mercredi, mai 20, 2026
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BGFIBank, Afriland First Bank, CCA Bank SCB et Bicec financent la raffinerie CSTAR 

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Le 30 avril 2026, à l’ouverture de la Finance Week à Yaoundé, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, lance un appel direct aux banquiers de la CEMAC. Face aux acteurs de la finance sous-régionale, il affiche publiquement son soutien au projet de nouvelle raffinerie porté par la Société nationale des hydrocarbures : « S’il y a un seul produit sur lequel nous devons nous repositionner, c’est d’abord le pétrole. » Avant d’ajouter qu’il est prêt à mobiliser les banques de la sous-région pour accompagner son financement.

 Cinq jours plus tard, le 5 mai 2026, cette déclaration trouve un premier prolongement concret : BGFIBank signe à Yaoundé une convention de prêt avec Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour financer la construction de CSTAR, une raffinerie modulaire de 30 000 barils par jour, alimentée en brut camerounais.

120 milliards mobilisés en syndicat

Face à Nathalie Moudiki, représentante personnelle de l’administrateur directeur général de la SNH, le ministre Adolphe Moudiki, Abakal Mahamat, directeur général de BGFIBank Cameroun, pose sa signature au bas du document. Il revient sur les étapes qui ont précédé. « Nous sommes réunis ici pour la concrétisation de la première étape d’une action que nous avons commencée il y a quelques mois avec la signature du mandat. Le mandat a été le document qui nous permettait de lever le financement nécessaire. La présidente du Conseil d’administration a parlé de 120 milliards FCFA que nous avons mobilisés à travers nos partenaires bancaires que je remercie ici, notamment Afriland First Bank, CCA Bank, SCB Cameroun et BICEC. C’est à travers ce réseau-là que nous avons pu mobiliser aujourd’hui cette enveloppe à mettre à disposition de la SNH pour le projet CSTAR. » Ce montant représente l’apport en fonds propres de la SNH dans le projet. Il ne couvre qu’une fraction du coût total d’investissement, Capex estimé à environ 360 milliards de FCFA.

L’architecture de la raffinerie CSTAR est conçue pour produire d’abord, puis monter en capacité. Dès la fin 2026, l’unité doit traiter 10 000 barils par jour. En 2027, la cadence va s’accélérer, apprend-on. En 2028, l’installation atteint sa capacité notionnelle pleine de 30 000 barils par jour. L’alimentation de cette usine annoncée repose principalement sur le brut camerounais.

La production annuelle attendue en régime de croisière est de 1,5 million de tonnes métriques, soit 1,8 million de mètres cubes. Cinq produits concentrent 96 à 98 % des sorties de l’usine : le fuel lourd à 30 %, le gazole à 25 %, le super à 23 %, le bitume à 10 % et le gazole marin à 8 %. Ce dernier est particulièrement recherché sur les marchés régionaux.

Les coûts d’exploitation annuels, les OPEX, sont estimés à 66 millions de dollars, environ 36 milliards de FCFA. Les revenus de vente sont projetés à 1 milliard de dollars, soit environ 580 milliards de FCFA. Le flux net de trésorerie annuel attendu est de 682,5 milliards de FCFA (120 millions de dollars).

Un levier pour les réserves en devises

Les promoteurs du projet mettent en avant un argument qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de la zone CEMAC, où la question des réserves de change revient régulièrement sur la table des autorités monétaires. En substituant des produits raffinés nationaux aux importations, CSTAR permettrait une économie annuelle de devises évaluée à environ 1 milliard de dollars, soit 590 milliards de FCFA. La réduction des importations nationale de carburant atteindrait plus de 435 milliards FCFA par an, représentant quelque 30 % de la consommation au Cameroun. À cela s’ajoutent les exportations de gazole marin, estimées à plus de 250 milliards de FCFA.

Biocarburant et emplois riverains

Au-delà de la raffinerie proprement dite, CSTAR intègre une dimension que les documents officiels ne mentionnent pas encore publiquement. Un dispositif de production de biocarburant sera adossé à l’unité principale. Il est prévu d’augmenter la capacité notionnelle de 30 à 40 % supplémentaires par rapport aux 30 000 barils de base. Ce volet agricole associe directement les populations riveraines de Kribi, qui seront encouragées à produire les matières premières nécessaires. Un écosystème de financement des intrants et d’encadrement des producteurs est en cours de conception pour sécuriser l’approvisionnement.

En phase de construction, le projet devrait générer 5 000 emplois. En phase d’exploitation, 2 000 postes permanents sont attendus. Une université, apprend-on sera créée sur place pour dispenser des formations initiales et professionnelles.

