La croissance économique du Cameroun devrait s’établir à 3,3 % en 2026, d’après les services du Fonds monétaire international, qui ont rendu publiques leurs conclusions le 30 mars 2026 à l’issue des consultations au titre de l’Article IV. Cette progression attendue intervient après un ralentissement à 3,1 % en 2025, que l’institution attribue notamment aux perturbations enregistrées dans le contexte post-électoral.
Dans son communiqué, l’institution financière souligne que cette reprise s’appuie sur une activité économique qui « reste soutenue par la poursuite des investissements publics », un levier que les autorités camerounaises continuent de mobiliser pour soutenir la demande et les capacités productives. Les perspectives à moyen terme restent orientées à la hausse. Les services du FMI évoquent une croissance qui pourrait atteindre 3,8 % en 2027 avant de se rapprocher de 4,6 % dans les années suivantes.
Une trajectoire qui, selon l’institution, reflète la capacité de l’économie camerounaise à maintenir une certaine résilience malgré un environnement contraint. Ces prévisions interviennent alors que les autorités nationales, à travers le projet de loi de finances 2026 récemment adopté, affichent des ambitions plus élevées. Elles tablent sur une croissance de 4,3 %, soutenue par le dynamisme du secteur non pétrolier, avec en première ligne l’industrie, l’agriculture, les télécommunications et les services financiers.
Le budget prévoit également une augmentation des dépenses d’investissement, orientées vers les infrastructures de transport, l’énergie et le développement des chaînes de valeur agricoles.
Dans son analyse, l’institution met en avant plusieurs facteurs de vulnérabilité susceptibles d’affecter la trajectoire de croissance. Elle cite notamment un possible durcissement des conditions financières à l’international, la volatilité des prix des matières premières, ainsi que les contraintes sécuritaires et climatiques qui continuent de peser sur certaines régions.
À ces éléments s’ajoute l’éventualité d’une réduction de l’aide extérieure, qui pourrait compliquer le financement de certains projets publics.
Face à ces risques, le FMI recommande des ajustements ciblés des politiques publiques. Il appelle notamment à la mise en place d’un mécanisme automatique de fixation des prix des carburants et à un meilleur ciblage des aides sociales, afin de limiter les pressions sur les finances publiques tout en protégeant les populations les plus vulnérables.







