Election à la Fécafoot : Cabral Libi’i tente de sauver Samuel Eto’o

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Le petit poucet tient à chasser le vieux briscard

A priori, Cabral Libi’i est certain que « le Tribunal arbitral du sport va rendre une sentence […] qui n’apportera rien de nouveau dans le fond, mais ses effets confirmatifs induits, vont sceller juridiquement la nullité du processus électoral qui a donné naissance au comité exécutif élu le 11 décembre 2021 ». En clair, le Tribunal arbitral du sport (TAS) va à coup sûr annuler l’élection de Samuel Eto’o, flaire le juriste. Se basant sur les manquements observés dans le processus électoral qui a abouti à l’élection de l’ancien capitaine des Lions indomptables à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). D’ailleurs, « certains acteurs du football ont obtenu auprès de la Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (CNOSC), une annulation du processus électoral dans les ligues départementales », souligne-t-il. « Mais la Fécafoot à l’époque sous Séidou Mbombo Njoya, va continuer sereinement le processus en se contentant de faire appel de cette décision d’annulation de la CCA auprès du TAS à Lausanne», précise-t-il. Indiquant au passage que celui qui en sortira vainqueur, n’a pas manqué lui-même d’interpeller les autorités nationales et internationales sur ces irrégularités. On sait que le candidat Samuel Eto’o qui se battait contre un candidat sortant qui avait taillé le collège électoral à sa mesure, avait écrit au ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et au secrétaire général de la Fédération internationale de football association (FIFA) pour contester ces irrégularités, puis avait déposé une plainte auprès de la Chambre d’instruction de la Commission d’éthique contre Séidou Mbombo Njoya, son ex « filleul » qui se dressait sur son chemin. On sait qu’entre temps, une partie de l’Assemblée générale (AG) de 2009 avait obtenu à la CCA l’annulation du processus électoral, et l’ancien exécutif de la Fécafoot avait contre-attaqué, sans payer les frais de procédures. Une fois déchu, l’exécutif de Séidou a laissé la patate chaude à celui de Samuel Eto’o qui ne s’est pas elle-même exécutée, malgré les relances du TAS. Avant de se rendre compte du risque qu’il courait, mais sa demande d’un délai supplémentaire adressée le 28 février 2022, a eu un écho défavorable auprès du TAS. « Du coup, le TAS va rendre bientôt, une sentence sur frais, pour dire que l’appel de la Fécafoot contre l’annulation du processus électoral par la CCA a été retiré ». Et devrait logiquement annuler l’élection de Samuel Eto’o.

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« Légitimité apparente » contre « légalité implacable »

Alors, on se trouvera dans un dilemme : repartir sur une nouvelle base. « Comment arbitrer le match qui va opposer la légitimité apparente et la légalité implacable ?» se demande Cabral Libi’i qui a toujours été engagé dans la guerre à la Fécafoot, prenant parti pour le droit et la justice. Attribuant implicitement la légitimité à Eto’o et la légalité à Abdouraman Hamadou. Cette fois-ci, l’homme devenu député, n’est plus le défenseur patenté de la légalité, et nuance ses propos. « Il est indéniable que notre football reprend des couleurs. Nonobstant quelques couacs, le championnat a démarré et il séduit à nouveau les sponsors et les spectateurs. Nous avons à nouveau un coach camerounais, nous allons bientôt à la Coupe du monde, derrière il y a la CAN, etc. », fait-il constater. Pour indiquer que le redécollage mérite peut-être de ne pas en interrompre le processus. Le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) pense qu’il faut amener les principales parties en conflit à parler le langage de la réconciliation. «L’idéal pour nous, est qu’il y ait enfin un accord transactionnel entre les acteurs en opposition, avant que la ou les décisions de la CCA ne soi(en)t revêtue(s) de l’autorité de la chose jugée que lui ou leur procurerait éventuellement un exéquatur », énonce-t-il. « Les acteurs ont changé. Il est inutile que ceux qui ont à un moment combattu solidairement et courageusement pour offrir un visage rénové et attractif au football se mettent à nouveau à s’étriper juridiquement », plaide-t-il. « Nous les politiques de toutes les strates nous pourrions œuvrer à la médiation autant que nous pouvons… », propose-t-il.

Impossible retrait des recours

Une piste que l’homme souhaite de tous ses vœux « ce d’autant qu’au point où on en est il n’y a plus de plaintes à retirer». Alors que Samuel Eto’o qui a pris contact avec Abdouraman Hamadou, principal opposant depuis 2013, aux exécutifs de la Fécafoot et mandataire des 44 membres de l’AG 2009 qui ont attaqué le dernier processus électoral, pour des négociations de sortie de crise, s’est par la suite rétracté pour traiter directement avec les concernés. Sans pouvoir ramener à lui tous les 44 membres. Radicalisant l’ancien directeur de cabinet d’Iya Mohammed qui a juré que tout sera désormais réglé devant le TAS. Faustin Mbida et Pierre Boujiko qui ont été désignés par les membres de l’AG 2009 favorables à Samuel Eto’o, comme mandataires (à la place d’Abdouraman), eux, ont écrit au TAS pour signifier le retrait du recours qui devrait annuler l’élection de leur nouvel allié. Peine perdue. « Tant qu’il reste un seul mandataire, le recours demeure valide», rappelle Serge Mbappe, proche d’Abdouraman Hamadou. De toutes les façons, « au point où on en est il n’y a plus de plaintes à retirer», assure Cabral Libi’i. « La Fécafoot entrera à nouveau malgré elle, dans les turbulences», redoute l’homme qui a autrefois mené les combats du côté de l’opposition à la Fécafoot, menée par Abdouraman et soutenu par Samuel Eto’o.

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