jeudi, juin 4, 2026
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Zleca: quel bilan 5 ans après

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deposito aduanero

 Par Henri KOUAM, Directeur CEPI

Introduction

Le libre-échange est-il bénéfique pour les pays en développement ? Après tout, l’accord commercial du Cameroun avec l’Union européenne a entraîné des pertes importantes pour l’autorité portuaire et le gouvernement. Au cours des six premiers mois de 2023, le Cameroun a perdu un total de 8,6 milliards de francs CFA en recettes douanières en raison de la mise en œuvre de son accord de partenariat économique (APE). Cela représente une augmentation de 61 % par rapport à la même période en 2022, selon les données fournies par la Direction générale des douanes.

Malgré cela, il est clair que le libre-échange améliorera le niveau de vie des Camerounais et réduira les prix des denrées alimentaires. Avant de plaider en faveur du libre-échange, nous devons tout d’abord comprendre les progrès réalisés dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Dans cet article, nous examinons les progrès réalisés jusqu’à présent dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine et nous illustrons les principaux protocoles conclus. Le raisonnement est simple : pour défendre le libre-échange, il faut d’abord le comprendre.

“Nous ne pouvons pas plaider en faveur du libre-échange si nous ne le comprenons pas. Même si les ports et la législation nationale sont en train d’être modifiés pour s’adapter à l’ALEAC, il est important de faire le point sur la situation après cinq ans”

Le 19 février 2023, l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) a adopté trois nouveaux protocoles à l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine, portant sur l’investissement, les droits de propriété intellectuelle et la politique de concurrence, ce qui place cette zone bien au-dessus des autres accords de libre-échange.

Phase I : Commerce des marchandises, des services et règlement des différends

Bien que le commerce dans le cadre de l’accord soit autorisé, les négociations se poursuivent sur divers points tels que les listes tarifaires, les règles d’origine, les lignes directrices sur les recours commerciaux et les engagements en matière de services pour les cinq secteurs prioritaires de la libéralisation (transports, communications, services financiers, tourisme et services aux entreprises). La première phase a été achevée, mais des pays comme le Cameroun doivent supprimer les politiques qui empêchent unilatéralement les réseaux étrangers d’entrer sur le marché camerounais. Les Nations unies estiment que l’internet est cher au Cameroun et la concurrence pourrait changer la donne.

« Promouvoir le commerce intra-africain sans libéraliser des secteurs clés comme la communication ralentira le rythme de l’intégration, augmentant les prix de l’internet pour les consommateurs et leurs espoirs d’un développement plus rapide seront anéantis par le protectionnisme et le manque de volonté de s’adapter à la concurrence”.

Phase II : droits de propriété intellectuelle, investissements et politique de concurrence

Les négociations pour la phase II ont commencé et ont été perturbées par la pandémie de COVID-19, ce qui a entraîné des retards. Toutefois, les négociations visant à conclure les protocoles en suspens de la phase II sont bien avancées et devraient être achevées prochainement. La phase II a été achevée et approuvée par l’Assemblée générale de l’UA.

Phase III : Commerce numérique et participation des femmes et des jeunes au commerce

Les négociations pour la phase III commenceront dès l’achèvement de la phase II, qui est toujours en cours de négociation et devrait être prête d’ici la fin de l’année 2024. Les femmes et les jeunes ont tendance à être marginalisés dans l’espace politique, mais la ZLECA cherche à changer cela. Nous ne pouvons pas oublier que l’Afrique est le continent dont la population est la plus jeune au monde. En 2023, environ 40 % de la population était âgée de 15 ans ou moins, contre une moyenne mondiale de 25 %.Il est essentiel de veiller à ce que les jeunes à court d’argent puissent commercer efficacement dans le cadre de la ZLECA, mais au- delà des protocoles, cela implique de les sensibiliser aux procédures d’exportation, de vulgariser le financement du commerce et de permettre activement la communication entre les jeunes exportateurs et les agents commerciaux. Cependant, ce protocole est la première étape pour s’assurer que les jeunes ont une chance d’exporter.

