Le FMI revoit à la hausse la croissance en afrique subsaharienne en 2021

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Dans l’édition d’octobre des Perspectives économiques régionales pour l’afrique, le fonds monétaire International indique que le taux de croissance de la sous-région passera à 3,7 % d’ici la fin d’année contre les 3,4 % initialement annoncés en début d’année.


Plus 0,3 % dans les perspectives de croissance en Afrique subsaharienne cette année. Si en début d’année le Fonds Monétaire International (FMI) prévoyait déjà un regain de croissance dans la sous-région, l’institution vient de revoir à la hausse ses prévisions de croissance en Afrique sub-saharienne. Dans son édition d’octobre dernier sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique, l’institution de Bretton Wood annonce une croissance de 3,7% en 2021 contre 3,4 %, initialement prévu dans l’édition d’avril 2021 de la même publication. « Nous estimons que la croissance de l’Afrique subsaharienne devrait s’établir à 3,7 % en 2021, puis à 3,8 % en 2022 », révèle Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI. Cette remontée, explique-t-il, émane d’un ensemble de facteurs conjoncturels favorables au regain de l’activité économique. « Le rebond est porté par des conditions extérieures favorables aux échanges commerciaux et par les cours des produits de base. Il a aussi bénéficié de l’amélioration des récoltes et de l’augmentation de la production agricole dans plusieurs pays », détaille-t-il.

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Si cette hausse de prévision est essentiellement due à la hausse des cours des matières premières, le contexte de la pandémie continue de faire planer des incertitudes quant à l’atteinte de cette croissance. Un point sur lequel alerte cependant l’institution. « Cette reprise, qui fait suite à la forte contraction de 2020, est bien entendu à saluer, mais elle est néanmoins la plus lente du monde. Par exemple, si les pays avancés devraient renouer avec leur trajectoire d’avant la crise d’ici à 2023, la pandémie semble avoir durablement abaissé la trajectoire du PIB réel en Afrique subsaharienne, ce qui laisse entrevoir une perte de production réelle par habitant d’environ 5½ % par rapport à la trajectoire d’avant la crise. Cette divergence s’explique par deux facteurs : la lenteur de déploiement des vaccins en Afrique subsaharienne et des différences notables en matière d’espace budgétaire. », interpelle le FMI. L’institution ne se contente pas d’alerter, elle invite les responsables des pays de l’Afrique sub-saharienne ainsi que la communauté internationale à redoubler d’efforts dans trois domaines.

L’urgence de faire face à La vie chère qui creuse les inégalités

Selon le FMI, plus de 30 millions de personnes ont été plongées dans la pauvreté extrême du fait de la crise sanitaire. Pire, « la situation devrait encore être aggravée dans de nombreux cas par la hausse marquée des prix des denrées alimentaires (et des carburants) que nous observons actuellement. La baisse des revenus et la hausse des prix des denrées alimentaires devraient encore réduire les gains acquis par le passé sur le plan de la réduction de la pauvreté, des indicateurs de santé et de la sécurité alimentaire. Il convient d’affronter de front ce défi », indique l’institution. Une augmentation généralisée des prix qui, non contenus, créerait « une nouvelle source de misère pour les populations et conduira à une hausse de l’insécurité », prévient le FMI.

Une tenue plus efficiente des fonds publics

« Face à une croissance plus faible que prévu, les dirigeants des pays d’Afrique subsaharienne doivent gérer trois pressions extraordinaires : engager des dépenses d’urgence pour répondre aux nombreux besoins sociaux, humains et infrastructurels ; gérer la capacité d’emprunt déjà restreinte étant donné le niveau élevé de la dette publique dans la plupart des cas; accroître les recettes fiscales et c’est politiquement difficile. La capacité des pays à gérer ce trilemme aura des retombées énormes sur leur situation macroéconomique et leurs perspectives de croissance », indique le FMI. Des challenges qui interpellent les dirigeants des pays de la sous-région à une gestion plus rigoureuse et mesurée des fonds publics, face à « un environnement de plus en plus difficile et complexe », précise le FMI. Il s’agira d’accroître les recettes intérieures, de renforcer la protection sociale, de promouvoir le passage au numérique, ainsi que d’améliorer la transparence et la gouvernance. Les pays devront aussi consolider leur position budgétaire pour ramener leur dette à un niveau soutenable. Ces mesures contribueront à relever la croissance à long terme et à offrir des débouchés aux nouveaux demandeurs d’emploi de la région.

40% de la population à vacciner d’ICI fin 2021

« À l’heure actuelle, seulement 3% environ de la population de l’Afrique subsaharienne est pleinement vaccinée, un contraste saisissant par rapport à la plupart des pays avancés et de nombreux pays émergents, où le taux de vaccination est proche de 60% ou est supérieur. Cela tient aussi au fait que les campagnes de vaccination en Afrique subsaharienne ont été plus lentes qu’ailleurs, en raison essentiellement de la constitution de stocks de doses dans les pays avancés, de restrictions à l’exportation par les grands pays producteurs de vaccins et de la demande d’injections de rappel dans les pays avancés, qui pourraient ajouter de nouveaux obstacles à l’approvisionnement », explique le FMI. Pour rehausser ce taux de vaccination, « Le FMI a proposé un plan qui consiste à vacciner au moins 40 % de la population totale de tous les pays d’ici la fin de 2021 et 70 % d’ici le premier semestre de 2022. Pour l’Afrique subsaharienne, ces objectifs sont ambitieux et exigeront un changement marqué de stratégie tant de la part des pays avancés que de la part des pays d’Afrique subsaharienne eux-mêmes », indique l’institution. Un plan qui s’annonce d’ores et déjà difficile, dans un contexte ou en plus des difficultés des pays à avoir accès aux vaccins, les populations se montrent assez réfractaires au vaccin.

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