Climat des affaires : près de 2 milliards pour recenser les entreprises

Financée par l’État avec l’aide des partenaires au développement, cette opération devrait permettre de disposer des informations détaillées sur les unités économiques en activité sur le territoire national.

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La réalisation du Recensement Général des Entreprises (RGE-3) est une étape essentielle pour le suivi des statistiques économiques au Cameroun, nécessaire à l’évaluation du niveau de mise en œuvre du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (Dsce) 2010-2020. Financée à hauteur de 1,9 milliards de francs CFA par l’Etat du Cameroun avec l’aide des partenaires au développement, l’opération vise les entreprises individuelles (formelles et informelles) et les entreprises sociétales (privées et publiques). Selon le chronogramme examiné par Défis Actuels, les activités du RGE-3 s’étalent sur le triennat 2020-2023. En effet, l’Institut National de la Statistique (INS), qui a pour mission principale, la collecte, l’exploitation, l’analyse et la diffusion des informations statistiques d’intérêt national, a déjà exécuté deux éditions du RGE. La première l’a été en 2009 et a permis de recenser 93 969 unités économiques. La deuxième réalisée en 2016, a actualisé le tissu productif en géolocalisant près de 210 000 unités, soit une augmentation de près de 123 % en l’espace de 7 ans. Il faut donc adapter ces données. « L’opération est en cours. Il est question dans le cadre du RGE-3 de collecter les données pour actualiser le répertoire national des entreprises en activité au Cameroun ; calculer les indicateurs structurels sur le secteur productif et fournir une base informationnelle pour le suivi-évaluation du système productif. Mais aussi calculer les indicateurs de démographies des entreprises puis fournir des données pour l’amélioration des comptes nationaux du pays » a confié Joseph Tedou, directeur général de l’INS.

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Les leçons du RGE-2


Avec 84,2 % d’unités recensées opérant principalement dans le commerce, le secteur tertiaire confirme sa très forte représentativité, contre 15,6 % pour le secteur secondaire (industrie) et 0,2 % pour le secteur primaire. « Bien que le commerce reste l’activité dominante en termes de nombre d’entreprises, on note une forte dynamique démographique dans les industries manufacturières (notamment l’agroalimentaire), et dans le secteur financier (les banques et assurances), l’hôtellerie, la restauration et l’immobilier », peut-on lire dans le document. Selon le RGE-2, les villes de Douala et Yaoundé concentrent à elles seules 60 % des entreprises, 61,6 % des emplois permanents et 76,4 % du chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires global des entreprises affiche 13 347 milliards de franc CFA (20,3 millions d’euros) en 2015, contre 10 225 milliards en 2008, soit une progression de 30,5 %, tandis que le chiffre d’affaires moyen a chuté de 116 millions de F CFA (177 000 euros) en 2008, à 65,6 millions de franc CFA en 2015. Si les moyennes et les grandes entreprises ont dégagé 82,2 % du chiffre d’affaires global en 2008 et 75,8 % en 2015, elles n’ont employé que 32,9 % des effectifs en 2015 contre 46,4 % en 2008. Les statistiques soulignent aussi, les préoccupations d’ordre fiscal qui demeurent importantes, même si elles se sont atténuées par rapport à 2009. 59 % des chefs d’entreprise les avaient citées comme des obstacles à l’entrepreneuriat, contre 54 % en 2016. Si, lors du précédent recensement, les entrepreneurs se plaignent ensuite des problèmes de financement (à 55,6 %) et de la corruption (à 50,6 %), ce sont les formalités administratives qui constituent l’apothéose.

Par Axel Abanda

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