Le Cameroun figure désormais parmi les marchés africains ciblés dans la stratégie commune des deux entreprises en matière d’énergies renouvelables. Le directeur général d’Elsewedy Electric, Ahmed Elsewedy, a indiqué que le groupe égyptien et la Société nationale de l’électricité et du gaz d’Algérie (Sonelgaz) étudient actuellement la création d’une coentreprise destinée à développer des projets solaires et éoliens sur le continent.
Selon des informations rapportées le 19 mai par Asharq Business, média économique spécialisé du groupe saoudien Saudi Research and Media Group (SRMG), le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Cameroun figurent parmi les marchés identifiés dans le cadre de cette initiative. Ahmed Elsewedy a également précisé que sept projets sont actuellement à l’étude avec les autorités algériennes. Parallèlement, le groupe égyptien examine aussi des opportunités dans la fabrication de câbles à fibre optique afin de répondre aux besoins du marché algérien, mais également à ceux d’autres pays africains.
Cette orientation intervient dans un contexte particulier pour le Cameroun, qui cherche justement à attirer des investisseurs capables de financer une part importante de sa stratégie énergétique. Le pays a récemment adopté une nouvelle feuille de route, baptisée Compact énergétique national (CEN), destinée à restructurer le secteur de l’électricité à l’horizon 2030.
UN TERRAIN PRÉPARÉ POUR ATTIRER LES CAPITAUX PRIVÉS
Le projet camerounais repose sur un besoin total de financement estimé à 12,5 milliards de dollars, soit près de 7 750 milliards de FCFA. Sur ce montant, l’État prévoit de mobiliser 6,5 milliards de dollars, correspondant à environ 3 674 milliards de FCFA, auprès du secteur privé. Les documents officiels décrivent un mécanisme associant investissements publics, financements concessionnels et capitaux privés afin de soutenir le développement des infrastructures de production, de transport et de distribution d’électricité, tout en accélérant l’intégration des énergies renouvelables dans le système énergétique national.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’objectifs particulièrement ambitieux. Yaoundé prévoit de fournir un accès à l’électricité à près de huit millions de personnes supplémentaires et de porter le taux d’accès national à 100 % d’ici à 2030, contre 74 % en 2025, selon les données communiquées par le ministère de tutelle. Le gouvernement ambitionne également de faire progresser le taux d’accès à la cuisson propre à 40 %, contre 23,4 % en 2022, tout en portant la part des énergies renouvelables à 10 % du mix électrique national.







