Le différend qui oppose depuis plusieurs mois la Société nationale des mines (SONAMINES) aux promoteurs des bureaux d’achat et comptoirs de commercialisation de l’or et du diamant a franchi une nouvelle étape. Réunis le 13 août 2026 au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique (MINMIDT), les différents acteurs ont confronté leurs lectures des textes régissant la commercialisation de l’or. Au cœur du désaccord : l’étendue de l’exclusivité reconnue à la SONAMINES et, parallèlement, le droit des opérateurs privés agréés à exercer. Faute de consensus, le dossier pourrait être soumis à l’arbitrage du Premier ministre.
La clarification des rôles des différents acteurs de la commercialisation de l’or au Cameroun reste un sujet à polémique. Le différend qui oppose depuis plusieurs mois la Société nationale des mines (SONAMINES) aux promoteurs des bureaux d’achat et comptoirs de commercialisation de l’or et du diamant a franchi une nouvelle étape. Réunis, le 13 août 2026 au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique (MINMIDT), les différents acteurs ont confronté leurs lectures des textes régissant la commercialisation de l’or. Au cœur du désaccord : l’étendue de l’exclusivité reconnue à la SONAMINES et, parallèlement, le droit des opérateurs privés agréés à exercer. Faute de consensus, a-t-on appris, le dossier pourrait être soumis à l’arbitrage du Premier ministre.
DÉFINIR UN CADRE DE COLLABORATION MUTUELLEMENT BÉNÉFIQUE
Commercialisation de l’or au Cameroun
Pourtant, le Syndicat des bureaux d’achat à la SONAMINES, avaient échangé, le 12 mars 2026 dans les locaux de la Direction générale de la SONAMINES, en vue de la définition d’un cadre de collaboration mutuellement bénéfique. A cette occasion, Ousmanou Aladji Hamadou, président du Syndicat national des promoteurs des bureaux d’achat des diamants, or et orpailleurs du Cameroun (Synaprobadiocam), dans un plaidoyer à l’endroit de la Direction générale de la SONAMINES S.A, avait présenté les difficultés auxquelles ses membres qui sont pour la plupart des Bureaux d’achat, font face dans l’exercice de leurs activités, du fait selon eux, des incohérences dans le dispositif légal et règlementaire qui encadre les activités de commercialisation des substances précieuses et semi-précieuses au Cameroun, matérialisées par le monopole de la SONAMINES S.A dans le secteur aurifère, de par l’exclusivité qu’elle détient. Toutes choses qui expliqueraient la non attribution par la SONAMINES S.A, des agréments aux comptoirs de commercialisation malgré de nombreuses demandes.
Et, le DG de la SONAMINES S.A avait tenu à préciser que la SONAMINES S.A est une entreprise publique qui est investie de la mission de gestion des intérêts de l’Etat dans le secteur minier et dont la feuille de route est tout à fait conforme à la vision du Chef de l’Etat, consacrée par la loi portant Code minier et ses textes d’application qui font notamment de la SONAMINES S.A, le comptoir unique de commercialisation des substances précieuses et semi-précieuses, tout en lui donnant la possibilité d’agréer d’autres comptoirs. Cet arsenal juridique et institutionnel traduit à suffisance, l’option stratégique de l’Etat, de reprendre la main sur ses ressources aurifères à travers la SONAMINES S.A.
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Rôle de la SONAMINES
Serge Hervé Boyogueno, le DG de la SONAMINES S.A avait fait connaître qu’actuellement, plus d’une centaine de bureaux d’achat, régulièrement autorisés par le ministère en charge des Mines, œuvre dans ce secteur sans aucune visibilité. Il a tenu à rappeler qu’en 2025, première année d’application des textes réglementaires régissant la commercialisation des substances précieuses, aucun gramme d’or n’a été exporté par les voies formelles ; toute chose qui questionne l’usage fait de cette centaine d’autorisations. Cette situation critique, entache en même temps, la traçabilité des ressources aurifères et la crédibilité du secteur minier camerounais, alors même que l’Etat est engagé dans la constitution de ses réserves d’or stratégiques.
De la production à l’exportation, l’activité aurifère au Cameroun repose sur l’intervention coordonnée de plusieurs administrations. Le MINMIDT, la SONAMINES, les Impôts, les Douanes, les forces de sécurité et le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley se répartissent les missions de régulation, de contrôle, de fiscalité et de traçabilité.
Conflits miniers au Cameroun
POURTANT LES RÔLES SONT CLAIREMENT DÉFINIS…
De la production à l’exportation, l’activité aurifère au Cameroun repose sur l’intervention coordonnée de plusieurs administrations. Le MINMIDT, la SONAMINES, les Impôts, les Douanes, les forces de sécurité et le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley se répartissent les missions de régulation, de contrôle, de fiscalité et de traçabilité.
Le MINMIDT demeure l’autorité de régulation du secteur. Il définit la politique minière, attribue les titres miniers et veille au respect de la réglementation. Il cosigne notamment, avec la SONAMINES, les certificats d’exportation établis à partir des sites de production. La SONAMINES occupe une position centrale dans la chaîne aurifère. Mandatée par l’Etat pour contrôler et suivre la production et la commercialisation de l’or issu de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée, elle assure également la collecte de la quote-part de l’Etat et de la taxe à l’exportation à la source, en collaboration avec les Douanes. Elle initie par ailleurs la procédure d’exportation.
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Pour sa part, la Direction générale des Impôts (DGI) conserve sa compétence fiscale sur le secteur. Elle peut intervenir aux côtés de la SONAMINES ou effectuer des contrôles et redressements conformément aux procédures fiscales en vigueur. De son côté, la Direction générale des Douanes (DGD) assure le contrôle de la conformité des cargaisons avant leur sortie du territoire. Aux frontières terrestres, maritimes et aériennes, elle vérifie notamment la concordance entre les quantités exportées et celles certifiées par les autorités compétentes. Les cargaisons dépourvues de documents réguliers peuvent être saisies. Les forces de sécurité, notamment la Gendarmerie nationale, la Police et l’Armée, apportent leur concours aux opérations de contrôle, à la sécurisation des sites et à la lutte contre l’exploitation clandestine et les trafics transfrontaliers. Elles peuvent également procéder à des saisies lorsque l’origine légale de l’or ne peut être établie.
Enfin, le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley (SNPPK) contribue à la traçabilité internationale des substances précieuses et à la conformité du Cameroun aux standards internationaux. Cette répartition des responsabilités vise ainsi à renforcer la traçabilité de l’or camerounais, à sécuriser les recettes de l’État et à lutter contre les circuits clandestins, depuis le site d’extraction jusqu’à l’exportation. Une explication du processus qui interviennent alors que le Cameroun fait face à de sérieux trafic illégal d’or. Les pertes fiscales sur les 44 tonnes pour l’État pour cinq ans sont de l’ordre de 557 milliards de FCFA, a reconnu, le 24 juillet, le ministère des Mines.
Par Blaise NNANG
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