Décès de Cavaye Yéguié Djibril, ancien président de l’Assemblée nationale

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Le Cameroun a perdu, mercredi 6 mai 2026, l’une de ses figures parlementaires les plus durables. Cavaye Yéguié Djibril, ancien président de l’Assemblée nationale, est mort à son domicile de Mada, près de Tokombéré, dans le département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord. Son départ intervient moins de deux mois après son retrait du perchoir, transmis le 17 mars 2026 à Théodore Datouo.

Né à Mada, formé au centre régional d’éducation physique et sportive entre 1960 et 1963, il avait d’abord exercé comme maître d’EPS à Maroua, avant d’être nommé inspecteur interministériel du Grand Nord en 1965. Fonctionnaire avant d’être homme politique, il avait ensuite imposé sa longévité au sommet de la chambre basse, qu’il a présidée de 1992 à 2026

En avril 1970, il franchit pour la première fois les portes de l’Assemblée législative du Cameroun oriental. Un an plus tard, il devient chef traditionnel du Mada, ajoutant à sa légitimité administrative une autorité coutumière qui ne le quittera plus. Après la création de l’État unitaire, il est élu à l’Assemblée nationale en 1973 et obtient le poste de questeur au bureau de la chambre. En 1975, l’Union nationale camerounaise l’intègre dans son Comité central. L’ascension est méthodique.

L’entrée dans le dur

En 1983, il accède au poste de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Cinq ans plus tard, il s’éloigne brièvement de la législature pour exercer comme adjoint au préfet de Diamaré. En mars 1992, il revient et remporte un siège de député. Dans la foulée, il est élu président de l’Assemblée nationale. Il a cinquante-deux ans. Il ne quittera plus ce fauteuil.

En 1985, lorsque Paul Biya transforme l’UNC en Rassemblement démocratique du peuple camerounais, Cavaye Yéguié Djibril est reconduit au Comité central du nouveau parti. Sa fidélité au chef de l’État est totale, constante, jamais démentie.

Trente-deux réélections, un record absolu

De 1992 à 2024, Cavaye Yéguié Djibril est réélu trente-deux fois successivement à la présidence de l’Assemblée nationale. Un record sans équivalent dans les annales parlementaires du pays. À chaque législature, le RDPC le présente comme son candidat naturel au perchoir. Les votes sont des formalités, sauf une fois.

En août 2007, un député du parti, Adama Modi, annonce qu’il se porte candidat contre lui. Les dirigeants du RDPC le supplient de renoncer. Il refuse, invoquant ses droits. Le jour du vote, il quitte finalement la salle sans participer au scrutin. Cavaye, lui, reste assis, impassible, et est élu avec 130 voix sur 143 participants. Un comité de discipline du parti est ensuite constitué pour examiner le comportement de Modi. Cette séquence résume en quelques heures ce qu’est le style Cavaye — la solidité silencieuse face à l’agitation.

En novembre 2001, depuis son perchoir, il prend publiquement position contre les tendances sécessionnistes dans la région anglophone, affirmant que l’Assemblée nationale ne tolérerait pas les menaces à la stabilité nationale. En novembre 2005, il exhorte les députés à s’engager activement dans la lutte contre la corruption.

Le Lamido et le Parlement

Cavaye Yéguié Djibril n’est pas seulement un homme d’appareil. Dans le Grand Nord, il est le Lamido de Mada, chef traditionnel influent que beaucoup considèrent comme le patriarche du septentrion. En mars 2010, il préside le Forum national des souverains traditionnels du Cameroun, dont il est désigné président honoraire. Il y trace la ligne qui selon lui doit guider les chefs de terre — coopérer avec l’État, promouvoir la culture, soutenir l’administration publique, sans jamais agir comme une autorité parallèle. Le Forum publie dans la foulée une déclaration appelant Paul Biya à se représenter à l’élection présidentielle de 2011.

Cette double stature — homme du Parlement et chef de terre — est au cœur de son influence réelle, bien au-delà de ce que ses titres officiels laissent percevoir.

Le retrait et la fin

En 2026, l’état de santé de Cavaye Yéguié Djibril se détériore. Il est évacué en Afrique du Sud pour raisons médicales. Le 17 mars 2026, Théodore Datouo est élu à la présidence de l’Assemblée nationale, mettant un terme officiel à trente-quatre ans de règne parlementaire. Moins de deux mois plus tard, Cavaye Yéguié Djibril s’éteint à Mada, là où tout avait commencé, à l’âge de 86 ans.

Sa mort survient quelques jours seulement après celle de Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat. Deux figures majeures du même édifice institutionnel, disparues à quelques jours d’intervalle. Pour l’architecture politique bâtie sous Paul Biya, c’est une séquence sans précédent. À Yaoundé, aucune communication officielle de la présidence de la République n’avait encore été rendue publique au moment où la nouvelle se répandait dans le pays. La classe politique camerounaise, toutes tendances confondues, avait déjà commencé à saluer la mémoire d’un homme qui aura incarné, mieux que quiconque, une certaine idée de la permanence.

