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Barrage Nachtigal : Manque d’eau et réseau incomplet freinent production et distribution

Malgré un poids déjà significatif dans l’approvisionnement électrique, l’ouvrage ne délivre pas encore tout son potentiel. En cause, des débits insuffisants en saison sèche et des limitations persistantes sur certaines lignes de transport.

À Nachtigal, dans la région du Centre, la production d’électricité reste en deçà des capacités installées, freinée à la fois par une hydrologie défavorable et par un réseau de transport encore inachevé. Sur le site, visité le 18 mars par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, les écrans de la salle de commande donnent la mesure de ces contraintes. À 8 heures, le jour de la visite, environ 3 900 m³ d’eau par seconde traversaient les turbines, un niveau jugé insuffisant pour faire fonctionner l’ensemble des groupes à plein régime, selon les données communiquées sur place.

 Dans ces conditions, seuls trois groupes produisent, chacun autour de 70 MW, soit une puissance totale de 210 MW, bien en dessous des 420 MW attendus à terme. Le ministre Gaston Eloundou Essomba, qui s’exprimait devant la presse, a détaillé les limites actuelles du système en insistant sur le rôle déterminant du débit. Il a expliqué que chaque groupe nécessite environ 150 m³ d’eau par seconde pour fonctionner de manière optimale, avant de préciser que « nous sommes en période d’étiage, ce qui signifie que la quantité d’eau que le barrage reçoit peut baisser.

Le volume actuellement disponible provient des barrages en amont et cela ne permet pas de produire plus ». Cette contrainte saisonnière, bien connue des exploitants hydroélectriques, devrait toutefois s’atténuer dans les prochains mois. Toujours selon le membre du gouvernement, le retour des pluies pourrait modifier sensiblement l’équation de production. « Le volume d’eau disponible va certainement augmenter puisque nous passerons de l’étiage à la saison des pluies. Cela va nous permettre d’augmenter la production », a-t-il indiqué, évoquant une montée possible autour de 300 MW à partir de juillet.

LES LIGNES DE TRANSPORT UN PROBLÈME CONNU DE LONGUE DATE

Mais au-delà du facteur hydrologique, c’est aussi l’acheminement de l’électricité qui limite aujourd’hui l’exploitation optimale de Nachtigal. D’après les explications fournies par le ministre au micro de Cameroon Tribune, l’énergie produite est intégralement injectée dans le réseau et transite par le poste de Nyom II pour alimenter principalement les régions du Centre, du Sud et de l’Est, dont la demande cumulée avoisine 375 MW. Dans ce contexte, toute hausse de production se heurte à des goulets d’étranglement en aval.

 Le point critique se situe entre Edéa et Douala, où les infrastructures existantes ne permettent pas d’absorber des volumes supplémentaires. « Entre Edéa et Douala, il y a un problème, ce bout de ligne est congestionné et des travaux sont en cours pour construire un nouveau corridor qui part de Yaoundé avec 400 kV et arrive à Edéa, puis prend la ligne de 225 kV et arrive à Ngodi, Bakoko à Douala. Cette ligne sera achevée au mois de juin 2026, ce qui va correspondre à la remontée du niveau de production et il y aura un deuxième couloir qui va transporter aisément cette énergie », a expliqué Gaston Eloundou Essomba.

 Le membre du gouvernement a également tenu à souligner que le calendrier des infrastructures de production et de transport a été pensé de manière coordonnée, tout en reconnaissant les aléas propres aux projets de lignes électriques. Il a notamment évoqué les difficultés liées à la libération des emprises et aux indemnisations, qui ralentissent certains chantiers. Selon lui, ces obstacles devraient être levés d’ici mi-2026, horizon auquel « le problème de transport de l’électricité sera totalement résolu ».

 Exploitée par NHPC, avec l’appui de la Sonatrel dirigée par Victor Mbemi Nyaknga, la centrale de Nachtigal affiche pourtant des performances notables depuis sa mise en service en mai 2025. D’après les données communiquées par les responsables du projet, elle a déjà contribué à hauteur d’environ 30 % au mix énergétique national, pour une production annuelle estimée à 2,9 TWh

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