Les images sont pour le moins violentes. Des élèves qui s’affrontent avec la police. Matraques contre cailloux. Les éléments des forces de l’ordre sont submergés par le nombre des assaillants. Les élèves parviendront à détruire la cantine de l’établissement et des bureaux administratifs saccagés. Tout comme le véhicule de la proviseure vandalisé.
A l’origine de cette scène de violence, la mort d’un élève de ce lycée du troisième arrondissement de la ville de Yaoundé, par accident. Deux thèses s’affrontent. « Selon les élèves avec qui j’ai échangés, deux de leurs camarades arrivés ce matin à bord de leur moto ont essuyé un refus de la proviseure de les laisser entrer dans l’établissement, prétendant que le parking du lycée est réservé uniquement au personnel administratif. Renvoyés à la maison, les deux élèves ont trouvé la mort, percutés par un véhicule », rapporte le lanceur d’alertes Nzui Manto. Une thèse en rectificatif à celle initialement avancée par la même source. Le lanceur d’alertes a préalablement annoncé que les élèves en question avaient été renvoyés « pour une histoire de cheveux non coupés». Ce qu’une source voisine du lycée technique de Nsam soutient : « Ils ont été chassés parce qu’ils ne s’étaient pas rasés les cheveux ; et pendant qu’ils rentraient à moto, ils ont été percutés par une voiture et un camion les a écrasés».
01 mort et non 02
Dans une mise au point, Henri Bomba, chargé de la communication spéciale du ministre des Enseignements secondaires (Minesec), penche vers cette thèse : « un autre élève a été chassé de l’établissement par les surveillants pour coiffure non conforme aux dispositions du règlement intérieur. A l’annonce de l’accident mortel, certains élèves, croyant à tort que la victime était leur camarade précédemment renvoyé, en guise de représailles contre l’administration, se sont livrés à des actes de vandalisme contre les infrastructures et les équipements du lycée». Indiquant qu’il s’agissait de trois élèves qui se trouvaient à bord de cette moto conduite par l’un d’eux : « le conducteur est décédé sur place, tandis que l’un d’eux a été plongé dans le coma. Le troisième élève ne présenterait pas de danger immédiat, selon les informations disponibles».
Il semble que cet accident trouve une situation déjà tendue d’autant plus que des sources indiquent que « les élèves accusent la proviseure d’être une dictatrice qui les oppresse depuis le début de rentrée scolaire.». Cette dernière était déjà la première cible des élèves déchaînés. Elle a pu s’échapper, autant que les autres membres de l’administration du lycée. On apprend que la situation est déjà sous contrôle, grâce à l’intervention du sous-préfet de Yaoundé 3, à la tête d’une délégation comprenant des forces de maintien de l’ordre, et des responsables des forces de maintien de l’ordre et des services déconcentrés du Minesec.