Il faudra féliciter les gouvernements africains et l’AU pour les progrès réalisés jusqu’à présent. Les bases du libre-échange sont désormais posées et les pays pourront bientôt commencer à commercer pleinement dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Maintenant que les bases du commerce ont été jetées et que l' »Initiative pour le commerce guidé » est opérationnelle, l’Afrique est prête à commencer à commercer avec des droits de douane nuls.

« Les pays doivent veiller à ce que les entreprises et le secteur privé soient bien informés des procédures commerciales prévues par la zone de libre-échange continentale africaine. Après tout, c’est le secteur privé, et non le gouvernement, qui accélèrera la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) ».

Conclusion

Tout en restant heureux et enthousiastes face à cette perspective, nous devrions savoir où nous en sommes. Après tout, nous ne pouvons pas promouvoir quelque chose que nous ne comprenons pas. Quoi qu’il en soit, une chose mérite d’être rappelée. Le libre-échange stimulera le développement économique de l’Afrique, soutiendra la croissance des revenus réels et favorise le développement inclusif. Cependant, cela ne sera pas possible sans des politiques quantifiables qui cherchent à améliorer les compétences des individus, des entreprises et des groupes pour assurer une compétitivité plus rapide et plus grande à moyen terme. L’absence de mesures quantifiables pourrait compromettre l’accélération du commerce sans droits de douane et l’intégration des chaînes de valeur.

Les bases ont été posées avec la finalisation des protocoles commerciaux ; nous devons maintenant comprendre ce qu’ils signifient pour nous au niveau local, adapter les règlementations et la législation le cas échéant, et créer un cadre permettant aux entreprises et aux particuliers de commercer efficacement. La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) ne sera pas mise en œuvre si nous ne comprenons pas comment nos barèmes tarifaires sont appliqués. Le libre-échange concerne les personnes, mais pour que les gains en termes de développement deviennent une réalité, les Africains doivent le comprendre et s’impliquer dans sa mise en œuvre.

Marché monétaire de la Cemac: Le Cameroun lève une enveloppe record de 135 milliards de FCFA

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vue partielle du siège de la Beac à Yaoundé

Les investisseurs de la sous-région maintiennent leur confiance envers le Cameroun. Malgré un contexte difficile marqué par le durcissement de la politique monétaire que mène la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) qui espère ainsi restreindre l’accès aux financements pour les États et les agents économiques, dans le cadre de la lutte contre l’inflation. Cette confiance se traduit par la sursouscription enregistrée lundi 24 juin 2024 par le trésor public camerounais sur une émission par adjudication des Bons du Trésor Assimilables (BTA) et d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA) à travers laquelle le pays espérait capter 125 milliards de FCFA. En effet, malgré la courte maturité de cette opération (26 semaines), elle a été sursouscrite à hauteur de 3 milliards de FCFA, soit une enveloppe globale de 128 milliards de FCFA proposée par les investisseurs.

Toutefois, le Cameroun a préféré rejeter ces propositions de financements supplémentaires, ne retenant que les 125 milliards de FCFA qu’il recherchait au départ. Au ministère des Finances, la mode est aux superlatifs. On qualifie même «d’historique !», ces résultats enregistrés par le Cameroun sur le marché monétaire. «Dans un contexte économique marqué par la rareté de la liquidité et le relèvement des taux d’intérêt, c’est une opération historique, une grande première», se satisfait une source au ministère des Finances, contactée par nos confrères d’Investir au Cameroun. Une satisfaction d’autant plus légitime que «les pays de la Cemac ont du mal à lever pareil montant, même à travers des émissions de titres de long terme (1 à 10 ans de maturité) appelés obligations du Trésor assimilables (OTA)», soulignent nos confrères.

Cependant, d’après des informations obtenues auprès de sources proches du dossier, Yaoundé a réussi à capter une enveloppe supplémentaire de 10 milliards de FCFA en se référant à la «technique des offres non concurrentielles». Selon notre source, «il s’agit pour un spécialiste en valeur du trésor, d’attendre la fin des adjudications et la publications résultats pour solliciter une souscription, tout en s’assurant qu’il ne souscrit pas à un prix taux moins élevé que la moyenne». Cette sorte de levée de fonds parallèle associée à celle sus-évoquée, porte à 135 milliards de FCFA l’ensemble des financements mobilisés par le Cameroun sur le marché monétaire de la Cemac. Au ministère des Finances, on annonce que cet argent va servir prioritairement à apurer «les arriérés de paiement de l’Etat durant les exercices budgétaires, principalement les prestataires internes de l’exercice 2023». Le succès que vient de remporter le Cameroun sur le marché monétaire est loin d’être surprenant. Tout investisseur sait que sur ce marché, le Cameroun affiche un taux de remboursement de ses emprunts de 100% depuis 13 ans. Puisque officiellement, depuis le lancement du marché sous régional des titres publics, le pays n’a jamais enregistré de moindre défaut de paiement. Ce qui en fait un pays solvable et très peu risqué pour les détenteurs des capitaux.