Nécrologie : Cavaye Yeguie Djibril est mort

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Cavaye Djibril a retrouvé son écharpe tricolore ce 16 2020

La nouvelle est tombé en cette matinée. Cavaye Yeguie Djibril n’est plus. L’ancien président de l’Assemblée nationale est décédé ce jour dans son village Mada, par Tokombéré. L’homme quitte la terre un peu plus d’un mois après avoir été débarqué du perchoir de l’Assemblée nationale.

Il venait de regagner son village où il est lamido, après l’épisode de l’Assemblée nationale qu’il a mal digéré. les obsèques sont prévues dans les prochaines heures, selon la tradition musulmane. Nous y reviendrons.

Oumarou Hamadjoda prend la direction générale de la SOCADEL après la fin d’Eneo

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Il est natif de Kodeck, dans le Diamaré, à l’Extrême-Nord du Cameroun. Rien dans cette géographie aride ne laissait présager qu’Oumarou Hamandjoda deviendrait l’un des visages les plus aguerris du secteur électrique camerounais. C’est pourtant le chemin qu’il a tracé, méthodiquement, depuis les universités russes jusqu’aux conseils d’administration des grandes structures énergétiques du pays.

Sa formation parle d’elle-même. Il décroche un Master of Sciences en hydropower plants engineering and hydraulic structures en 1993, puis un PhD en hydropower plants and hydroelectric devices en 1996 — les deux obtenus dans des universités russes. Des spécialités pointues, directement ajustées aux besoins d’un pays dont le potentiel hydroélectrique figure parmi les plus importants d’Afrique.

De l’amphi aux sphères de décision

De retour au Cameroun en 1998, Hamandjoda commence par transmettre ce qu’il sait. Il enseigne à l’université de Ngaoundéré, puis à l’université de Yaoundé I, notamment à l’École Nationale Supérieure Polytechnique. Ces années dans les amphithéâtres ne constituent pas un détour — elles lui ouvrent les portes de l’État. Il rejoint le Secrétariat Général de la Présidence de la République, attaché à la division des Affaires économiques, poste depuis lequel il représente l’État au Conseil d’Administration d’Electricity Development Corporation, l’EDC. Un pied dans l’appareil d’État, un autre dans le monde opérationnel de l’énergie.

Quinze ans dans les entrailles d’Eneo

C’est à Eneo Cameroon que sa carrière prend toute son ampleur. De 2009 à 2024, soit quinze années consécutives, il occupe le poste de Directeur Général Adjoint de l’ex-concessionnaire du service public de l’électricité. Une longévité rare dans un secteur où les directions changent souvent au rythme des crises.

 Ces quinze ans lui donnent une connaissance intime du réseau électrique camerounais — ses points de rupture, ses chantiers en souffrance, ses dettes accumulées. « Sa nomination est un choix de raison technique avant d’être politique », confie un expert du ministère de l’Eau et de l’Énergie.

Une maison neuve sur des fondations fragiles

La SOCADEL qu’Hamadjoda prend en main ce 5 mai 2026 affiche un visage nouveau, mais traîne des problèmes anciens. Le décret présidentiel du 4 mai transforme Eneo en société d’État à actionnaire unique, dotée d’un capital de 43,9 milliards de francs CFA. Le texte prévoit également d’ouvrir progressivement le capital à d’autres acteurs publics et au secteur privé. Antoine Ntsimi préside le Conseil d’Administration. Jean Basile Ekobena occupe le poste de Directeur Général Adjoint.

En reprenant les commandes d’une entreprise cédée à l’Américain AES puis au Britannique Actis en 2014, l’État récupère aussi tout le passif. Eneo laisse derrière elle un endettement massif, des factures impayées en volume considérable, un réseau de distribution dégradé et des tensions structurelles dans la chaîne électrique. Des experts estiment que c’est précisément ce tableau difficile qui a précipité la reprise en main par l’État — rachat de 51% des parts pour 78 milliards de francs CFA en 2025.

Un gouffre financier à combler

Les chiffres que découvre Hamandjoda sur sa table donnent le vertige. Avant la nationalisation, les revenus mensuels d’Eneo plafonnaient autour de 30 milliards de francs CFA, pour des engagements qui avoisinaient 50 milliards — soit un déficit mensuel de 20 milliards de francs CFA.

La cause principale est structurelle. Le système tarifaire reste gelé depuis 2012. Les ménages paient leur électricité entre 50 et 99 francs CFA le kilowattheure, un niveau inférieur aux coûts réels de production. L’État compense cet écart à travers une subvention tarifaire estimée entre 70 et 100 milliards de francs CFA en 2025.

