AccueilEconomieCONFEJES /Agriculture et numérique : le pari des jeunes Camerounaises

CONFEJES /Agriculture et numérique : le pari des jeunes Camerounaises

Accès au financement, qualité des produits, débouchés : les jeunes agri-entrepreneures font face à des obstacles bien identifiés. Le Salon organisé par la CONFEJES à Cameroun » style= »color:#cc0000;text-decoration:none;border-bottom:1px solid #cc0000; » title= »capitale du Cameroun »>Yaoundé du 21 au 23 octobre entend y apporter des réponses concrètes.

Au Cameroun, l’agriculture reste le premier employeur, et les femmes y occupent une place centrale, de la production à la transformation et à la commercialisation. Pourtant, elles restent souvent cantonnées aux maillons les moins rémunérateurs de la chaîne de valeur. Une nouvelle génération de jeunes femmes entend changer la donne en s’appuyant sur un allié inattendu : le numérique.

Paiement mobile, vente sur les réseaux sociaux, applications de suivi des cultures, plateformes de mise en relation entre producteurs et acheteurs : les outils digitaux permettent de raccourcir les circuits, de mieux valoriser les produits et d’atteindre des clients jusque-là inaccessibles.

C’est ce mouvement que la Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES) a choisi d’accompagner avec le Salon de l’entrepreneuriat féminin agri-numérique, qui réunit cent jeunes entrepreneures au Palais des Congrès de Yaoundé.

Le premier frein est connu de tous : l’accès au crédit. Faute de garanties, d’historique bancaire ou de comptes bien tenus, beaucoup de jeunes entrepreneures financent leur activité sur fonds propres ou grâce à la solidarité familiale, ce qui limite leur croissance.

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Le programme du Salon en tient compte, avec un module consacré à l’accès au financement et un autre à la comptabilité simplifiée : séparer l’argent de l’entreprise de l’argent personnel, tenir un cahier de recettes et de dépenses, calculer son bénéfice réel. Des gestes simples, mais décisifs pour convaincre un banquier ou un investisseur.

LA QUALITÉ, CLÉ DES MARCHÉS

Deuxième défi : la qualité et la présentation des produits. Farines, jus, épices ou produits transformés peinent souvent à accéder aux supermarchés ou aux marchés d’exportation faute d’emballage adapté, d’étiquetage conforme ou de certification.

Le module consacré à la transformation agricole, à la qualité et au packaging abordera les bonnes pratiques d’hygiène, les mentions obligatoires de l’étiquette et les démarches de normalisation. Un enjeu qui rejoint directement la politique nationale de transformation locale et de substitution aux importations.

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Troisième obstacle : l’accès aux marchés. Beaucoup de jeunes entreprises produisent, mais vendent peu, faute de réseaux. Les rencontres d’affaires organisées le jeudi 22 octobre, sous forme de rendez-vous individuels avec des acheteurs, des distributeurs et des partenaires financiers, visent précisément à créer ces connexions.

L’exposition ouverte au public pendant les trois jours offre en outre une vitrine directe aux produits des participantes.

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De nombreux dispositifs publics existent pour accompagner les jeunes entrepreneurs, mais ils restent souvent méconnus. Le Salon donnera la parole au ministère des PME, à l’Agence de promotion des PME, au ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique et au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, qui présenteront leurs offres d’appui.

Le MINADER s’est par ailleurs engagé de manière concrète en offrant des équipements agricoles qui constitueront une partie des récompenses des lauréates.

L’enjeu, pour les organisateurs, est que ces trois jours aient des effets durables : des entreprises mieux structurées, des produits de meilleure qualité, des contacts d’affaires transformés en commandes et, pour les lauréates, des équipements qui feront passer leur activité à une autre échelle.

À travers ces jeunes femmes, c’est aussi une certaine idée de l’agriculture camerounaise qui se dessine : plus moderne, plus connectée et davantage tournée vers la transformation locale.

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À retenir, le Salon de l’entrepreneuriat féminin agri-numérique, c’est du 21 au 23 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Ouverture officielle le mercredi 21 octobre à 9 heures. Exposition ouverte au public.

L’AGRICULTURE AFRICAINE EN CHIFFRES

  • 60 % des terres arables non cultivées de la planète se trouvent en Afrique (FAO).
  • Près des deux tiers de la population active africaine travaillent dans l’agriculture, essentiellement sur de petites exploitations qui assurent environ 90 % de la production.
  • Près de la moitié de la main-d’œuvre agricole d’Afrique subsaharienne est constituée de femmes ; l’agriculture est le premier employeur des femmes, avec 62 % des femmes actives (BAD).
  • 10 à 20 % des céréales sont perdues après la récolte, avant toute transformation (FAO, Banque mondiale).
  • 83 milliards de dollars : montant des importations alimentaires de l’Afrique en provenance de l’extérieur du continent en 2023 (CEA).
  • 41 % de la population mondiale sous-alimentée vivait en Afrique en 2023 (FAO).

Par Bonaventure TCHOUANGE
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