Prévention routière : la gendarmerie nationale applique la tolérance zéro.

Magistrats, militaires, policiers et particuliers pris en excès de vitesse n’ont pas échappé à la vigilance et au professionnalisme des pandores déployées le week-end dernier sur l’axe.

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Samedi 3 décembre 2022, il est 10 heures et des poussières au poste fixe de Bikok près de Mbalmayo. L’émetteur, posé sur une table annonce l’arrivée imminente d’un véhicule privé de marque Toyota. L’automobiliste au volant a été flashé par un radar, à une vitesse bien au-dessus de la limite autorisée (60 km/h) dans cette zone. « Message reçu », lâche le commandant du détache ment « Bravo », le Chef d’Escadron Alain Paktano qui fait signe à ses éléments de se tenir prêts pour l’intercepter. Le chauffeur, une dame, est invitée à se garer. Elle feint d’obtempérer, avant d’engager la fuite. Un motard et un véhicule de la gendarmerie se mettent à sa poursuite.

Contrôle – surveillance – répression

La fugueuse est interceptée quelques kilomètres plus loin. L’in fortunée est ramenée au poste de contrôle où elle s’empresse de jouer la carte professionnelle dans l’espoir d’éviter une contravention. La dame est en effet militaire. Mais cela ne suffit pas à la tirer d’affaire. Car en plus de l’excès de vitesse et du refus d’obtempérer, elle n’a sur elle, que les photocopies des papiers de son véhicule. Le verdict du commandant du détachement « Bravo » est sans appel : « vous allez être entendue et votre véhicule sera placé à la fourrière ». La dame fond en larmes. Mais le chef d’état-major de la Légion d’Ebolowa est in différent. Déjà, il a deux autres dossiers sous la main. Cette fois, il s’agit d’un inspecteur de police et un magistrat, pris en excès de vitesse. Les deux hommes tentent les négociations. Mais le commandant Alain Paktano ne transige pas : « la vitesse qui apparaît sur l’image du radar n’est pas manipulable. Nous ne fabriquons pas les radars. Tout ce qu’il y a à faire dès cet instant, c’est de payer votre contravention. Elle s’élève à 25 000 francs CFA. Il n’y a rien d’autre que vous puissiez faire à part payer. A défaut de cela, le véhicule sera mis en fourrière ».

Depuis la veille, la 406e phase, 3e génération de l’opération « contrôle – surveillance -répression » des in fractions de la circulation routière se tient sur l’axe Yaoundé-Mbalmayo Ebolowa, une route très empruntée, qui mène dans la région du Sud du Cameroun. Le dispositif impressionne les automobilistes de passage. C’est justement l’un des effets escomptés. Au total, une vingtaine de gendarmes sont mobilisés en deux groupes, sur cet axe. Les uns et les autres ne laissent rien passer. Outre le contrôle des limitations de vitesse, les équipes sur le terrain procèdent aussi à l’identification des automobilistes et les passagers qu’ils transportent, et parfois, à la fouille des coffres de véhicules qui vont et viennent.

Ces opérations de la Gendarmerie nationale contribuent à infléchir de manière substantielle la courbe des accidents de la circulation dans notre pays, apprend-on. Pour cette phase qui s’est notamment tenue sur les axes Yaoundé – Boumnyébel – Pouma et Yaoundé – Mbalmayo – Sangmélima – Ebolowa, un accent a été mis sur l’application des me sures anti-Covid-19, un déploiement plus dynamique des équipes de contrôle, une plus grande mobilité des patrouilles motorisées et un durcissement des contrôles des camions et bus de transport public des passagers.

Interview 

Alain Paktano, Commandant du détachement Bravo : « nul n’est au-dessus de la loi »

Le Commandant du détachement Bravo, par ailleurs chef d’état-major de la Légion d’Ebolowa explique les enjeux des opérations de contrôles routiers menées le week-end dernier sur l’axe Yaoundé – Ebolowa.

Pour cette opération de contrôles routiers sur l’axe Yaoundé – Mbalmayo – Sangmélima – Ebolowa, avez-vous reçu des consignes particulières ?

Depuis vendredi, le détachement dont j’ai la responsabilité a été dé ployé sur deux points fixes. Le premier étant Bikok et le second, au-delà de l’école Nationale des Eaux et des Forêts. Les consignes que nous avons reçues du commandement sont nombreuses. Il s’agit dans un premier temps de sensibiliser les usagers de la route et réprimer quand besoin se fait ressentir. Il est question non seulement de les sensibiliser et les encourager à respecter les mesures barrières édictées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19, mais également contre l’incivisme sur cet axe qui dessert trois pays : le Cameroun, la Guinée Equatoriale et le Gabon. C’est un axe qui est suffisamment fréquenté, d’où l’importance de notre déploie ment sur le terrain.

Au regard justement de la proximité avec ces pays voisins, y a-t-il un travail de sécurité supplémentaire que vous menez sur le terrain des opé rations ?

En réalité, notre travail ne se limite pas qu’au contrôle des limitations de vitesse ou encore des documents relatifs à la circulation des véhicules. Nous pouvons considérer notre dé ploiement comme un poste avancé dans le cadre de la sécurisation. Nous procédons effectivement à l’identification des usagers et également à la fouille de leurs bagages pour connaître la nature des biens qui sont transportés sur cet axe.

Les usagers que vous contrôlez sont-ils toujours réceptifs ?

Au moment où nous commencions cette opération vendredi dernier, beaucoup étaient réfractaires. Mais avec le temps et la sensibilisation, ils commencent à comprendre que c’est avant tout pour leur propre sécurité que nous menons ces opérations.

Comment réagissez-vous face aux tentatives de trafic d’influence de la part de certains usagers indélicats ?

Nous représentons l’Etat camerounais. Cet axe mène dans la région de celui qui incarne l’Etat du Cameroun. Et nul n’est au-dessus de la loi. Nous avons une mission et nous la menons avec professionnalisme. Les usagers sont tenus de se conformer car nous ne faisons que notre travail. Les infractions les plus récurrentes ici sont : l’excès de vitesse, le non port de la ceinture de sécurité et les roues usées.

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