Exportation des grumes : L’étonnant rétropédalage des pays de la Cemac.

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Prévue pour entrer en vigueur le 1er janvier 2023, l’interdiction de l’exportation des grumes en zone Cemac a été ajournée sine die, alors que les pouvoirs publics avaient soutenu qu’elle favoriserait « le développement d’une industrie sous régionale durable pour la valorisation de la filière bois ».

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Un revirement inattendu. A moins de deux mois de l’entrée en vigueur de l’interdiction de l’exportation des grumes en zone Cemac, prévue dès le 1er janvier 2023, les ministres de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (Umac), ont annoncé le report sine die de cette mesure. Le Gabonais Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac, qui a fait l’annonce a expliqué que la mise en œuvre de cette mesure devrait, entraîner au Cameroun des pertes de recettes de l’ordre de 80 milliards de francs CFA. « Lorsqu’on a mis cette décision en route, le Gabon a perdu 75 milliards de F CFA. Il faut nécessairement des mesures d’accompagnement », a-t-il expliqué.

Un argument fallacieux

Un argumentaire battu en brèche par les ONG du secteur du bois qui dénoncent un énième report. « Les gouvernements des pays producteurs de bois de la Cemac semblent minimiser l’urgence d’interdire cette exportation qui est économiquement préjudiciable aux pays. L’idée selon laquelle les pays exportateurs de bois s’exposent à des pertes est un argument fallacieux. La vente du bois brut prive les pays concernés de la valeur ajoutée que devrait apporter l’industrialisation. Elle prive aussi les concernés de la création d’emplois. Vu sous l’angle de développement durable, l’interdiction de l’exportation du bois en grumes est un moyen de plus pour réduire la pression humaine et commerciale sur les forêts d’Afrique », explique le responsable d’une ONG.

Pourtant Jules Doret Ndongo, le ministre de la Foret et de la Faune, intervenant à ce sujet en septembre dernier avait apprécié une mesure qui viendrait doper le développement de la filière bois. « Cette décision d’interdiction de l’exportation du bois sous forme des grumes répond à la nécessité de favoriser le développement d’une industrie sous régionale durable pour la valorisation de la filière bois dans le Bassin du Congo, étant donné les faibles taux de transformation locale… L’objet de cette mesure est surtout de développer l’industrie locale pour que nos économies ne dépendent pas seulement du pétrole. Elle va encourager au moins la première transformation industrielle du bois sur place, afin d’augmenter le pourcentage des dérivés », déclarait-il. « De manière concrète, elle va permettre : d’intensifier les prélèvements dans les concessions forestières de sept millions de mètres cube par an actuels à quinze millions d’ici 2030; de passer de 40.000 emplois actuels à au moins 100.000 emplois dans le secteur ; de doubler la contribution du secteur bois au PIB ; de développer le marché intra-africain des bois tropicaux », avait-il expliqué.

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