Paludisme/Sida/Tuberculose: Le Fonds mondial réduit de 31 milliards de FCFA les allocations versées au Cameroun

Selon le rapport d’une mission effectuée au Cameroun par le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, entre le 26 février et le 6 mars 2024, cette réduction est subséquente au non-respect des engagements financiers de l’État en termes de contrepartie, mais également à certains achats douteux opérés lors du précédent cycle.

Le Minsanté a écouté les pleurs du peuple

Le Cameroun n’est pas dans les bonnes grâces du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Cela transparaît clairement dans les allocations que cette organisation compte octroyer à Yaoundé pour le cycle 2023-2025. En effet, ces dernières vont connaître une coupe de 31,47 milliards de FCFA, révèlent nos confrères de l’Urgentiste.  «Le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme (FM) a revu à la baisse le montant alloué au Cameroun pour la lutte contre ces trois maladies. Il passe ainsi de 123,3 millions d’euros (80,94 milliards de FCFA) à 75,3 millions d’euros (49,47 milliards de FCFA). Soit une diminution de 29 % en valeur relative et de 48 millions d’euros (31,47 milliards de FCFA) en valeur monétaire», peut-on lire sur ce blog spécialisé en santé.

 Des dysfonctionnements en cascade

Le Cameroun paie ainsi son laxisme dans le respect de ses engagements en termes de contrepartie. En effet, «pour la période 2021-2023, l’institution financière attendait du Cameroun 123,3 millions d’euros de cofinancements pour ces trois maladies. Malheureusement, le pays n’a versé que 28 % de ses engagements, soit 34,6 millions d’euros (environ 22,71 milliards de FCFA)», souligne l’Urgentiste. Dans un rapport publié à l’issue d’une mission effectuée au Cameroun du 26 février au 6 mars 2024, au cours de laquelle l’utilisation des financements du Fonds mondial par le Cameroun a été passée à la loupe, Yaoundé est également épinglé pour des dépenses jugées douteuses. Notamment l’achat de congélateurs d’occasion pour un montant  de 350 millions de FCFA. « Lors d’une vérification récente de 249 congélateurs de laboratoire achetés par l’Unops d’une valeur de 652 125,84 dollars US et distribués aux établissements de santé, il a été constaté que (i) les congélateurs distribués sur place étaient des congélateurs d’occasion d’une marque différente de celle que l’Unops prétend avoir achetés sur la base de la documentation mise à disposition ; (ii) sur les sites visités, 32 congélateurs sur 33 étaient non fonctionnels. Un seul congélateur fonctionnel a été réparé par la direction du site avant d’être utilisé ; (iii) il a également été signalé le non-respect des obligations contractuelles concernant la livraison, l’installation et la formation du personnel sur les équipements de santé achetés», rapporte l’urgentiste qui faisait l’économie d’une partie du rapport susmentionné.

Les ruptures de stock de médicaments « vitaux » dues aux versements tardifs ou aux déficits de financements nationaux ont également milité pour la réduction des subventions accordées au Cameroun. « D’énormes quantités de médicaments sont par exemple arrivées à expiration dans les magasins de la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels (Cename) et des Fonds régionaux pour la promotion de la santé (FRPS).Ce qui revient à dire que, quand les médicaments sont dans les formations sanitaires, personne ne sait quel stock y est disponible. Il est donc impossible de faire des prévisions et de réaffecter des médicaments là où on en a besoin», indique le rapport du Fonds mondial.

Mesures de sortie de crise

Pour sa défense, le ministère de la Santé Publique (Minsante) brandit l’argument du taux de change de devises. «Cependant, cet argument a été rejeté par le bailleur de fonds qui, après des réunions avec la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) et la CAA (Caisse autonome d’amortissement), a conclu qu’il n’y avait pas de retard ou d’obstacles aux transferts de devises. Dans tous les cas, cette situation aura des conséquences pour le pays», rappelle l’Urgentiste. Comme solutions de sortie de crise, le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme invite le Minsante  à prioriser les paiements et les transferts de fonds pertinents pour l’achat de produits de santé ; de garantir l’achat de produits de santé avec les fonds nationaux au moins six mois avant la date de livraison prévue ; de fournir « en temps utile » un rapport annuel sur les dépenses de cofinancement national, au plus tard 90 jours après l’année concernée.

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