AccueilCemacCEMAC : l’adoption du budget 2027 reportée avant la fin de l’année

CEMAC : l’adoption du budget 2027 reportée avant la fin de l’année

Face aux difficultés récurrentes de recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) et à la dégradation de la situation financière des institutions communautaires, les ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) ont décidé de reporter l’adoption du budget 2027 de la CEMAC. Une session extraordinaire est prévue avant la fin de l’année 2026.

L’adoption du budget 2027 de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devra donc attendre. Réunis en visioconférence le 2 octobre 2026, à l’occasion de la 46ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’UEAC, les ministres ont décidé de renvoyer l’examen et l’adoption du budget à une session extraordinaire qui devra se tenir avant la fin de l’année.

Ce délai doit permettre de mener des consultations approfondies auprès des États membres et surtout d’obtenir des engagements fermes ainsi que des modalités concrètes d’apurement des arriérés de contributions.

Le report est également destiné à permettre de satisfaire aux exigences liées à l’autonomisation du mécanisme de recouvrement de la TCI. Le Conseil des ministres a rappelé que la viabilité financière et l’indépendance de la Communauté reposent sur la sincérité et la régularité des reversements effectués par les États membres.

90,2 milliards de FCFA projetés

Lors des travaux du Comité inter-États préparatoires à cette 46ᵉ session, tenus du 26 au 28 septembre 2026, le vice-président de la Commission de la CEMAC, Charles Assamba Ongodo, avait indiqué que le projet de budget 2027 devait s’équilibrer en ressources et en charges à 90,2 milliards de FCFA.

Ce montant représente une progression de 5,03 % par rapport à l’exercice précédent. Élaboré sous le sceau de la prudence et de la sincérité, le projet tablait notamment sur des ressources ordinaires de 61,35 milliards de FCFA.

Mais la faiblesse chronique du recouvrement de la TCI constitue l’un des principaux points de fragilité du dispositif financier communautaire. À cela s’ajoute l’accumulation des arriérés de contributions des États, qui atteignaient 263,5 milliards de FCFA à fin 2025.

Le report de l’adoption du budget vise ainsi à obtenir des garanties sur la mobilisation effective des ressources nécessaires au financement du fonctionnement des institutions et des programmes communautaires.

Des réformes malgré le report

Le report budgétaire n’a toutefois pas empêché les ministres d’adopter plusieurs réformes destinées à renforcer la gouvernance de la CEMAC.

Ils ont notamment validé la création d’un Comité d’audit du Conseil des ministres, destiné à renforcer les mécanismes de contrôle, de transparence et d’orthodoxie financière.

Les ministres ont également adopté le Plan d’action stratégique (PAS) 2026-2030 de la Commission économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques (CEBEVIRHA). Ce document doit contribuer au développement de l’élevage, de la pêche et des industries animales, en cohérence avec les objectifs d’import-substitution dans la sous-région.

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Le calendrier des grands projets

Plusieurs dossiers techniques présentés par la Commission ont également été examinés. Il s’agit notamment de l’état d’avancement de l’élaboration du Plan stratégique 2027-2030 de la Commission, baptisé « PACTE 2030 », ainsi que du basculement progressif vers le Budget-Programme, prévu à l’horizon 2028.

Les ministres se sont également penchés sur l’état d’avancement de plusieurs grands projets d’intégration, notamment le programme forestier, le corridor Douala-Bangui et le lancement du Programme de sécurité sanitaire. La riposte contre la maladie à virus Ebola figurait également parmi les sujets examinés.

Les travaux ont par ailleurs porté sur la révision des professions comptables, le renforcement du Tarif préférentiel généralisé et la lutte contre le trafic de faux médicaments.

En clôturant les assises, le président du Conseil des ministres a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective des États membres pour assurer la viabilité financière de la Communauté.

« La mobilisation de nos ressources propres n’est plus une simple option technique, c’est un impératif vital pour garantir l’autonomie de notre communauté et financer les projets que nous venons d’acter », a-t-il déclaré.

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Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 06/10/2026

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