Drame : Landry Nguémo est mort

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Les Lions indomptables sont en deuil. Landry Nguémo n’est plus. L’ancien Lion indomptable s’est éteint cette mi-journée des suites d’un accident. La nouvelle est annoncée via les réseaux sociaux, et confirmée par la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) sur son site internet. On apprend de la brigade de gendarmerie d’Obala que « un camion de marque Mercedez Benz immatriculé CE555 NI roulant dans le sens Yaoundé-Ebebda, conduit par un chauffeur nin encore identifié, et appartenant à Jodelle Falonne Menne Djikou, au niveau du village Ngomo, voulant effectuer un mauvais dépassement, a heurté violemment un véhicule de marque Suzuki, Vitara immatriculé LT 029 LZ conduit par Francis Alain Désiré Thudjo ». Indiquant qu’à bord du véhicule percuté et qui « roulait dans le sens Ebebda-Yaoundé», se trouvait également l’ancien Lion indomptable Landry Nguémo.

Les deux occupants du petit véhicule sont morts sur place. Les images qui circulent sur la toile laissent voir un tas de ferraille qu’il reste du véhicule qui conduisait l’ancien milieu de terrain des Lions indomptables à Yaoundé. Les deux occupants coincés dans cet amas de fer déchiquetés, et couverts de sang.

Les dernières images de l’homme sur l’espace public remontent aux deux derniers matchs des Lions indomptables début juin courant. Landry Nguémo était analyste sur le plateau de Crtv sport, en compagnie d’Alexandre Song, son ancien coéquipier en sélection.

Journées culturelles Cheick Ibrahim Niass : L’Islam au service de la paix au Cameroun

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Cet événement, organisé par l’association Daïratou Ansaroudine Cameroun, verra la participation du Khalife mondial de la Tidjaniya, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahim Niass. En tant que président de la Jamiyatou Ansaroudine International, président de l’Union Islamique Africaine et membre fondateur de la Ligue Islamique Mondiale, sa présence revêt une importance particulière.

Les temps forts de cette édition incluent une grande prière du vendredi à la Grande Mosquée de Yaoundé, suivie d’une prière nationale pour la paix et la prospérité du Cameroun le 26 juillet. Un grand mawloud national aura lieu le 20 juillet à Tibati, et la pose de la première pierre d’un complexe éducatif islamique à Mogom est prévue le 24 juillet. Enfin, une conférence internationale se tiendra le 3 août à Douala sur le thème « Rôle de Cheikh Ibrahim Niass dans l’unité de la Umma et le vivre ensemble »

Législation : Le gouvernement veut accroître le PIB forestier

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Composé de 191 articles répartis en neuf chapitres, ce nouveau projet de loi introduit plusieurs innovations majeures. L’accent est mis sur l’industrialisation du bois en grumes. Le texte prévoit notamment l’accroissement de la contribution des ressources forestières et fauniques au PIB. Il s’agira pour le gouvernement d’augmenter la valeur ajoutée générée par le secteur forestier et faunique, notamment en interdisant l’exportation du bois en grumes et en encourageant la transformation locale du bois. Le projet de loi vise également à vulgariser une meilleure organisation de la gestion participative des forêts et de la faune. Il encourage la participation active des communautés locales à la gestion des ressources forestières et fauniques, en reconnaissant leurs droits et en leur accordant un rôle plus important dans la prise de décision.

