathalie Moudiki, représentant l’Administrateur-Directeur Général, a reçu S.E. Teodoro Nguema Obiang Mangue, Vice-Président de la République de Guinée équatoriale, accompagné d’une délégation de très haut niveau. Parmi eux, le Ministre d’État chargé des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Diaspora, le Ministre des Hydrocarbures et du Développement minier, ainsi que les Directeurs généraux de Tradex et Tradex Guinée équatoriale.

Cette réunion de travail a permis de dresser un état d’avancement des grands chantiers bilatéraux : le projet pétrolier Yoyo/Yolanda, le projet CSTAR, ainsi que les ambitions et perspectives de Tradex Guinée équatoriale, l’une des vitrines de la coopération économique entre les deux pays.

Une étape marquante dans une coopération exemplaire

L’audience intervient juste après la rencontre entre le Vice-Président équato-guinéen et le Chef de l’État camerounais, S.E. Paul Biya, au Palais de l’Unité ce même jour, le 19 novembre 2025. Le déplacement à la SNH s’inscrit dans la continuité d’un dialogue stratégique entre Yaoundé et Malabo, marqué par une collaboration énergétique de longue date.

Pour la SNH, bras séculier de l’État Camerounais dans le secteur pétrolier et gazier, il s’agissait d’une visite hautement symbolique : c’est la première fois qu’une personnalité politique de ce rang foule les installations de l’entreprise. Une occasion de présenter l’état d’avancement des projets bilatéraux et de réaffirmer le rôle du Cameroun dans la consolidation d’un modèle de coopération sud-sud dynamique, durable et mutuellement profitable.

Yoyo–Yolanda : un projet stratégique pour l’Afrique centrale

Au centre des échanges, le développement du champ gazier transfrontalier Yoyo–Yolanda, considéré comme l’un des projets énergétiques les plus lourds de la sous-région. Le 17 mars 2023, les présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avaient signé à Yaoundé l’accord bilatéral encadrant l’exploitation de ces ressources partagées. Cet accord, déposé aux Nations Unies en janvier 2025, sert désormais de socle à l’unitisation du champ et à la mise en valeur de son potentiel gazier.

Un partenariat nourri par la fraternité et le panafricanisme

Au-delà de la technique, cette audience a mis en lumière les valeurs qui guident la coopération entre le Cameroun et la Guinée équatoriale : fraternité historique, vision panafricaine et aspiration commune à la souveraineté énergétique. Pour la SNH, cette rencontre est également l’occasion de valoriser l’expertise locale et la capacité des États africains à piloter ensemble des projets majeurs, au service du développement.

Le projet Yoyo–Yolanda se présente comme un catalyseur de prospérité, un instrument d’intégration régionale destiné à renforcer l’indépendance énergétique des deux pays et, au-delà, de toute l’Afrique centrale.

L’Administrateur-Directeur Général de la SNH, Adolphe Moudiki via son représentant Mme Moudiki, a transmis à la haute autorité équato-guinéenne ses remerciements pour le soutien apporté au développement de Tradex, filiale stratégique du groupe, tout en se disant « honoré » de recevoir la première visite d’un dirigeant étranger au Cameroun depuis le lancement du septennat placé sous le signe de la « Grandeur et de l’Espérance ».

Le PAD s’attache l’expertise d’Innovendi pour digitaliser la plateforme portuaire

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 Une convention signée entre les deux parties va permettre la mise en place de divers outils tels que des infrastructures 4G/5G, le cloud sécurisé, des solutions IoT afin d’inscrire le port de Douala parmi les ports de première génération mondiale.

Le Port Autonome de Douala (PAD) s’apprête à opérer une transformation digitale de taille. Le Directeur Général du PAD, Cyrius Ngo’o et Joel Monefong  d’Innovendi data technologies & Communications ltd ont procédé le 17 novembre dernier à la signature d’une convention stratégique. Ce partenariat va favoriser une digitalisation et une modernisation profonde des installations du port de Douala Bonabéri.

L’expertise d’Innovendi va permettre la mise en place d’infrastructures 4G/5G évolutive et dédiée, garantissant la connectivité haut débit nécessaire à la gestion en temps réel des flux (navires, cargaisons, véhicules). Il est aussi question de développer des solutions IoT (Internet des Objets), permettant une gestion intelligente et prédictive des actifs et des opérations (maintenance préventive, optimisation des zones de stockage).  Un cloud local sécurisé, point crucial pour la souveraineté numérique et la conformité aux exigences de sécurité des données critiques est aussi prévu, en même temps que des outils de Cybersécurité essentiels pour protéger le site  des menaces numériques croissantes.

Ce dispositif vise à positionner le Port de Douala-Bonabéri comme pionnier des « Smart Ports » en Afrique centrale. Ceci repose sur des objectifs fondamentaux : l’optimisation des opérations (réduction des temps d’escale), la qualité de service aux usagers, et un renforcement tangible de la compétitivité de la plateforme, alignant le PAD sur les standards des ports de première génération mondiale.

Comme pour de nombreux projets du PAD, c’est une approche de Partenariat Public-Privé (PPP) qui a été choisie.  Le projet est orienté vers le renforcement du tissu économique local avec une priorité pour les compétences camerounaises. Il est question d’accorder une préférence à la main d’œuvre locale dans les recrutements mais aussi une implication des PME locales dans la chaîne de valeur du projet.  Un programme massif de formation est aussi prévu pour garantir une appropriation durable des outils par les jeunes générations et les équipes du PAD.

