Bassin du Lac tchad : 710 milliards de francs d’aide reçus en dix mois

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Ces fonds ont servi à répondre de manière adéquate aux besoins humanitaires les plus aigus, et à fournir une assistance à 8,2 millions de personnes ciblées.

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Dans le Bassin du Lac Tchad, au Cameroun, au Tchad, au Niger et au Nigeria, 10,6 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, principalement dans l’Extrême Nord du Cameroun, dans la région du lac au Tchad et dans la région de Diffa (Sud Est du Niger), ainsi que dans trois Etats du Nigeria, Adamawa, Borno et Yobe, selon Ocha, le Bureau des affaires humanitaires de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Après 12 ans de violence, les services sociaux de base et les ressources naturelles déjà limitées sont mis en épreuve. 3,3 millions de personnes sont en insécurité alimentaire. « La pire augmentation pour la première fois depuis quatre ans », affirme Ocha, qui relève au passage que c’est « la pire situation durant cette même période en quatre ans » et 400 000 enfants souffrent de malnutrition sévère. Près de 1 050 écoles ne fonctionnent pas dans le Bassin du Lac Tchad en raison des attaques, privant des milliers d’enfants d’éducation. 2,8 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur, dont 2 millions au Nigéria seulement, et 264 000 sont des réfugiés. La violence continue de se propager avec 70 incidents sécuritaires enregistrés en Octobre 2021, et causant la mort de 259 personnes.

Le Bassin du lac Tchad (Extrême-Nord au Cameroun, Lac au Tchad, Diffa dans le Sud-Est du Niger, ainsi que dans trois Etats du Nigeria, Adamawa, Borno et Yobe), est le théâtre d’atrocités des groupes djihadistes, selon l’ONU. Toutes ces zones sont confrontées, certaines depuis 2009, aux attaques meurtrières de Boko Haram et de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), issu d’une scission en 2016 de Boko Haram, selon leurs gouvernements. « Après 12 ans de violence, les services sociaux de base et les ressources naturelles déjà limitées sont mis à rude épreuve » dans cet espace, s’alarme Ocha. « La violence continue de s’étendre et les contraintes d’accès posent des problèmes supplémentaires pour l’acheminement de l’aide », note l’agence de l’Onu. Elle pointe notamment « trois attaques consécutives » menées en avril contre la ville nigériane de Damasak frontalière du Sud-Est du Niger, ayant « visé aussi directement la communauté humanitaire » et « entraîné un niveau de destruction sans précédent et placé des milliers de familles dans une situation critique ». Ces attaques ont été attribuées à l’Iswap.

TREIZE ANS DE CRISE

Répondre « de manière adéquate aux besoins humanitaires les plus aigus », dans la région, nécessitera « 5,1 milliards de dollars » en 2021, soit 1 450 milliards de FCFA. Mais en octobre 2021, « seuls 49 % (710 milliards F CFA) des fonds ont été reçus comme contribution des Etats et leurs partenaires », selon Ocha, après plus des trois quarts de l’année, seulement 49 % pour cent des fonds nécessaires ont été reçus. En 2019, la crise du bassin du lac Tchad a entamé sa dixième année. Elle est restée l’une des plus grandes urgences humanitaires au monde. C’est au Nigéria, en 2002, que le groupe militant islamique Boko Haram est apparu, revendiquant l’instauration d’un califat dans le nord du pays. Depuis 2009, les combattants de Boko Haram sont à l’origine de nombreuses attaques terroristes ayant déjà engendré la mort de plus de 20 000 personnes et des déplacements massifs de populations. En 2013, la crise s’est étendue géographiquement, englobant dès lors la région du lac au Tchad, le nord du Cameroun et le Diffa dans le sud-est du Niger.

Les attaques Boko Haram n’épargnent pas les populations civiles qui se retrouvent, malgré elles, au cœur du conflit. Des écoles ont été détruites.

Par Amandine Atangana

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