Le nouveau texte de loi revoit la répartition des ressources financières générées par les activités forestières et fauniques. Le projet de loi établit un cadre clair pour la répartition des recettes issues de l’exploitation des forêts et de la faune, en veillant à ce que les différentes parties prenantes, y compris l’État, les collectivités locales et les communautés riveraines, en bénéficient équitablement. Pourtant, la loi de 1994 stipule que « les sommes résultantes du recouvrement des droits de permis et licences de chasse ainsi que les produits des taxes d’abattage, de capture et de collecte sont reversées pour 70 % au Trésor public et 30 % au Fonds spécial d’aménagement et d’équipement des aires de conservation et de protection de la faune ».

Mesures protectionnistes et objectifs

Avec un élan protectionniste, le gouvernement a entrepris, depuis quelques années, des mesures pour décourager l’exportation. C’est le cas du droit de sortie qui est passé de 17,5 % en 2017 à 75 % dans la loi de finances de 2024. Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune, a signé en avril 2024 un arrêté interdisant l’exportation de 77 essences de bois sous forme de grumes. « Conformément aux décisions issues des récents travaux du conseil des ministres de l’union économique de l’Afrique centrale tenus à Bangui le 23 février 2024, l’entrée en vigueur de la décision sous régionale est fixée au 1er janvier 2028. Dans l’intervalle, le ministre poursuivra la réduction du nombre des essences de promotion et l’élargissement concomitant de la liste des essences interdites de sortie. L’objectif étant de minimiser les impacts négatifs de la baisse ponctuelle des recettes consécutive à l’implémentation de ladite décision et de tabler résolument sur les avantages économiques et financiers qu’induit la transformation », écrit Jules Doret Ndongo.

 Selon les données officielles, le domaine forestier permanent couvre une superficie de 12,78 millions d’hectares et est constitué des forêts domaniales (aires protégées, réserves forestières). Le domaine forestier non permanent, quant à lui, couvre une superficie de 6,85 millions d’hectares.

Import-substitution: un plan de 305 milliards de fcfa pour booster la filière laitière

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Le ministère des Peches, de l'Elevage et des Industries animales, en compagnie d'un responsable de la GIZ, tenant dans leurs mains, le Plan national de développement de la filière laitière

Après deux ans de réflexions, de consultations et de concertations, le gouvernement a finalement son cadre de référence sur lequel il compte s’appuyer pour booster la filière laitière. Élaborée avec le concours de la GIZ, l’agence de coopération allemande, et le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia), cette stratégie a été présentée au public mardi 18 juin 2024. Selon le Dr Albert Doufissa l’un des principaux architectes de ce plan, ce dernier «vise à augmenter la production du lait de façon significative non seulement pour pouvoir fournir du lait aux populations mais également pour nous éviter de sortir des devises importantes pour les importations». Pour ce faire, 6 axes stratégiques ont été retenus par les éminences grises qui ont planché sur la conception de ce document pour un coût de mise en œuvre de 305,7 milliards de FCFA. Il s’agit notamment du renforcement du programme génétique (111,5 milliards de FCFA) ; l’amélioration de l’alimentation (72,7 milliards de FCFA), la mise en place de meilleures infrastructures de logement et de santé pour les animaux (92,3 milliards de FCFA) ; programme de valorisation du lait (14,6 milliards de FCFA) ; le renforcement de la recherche et développement (5 milliards de FCFA) et enfin l’amélioration du programme de gouvernance (9,6 milliards de FCFA)

A en croire le Dr Albert Doufissa, si les différents projets et sous-projets proposés dans le cadre de cette stratégie sont implémentés de manière efficiente, cela va permettre de réduire considérablement les importations des produits laitiers dans le pays, favoriser l’atteinte de la souveraineté alimentaire ; booster l’économie des devises ; doper la consommation du lait ; faciliter la conquête des marchés sous régionaux, améliorer la santé des populations et des revenus des acteurs de la filière. concrètement, pour la période 2024-2025, les recettes issues de la commercialisation du lait issu des élevages traditionnels sont projetées à 111,6 milliards de FCFA, celles issues du lait produit par les vaches métisses et importées vont s’établir à 540,9 milliards de FCFA. Le Plan de développent de la filière laitière, prévoit également un bouleversement dans la plue-value de la transformation du lait qui devrait s’établir à 11 milliards de FCFA entre 2024 et 2025. Ces chamboulement positifs concernent également la rubrique dédiée à la capitalisation du cheptel des animaux laitiers fixée à 498,4 milliards de FCFA au cours de la période sous-revue, soit un total de 1 161 milliards de FCFA. A l’aune de ses données, la simulation effectuée par la Giz et le Minepia indique que les recettes issues du lait et des produits laitiers dans le cadre de la mise en oeuvre sont 2,5 fois plus élevées qe les financements nécessaires à son implémentation. Quant aux recettes globales, elles sont 3,7 fois plus élevées que les investissements.

