Deux cargaisons d’équipements de génie civil attendent leur distribution au Cameroun. Arrivées au port de Douala, elles font actuellement l’objet de procédures de dédouanement. Ces équipements proviennent des États-Unis et entrent dans le cadre d’un accord de 83 millions de dollars, soit environ 50 milliards de FCFA, conclu entre le gouvernement camerounais et l’équipementier américain Hoffman International. L’annonce a été faite dans le cadre du premier dialogue économique et commercial entre le Cameroun et les États-Unis, tenu à Yaoundé du 27 au 28 août 2026. Hoffman Equipment, distributeur basé dans le New Jersey, fournit des équipements de levage lourd, de construction et d’entretien routier. L’entreprise accélère actuellement l’acheminement des deux premières cargaisons déjà débarquées à Douala.
DES ENGINS POUR LES COMMUNES
Le matériel est acheté par le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM). Les communes doivent l’utiliser pour renforcer leurs capacités en matière de construction et d’entretien des infrastructures. Le dispositif ne se limite pas à la fourniture des machines. Les équipements doivent aussi servir à former les opérateurs et les mécaniciens du FEICOM. L’objectif est de disposer de personnels capables d’utiliser ces engins et d’en assurer l’entretien.
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Accords économiques Cameroun-États-Unis
Le calendrier prévoit trois cargaisons au total. Leur livraison doit être achevée d’ici avril 2027. Cette échéance doit permettre au Cameroun de disposer progressivement d’un parc d’équipements destiné à soutenir les projets locaux d’infrastructures. Le besoin reste important. Routes, écoles, hôpitaux et autres équipements collectifs nécessitent des moyens matériels adaptés pour accélérer leur réalisation et leur entretien.
UN FINANCEMENT ADOSSÉ À UNE GARANTIE AMÉRICAINE
C’est en mai 2024 que le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et Christopher Lamora, ambassadeur des États-Unis au Cameroun, avaient signé cet accord de prêt portant sur 50,25 milliards de FCFA, soit 83 millions de dollars, en faveur du développement local décentralisé. La transaction est rendue possible en partie grâce à une garantie de prêt de l’Export-Import Bank des États-Unis. Le financement associe ainsi l’appui américain à l’acquisition d’équipements destinés aux collectivités locales camerounaises.
CINQ SITES POUR ABRITER LES MACHINES
Le projet prévoit également la construction de structures destinées à accueillir les équipements dans cinq villes du pays. Il s’agit de Koutaba, Mandjou, Maroua, Mfou et Tiko. Ces installations doivent accompagner le déploiement du matériel dans les collectivités bénéficiaires. Elles constituent un maillon supplémentaire de l’investissement, au-delà de l’achat des engins.
Développement des infrastructures au Cameroun
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Pour les États-Unis, cette opération illustre aussi l’élargissement des investissements de leurs entreprises au Cameroun. Les sociétés américaines présentes dans le pays interviennent déjà dans plusieurs domaines, notamment l’énergie, l’hôtellerie, la sécurité et les technologies de l’information. Dans le secteur des infrastructures, l’accord avec Hoffman Equipment marque surtout une approche fondée sur l’équipement et la montée en compétence. Les deux dimensions avancent ensemble. Les machines arrivent. La formation doit suivre. Le calendrier fixé à avril 2027 donnera la mesure de la capacité des partenaires à transformer cet accord financier en moyens opérationnels pour les communes camerounaises.
Interview
SARAH TROUTMAN, Secrétaire d’État adjointe déléguée aux Affaires d’Afrique centrale pour les USA
« Nous voulons créer davantage de possibilités pour les entreprises américaines d’investir au Cameroun »
« Je suis très honorée d’être au Cameroun pour la deuxième fois cette année, à l’occasion de l’inauguration du premier dialogue économique et commercial. Je suis vraiment enthousiaste à l’idée des discussions que nous avons eues. Nous nous sommes concentrés non seulement sur les discussions, mais aussi sur des résultats concrets démontrant que notre partenariat repose non seulement sur les paroles, mais également sur des actions concrètes.
Nous avons commencé par examiner l’environnement des affaires et les réformes qui peuvent être mises en œuvre afin d’accroître la confiance et de créer davantage de possibilités pour les entreprises américaines d’investir au Cameroun. Nous nous sommes penchés ensuite sur les opportunités que nous identifions au Cameroun dans des secteurs clés tels que les TIC, les technologies financières, les minerais critiques, les infrastructures, les transports et bien d’autres.
Nous avons signé ensuite des engagements et honoré ceux pris par les entreprises américaines pour établir des partenariats au Cameroun, afin de donner une traduction concrète à nos discussions. Nous nous engageons également à nous réunir à nouveau l’année prochaine pour une nouvelle édition de ce dialogue. Ce n’est donc que le début, mais je me réjouis des discussions que nous avons eues.
Nous examinerons un éventail de questions, notamment la fiscalité, les douanes et la logistique, ainsi que d’autres réglementations. Nous espérons certainement avoir une discussion productive. Nous savons que toutes ces questions ne pourront pas être résolues aujourd’hui, parce qu’il s’agit d’un processus, et que nous continuerons à travailler avec nos partenaires camerounais pour poursuivre les échanges au fur et à mesure que ces réformes deviendront une réalité.»
Par Fabrice BELOKO
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