C’est bientôt la fin de l’ère de l’insalubrité dans les grandes villes du Cameroun et particulièrement Douala et Yaoundé. C’est du moins ce que laisse entendre Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale (Minat) qui a donné une conférence de presse ce jour à Yaoundé. Le patron de l’administration territoriale annonçait officiellement le lancement d’une campagne spéciale de lutte contre l’insalubrité dans le pays et particulièrement dans les grandes villes. « Récemment, le chef de l’Etat a doté chaque commune d’arrondissement des engins, camions bennes et matériels légers pour l’enlèvement des ordures dans le département du Mfoundi. Le maire de la ville a déjà mis à la disposition des communes d’arrondissement cette importante dotation spéciale du chef de l’Etat en matériel dédiée pour la campagne ‘‘Yaoundé ville-propre’’», annonce-t-il. « Dans un délai de 72h, et en guise de contribution pour cette campagne ‘‘ville-propre’’ instruite par le chef de l’Etat, le ministre de l’Administration territoriale va mettre à la disposition des sept (07) communes de la ville de Yaoundé, 700 brouettes, 700 pelles, 700 balais et 700 râteaux à raison de 100 brouettes, 100 pelles, 100 balais et 100 râteaux par commune », ajoute-t-il.
Constat amer
C’est que le gouvernement a (enfin) compris le cri de révolte du peuple, amplifié l’année dernière par des lanceurs d’alertes, influenceurs et autres leaders d’opinion, qui ont décidé de se faire photographier sur des immondices, afin d’éveiller les consciences des autorités engluées dans une interminable querelle autour du financement du ramassage d’ordures dans les grandes villes. « Le chef de l’Etat, le Premier ministre, les Diplomates résidents dans notre pays, les populations dans nos villes, ont souvent fait la remarque triste des décharges des ordures presque partout dans certaines de nos grandes métropoles», confesse le Minat. Et de confesser que « sur un périmètre de 2 kilomètres de la Cathédrale Notre Dame des Victoires en passant par la Montée Anne rouge, marché des vivres, Direction des Impôts, carrefour Nlongkack, supermarché Bastos, SRC Bastos, Luc’s pressing Bastos, carrefour Hôtel Diplomates, il y a plus de 30 bacs à ordures ou décharges des ordures visibles en route », pour le regretter. L’homme y inclut le département de la Mezam dont la capitale est Bamenda, en même temps celle de la région du Nord-Ouest empêtrée dans une crise de sécession qui ne facilite pas le travail des structures chargées du ramassage des ordures.
C’est donc face à ce constat alarmant que le gouvernement a décidé de saisir le taureau par les cornes. Et désormais, la question du ramassage des ordures ne relèvera plus seulement de la compétence des communes. « Certes, l’enlèvement des ordures ménagères relève de la compétence de certaines administrations. Mais, la coordination du travail de toutes les administrations dans la région est placée sous l’autorité du gouverneur, dans le département, elle est assurée par le préfet et dans l’arrondissement par le sous-préfet», souligne-t-il. D’autant plus que « quand nos villes sont sales, c’est une responsabilité collective et la honte est collective », a-t-il indiqué. En clair, « le débat de qui aurait dû faire quoi, qui ne fait pas quoi, n’a plus de sens », interpelle-t-il les différents services de l’Etat.
Préfets et sous-préfets gendarmes
Au cours du mois de février prochain, l’on annonce que les bacs à ordures visibles sur les axes principaux ou en bordure des routes principales devraient être enlevés, et les maires, en collaboration avec les préfets et sous-préfets, se chargeront d’identifier et d’aménager des sites où les ordures seront désormais déposées sans encombrer les chaussées dédiées à la circulation des véhicules. Les populations, principales productrices des ordures, sont particulièrement interpellées par le Minat. Des plaques portant la mention « Interdit de jeter les ordures ici sous peine de poursuites judiciaires » sont prévues sur certains sites. Pour ce qui est des sites agréés, non seulement elles devront déposer leurs ordures dans les sites identifiés, « même si cela implique une petite marche de 100 à 700 mètres », prescrit le Minat. Et Atanga Nji de servir une dose de ce qu’il sait faire : « Désormais on t’attrape en train de jeter les ordures au sol, la police t’interpelle et on te met en garde à vue», menace-t-il. Pour leur part, « les sociétés de ramassage des ordures doivent travailler entre minuit et 6h», prévoit-il.
Toute cette campagne sera menée sous la supervision des préfets et des sous-préfets qui effectueront des descentes sur le terrain chaque semaine, pour les contrôles, l’évaluation et éventuellement des corrections.