L’endettement total de la structure dépasse 800 milliards de francs CFA, tous créanciers confondus — banques, fournisseurs et producteurs indépendants. Les impayés publics aggravent encore la situation. En 2024, environ 59 milliards de francs CFA de créances sur l’État et ses démembrements attendaient toujours d’être recouvrés. Début 2026, les factures impayées de l’État et d’Eneo envers Nachtigal Hydro Power Company approchaient 70 milliards de francs CFA. Pour contenir ces risques, l’État a mis en place un mécanisme de garantie financière revolving de 100 milliards de francs CFA auprès des banques locales.

La fraude électrique constitue un autre front. Les branchements illicites et la falsification des compteurs coûtent plus de 60 milliards de francs CFA par an au secteur. En mars 2026, l’État a lancé une opération nationale pour endiguer ces pratiques. En parallèle, le gouvernement engage un plan de restructuration de la dette à l’horizon 2026, avec pour objectifs l’amélioration du recouvrement des factures publiques et la réforme de la politique tarifaire.

Les chantiers qui attendent

Au-delà des urgences financières, Hamandjoda doit finaliser l’intégration des actifs hérités d’Eneo et accélérer les grands projets d’infrastructure. La SOCADEL assume désormais la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité — un périmètre élargi qui réclame simultanément l’assainissement des comptes et la réduction du déficit énergétique. L’extension du réseau vers les zones rurales, pilier du développement inclusif voulu par le Chef de l’État, figure aussi parmi les priorités immédiates. La qualité du service, régulièrement décriée par les populations, sera le premier juge de paix du nouveau directeur général.

Ingénieur de formation, enseignant de vocation, gestionnaire d’expérience — Oumarou Hamandjoda connaît le secteur de l’intérieur, ses promesses comme ses impasses. En 2026, le Cameroun ne veut plus seulement gérer l’électricité. Il veut la maîtriser. La lune de miel sera courte. L’urgence, elle, est permanente.

Flux migratoires : Le Canada ferme ses portes aux Camerounais non qualifiés

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Le Canada entend désormais privilégier des profils camerounais formés, identifiés et directement employables. Cette inflexion a été clairement exposée lors des audiences accordées fin avril 2026 à Yaoundé à la Haut-Commissaire Marie-Claude Harvey par plusieurs membres du gouvernement.

Au cœur des échanges : la volonté de passer d’une immigration diffuse à une mobilité professionnelle encadrée, structurée autour des besoins réels de l’économie canadienne. Le communiqué du ministère du Commerce souligne ainsi que « de nombreuses vagues de candidats à l’immigration arrivent au Canada sans offre d’emploi préalable, sans profil technique précis, en décalage manifeste avec les besoins réels du marché du travail canadien ». Une situation qui se traduit par des rejets de dossiers et fragilise les trajectoires migratoires. Dans ce contexte, la question de la fiabilité des candidatures s’impose également.

D’après les propos rapportés de Marie-Pierre Côté, ministre-conseillère en charge de la migration au Haut-Commissariat du Canada, « les taux de refus de visas pour le Canada sont beaucoup plus élevés parce que nous découvrons de plus en plus de fraudes dans les documents qui sont présentés ». Cette tendance pousse Ottawa à renforcer ses mécanismes de vérification, en lien avec plusieurs administrations camerounaises.

FORMER LOCALEMENT POUR MIGRER UTILEMENT

Face à ces dérives, les deux pays misent sur un changement de paradigme. La nouvelle approche repose sur une montée en compétences préalable sur le territoire camerounais avant toute mobilité internationale. Le ministère du Commerce indique ainsi que les deux parties ont opté pour une logique consistant à former d’abord, puis à envisager la migration, uniquement si nécessaire, sur la base de formations techniques alignées sur les métiers en tension au Canada.

 Ce dispositif s’inscrit dans un cadre institutionnel déjà amorcé. Le ministère rappelle la signature, en février dernier, d’un mémorandum d’entente avec le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Université de Yaoundé I, au bénéfice de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé. Le Haut-Commissariat du Canada prévoit de s’appuyer sur cet établissement pour déployer des programmes techniques ciblés, tout en contribuant au renforcement des compétences au niveau local. Dans le même temps, Ottawa rejette toute volonté de capter les ressources humaines qualifiées du Cameroun. Comme l’ont indiqué les responsables canadiens lors des échanges, le dispositif envisagé repose sur un principe de subsidiarité clairement affirmé : les besoins nationaux en compétences doivent être satisfaits en priorité.

 Ce n’est qu’une fois cette condition remplie que des perspectives de migration pourront être ouvertes, pour des profils spécifiques. L’objectif affiché est donc de rompre avec la logique de fuite des cerveaux, en valorisant d’abord le capital humain au service du développement national, avant toute mobilité internationale.

