« L’initiative du Président de la République participe de sa volonté bien connue pour une amélioration constante des institutions », a déclaré Théodore Datouo, président de l’Assemblée nationale, par ailleurs président du congrès qui s’est ouvert ce 2 avril 2026 au Palais des Verres Paul Biya à Yaoundé. Députés et sénateurs sont réunis pour examiner une révision constitutionnelle qui pourra introduire, un poste d’un vice-président de la République au Cameroun.
Le dispositif repose sur une logique de nomination directe par le chef de l’État, qui conserve la possibilité de mettre fin aux fonctions du titulaire. Les attributions du Vice-Président ne sont pas autonomes. Elles relèvent d’une délégation expresse, encadrée par le Président de la République. La durée de ses fonctions s’aligne strictement sur celle du mandat présidentiel.
Le texte déposé sur la table des parlementaires reconfigure surtout la gestion de la vacance du pouvoir. En cas d’empêchement ou de décès du chef de l’État, le Vice-président est ainsi appelé à achever le mandat en cours, après prestation de serment dans les mêmes conditions. Une fois en fonction, il désigne à son tour un Vice-Président pour l’assister. Si ce dernier est empêché ou si le poste n’est pas pourvu, le recours aux urnes s’impose pour élire un nouveau Président. Dans l’intervalle, l’intérim revient de plein droit au président du Sénat.
Au-delà de la succession, la réforme prévoit encadrer le statut du futur Vice-Président. Celui-ci sera soumis aux mêmes incompatibilités que le chef de l’État. Il relèvera de la Haute Cour de justice et devra déclarer ses biens et avoirs. Les modalités liées aux immunités, avantages et autres éléments de traitement seront fixées ultérieurement par une loi spécifique.
Le projet s’inscrit dans la continuité du discours de prestation de serment de Paul Biya en novembre 2025. Le chef de l’État y annonçait des réformes destinées à adapter les institutions aux exigences contemporaines. La modification envisagée touche plusieurs articles de la Constitution, notamment ceux relatifs à l’organisation du pouvoir exécutif et aux mécanismes de vacance.
Ses implications dépassent le seul texte fondamental. Deux lois organiques devraient être ajustées. Le Code électoral pour intégrer les nouvelles règles de prestation de serment et de vacance. La loi sur le Conseil constitutionnel pour encadrer la constatation de cette vacance.
Dans l’argumentaire officiel, la création d’un Vice-Président vise à renforcer l’efficacité de l’action publique et à éviter le recours systématique à des scrutins coûteux en cas de vacance. Elle permet aussi de maintenir la gestion de la transition au sein de l’exécutif, sans solliciter immédiatement le Parlement.







