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Formation supérieure : le Minesup intègre l’expertise chinoise dans la formation dans les BTP

Le Ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) et la société chinoise de BTP China First Highway Engineering Co., Ltd. (CFHEC) ont signé, le mardi 13 janvier 2026 à Yaoundé, un accord-cadre de partenariat visant à rapprocher la formation universitaire des besoins réels du marché du travail, en particulier dans les métiers de la construction des grandes infrastructures.

La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Hilton, dans la capitale politique, en présence de membres du gouvernement, du représentant de l’ambassade de Chine au Cameroun, des recteurs et vice-chanceliers des universités d’État, des responsables des services centraux du ministère, de dirigeants d’établissements d’enseignement supérieur et d’étudiants. L’accord a été paraphé côté camerounais par le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, et côté chinois par Zhao Zongzhi, directeur général technique de la CFHEC, basé à Pékin.

Un dispositif centré sur l’employabilité Au cœur du partenariat entre le Minesup et l’entreprise chinoise, figure un programme de formation professionnelle destiné aux étudiants et jeunes diplômés des universités camerounaises. L’objectif opérationnel est l’amélioration de l’employabilité à travers la « capacitation » des apprenants, c’est-à-dire le renforcement de leurs compétences pratiques, et leur certification dans les métiers liés aux infrastructures routières et de transport. Le dispositif introduit un mécanisme de « double qualification ».

Concrètement, l’étudiant conserve le diplôme académique délivré par son université, tout en obtenant une certification professionnelle délivrée par la CFHEC. Cette certification, reconnue à l’international, atteste des compétences techniques acquises sur le terrain et vise à faciliter l’insertion professionnelle immédiate après la formation.

 LE MODÈLE PÉDAGOGIQUE 70/20/10

Le programme MINESUP-CFHEC repose sur un schéma d’apprentissage dit « 70/20/10 », largement utilisé dans la formation professionnelle. Il prévoit que 70 % du temps de formation soit consacré à la pratique réelle, notamment sur les chantiers et dans les bureaux d’études, 20 % au mentorat assuré par des ingénieurs et techniciens expérimentés de la CFHEC, et 10 % à des enseignements théoriques ciblés.

 Cette approche vise à réduire l’écart souvent constaté entre la formation universitaire classique et les exigences concrètes des entreprises du secteur du BTP. Les bénéficiaires sont ainsi formés directement dans des conditions proches de celles de l’emploi.

UNE PROGRESSION PAR GRADES PROFESSIONNELS

Le parcours de formation est structuré autour de cinq grades professionnels, allant de l’ouvrier certifié à l’ingénieur certifié. Chaque niveau correspond à un ensemble de compétences validées, permettant une progression graduelle et mesurable. L’intérêt économique de ce système réside dans la standardisation des compétences, facilitant leur reconnaissance par les entreprises locales et étrangères.

Pour les universités, le partenariat implique une adaptation des curricula et un lien plus direct avec l’entreprise, sans remettre en cause le cadre académique existant. Pour les étudiants, il s’agit d’un accès à une formation pratique rarement disponible à grande échelle dans l’enseignement supérieur public.

ENJEUX NATIONAUX ET BESOINS EN MAIN-D’ŒUVRE

La CFHEC est un acteur majeur des infrastructures de transport. L’entreprise compte plus de 25 000 employés, opère dans une vingtaine de pays. Elle est spécialisée dans la construction d’autoroutes, de voies ferrées et de projets de transport urbain.

Au Cameroun, elle a réalisé les phases 1 et 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala et intervient également sur l’axe Yaoundé-Nsimalen. Dans ce contexte, le partenariat répond à un besoin structurel : disposer d’une main-d’œuvre nationale qualifiée pour accompagner la multiplication des grands projets d’infrastructures, conformément aux orientations de développement à long terme du pays, notamment la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

 Du point de vue économique, l’accord s’inscrit dans une logique de substitution progressive de compétences locales aux expertises importées, avec des effets attendus sur l’emploi, les revenus des ménages qualifiés et la durabilité des investissements publics et privés dans les infrastructures.

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