Covid-19 : Les défis de la relance économique

Le gouvernement va dépenser 871,8 milliards pour sauver l’économie durant les trois prochaines années. Mais pour réussir la mise en œuvre de son plan, il doit surmonter un certain nombre de défis macroéconomiques et sectoriels.

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Le gouvernement a peaufiné son plan de relance pour les trois prochaines années : 871,8 milliards de francs CFA pour faire repartir une machine économique grippée par le coronavirus. Annexé à la loi de finance 2021, le document intitulé «Plan de relance économique post Covid-19» vise principalement un double objectif : apporter un soutien aux branches d’activités fortement impactées par la crise et à celles capables de favoriser une relance rapide du secteur productif. Les mesures envisagées s’inscrivent entre autres dans le cadre de la politique nationale d’import-substitution et de promotion de la préférence nationale, en vue de renforcer la capacité́ de résilience du tissu économique local face aux chocs extérieurs. Du soutien à la production et à la transformation des produits de grande consommation à la mise en place des dispositifs adaptés et dédiés au financement des entreprises en passant par la dynamisation des branches/filières de croissance et le renforcement de la compétitivité des entreprises, ledit plan devra répondre à plusieurs défis.

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Défis Macroéconomiques

La crise sanitaire de la Covid-19 a en effet érodé certains efforts de consolidation budgétaire enregistrés avec l’appui de certains Partenaires Techniques et Financiers, dans le cadre du Programme Économique et Financier 2017-2019 (PEF), appuyé par une Facilité Elargie de Crédit (FEC) du Fonds Monétaire International (FMI). Ainsi donc, le niveau du déficit budgétaire pour 2020 initialement prévu à̀ -2,1 % du PIB est projeté́ à -4,5 % du PIB. Malgré ce contexte difficile, l’Etat entend préserver la stabilité macroéconomique et budgétaire, afin de «garantir un environnement favorable à une relance économique durable». Ceci passe notamment par : «la poursuite des efforts déjà̀ entrepris dans le cadre de la mise en œuvre des réformes structurelles, le renforcement de la transparence dans la gestion des finances publiques, la soutenabilité budgétaire, et le soutien au secteur privé pour l’accroissement des parts de marché des entreprises locales », indique le plan. Alors que les autres défis sont d’ordre sectoriel. Notamment l’agriculture, la pêche, l’industrie manufacturière, le BTP, le numérique, le tourisme, l’hébergement et la restauration, etc.

Agriculture et pêche

La pandémie de la Covid-19 a mis en exergue une forte dépendance de notre économie à l’approvisionnement extérieur, notamment en produits agricoles et halieutiques, ainsi qu’une faible capacité en matière de stockage, de conditionnement et de transformation de la production locale de ces produits, constate le gouvernement. «En vue de réduire ces dysfonctionnements économiques, ces secteurs constitueront une priorité de l’action gouvernementale», apprend-on. Ainsi donc, il sera question de renforcer les capacités de production internes, d’améliorer l’efficacité des systèmes de production, de stockage, et de conditionnement, ainsi que d’accroitre les parts de marché de la production locale. Il s’agit de mettre en place un dispositif permettant un meilleur accompagnement des producteurs, un plus grand ciblage des cultures rentables, afin de maximiser les appuis tirés des appuis de l’Etat.

Industrie manufacturière

En ce qui concerne l’industrie manufacturière, les défis prioritaires devraient porter sur les unités de production en difficulté et les chaînes de valeur impactées. De manière opérationnelle, l’accent devrait d’abord être mis sur l’accompagnement des industries agro-alimentaires en vue d’assurer l’approvisionnement régulier du marché local et la mise en place d’une industrie dynamique et compétitive. Il s’agira de restaurer leur capacité productive, managériale et organisationnelle. Ensuite, il sera question du renforcement de la production pharmaceutique nationale. Il s’agit d’améliorer et moderniser l’outil de production en conformité avec les normes internationales. Enfin, les pouvoirs publics veilleront à l’accroissement de la transformation locale du bois, notamment la deuxième et troisième transformation.

Bâtiment et travaux publics

Selon les données contenues dans le «Plan de relance économique post Covid-19», la pandémie de Covid-19 a également affecté le secteur des Bâtiments et des Travaux Publics (BTP) à travers le ralentissement, voire, l’arrêt de l’exécution de certains chantiers d’infrastructures. Ici l’un des défis du gouvernement va consister à «renflouer la trésorerie de ces entreprises, notamment en poursuivant l’apurement des arriérés de la dette intérieure ». Aussi, les pouvoirs publics devront mettre en place des mesures d’incitation à l’endroit des établissements de crédit pour la restructuration et le rééchelonnement des engagements desdites entreprises.

Tourisme, hébergement et restauration

Comme la plupart des secteurs d’activités, les branches tourisme, hébergement et restauration ont également été́ fortement impactées par la pandémie de Covid-19. Les mesures urgentes déjà̀ prises par l’Etat feront donc l’objet d’un suivi rapproché, indique une source gouvernementale. Pour le court terme apprend-on, l’accent sera mis sur la relance du tourisme intérieur, ainsi que l’adaptation et l’entretien des infrastructures pour l’accueil des touristes. En outre, des allègements fiscaux et des accompagnements financiers se poursuivront en vue de favoriser une relance des activités dans le secteur.

Numérique

Le numérique n’est pas en reste. En effet, les difficultés enregistrées dans la mise en œuvre du système de télétravail et d’apprentissage à distance en réponse à̀ la crise du Covid-19, ont mis en exergue des retards importants dans le développement de ce secteur. Or, il convient de relever que ce secteur est important pour renforcer la résilience des entreprises dans un contexte de crise. Il devrait également contribuer fortement à une relance rapide de l’activité économique post Covid-19, en raison de ses effets d’entrainement sur l’amélioration de la productivité des autres secteurs d’activitéś, et des opportunités qu’il offre en matière de e-commerce, de marketing digital et de télétravail. A cet effet, le gouvernement envisage plusieurs actions en vue de favoriser le développement des start-ups du secteur du numérique.

Etablissements de crédit

Face à̀ la crise résultante de la pandémie, les établissements de crédit ont vu augmenter le stock de leurs créances douteuses, avec des contraintes importantes sur leur capacité d’offre de crédit. Pour adresser cette situation et ainsi faire face aux difficultés de financements enregistrées au niveau des entreprises, le Gouvernement se propose de mettre en place des partenariats avec les institutions bancaires et de microfinance, en vue de mettre à la disposition de ces entreprises des instruments financiers adaptés.
Par Arthur Wandji

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