La production nationale de lait qui a certes connu une évolution croissante au cours de la dernière décennie passant de moins 100 000 tonnes aux débuts des années 2010 à 313,688 tonnes en 2020, n’arrive toujours pas à satisfaire la demande nationale, selon les conclusions de la note annuelle de production de l’Elevage, de la pêche et de l’industrie animale, publiée par le ministère, de l’Elevage, des Pêches et de l’Industrie Animale (Minepia). Pour combler le gap entre la production et la demande (120 000 tonnes par an), le Cameroun est obligé de recourir à des importations qui coûtent au moins 20 milliards de FCFA chaque année.

Politique monétaire : La Beac annonce de nouvelles pièces de monnaie d’ici décembre 2024

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«J’aurai pu attendre le moment venu pour l’annoncer, puisque nous avons prévu dans le cadre d’un projet de mise en circulation des nouvelles gammes de pièces de monnaie. Nous allons d’ici la fin de l’année officialiser ce projet », a déclaré le gouverneur de la Beac. C’était lors de la conférence de presse tenue à la suite de la 2ème session du Comité de politique monétaire (CPM) de l’institution bancaire sous-régionale tenue le 24 juin 2024.

 La mise en circulation de nouvelles pièces de monnaie devrait permettre de pallier la pénurie actuelle et de répondre aux besoins de l’économie de la zone CEMAC. Le projet s’étalera sur une période minimum de 5 ans et nécessitera un investissement important parce que « les matières premières coûtent extrêmement chères aujourd’hui », a souligné Yvon Sana Bangui, justifiant ainsi le délai de mise en œuvre du projet.

Pour l’heure, la BEAC n’a pas encore communiqué de détails sur les nouvelles gammes de pièces de monnaie. La rareté des pièces de monnaie dans certains pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) est un problème persistant depuis une dizaine d’années. Dans ces économies, les petits commerces sont confrontés à des difficultés lors des transactions, faute de petite monnaie. Au Cameroun, par exemple, les pièces de 25, 50 et 100 francs CFA sont essentielles pour les échanges quotidiens. La pénurie de ces pièces a un impact direct sur l’économie de base. Ce sont surtout les consommateurs qui en souffrent. En raison de la rareté, les commerçants arrondissent souvent les prix à la hausse, ce qui contribue à l’inflation.

En 2022, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), avait mis en circulation des billets et pièces d’une valeur globale de plus de 4 milliards de FCFA soit une augmentation de 12% par rapport à 2020. Le Cameroun, première économie de la CEMAC avait capté 42% de ces signes monétaires soit plus de 1,728 milliard de FCFA, selon les données de la banque. Et pourtant, ces injections n’ont pas résorbé la pénurie de la petite monnaie dans le pays.

CEMAC: La Beac prévoit une inflation de 3,9% en 2024 et maintient ses taux directeurs

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Prudence ! C’est ce qu’affiche la Beac en maintenant inchangés ses taux directeurs pour la cinquième fois consécutive, à l’issue de la 2ème session du CPM tenue le 24 juin dernier à Yaoundé. Concrètement, la réunion présidée par Yvon Sana Bangui, gouverneur de l’institution bancaire lundi dernier, maintient le taux d’intérêt des appels d’offres à 5,00 % en raison d’un contexte économique international incertain, marqué notamment par l’accélération des tensions géopolitiques et de la fragmentation géoéconomique, en lien avec la poursuite de la guerre en Ukraine et le conflit à Gaza.

