AccueilPolitique & SociétéAffaire Martinez Zogo : Un agent de renseignement se fâche et se lâche

Affaire Martinez Zogo : Un agent de renseignement se fâche et se lâche

Peter Ghyslain Tamoukong confie avoir travaillé sur le cas du confrère, sur ordre de Paul Biya et veut témoigner.

« Le président Paul Biya n’a pas respecté ses engagements. Paul Biya est venu me chercher quelque part où je bossais,… je me suis engagé, on m’a promis un poste à la Dgre. J’ai écrit au président plusieurs fois, pour lui dire : ‘’Monsieur le président, on ne m’a pas soldé depuis. Ce que vous m’avez promis, je n’ai pas reçu : je n’ai pas été intégré à la Dgre, et je n’ai pas reçu la reconnaissance nationale». Sur les antennes de Naja TV, une chaîne de télévision camerounaise émettant sur internet, Peter Ghislain Tamoukong crache son venin.

Son nom n’est pas familier de la scène publique camerounaise. Mais l’homme vient de sortir du silence pour commencer à se tailler une place dans l’espace public national. L’homme se présente comme un agent de renseignement recruté par feu Jean Marie Aléokol, ancien secrétaire d’Etat à la Défense en charge de la gendarmerie nationale. Pour travailler au sein d’une certaine cellule Alpha, pour le compte du président de la République directement. Et comme on peut le constater, l’argent est au centre de son mécontentement. Non sans souligner que « c’est Paul Biya qui me fait revenir au Cameroun ».

Un Paul Biya méconnu

Mais mieux que l’argent et la frustration, « je voudrais que vous (Paul Biya, Ndlr) disiez quelque chose par rapport à l’affaire Martinez Zogo. Vous savez ce qui s’est passé, nous avons travaillé là-dessus et on vous a remis un rapport ; donc vous connaissez la vérité », assène-t-il. Las d’attendre une réaction du président de la République à ses saisines. Du coup, cet ancien agent de renseignement doute que ce soit encore Paul Biya qui tienne encore les rênes de la République. « Martinez Zogo parlait déjà de sosies à la présidence», se souvient-il. Convaincu que « le président Paul Biya que je connais, ne peut pas accepter que je lui écrive sept fois sur des choses pareilles et qu’il ne réagisse pas». Soutenant que, « on ne change pas à 90, 91 ans. Le président Paul Biya n’est pas ingrat». Entre temps, l’homme a de la compassion pour la famille de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude FM, enlevé le 17 janvier 2023, et dont le corps mutilé a été retrouvé sur une terre nue cinq jours plus tard, dans la banlieue de Soa, près de Yaoundé.

L’homme qui en sait quelque chose, veut jouer sa partition. On apprend que, plutôt que les 17 personnes en détention dans le cadre de cette affaire, ce sont exactement 36 personnes qui sont impliquées dans l’assassinat de Martinez Zogo, « commanditaires et complices ». En détail, l’invité de Brand Kamga sur Naja TV, parle de 8 ministres, 3 ou 4 hauts gradés de l‘armée qui « étaient au courant » de ce qui se préparait contre Martinez Zogo. « Le rapport des conclusions se trouve à Etoudi chez le président, et c’est même la raison pour laquelle j’écris au président», insiste-t-il.

Martin Savom

Désormais déchaîné contre le système qu’il a servi, Tamoukong trouve que « beaucoup de gens ont travaillé à la présidence de la République, mais ne connaissent pas le président Paul Biya». Indiquant que le président de la République « aime savoir pourquoi…il ne parle pas mais il sait ». Et surtout, que Paul Biya dispose d’une cellule d’écoute qui suit ses collaborateurs au quotidien. « Bien avant l’assassinat de Martinez, il y avait déjà une affaire Martinez à la présidence. Depuis deux mois, le président avait instruit une enquête. Et comme je vous l’ai dit, le président aime savoir pourquoi. Alors, nous devions répondre à la question ‘’pourquoi Modeste Mopa qui était directeur général des Impôts fournissait des informations sensibles à Martinez pour qu’il les diffuse ?’’. Et lorsque Martinez Zogo est mort, vous voyez que c’était une suite logique d’une enquête », trahit-il. Et d’indiquer que « le président veut savoir qui et pourquoi on a tué Martinez Zogo». Et d’ajouter que « le président voulait une réponse rapide».

L’homme qui déclare avoir saisi la justice militaire pour apporter sa contribution à la manifestation de la vérité sur la mort de ce dénonciateur. Peter Ghislain Tamoukong déclare que « dans ma correspondance, j’ai dit au président que ‘’si vous ne réagissez pas, je serai obligé de réagir’’». Et en attendant que Paul Biya réagisse, ou même que le tribunal militaire de Yaoundé lui ouvre ses portes, Peter Ghislain Tamoukong lâche des bribes d’informations sur l’affaire. « Martin Savom, c’est le Zinedine Zidane de cette affaire. Il n’y a pas une grande distance entre lui et les commanditaires», glisse-t-il. En clair, l’ancien maire de Bibey est selon lui un personnage central de ce drame.pour news 

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