LA CONTRAINTE D’UN DÉFICIT DE RÉTENTION DES TALENTS

Cette nouvelle orientation intervient dans un contexte où le Cameroun peine à conserver ses ressources humaines qualifiées. Le rapport 2023 sur la compétitivité de l’économie camerounaise, publié par le Comité de compétitivité du ministère de l’Économie, classe le pays au 125e rang sur 134 en matière de rétention des talents. Il lui attribue un score de 24,5 sur 100 dans l’indice global de compétitivité des talents, avec un positionnement au 118e rang mondial.

Ces résultats traduisent un paradoxe persistant : le pays forme des compétences, mais ne parvient pas à les retenir. Le rapport met en cause les faiblesses en matière de gouvernance, d’environnement des affaires et d’infrastructures, qui limitent la capacité à fixer les talents. Parmi les recommandations figurent l’amélioration du cadre réglementaire, du système éducatif et des dispositifs de protection sociale.

Dans ce contexte, la nouvelle doctrine canadienne introduit une contrainte supplémentaire. Elle encadre davantage les départs en les conditionnant à une qualification préalable et à une utilité économique clairement identifiée. Le ministère du Commerce insiste d’ailleurs sur ce point, en précisant que le partenariat envisagé exclut toute logique de captation des compétences au détriment du Cameroun.

Au-delà de la régulation des flux migratoires, l’enjeu est également économique. Selon une étude du ministère des Relations extérieures, plus de 70 % des Camerounais de la diaspora envisageraient un retour si des opportunités adéquates existaient, tandis que 50 % se disent prêts à investir, sous réserve d’un meilleur accès aux infrastructures numériques. Dans le même temps, environ 30 % des diplômés quitteraient chaque année le pays.

Conseillers municipaux: Biya accorde une nouvelle pige jusqu’au 28 février 2027

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Par un décret signé ce 4 mai 2026, le président de la République, a prorogé le mandat des conseillers municipaux jusqu’au 28 février 2027. Avec prise d’effet le 1er juin 2026, date de fin du mandat en cours et qui courait jusqu’au 31 mai 2026. Ainsi, les conseillers municipaux bénéficient d’une seconde rallonge après celle survenue en 2025, à l’expiration de leur mandat initial. C’était une décision attendue. D’autant plus qu’en mars dernier, lors de la session parlementaire, le gouverneur manœuvrait pour une seconde prorogation du mandat des conseillers municipaux, après que le même stratagème en faveur des députés (jusqu’en décembre 2026). Mais l’examen du projet de loi y relatif avait été suspendu lorsque le régime s’est rendu compte sue l’initiative était illégale. Du coup, une session du congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis) a été convoquée pour préalablement modifier la constitution afin de permettre au président de la République d’aller au-delà de 18 mois de prorogation du mandat des conseillers municipaux.

A ce qu’il semble, Paul Biya veut convoquer le corps électoral pour un scrutin couplé comme il le fait depuis 2002. Entre janvier et février 2027. Même si comme dans le cas des députés en mars dernier, il est indiqué la mention «…sauf tenue, durant cette période, d’élections municipales dans les conditions prescrites par la loi ». Le maître de l’horloge politique nationale pouvant à tout moment interrompre cette pige supplémentaire qu’il accorde aux élus actuels.

Élus le 9 février 2020, le mandat des conseillers municipaux devrait être renouvelé en mars 2025. Le gouvernement avait évoqué des difficultés financières,au motif que quatre élections étaient prévues la même année : présidentielle, legislative, municipale, sénatoriale et régionale. Seule l’élection régionale a pu se tenir après la présidentielle du 12 octobre. En mars dernier, le gouvernement avait évoqué des difficultés et les difficultés logistiques d’Elections Cameroon (Elecam), l’organe chargé de l’organisation des élections, en raison des violences de la crise post-électorale de 2025.

Calendrier désormais imprécis

Aujourd’hui la Constitution modifiée en avril dernier a fait sauter le verrou de la limitation des prorogations du mandat des conseillers municipaux. Du coup, Paul Biya qui ne pouvait pas excéder 18 mois de prorogation, a les pleins pouvoirs pour étendre le mandat des conseillers municipaux autant qu’il voudra. Toujours est-il que rien n’empêche le président de la République de convoquer le corps électoral à tout moment dès l’expiration du mandat initial. Les partis politiques sont donc avertis. Tout peut arriver à tout moment.