Le statu quo est observé sur le taux de facilité de prêt marginal fixé à 6,75 % afin de permettre aux banques commerciales de la zone d’emprunter des fonds auprès de la Banque centrale en cas de besoin urgent de liquidités. La Beac préserve le taux de facilité de dépôt à 0 %. En ce qui concerne le coefficient de réserve obligatoire (le pourcentage de réserves financières que les banques et autres établissements financiers doivent obligatoirement déposer auprès de la banque centrale), il s’établit à 7 % sur les exigibilités à vue (Des dettes ou des obligations financières qui doivent être payées immédiatement ou à la demande du créancier.) et à 4,5 % sur les exigibilités à terme (représentent les dettes d’une entreprise ou d’une institution financière qui doivent être remboursées à une date future définie).

Dans l’ensemble, les projections macroéconomiques et financières de l’institution bancaire de la sous-région font état d’une croissance qui se situerait à 3,3 % en 2024, contre 2,3 % en 2023. Cette perspective est basée, indique le président du CPM, Yvon Sana Bangui, sur la bonne tenue des activités non pétrolières qui vont connaître une croissance de 3,8 % en 2024, contre 3 % sur la même période en 2023, tandis que les activités pétrolières devraient augmenter de 1 %, après une baisse de 1,1 % en 2023. En 2023, les finances publiques de la zone CEMAC présentaient un déficit de 0,2 % du PIB. Toutefois, cette année, selon la BEAC, la situation s’est améliorée, et un excédent de 0,5 % est désormais enregistré. Avec également une diminution de l’excédent du compte courant, une augmentation de la masse monétaire de 13,5 % en 2024, et surtout une stabilisation des réserves de change à 7285 milliards de FCFA à fin 2024, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie autour de 78,4 %. Selon le communiqué du CPM, l’inflation devrait rester persistante. Un niveau certes sensiblement au-dessus de la norme communautaire, fixée à 3 %, mais qui est désormais en repli, pour se situer à un taux moyen annuel de 3,9 % à fin 2024, contre 5,6 % en 2023.

La Beac a décidé, depuis le 11 juin 2024, d’assouplir un peu sa politique monétaire d’austérité, en relançant ses opérations d’injection de capitaux dans les banques commerciales, suspendues depuis plus d’un an. Mais, elle continue de prélever des fonds dans les coffres des banques, dans le but de ramener l’inflation à la norme communautaire. Ainsi, l’institut d’émission monétaire de la sous-région a injecté 120 milliards de FCFA dans les caisses des banques des six pays : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad. Cependant, les banques n’ont capté que 45 % de cette somme, soit 55 milliards de FCFA. Lors de la deuxième opération, sept jours plus tard, la BEAC a eu plus de succès en injectant 65 milliards de FCFA dans le système bancaire. Les résultats ont montré que la demande des banques atteignait 292 milliards de FCFA, soit plus de 449 % de l’enveloppe proposée par la Banque des Etats de l’Afrique centrale.

TIC: Le déficit énergétique, un frein à l’essor de l’IA au Cameroun

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des membres du gouvernement rassemblés lors de la cérémonie de cloture des Concertations nationales sur l'Intelligence artificielle

«Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle?». Cette interrogation était au cœur des débats organisés lors d’un sommet sur l’intelligence artificielle (IA) et les médias, qui s’est déroulé à Yaoundé du 4 au 6 mars 2024. Membre du tout premier panel constitué lors de cette importante réflexion, en sa qualité de ministre chargé des Postes et Télécommunications (Minpostel), Minette Libom Li Likeng a dit un «grand Oui», à la vulgarisation de l’IA au Cameroun. «Le Cameroun est engagé à tirer parti de l’opportunité offerte par l’intelligence artificielle», a-t-elle affirmé. 3 mois après cette rencontre, l’utilité de l’intelligence artificielle n’est plus sujette à caution. Le gouvernement camerounais pense même à en faire un atout majeur dans le cadre du développement de son système financier. «L’intelligence artificielle est souvent utilisée pour la gestion des risques, la détection de fraudes, l’automatisation des processus, et l’analyse de données volumineuses pour une prise de décision éclairée, des prédictions précises et la personnalisation des services aux clients», a déclaré le Minpostel lors des Journées scientifiques sur l’économie numérique, organisées du 6 au 7 juin 2024 par le Comité national économique et financier (Cnef).

