Crise anglophone : Crise anglophone : jusqu’où peut aller l’administration Biden ?

Les Etats-Unis se montrent de plus en plus préoccupés par le conflit qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, depuis l’élection du nouveau président américain.

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Antonio Bliken, le nouveau secrétaire d'Etat américain

Après les années Trump marquées par une diplomatie peu décisive sur la question du Cameroun anglophone, l’administration Biden va-t-elle bouger les lignes ? Difficile de conclure pour le moment, mais certains signes avant-coureurs laissent penser que la nouvelle administration américaine pourra plus s’intéresser à la question du Cameroun anglophone que la précédente. Quelques jours après la prestation de serment de Joe Biden et la nomination des responsables de son administration, le secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires étrangères, Anthony Bliken a annoncé les couleurs de ce que pourra être la crise anglophone sous le mandat du président démocrate. Lors de sa première audition devant les sénateurs, le remplaçant de Mike Pompeo à la tête de la diplomatie américaine a évoqué d’un ton visiblement soucieux la crise anglophone qui secoue les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun depuis plus de 4 ans. A l’attention des sénateurs américains, Anthony Bliken avait fait un exposé ciblé sur les violences perpétrées par les deux camps en conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et avait exprimé son souhait de voir son pays « s’impliquer de manière considérable dans la résolution de la crise » qui a déjà fait plus de 3000 morts. Après lui, plusieurs sénateurs étaient montés au créneau pour demander au gouvernement américain et à la communauté internationale, de prendre des mesures concrètes contre tous ceux qui empêchent la résolution de la crise. Pour donner le ton, la chambre haute du parlement américain a adopté, début janvier, la résolution 684, dont les dispositions consistent à encourager toutes les parties en conflit à conclure et maintenir un cessez-le feu immédiat ; à garantir un accès humanitaire et une assistance immédiate sans entraves aux régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest ; à faire preuve de retenue et à veiller à ce que les manifestations politiques soient pacifiques ; à mettre en place un processus crédible pour un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes concernées pour parvenir à une solution politique durable qui respecte les droits et les libertés du peuple.

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Il est évident que les Etats-Unis sous Joe Biden se sont déjà montrés préoccupés par la crise anglophone, mais l’on se demande encore que peut faire le nouveau gouvernement américain pour contribuer à mettre un terme à cette crise qui dure depuis plus de 4 ans. Même si une soixantaine de députés camerounais ont déjà indiqué il y a quelques jours, dans une lettre, que les Etats-Unis ne doivent pas se mêler des affaires du Cameroun, plusieurs analystes continuent de croire que le pays de Joe Biden peut jouer un rôle déterminant dans la résolution de cette crise. L’analyste politique Daniel Ondoa pense que l’administration Biden peut tout simplement aider le Cameroun, en «imposant à tous les ressortissants camerounais qui vivent sur son sol et qui soutiennent les groupes armés à renoncer au financement de la guerre et à s’impliquer résolument à toutes les initiatives de paix, faute de quoi ils seront rapatriés pour ceux qui sont encore Camerounais ou alors poursuivis en justice pour ceux qui sont américains».

Le chercheur et consultant en étude de paix et gestion des conflits, Wanah Immanuel Bumakor, quant à lui craint que le Cameroun soit utilisé comme un champ de bataille des superpuissances. Il pense que la résolution adoptée par le Senat américain doit être prise au sérieux, du fait que ce pays a à sa tête une nouvelle administration totalement différente de celle de Donald Trump, « tiède face à la situation au Cameroun ». Le chercheur explique que la résolution du Congrès américain demandant à Yaoundé, d’organiser un dialogue inclusif a été parrainée par des députés démocrates proches de l’administration Biden. Ce qui implique que ces élus pourraient influencer les décisions du président Joe Biden, en mettant « L’intervention des Etats-Unis dans la résolution de la crise anglophone comme une priorité, compte tenu de la catastrophe humanitaire que cette grise a provoqué ». En plus, estime le chercheur, une politique menée par l’administration Joe Biden pour intervenir dans la crise anglophone pourrait amener cette crise au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui selon lui pourrait être un cauchemar pour le régime de Yaoundé.

Intervention

Le chercheur Wanah Immanuel Bumakor précise qu’une intervention ne signifie pas nécessairement intervention militaire. «Elle peut être humanitaire, diplomatique, ou même de bons offices. Car les Etats-Unis envoient à peine leurs militaires sur le sol africain. Ils utilisent le plus souvent leur statut de superpuissance pour sanctionner un régime récalcitrant qui n’utilise pas des moyens pacifiques ou une procédure démocratique pour résoudre ses crises ». Il mentionne que sous Donald Trump, les Etats-Unis avaient déjà sanctionné le Cameroun bien que ces sanctions n’affectent pas vraiment le pouvoir camerounais.
Par Joseph Essama

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