Électricité : Eneo est mort, vive la Socadel

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Par un décret présidentiel signé ce 04 mai 2026, Energy of Cameroon (Eneo) devient la Société camerounaise d’électricité (Socadel). Mais le décret présidentiel ouvre le capital aux autres acteurs publics et au secteur privé. C’est le signe le plus marquant de la renationalisation de cette entreprise vendue d’abord à l’Américain AES, puis au Britannique Actis en 2014. Mais le quotidien des Camerounais ne s’est pas beaucoup amélioré avec cette privatisation. Face à cette situation, alors que Fonds d’investissement britannique se préparait à plier bagages, dans un environnement où le clair-obscur persistait et où des critiques à l’intérieur du pays se sont multipliées, poussant le gouvernement à envisager la renationalisation de ce qui était au départ la Société nationale d’électricité (Sonel).

On reprend ainsi un nouveau départ, avec une compagnie nationale d’électricité appartenant à l’Etat du Cameroun. Avec un nouveau conseil d’administration présidé par Antoine Tsimi, un ancien ministre de Paul Biya, que l’on croyait à la retraite depuis des années. Comme membres, on a Fidèle Makonda représentant la présidence de la République, Victor Mbemi Nyaknga le directeur général de la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) représentant sa structure, Célestin Chameni représentant les Services du Premier ministre, Théodore Nsangou le directeur général d’Electricity development corporation (EDC) représentant sa structure, Adolphe Tome pour le ministère de l’Eau et de l’Energie et Gilbert Didier Edoa représentant le ministère des Finances dont il est le secrétaire général.

Depuis 1948

L’histoire de cette société remonte sa naissance à 1948, sous l’appellation d’Enelcam (Entreprise électrique au Cameroun), devenue EDC en 1963, après les indépendances, avec pour mission la production, la distribution et la commercialisation de l’énergie électrique au Cameroun. Enéo Cameroon S.A. est née le 12 septembre 2014, sur les cendres d’AES Sonel en 2001, suite à la reprise de 51% des parts par Actis. En novembre 2025, l’État du Cameroun rachète les parts d’Actis, et détient désormais 95% du capital de l’entreprise.

Partenariat Cameroun-Cafi : Le gouvernement sécurise plus de 72 milliards de FCFA pour ses forêts

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C’est le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, qui a présidé le 29 avril 2026 à Yaoundé la première revue annuelle du partenariat entre le Cameroun et l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale, dite CAFI. L’exercice portait sur l’année 2025, première année opérationnelle depuis la signature de la lettre d’intention à Hambourg en octobre 2024 et le lancement de la phase pilote en 2025. Trois piliers ont été passés en revue.

La gestion durable des ressources naturelles, l’agriculture durable et la préservation du domaine forestier. Et sur le volet financier, le résultat a dépassé toutes les attentes. L’engagement initial du partenariat prévoyait de mobiliser conjointement 60 millions de dollars sur trois ans, soit environ 33,6 milliards de francs CFA. En une seule année, le Cameroun a sécurisé 130 millions de dollars, soit 72,7 milliards de FCFA, en combinant les apports de CAFI, du secteur privé local et d’autres institutions financières internationales.

Leslie Ouarzazi, cheffe adjointe du secrétariat technique de CAFI, n’a pas caché sa satisfaction. « Il y avait un engagement de mobilisation de 60 millions de dollars sur trois ans, et en fait, le pays a pu sécuriser environ 72,73 milliards de FCFA de CAFI et aussi mobiliser des cofinancements du secteur privé et d’autres organes internationaux. Vraiment, on peut se réjouir. On atteint largement les objectifs qui ont été énoncés. »

93 MILLIONS D’EUROS DÉJÀ APPROUVÉS POUR DES PROJETS EN ATTENTE DE DÉPLOIEMENT

 Au-delà de la mobilisation, le conseil d’administration de CAFI a déjà approuvé des projets dont l’enveloppe d’exécution s’élève à plus de 61 milliards de FCFA. Ces fonds sont désormais fléchés, mais leur mise en œuvre effective reste à venir. C’est précisément ce point qui constitue le vrai thermomètre du partenariat.

Mobiliser est une chose. Transformer ces financements en projets productifs, mesurables et ancrés dans les territoires en est une autre. Leslie Ouarzazi l’a reconnu avec prudence. « On s’attend à encore plus de progrès en matière des engagements qui ont été faits sur l’agriculture et l’aménagement du territoire l’année prochaine. »

La phase de démarrage concrète du partenariat a été officiellement lancée le 20 février 2026 à Yaoundé, par le ministre Alamine Ousmane Mey. Elle repose sur quatre projets pilotes complémentaires couvrant la période 2025-2028, dotés d’un financement global d’environ 33,2 milliards de francs CFA, soit près de 60 millions de dollars. Ces projets s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, dite SND30, et des Objectifs de développement durable.

 Le texte des sources disponibles ne détaille pas projet par projet les montants individuels ni les capacités installées. C’est une lacune que les prochains rapports d’exécution devront combler pour permettre une lecture précise de l’impact réel sur le terrain.