Défi energétique

Toutefois, si la volonté politique est au beau fixe, le Cameroun est encore loin d’avoir les moyens techniques, financiers et infrastructurels pour profiter pleinement des avantages qu’offre l’IA. Le 25 juin 2024, lors de la cérémonie d’ouverture des Concertations nationales sur l’Intelligence artificielle, qui se sont refermées mercredi 26 juin 2024,  Pierre Nkoa Ayissi, le directeur national de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) a rappelé les défis que le pays doit relever pour pouvoir rattraper son retard. L’un de ces challenges est l’accroissement de la production nationale d’énergie électrique. Reprenant les résultats d’une étude menée par le néerlandais Alex De Vries, spécialiste mondial des questions liées aux monnaies numériques et à l’intelligence artificielle, il a indiqué que l’utilisation constante d’une intelligence artificielle générative comme ChatGPT dans les pays développés nécessite le déploiement d’un nombre considérable d’outils informatiques qui consomment d’importantes quantités d’énergie électrique. «Pour faire fonctionner ChatGPT il faut quelque 3 617 serveurs, avec un total 28 936 processeurs graphiques, soit une consommation moyenne de 564 Mégawattheure d’électricité par jour. Si on intégrait ChatGPT dans chaque moteur de recherche Google pour répondre à chaque demande des internautes, cela nécessiterait 512 800 serveurs de type  A100, pour une consommation estimée à 29,2 térawattheure par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité de l’Irlande», a-t-il révélé.

Membre du Cnef, qui a récemment élaboré une stratégie de développement du secteur financier local qui préconise l’utilisation de l’IA et de l’Open Banking pour améliorer l’efficacité des opérations bancaires et financières, Pierre Nkoa Ayissi, conditionne son succès à l’accroissement du potentiel énergétique local. «Pour que le système financier camerounais tire également profit de l’intelligence artificielle, il est indispensable de se doter d’une infrastructure énergétique à niveau. C’est un facteur clé du succès de la transition numérique à laquelle nous sommes tous invités par le gouvernement. Le parachèvement des projets hydro-électriques en cours au Cameroun  nous semble à ce titre indispensable», a-t-il ajouté. Avec une puissance installée qui oscille entre 1500 et 1600 MW (chiffres dévoilés en avril 2024 par Eneo), alors que le pays dispose d’un potentiel hydroélectrique estimé à 20 000 MW, le gap à combler est énorme.

Concertations nationales sur l’intelligence artificielle

Minette Libom Li Likeng n’en dit pas moins. Le membre du gouvernement pense d’ailleurs que la qualité de l’internet doit également être améliorée pour profiter pleinement de l’intelligence artificielle. «Nous travaillons pour mettre en place l’environnement et l’infrastructure qu’il faut. Il n’y a pas d’intelligence artificielle sans production de données, il n’y a pas production de données sans plateforme technologique, il n’y a pas de plateforme technologique sans l’infrastructure, la connexion internet nécessaire, à haut débit. Au niveau du ministère des Postes et télécommunications, nous essayons donc d’améliorer cette infrastructure pour que nous ayons un terrain favorable à l’intelligence artificielle. Nous essayons également d’identifier nos priorités, de mettre en place la réglementation qu’il faut», a-t-elle déclaré lors des concertations nationales sur l’intelligence artificielle qui se sont achevées hier. Ces dernières avait pour objectifs de: Comprendre le concept de l’intelligence artificielle ; identifier les domaines d’activités impactés ou susceptibles d’être impactés par l’IA ; Examiner les enjeux éthiques et sociaux de l’IA et proposer des solutions pour atténuer les impacts négatifs, mettre en lumière le rôle de l’IA dans la réalisation des objectifs de développement durable ; explorer des pistes de solution pour adapter le cadre réglementaire à cette nouvelle technologie, formuler des recommandations et directives pour une régulation efficace de l’IA au Cameroun, proposer une feuille de route pour l’élaboration d’une stratégie nationale sur l’IA prenant en compte les dimensions éthiques, juridiques et sociales.

Pêche et aquaculture : le gouvernement encourage les locaux à investir

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 Avec plus de 100.000 tonnes  de produits halieutiques  capturés de manière illégale par an, les autorités militent pour que les nationaux  investissent dans ce secteur d’activités encore contrôlé par les étrangers.