Il faut dire que la performance d’une plateforme portuaire se mesure désormais moins à ses infrastructures physiques mais davantage grâce à sa digitalisation. Le concept de smart port repose sur  les nouvelles technologies regroupant l’intelligence artificielle, le Big Data, les technologies blockchain… afin d’optimiser la logistique, l’environnement industriel tout en respectant l’environnement marin.

Electricité: le plan du gouvernement après la reprise d’Eneo

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Restructurer la société de distribution d’électricité d’ici février 2026, mettre en place un mécanisme efficace de recouvrement des factures d’électricité des entités publiques, une politique tarifaire d’ici fin 2026…sont entre autres actions prioritaires fixées par l’Etat du Cameroun.

Déjà actionnaire au sein d’Eneo, la part de l’Etat du Cameroun dans le capital de l’énergéticien passe à 95% avec le rachat des 51% du fonds britannique Actis.  Dans son compact énergétique, vision stratégique de l’Etat en matière d’énergie à l’horizon 2030, le gouvernement dresse un plan clair de sa reprise en main de la société de distribution d’électricité et de la transformation qu’il en fera. Ceci afin d’une part de rétablir l’équilibre financier dans le secteur et d’autre part, favoriser l’accès à l’électricité au plus grand nombre.

D’après les projections du gouvernement, le processus de rachat des actions d’Actis dans la société Eneo devrait être finalisé d’ici la fin de cette année. 2025. La première démarche forte envisagée est d’élaborer un diagnostic assorti d’un plan de redressement de la société de distribution d’électricité. Il est ensuite question de la restructurer la dette avec une échéance fixée à fin 2026. Une équation pas des plus aisées. Car, les dirigeants actuels de l’entreprise n’ont pu engager les banques locales dans leur tentative de restructuration de la dette d’Eneo avant la cession des parts d’Actis. Les acteurs financiers n’ont pas osé se lancer sans perspective claire sur l’avenir de la société.  A fin 2024, la dette totale d’Eneo était estimée autour de 800 milliards de FCFA dont 500 milliards envers ses fournisseurs pour à peine 80 milliards de créances.

Revoir les tarifs d’électricité  maîtriser les coûts

Selon plusieurs experts, notamment Cyrile Tetougueni, les prix de l’électricité pour les consommateurs moyens et basse tension demeurent 18,2 % en dessous du coût de production. Cette sous‑tarification motivée par des raisons sociales, génère un déficit structurel, commente-t-il.  Dans son plan d’action, l’Etat compte mettre en place une politique tarifaire d’ici fin 2026. L’objectif décliné est de maîtriser les coûts et « rentabiliser les investissements des opérateurs dans les zones isolées ». Il compte aussi créer un mécanisme efficace de recouvrement des factures d’électricité des entités publiques d’ici 2026.  Une stratégie reposant essentiellement sur les clients publics (administrations, entreprises d’État, municipalités) qui accumulent des arriérés. Il sera notamment question d’élaborer un texte règlementaire contraignant définissant les modalités de paiements des factures d’électricité de l’Etat central; catégoriser les entités publiques (prioritaires qui ne peuvent pas subir de coupures et non prioritaires), définir les mécanismes de maitrise de l’énergie dans les bâtiments publics et structures publiques. Le document prévoit également d’introduire dans le fichier de payement des salaires du mois  des entités publiques, les factures d’électricité du mois n-1 ; prendre en compte dans leurs budgets les arriérés de consommation d’électricité.

 Toujours dans l’optique de garantir l’équilibre financier du secteur, plus d’investissement sont annoncés dans le segment distribution pour réduire les pertes techniques et non techniques. Environ 14 % de l’électricité selon plusieurs sources est perdue dans le réseau ou volée, sans être facturée. Cette démarche a pour objectif d’atteindre un rendement de distribution de 90 % d’ici 2030 contre 70% actuellement.  Cela permettra aussi d’élargir la base clientèle à travers la reconversion et la pose des nouveaux branchements et favoriser l’accès à l’électricité avec une cible d’environ 1,7 million de personnes par an pour une couverture de 100% à l’horizon 2030.

Appel au partenariat financier

Les besoins en financement pour atteindre les objectifs du Pacte s’élèvent à 12,5 milliards USD soit 7750 milliards de FCFA dont 6.4 milliards USD (3874 milliards FCFA) reste à financer. Sur la période 2025-2030, le segment distribution nécessite 1551 millions USD soit 878 641 millions de FCFA. Le gouvernement se dit prêt à recevoir toute participation pour mobiliser les fonds à travers des dons, des subventions, et prêts concessionnels pour le développement et la construction des ouvrages de production, de transport et de distribution de l’électricité nécessaires pour le redressement du secteur de l’électricité à l’horizon 2025-20230. Un appel est lancé aux partenaires de développement, fondations philanthropiques et au secteur privé.  Dans sa stratégie, le gouvernement prévoit par ailleurs d’identifier et de lever les obstacles liés aux investissements privés dans la production, le transport et la distribution d’électricité d’ici 2030.

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