Les comptes de la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) au titre de l’exercice 2025 montrent une entreprise toujours bénéficiaire, mais dont la rentabilité s’est nettement dégradée. Le résultat net ressort à 1,1 milliard de FCFA, contre 1,7 milliard un an plus tôt, soit une baisse de 34,8 %. Dans le même temps, le chiffre d’affaires recule de 64,3 milliards à 49,7 milliards de FCFA, tandis que le résultat d’exploitation diminue de près de 30 %, à 2,2 milliards de FCFA.
Au-delà de ces indicateurs, les commissaires aux comptes attirent une nouvelle fois l’attention sur le poids des créances clients. Celles-ci atteignent 314 milliards de FCFA à la clôture de l’exercice. Selon les états financiers de l’entreprise, 87 % de ce montant sont dus par Socadel, exENEO, soit près de 273 milliards de FCFA. Cette situation perdure depuis plusieurs exercices. Les commissaires aux comptes rappellent que Sonatrel a obtenu, en janvier 2025, une ordonnance d’injonction de payer contre ENEO. L’entreprise de distribution d’électricité a toutefois formé opposition et la procédure judiciaire demeure pendante. Au cours de l’exercice 2025, ENEO n’a versé qu’environ 8 milliards de FCFA.
Pour mesurer l’incidence de cette dette sur les comptes de l’entreprise publique, les commissaires aux comptes rappellent d’abord le mécanisme de formation des revenus de la Sonatrel, qui explique sa forte dépendance vis-à-vis de ses principaux clients. Ils indiquent que « le chiffre d’affaires mensuel de la Sonatrel découle du service de transport de l’électricité des sites de production vers les postes haute tension de ses clients. D’après les Contrats d’accès aux réseaux de transport signés entre la Sonatrel et chacun de ses clients, les énergies transitées sont validées conjointement chaque mois sous la coordination et l’arbitrage de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel).
Les procès-verbaux de validation servent ensuite de base à l’établissement des factures selon le tarif fixé par le régulateur». Dans ce dispositif, la place d’ENEO, devenue Socadel, est centrale. Les commissaires aux comptes précisent qu’« ENEO, aujourd’hui Socadel, est la seule structure en charge du segment de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun et dispose aussi de centrales de production qui injectent l’énergie dans le réseau de transport.
La Sonatrel est l’entreprise chargée du transport de cette énergie jusqu’aux transformateurs de puissance de ses clients. Ce rôle de transport lui est exclusivement réservé ». Cependant, la baisse du chiffre d’affaires ne s’explique pas uniquement par les impayés de Socadel. La société souligne que « l’autre fait majeur qui justifie la chute du chiffre d’affaires, est l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2025, du nouveau tarif de transport fixé par l’Arsel à 6,738 FCFA par kWh, contre 9,18 FCFA les années antérieures ».
Cette révision tarifaire a réduit les recettes tirées du transport de l’électricité, alors même que plusieurs postes de charges continuaient de progresser. Les services extérieurs, qui regroupent notamment les dépenses de sous-traitance, de maintenance, de location, d’assurances, de télécommunications, de transport, d’énergie, d’honoraires et d’autres prestations fournies par des tiers, augmentent de 32,8 %. Les charges de personnel progressent quant à elles de 7,7 %.







