Transports : Grève annoncée dès le 28 mars 2022

0
271
Exif_JPEG_420

Au sortir des concertations entre le ministre des Transports (Mintransports) et les leaders syndicaux du secteur des transports, le mot d’ordre de grève des travailleurs du secteur est maintenu. Il y aura donc grève dès le 28 mars 2022, ont réitéré les représentants des travailleurs du secteur. « Si c’est le Premier ministère qui bloque, il n’y a pas de problème : nous maintenons aussi la grève», a annoncé Patrice Samen, le porte-parole du collectif des syndicalistes. Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe n’a donc pas pu éteindre les étincelles. Pire, l’intervention des autorités administratives qui ont empêché les syndicats de donner une conférence de presse, et l’échec du Mintransports à faire des propositions concrètes à ses interlocuteurs, ont constitué des ingrédients nécessaires à ce que la situation s’enflamme.

- Publicité -

La conférence de presse des syndicalistes en vue d’en faire l’annonce avait déjà été interdite en fin de matinée. Daouda Ousmanou, le sous-préfet de Yaoundé II, à la tête d’une escouade de policiers et de gendarmes, a empêché la tenue de l’événement. «La conférence de presse est interdite; vous ne l’avez pas déclarée», se justifie le patron de l’administration territoriale dans l’arrondissement qui abrite la Bourse du travail, le siège des syndicats, à Messa. «Est-ce qu’on a besoin de demander une autorisation quand nous tenons nos activités dans notre propre maison», lui demande Patrice Samen. Le sous-préfet estime que la conférence de presse n’est pas une activité interne aux syndicalistes. La présence des journalistes dérange. L’entrée des lieux est bouclée. le ton monte par moment, mais rien n’avance.

Choc avec le sous-préfet

Finalement, l’option de la conférence de presse est abandonnée. « Si vous prenez donc l’engagement de ne plus faire de conférence de presse, je demande au président ou à deux syndicalistes de me suivre au bureau et puis vous reviendrez tenir votre réunion. Le ministre vous attend à 13h ; c’est vous qui êtes en train de perdre le temps». Niet! s’opposent les syndicalistes : «non, on va se préparer à quelle heure ? » demande Jean Collins Ndéfossockeng, un des leaders syndicaux. «Si on ne se prépare pas, on va dire que le sous-préfet a interdit qu’on se réunisse ; nous, on ne part plus à la réunion », appuie Patrice Samen. Et Ndéfossockeng de renchérir : «on a écrit au gouvernement depuis un mois. Nous on dira que c’est le sous-préfet qui est venu exciter à la grève. Nous irons jusqu’au bout, et c’est le sous-préfet de Yaoundé II qui est venu exciter la grève ». Et l’autre de riposter: «allez donc dire ça ; ça ne me dérange pas », avant de regagner sa voiture.

Quelques minutes plus tard, l’homme qui a repris place dans sa voiture, revient sur sa décision, ou plutôt celle de sa « hiérarchie », et laisse les syndicalistes se réunir. A la seule condition que les journalistes n’y prennent pas part. Une trentaine de minutes d’échanges suffiront aux transporteurs de s’accorder sur la position et l’attitude à adopter face au Mintransports qu’il rejoindront aussitôt. Pour des formalités, puisque rien n’a plus changé. Les usagers devront se préparer à la marche dès le 28 mars prochain. Sauf si le gouvernement parvient entre temps à ramener les leaders syndicaux à la raison.

Les travailleurs du secteur du transport se plaignent de leurs mauvaises conditions de vie. Dans le prospectus qu’ils ont préparé pour vulgariser l’annonce du message de la grève, on peut lire entre autres « nous avons aussi droit à la vie, à un salaire raisonnable, à un travail décent». Indiquant que « le salaire du chauffeur taxi est de 20 000F/mois, celui du chauffeur de bus 70 places est de 40 000F/mois, et celui du chauffeur camion 70 000F/mois)». Or, « la plupart des prix ont connu une augmentation remarquable dans notre pays et nos salaires restent inchangés ; le transport clandestin a augmenté, nous empêchant de travailler,… ».

Les transporteurs attendent du gouvernement des actions concrètes dans la lutte contre le transport clandestin, la signature d’un nouvel arrêté d’assurance qui couvre aussi les moto-taxi, les véhicules du péri urbain et rural, la baisse des prix d’huile de vidange moteur et autres accessoires automobiles, le renchérissement du prix du taxi à 300F le jour et 350 F la nuit, le bouchage de tous les trous sur les axes routiers et la réfection des routes secondaires, la lutte contre les tracasseries policières et de gendarmes, la signature des décrets d’extension des deux conventions collectives des transports routiers, la limitation et le respect des zones réservées aux motos-taxis, la levée de la prévention routière du ministère des Transports, l’assainissement de leur secteur d’activités à travers la publication des résultats de la capacité spéciale et la multiplication des examens spéciaux.

- Publicité -

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here