Mise en place d’un marché africain des capitaux : Ces freins au financement des projets de développement dans la sous-région

Entre autres difficultés, le directeur général de la BVMAC évoque l’harmonisation des cadres réglementaires et fiscaux qui serait un prérequis de même que l’assouplissement des règles de circulation des capitaux et des valeurs mobilières qui est indispensable.

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Le continent africain reste encore trop dépendant de l’aide publique au développement qui selon le président de la République Paul Biya, semble ne plus correspondre aux besoins des Etats africains.

L’un des freins au développement de l’économie africaine reste la disponibilité des financements et le cadre juridique qui gouverne généralement l’obtention de ces financements est très contraignant et accroit l’exposition aux risques budgétaires de ces Etats.

Le financement du développement du continent, prioritairement à partir des ressources à mobiliser de l’intérieur, dans le cadre d’un grand marché des capitaux continue de nourrir des réflexions.

Dans une interview accordée au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, paru jeudi 12 janvier dernier, Louis Banga Ntolo, directeur général de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) indique que le continent africain doit et est capable de mettre sur pied un marché de capitaux continental permettant aux Etats africains d’accélérer l’implémentation de leurs politiques publiques vecteurs de développement socio-économiques.

Il soutient qu’un marché africain des capitaux commun, libre d’accès à tous les pays, crée d’emblée une base de consommateurs ou d’investisseurs d’environ 1,6 milliard de personnes à l’échelle de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Selon le directeur général de la BVMAC, un tel marché permettrait ainsi de mobiliser facilement une épargne « faramineuse », disponible à la hauteur des besoins énormes de financement du continent.

La question de la monnaie unique

Entre autres difficultés, le directeur général de la BVMAC évoque l’harmonisation des cadres réglementaires et fiscaux qui serait un prérequis de même que l’assouplissement des règles de circulation des capitaux et des valeurs mobilières qui est indispensable. « Il s’agit d’un important défi à relever en prenant en compte la complexité qu’il y aurait à adapter les cadres réglementaires, eu égard à la multitude des monnaies nationales et régionales ayant cours légal dans le continent » reconnait Louis Banga Ntolo.

Il estime que les différentes banques centrales et les autorités monétaires en général devraient coopérer afin de faciliter et simplifier non seulement les opérations de changes, mais également d’ériger la libre circulation des capitaux actifs en règle et d’harmoniser les règles de transferts de propriété entre les juridictions ou pays. La stabilité politique sera également un facteur déterminant pour assurer la confiance des investisseurs et d’autres acteurs de marché.

La création d’un marché financier africain pourrait selon les experts, permettre à certains Etats surendettés chroniquement de venir restructurer leur dette publique intérieure. « En clair, l’existence d’un marché africain de capitaux peut éviter aux économies du continent de subir des conditionnalités de financement drastiques voire dégradants (telle que l’autorisation de sceller les ambassades des Etats emprunteurs en cas de retard ou de défaut de paiement souvent exigée par les investisseurs), et de maintenir soutenable leur endettement » explique  Louis Banga Ntolo.

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