 Les produits de la pêche au Cameroun contribuent fortement à la consommation locale. Le poisson par exemple tiré des eaux camerounaises fournit chaque année 300 000 tonnes  sur le marché local. Mais cette contribution à la demande nationale est menacée par  la pêche illicite. Ce sont plus de 100.000 tonnes  de produits halieutiques  qui sont capturés par an  de manière illégale, dans les eaux camerounaises selon les estimations officielles.

Selon les autorités, la pêche  INN (illicite non-déclarée et non réglementée)  est surtout pratiquée par les bateaux appartenant aux étrangers.   La grande majorité des navires de pêche  présents dans les eaux camerounaises ces 5 dernières années proviennent de  la Chine en l’occurrence. Selon l’ONG Environnemental Justice Foundation,  63% des navires de pêche présents au Cameroun en 2022 appartenaient à des étrangers contre seulement  moins de 40% pour les nationaux. Aujourd’hui, les autorités  encouragent les entrepreneurs locaux à s’investir autant dans l’aquaculture que dans la pêche industrielle. Car, les richesses tirées de ces  activités  sont jusqu’ici plutôt bénéfiques à d’autres pays. Or, le marché  existe et a un fort potentiel. La demande locale du poisson par exemple peine à être comblée. On observe encore un déficit d’au moins 200 000 tonnes de poissons par an. Ce, sans compter le marché extérieur où la qualité des produits halieutiques en provenance du Cameroun est appréciée.  Bien plus, les autorités affirment, qu’il y a de nombreux avantages pour les locaux comparés aux conditions appliquées aux étrangers. 

 «  Nous avons le projet d’appui  au développement de  l’entrepreneuriat aquacole qui a démarré.  L’Etat a également lancé un appel à manifestations  pour encourager les privés à s’investir  et nous avons de très bons résultats là-dessus. Il y a de grands industriels  qui s’investissent actuellement », souligne Guy Iréné Mimbang, directeur des pêches de l’aquaculture et des industries halieutiques au ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales (Minepia).

Les pratiques hors normes reprochées à ces étrangers sont diverses. Il y a entre autres, la pêche sans licence de pêche ; la pêche dans les zones de reproduction,  l’utilisation de produits  et  engins proscrits, la non-déclaration des données de capture ou encore la mauvaise déclaration.   Dans la plupart des cas, la quantité de produits prélevés n’est pas celle déclarée.  Des mauvaises pratiques  qui font en sorte que des quantités importantes de ressources halieutiques échappent au contrôle des pouvoirs publics. Les pertes fiscales  sont estimées à environ 20 milliards de FCFA par an.  Et l’impact va au-delà. « La pêche INN fait en sorte que les Etats ne rentrent pas dans les différents stocks qui sont exploités par d’autres flottes, et qu’ils ne recouvrent pas les revenus économiques  qui peuvent en provenir », précise Guy Iréné Mimbang.

Malgré tout, le gouvernement poursuit la lutte contre la pêche illicite. En 2023, 15 navires ont été sanctionnés  et 7 radiés pour des actes de pêche INN.

Aristide Takoukam, président Ammco

 « Il n’est pas question de chasser les investisseurs  étrangers »

« Aujourd’hui, c’est une formation implémentée avec notre partenaire au Ghana Cemlaws et le ministère de la pêche et des industries animales au Cameroun. Cette formation vise en effet la pêche hauturière car c’est par  ce qu’elle n’est pas bien gérée que le Cameroun a récemment eu le carton rouge de l’union européenne. Et  bien avant, le Cameroun avait reçu un carton jaune. Et cela avait été causé par  le pavillon de complaisance. C’est-à-dire, le fait qu’un pays enregistre les bateaux étrangers sans prendre la peine de vérifier leurs antécédents de pêche et permet ainsi aux navires qui ont été chassés dans d’autres pavillons d’autres Etats de se réfugier dans le pavillon camerounais. Donc le Cameroun devenait ainsi un refuge pour les navires qui ne veulent pas se conformer à la pêche durable. Pour toute économie il est toujours intéressant  d’encourager l’investissement local par ce que déjà cela permet de garder les devises et permet aussi  d’avoir un contrôle de l’activité. Il n’est pas question de chasser les investisseurs  étrangers mais  d’encourager les nationaux à s’engager dans la pêche industrielle par ce qu’il y a du potentiel. »

 

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