Loi de finance 2023

« On a ajouté de nouvelles mesures fiscalo-douanières pour asseoir davantage cette politique afin que la production locale, dans les matières où nous avons l’avantage comparatif, soit améliorée »

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Ces propos sont de Cyrill Edou Alo’o, directeur général du budget au ministère des finances (Minfi).

Cyrill Edou Alo’o, directeur général du budget au ministère des finances (Minfi) a accordé une interview parue hier lundi 09 janvier 2023 au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune. Dans ladite interview, le responsable revient tour à tour sur le bilan de l’exécution du budget 2022 ; les nouveaux leviers que le gouvernement compte actionner pour atteindre ses objectifs ; la rotation des dépenses ; les nouveaux impôts ; l’augmentation des salaires entre autres.

Sur le bilan de l’exécution du budget 2022

Sur la question, le directeur général indique qu’il n’est pas encore possible d’avoir des chiffres exacts en ce moment, car les choses se font encore et ce n’est qu’en fin janvier courant que le gouvernement pourra définitivement consolider les chiffres. Toutefois, sur le plan quantitatif et selon les données provisoires disponibles, le DG indique que les recettes internes seront conformes aux prévisions, de même que les dépenses.

« Nos estimations tablent sur un déficit budgétaire de 1,8% au lieu des 2% projetés dans la loi de finances. Un taux en deçà des 3% conseillé dans la zone Cemac. En 2022, parmi les objectifs fixés  par le président de la République, il y avait le maintien des prix des carburants à la pompe, cela a été fait, contre un effort budgétaire de 700 milliards FCFA » explique Cyrill Edou Alo’o.

Sur les actions concrètes à améliorer

Le gouvernement va d’abord s’atteler à rendre effectives les mesures annoncées par le président de la République dans son adresse à la nation le 31 décembre 2022. Il s’agit notamment des projets miniers et autres infrastructures de deuxième génération dont l’opérationnalisation permettra « sans aucun doute » selon le DG du budget au Minfi d’accélérer la croissance du pays.

Le gouvernement compte ensuite consolider la sécurité à travers le pays  et accélérer également les mécanismes d’import-substitution qui devraient préserver le Cameroun de la dépendance économique et alimentaire.

« L’import-substitution avait l’année dernière 30 milliards en dépenses réelles en plus des mesures fiscalo-douanières déjà votées dans la loi de finances depuis 2019. On a ajouté de nouvelles mesures fiscalo-douanières pour asseoir davantage cette politique afin que la production locale, dans les matières où nous avons l’avantage comparatif, soit améliorée » précise Cyrill Edou Alo’o.

Pour ce qui est des dépenses réelles mobilisées sous formes de crédits budgétaires, le Cameroun a inscrit environ 136 milliards FCFA au lieu des 30 milliards FCFA du précédent budget. Par ailleurs, explique le DG, il y a des projets spécifiques comme le Programme d’appui au renforcement de la production agricole au Cameroun (Parpac) de la Banque africaine de développement (BAD) qui apporte un appui substantiels de 41 milliards FCFA pour soutenir le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) et le ministère de l’Elevage des pêches et des industries animales (Minepia), dans l’optique de l’import-substitution.

Sur la rationalisation des dépenses

Pour le moment, au niveau des dépenses courantes, le gouvernement garantie le paiement des salaires et pensions, le service de la dette, le fonctionnement des services publics, les transferts et subventions. Le gouvernement garanti également d’autres engagements qui ont été pris au niveau des investissements, car, il est question de finir les grands projets de première génération et terminer les engagements initiés avant d’en prendre de nouvelles.

« Notre objectif de déficit est de 0,9%, bien plus faible que les estimations de 2022. C’est dire si le gouvernement travaille à réduire encore la marge de ressources qu’il faudra emprunter pour exécuter notre budget » explique le directeur général du budget au ministère des finances.

Sur les nouveaux impôts qui font déjà grincer des dents

Selon Cyrill Edou Alo’o ceux qui ont plus de moyens vont contribuer plus à l’effort. «  Il faut plutôt s’intéresser aux secteurs dans lesquels on a instauré ces nouveaux impôts. Est-ce des secteurs qui vont amplifier l’inflation ? Nous ne le pensons pas. Lorsque nous prenons le timbre, il n’est pas un facteur qui influence la production. Quant à la vignette automobile, si on achète la voiture, c’est qu’on a les moyens, pareil pour le billet d’avion. Donc les impôts sont placés sur une niche. La vignette n’a pas touché les motos, les tricycles et les voitures de transport en commun » a-t-il expliqué.

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