La situation financière de la Société de développement et d’exploitation des productions animales (Sodepa) s’est encore dégradée en 2025. Les états financiers certifiés font apparaître une perte nette de 2,13 milliards de FCFA, contre 1,49 milliard en 2024, soit une aggravation de près de 43 %. Dans le même temps, le chiffre d’affaires s’est établi à 2,2 milliards de FCFA, en légère progression de 0,9 %.
Le total du bilan atteint 17,94 milliards de FCFA tandis que les capitaux propres s’élèvent à 9,29 milliards de FCFA, un niveau qui demeure largement soutenu par les apports de l’État. Les comptes traduisent également les difficultés de l’activité courante. L’excédent brut d’exploitation ressort négatif à 1,39 milliard de FCFA et le résultat d’exploitation affiche un déficit de 1,74 milliard de FCFA, confirmant que l’entreprise ne parvient toujours pas à dégager des revenus suffisants pour couvrir ses charges.
UNE ACTIVITÉ DE NÉGOCE QUI AGGRAVE LES PERTES
Les états financiers identifient le commerce de bétail comme l’un des principaux facteurs de dégradation des résultats. Le commissaire aux comptes relève que les ventes de bétail ont généré 427,8 millions de FCFA alors que le coût d’achat des animaux revendus a atteint 862,7 millions de FCFA. Cette seule activité dégage ainsi une marge négative de 434,9 millions de FCFA.

Le rapport du commissaire aux comptes souligne également plusieurs insuffisances dans l’organisation de cette activité. Il indique que « les procédures d’approvisionnement restent insuffisamment maîtrisées. Les rapports de pesée sont établis sur des fiches manuelles et ne sont pas systématiquement tenus. Les responsabilités liées à l’encaissement des ventes ne sont pas clairement séparées entre les équipes commerciales et financières, ce qui constitue une faiblesse du dispositif de contrôle interne ».
À ces difficultés s’ajoute le poids des charges de personnel. Elles atteignent 2,13 milliards de FCFA en 2025, un montant pratiquement équivalent au chiffre d’affaires réalisé sur l’exercice. Cette évolution est liée à l’augmentation des effectifs qui s’établissent désormais à 865 salariés. Les services extérieurs continuent eux aussi de progresser. Ils représentent 1,024 milliard de FCFA. Les dépenses d’entretien et de maintenance augmentent de 56 %, les rémunérations des intermédiaires et conseils de 111 %, les frais de télécommunications de 36 % et les frais bancaires de 12 %.
Les charges hors activités ordinaires comprennent par ailleurs 401,3 millions de FCFA de pertes sur les animaux, un poste qui contribue lui aussi à l’aggravation du déficit. Le passif circulant poursuit sa progression pour atteindre 2,54 milliards de FCFA. Les dettes fiscales et sociales passent de 1,01 milliard à 1,46 milliard de FCFA. Les dettes fournisseurs augmentent de 44 % pour atteindre 647,2 millions de FCFA tandis que les autres dettes représentent 343,8 millions de FCFA. Les états financiers évoquent également des contraintes exercées par les services fiscaux en raison des retards de paiement ainsi que des difficultés avec la CNPS liées à des cotisations impayées.
Les comptes clients comprennent en outre 92,7 millions de FCFA de créances douteuses intégralement provisionnées. Le rapport explique que « ces créances proviennent principalement de ventes de viande réalisées à crédit auprès de clients décédés ou disparus depuis plus de quinze ans ainsi que de créances détenues sur des agents retraités ou décédés. Au regard de leur ancienneté et des diligences déjà engagées, le commissaire aux comptes recommande qu’une décision de gestion intervienne afin d’apurer définitivement ces montants devenus irrécouvrables ».
Malgré ces contre-performances, la trésorerie nette progresse de 100,6 millions de FCFA à 2,04 milliards. Les états financiers précisent toutefois que cette amélioration ne résulte pas de l’activité de l’entreprise. Les flux générés par l’exploitation demeurent négatifs à hauteur de 654,2 millions de FCFA. Cette évolution est essentiellement liée à l’encaissement de 1,97 milliard de FCFA de subventions d’investissement et à la mobilisation de 743,2 millions de FCFA de nouveaux emprunts.
Le compte de résultat fait également apparaître 1,3 milliard de FCFA de subventions d’exploitation. Ces concours publics, auxquels s’ajoutent les financements nouveaux, permettent à l’entreprise de préserver sa trésorerie alors même que son activité demeure déficitaire.