UN HORIZON À 2035 ET 2, 5 MILLIARDS DOLLARS À MOBILISER

Le partenariat signé à Hambourg s’inscrit dans un cadre de long terme. Le Cameroun et CAFI se sont engagés à mobiliser conjointement 2,5 milliards de dollars, soit plus de 1 500 milliards de francs CFA, d’ici à 2035, pour accompagner la transition du pays vers une croissance économique verte. Cet objectif s’aligne sur la SND30 et sur le Plan de convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale, la Comifac, pour la gestion durable des écosystèmes forestiers africains.

Sur le volet des engagements politiques pris par Yaoundé, Leslie Ouarzazi a relevé des avancées tangibles. « Le gouvernement a mené un certain nombre d’actions pour finaliser sa contribution déterminée au niveau national. C’est un engagement par rapport à la Convention Climat pour valider son plan climat national. Il y a beaucoup d’avancées qui ont eu lieu cette dernière année, malgré le fait que les projets d’appui au gouvernement viennent juste d’être opérationnels. » Le Cameroun sort de cette première revue avec une image flatteuse sur la capacité à attirer les financements climatiques.

Doubler son objectif de levée de fonds en un an, c’est un signal fort pour les bailleurs internationaux et pour le secteur privé local qui a participé à l’effort. Mais la surperformance en mobilisation pose désormais une question symétrique : celle de la capacité d’absorption.

Des projets viennent à peine d’être opérationnels, 93 millions d’euros approuvés attendent leur déploiement effectif, et l’horizon de 2,5 milliards dollars à horizon 2035 suppose une machine d’exécution qui n’a pas encore été testée à cette échelle. La prochaine revue annuelle dira si le Cameroun sait non seulement lever l’argent, mais aussi le faire travailler.

SND30 : Le PIISAH, fer de lance de la souveraineté agricole du Septentrion

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C’est dans son message à la nation du 31 décembre 2023 que le Président Paul Biya a prescrit la mise en place du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique — le PIISAH. Derrière cet acronyme, un pari économique structurant : substituer progressivement aux produits importés une offre locale compétitive dans les filières stratégiques que sont le riz, le maïs, le poisson, le lait, le palmier à huile, les farines et le mil-sorgho-soja.

Deux ans après son lancement, c’est dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord que ce pari se joue en priorité — et c’est précisément là que se rendra, du 3 au 9 mai 2026, la délégation interministérielle conduite par le MINEPAT Alamine Ousmane Mey.

DES VALLÉES TRANSFORMÉES EN GRENIERS

Pour opérationnaliser le PIISAH, le MINEPAT a accordé en 2025 une subvention d’investissement aux projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone, deux dispositifs cofinancés par la Banque Mondiale dont l’objectif est d’intensifier la production rizicole — riz irrigué dans la vallée de la Bénoué, riz pluvial et irrigué dans celle du Logone.

 Les résultats sont déjà tangibles : côté Bénoué, 15 kilomètres de digue construits, environ 1 300 hectares planés en rive gauche, 500 hectares réhabilités en rive droite, une usine de fabrication de conduites mise en service. Côté Logone, ce sont 2 200 hectares réhabilités à Yagoua et Maga. Des chiffres qui prennent tout leur sens rapportés à l’ambition initiale : faire de ces vallées de véritables greniers capables d’alimenter le marché national en riz produit localement.

 ZINA : 37,5 MILLIARDS INVESTIS POUR UN POTENTIEL DE 9 521 HECTARES

La mission permettra également d’évaluer les aménagements hydroagricoles de Zina, dans le Logone-et-Chari, réalisés dans le cadre du PLANUT — le Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération de la Croissance lancé en 2014 avec l’objectif d’aménager 120 000 hectares de périmètres irrigués dans les trois régions septentrionales. Sur ce seul site de Zina, l’État a injecté plus de 37,5 milliards de francs CFA pour aménager 2 585 hectares, sur un potentiel total envisagé de 9 521 hectares. Un investissement massif dont la délégation entend mesurer le rendement effectif et les perspectives d’extension.

UNE MÉCANIQUE AGRICOLE LIVRÉE AUX RIZICULTEURS

Concrètement, c’est par la remise d’équipements que la mission prendra tout son sens aux yeux des populations. Dans le seul périmètre du PIISAH, les projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone ont constitué un stock significatif de matériels de petite mécanisation : 10 tracteurs, 25 batteuses à riz, 8 mini-moissonneuses batteuses, 25 motoculteurs, 22 tricycles, 20 charrettes à roues, 80 portetout, auxquels s’ajoutent semences, engrais et produits phytosanitaires. Ces équipements seront officiellement remis aux coopératives et riziculteurs bénéficiaires sélectionnés dans les deux vallées — une étape décisive pour que les aménagements réalisés se traduisent effectivement en hausse de production.

