Bois durable : l’Etat veut renforcer le Centre de promotion du bois.

La réflexion vise à définir des actions concrètes pour soutenir la restructuration en cours de ce centre afin de valoriser les chaînes de valeur du bois au Cameroun et aider le secteur à connaitre une croissance moyenne de 4,5% par an jusqu’en 2030.

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L’Etat, définit la filière forêt-bois comme un important levier du développement industriel dans sa Stratégie Nationale de développement du SND 2020-2030. Ce qui doit passer par le renforcement de l’industrie de transformation du bois jusqu’à la troisième transformation, en vue de la fabrication des meubles, de la construction des logements, ainsi que des usages industriels. Dans l’atteinte de cet objectif, le Centre de Promotion du Bois (CPB) est cité comme devant jouer un rôle majeur. C’est pourquoi l’enjeu était au centre du deuxième dialogue de l’Initiative « Sustainable Wood for sustainable world» (Bois durable pour un monde durable) à Douala.

En effet, le gouvernement avait sollicité l’appui de la FAO pour soutenir les efforts de restructuration du Centre de promotion du bois. Ceci après la tenue en 2019, du premier dialogue de l’Initiative «Sustainable Wood for sustainable world». Laquelle avait identifié CPB parmi les éléments de valorisation des chaînes de valeur du bois au Cameroun. La FAO a entrepris une première analyse de la chaîne de valeur du bois domestique au Cameroun et de l’environnement politique et institutionnel entourant le CPB. Les résultats étaient donc au centre de la rencontre à Douala. L’idée étant de mobiliser des partenaires autour de la restructuration de ce centre «Le CPB est l’établissement qui va animer la chaine de valeurs du bois durable au Cameroun. Le WWF est un partenaire d’appui technique et stratégique du Cpb. Nous pouvons l’aider à faire aussi de l’in novation technologique, et surtout de process de production, vu que grâce à notre réseau mondial, nous sommes au fait des évolutions technologiques», indiquait Jean Bakouma, Directeur de la Conservation WWF Bassin du Congo.

Une cinquantaine d’experts du gouvernement, des organisations internationales, régionales et sous régionales, de la société civile et du secteur privé impliqués dans le développement du secteur forestier ont échangé pendant deux jours sur les actions prioritaires pour améliorer les contributions des chaînes de valeur du bois à une économie plus résiliente et carbone-neutre. Particulière ment des actions pour faire du Centre de promotion bois, une institution plus forte. Le centre est déjà en effet sous re structuration. En juin dernier, le ministère des forêts et de la Faune, a lancé un appel d’offres national, en vue du recrutement d’un prestataire pour effectuer les travaux de réparation des équipements techniques dudit centre rattaché à ce département ministériel.

Le contrat, financé par le fonds commun du Programme Sectoriel forêts et Environnement , s’élève à 103,5 millions de FCFA. La prestation devait consister au dépan nage de trois séchoirs, 44 machines de menuiserie, au dépannage et la mise en service de 9 machines d’affûtage, l’opérationnalisation de la station de traite ment du bois et l’installation d’un système d’aspiration centralisé des co peaux et sciure produits par les machines de menuiserie. Il faut dire que cette restructuration, en plus de participer à la vision du gouvernement à tra vers la SND30, s’aligne aussi aux axes d’intervention prioritaires du Plan de Convergence de la Comifac. Surtout dans un contexte où, les pays de la Cemac envisagent de suspendre les exportations du bois en grumes et renforcer l’industrie locale du bois.

Le Cameroun s’est par ailleurs engagé dans le cadre de la déclaration ministérielle pour le bois durable, lors du congrès forestier mondial à Séoul en mai 2022. Des technopoles du bois sont également en cours de mise en place ap prend-on. Outre la production de bio masse énergie, le développement de cette filière permettra de développer rationnellement l’exploitation et l’utilisation du bois et de renforcer la transparence dans la gestion des forêts communales et des forêts communautaires. Si cela est bien implémenté, le secteur forêt bois selon les estimations devrait connaître une croissance moyenne de 4,5% par an entre 2021 et 2030.

Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune :« Le centre doit devenir un outil sous-régional de promotion du bois »

« La feuille de route doit permettre l’implementation efficace des mesures arrêtées dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Premièrement pour donner au Centre de promotion du bois, des moyens plus flexibles, de devenir un élément sous régional de promotion du bois et la valorisation des techniques et de permettre au Cameroun de lutter contre le changement climatique. Les actions sectorielles pour atteindre nos objectifs ont consisté jusqu’ici à renforcer les mesures relatives à la commande publique et à promouvoir l’utilisation du bois d’origine légale et des produits dérivés bois pour limiter la forte propension à la commande des meubles en bois importée ; à former les artisans dans les techniques de séchage du bois et les nouvelles techniques rattachées au bois, à redynamiser le partenariat secteur public secteur privé afin de contribuer la transformation à l’échelle industrielle. Tout ce ceci se situe dans le cadre de la déclaration ministérielle pour le bois durable signée par mes soins pour le Cameroun lors du congrès forestier mondial à Séoul en mai 2022. Le centre de pro motion du bois, outil d’appui au développement des produits forestiers fait partie des instruments du gouvernement devant être utilisé pour la mise en œuvre de la SND30. Sa restructuration a été amorcée avec l’appui des partenaires au développement. Le statut juridique faisant du CPB un établissement public administratif à caractère technique et professionnelle a été élaboré et nous attendons le soumettre à la hiérarchie. »

Thais Linhares Juvenal, chef d’équipe foresterie durable, chaines de valeur, FAO « Le Cameroun perd beaucoup de ressources »

«Les pays du Bassin du Congo ne parlent pas d’arrêter l’exportation du bois vers l’étranger. Il y a plutôt une interdiction d’exportation de la grume, parce que c’est du bois qui n’est pas transformé. Par conséquent, son exportation ne bénéficie pas au pays de provenance, il n’a pas de valeur ajoutée. C’est le pays étranger qui transforme cette grume, qui jouit de toutes les valeurs ajoutées. Ce qui ne favorise pas le développement du pays. Le Cameroun a une industrie de bois déjà structurée, avec des entreprises, des menuisiers. Il four nit du bois pour le marché intérieur et africain, mais on ne se rend pas compte qu’il y a toute une économie forestière à développer. La filière est encore informelle, du coup, on perd beaucoup de ressources. On a un énorme potentiel pour le développement durable, la volonté politique et les capacités techniques pour faire mieux.»

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