Dans son message publié à l’occasion de la 102e Journée mondiale de l’épargne, célébrée le 31 octobre 2026 à Douala, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, évalue l’épargne nationale à environ 15 % du produit national. La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) avait initialement fixé un taux d’investissement de 29 %. « Ce niveau demeure inférieur aux exigences nécessaires pour porter l’investissement au seuil de 29 % initialement fixé dans la SND30, condition essentielle à l’atteinte d’une croissance forte, durable et inclusive », souligne Louis Paul Motaze.
Les besoins d’investissement concernent notamment l’industrialisation, la transformation agricole, les infrastructures énergétiques, les transports et le développement des entreprises. Des ressources financières considérables Les établissements financiers mobilisent pourtant des sommes importantes. Selon les données présentées à l’occasion de cette journée, les dépôts bancaires atteignaient 9 147,5 milliards de FCFA à fin décembre 2025, en progression de 9,5 % sur un an. Les établissements de microfinance totalisaient 1 112,6 milliards, contre 975,2 milliards en 2024.
Dans l’assurance-vie, les actifs admis en représentation des engagements s’élevaient à 431,26 milliards de FCFA. Ces montants ne sont pas directement additionnables à l’épargne nationale : ils correspondent à des encours de nature différente, dont certains peuvent se recouper.
LE POIDS DU COURT TERME
À fin 2025, les dépôts à vue représentaient 82,8 % des ressources bancaires, livrets compris. Dans la microfinance, les dépôts à court terme concentraient 84,2 % de l’encours. Les assureurs-vie détenaient, pour leur part, 46,9 % de leurs actifs représentatifs en obligations et autres valeurs d’État. Le gouvernement entend encourager l’épargne longue à travers l’assurance-vie, les produits de capitalisation et les placements sur le marché financier.
Dans son discours d’ouverture, prononcé à Douala par le ministre délégué Yaouba Abdoulaye au nom de Louis Paul Motaze, il est affirmé : « Nous devons donc renforcer les mécanismes permettant de canaliser les ressources collectées vers le financement des petites et moyennes entreprises, de l’agriculture, de l’industrie et des projets structurants ».