KOUSSERI : POISSONNERIE, MÉTÉO ET RÉSILIENCE CLIMATIQUE

À l’extrémité nord du pays, à Kousseri, le Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) offrira un autre visage de cette politique. Outre la remise de tracteurs et d’équipements piscicoles aux bénéficiaires du PDRI-CL, la délégation inaugurera un Complexe de Poissonnerie moderne et rétrocédera à l’Université de Maroua un Laboratoire de Climatologie et de Météorologie.

Ce dernier équipement, discret mais stratégique, vise à doter les acteurs agricoles de la région d’outils de prévision climatique indispensables dans une zone sahélienne où les aléas météorologiques constituent l’une des principales menaces pour les récoltes et les moyens de subsistance des populations.

Mise en œuvre de la SND30 : Le MINEPAT évalue les projets VIVA-Bénoué, VIVA-Logone et le PIISAH

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C’est une tournée de terrain qui ne ressemblera pas aux habituelles visites protocolaires. Pendant sept jours, du dimanche 3 au samedi 9 mai 2026, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, accompagné de ses homologues de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) et de la Jeunesse et de l’Éducation Civique (MINJEC), ainsi que du Directeur de Division de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, prendra la direction des régions septentrionales du Cameroun. L’objectif affiché : mesurer sur le terrain l’état d’avancement des projets structurants engagés dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), et réaffirmer l’engagement de l’État en faveur du développement agropastoral dans ces zones stratégiques.

LA BÉNOUÉ ET LE LOGONE SOUS LES PROJECTEURS

Premier arrêt significatif : la région du Nord, autour de Garoua et de Lagdo, où sont déployés les projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone. Dès le lundi 4 mai, la délégation effectuera des visites de terrain sur les chantiers en cours : aménagement de près de 6 000 hectares de périmètres irrigués, construction de digues le long de la Bénoué — 18,1 km en rive gauche, 15,7 km en rive droite —, réhabilitation de surfaces agricoles existantes. Le Centre d’Innovation Technologique (CIT) de Lagdo figurera également au programme, témoignant d’une approche qui entend conjuguer infrastructure hydraulique et modernisation des pratiques agricoles.

 Le mercredi 6 mai, la délégation se rendra dans le département du Mayo-Danay, à Yagoua, pour inspecter les travaux de réhabilitation des périmètres relevant du projet VIVA-Logone, notamment le périmètre SP2 et le tracé de la conduite forcée. Le lendemain, cap sur Zina, dans le Logone-etChari, pour une visite des aménagements hydroagricoles réalisés dans le cadre du Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération de la Croissance (PLANUT) : station de pompage, canaux d’irrigation, parcelles aménagées — autant d’infrastructures destinées à transformer durablement le potentiel agricole du bassin du Lac Tchad.

DES ÉQUIPEMENTS REMIS AUX POPULATIONS

 Au-delà des visites de chantiers, cette mission comportera une dimension hautement opérationnelle : la rétrocession officielle d’équipements et de matériels acquis dans le cadre de plusieurs programmes publics. À Lagdo, puis à Yagoua, et enfin à Kousseri, des cérémonies solennelles ponctueront le déplacement. Associations d’usagers de l’eau, coopératives agricoles, groupes de jeunes et de femmes, promoteurs de plans d’affaires agropastoraux : les bénéficiaires du Plan Intégré d’Import-Substitution Agro-pastoral et Halieutique (PIISAH) et du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) recevront directement des mains du MINEPAT matériels et engins agricoles — tracteurs inclus.

 La journée du vendredi 8 mai à Kousseri constituera l’un des temps forts de la mission : outre la remise de tracteurs aux bénéficiaires du PROLAC et l’attribution d’équipements agricoles et piscicoles dans le cadre du PDRI-CL, la délégation procédera à l’inauguration d’un Complexe de Poissonnerie et à la rétrocession du Laboratoire de Climatologie et de Météorologie de l’Université de Maroua — un équipement scientifique dont la vocation est de renforcer la résilience des populations face aux effets croissants du changement climatique dans cette zone sahélienne.

ACCÉLÉRER LA TRANSFORMATION STRUCTURELLE

Au fond, cette mission de terrain illustre une ambition gouvernementale plus large : celle de faire des régions septentrionales un levier de la transformation structurelle de l’économie nationale. Le développement du secteur agropastoral, la promotion de l’import-substitution et la sécurité alimentaire figurent au cœur des priorités de la SND30. Dans des régions longtemps perçues comme fragiles sur le plan sécuritaire et économique, ces projets visent à démontrer que l’investissement public, lorsqu’il est bien ciblé et accompagné, peut générer des effets durables sur les conditions de vie des populations — et contribuer, à terme, à réduire le déficit de la balance commerciale du pays.

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