samedi, avril 11, 2026
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Centrale de Maroua et Guider. Un partenariat public privé face au défi financier dans le secteur de l’électricité

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Lancés il y a quelques jours dans le septentrion, les travaux d’extension des centrales solaires de Maroua et de Guider sont le fruit d’une collaboration entre l’Etat du Cameroun, Eneo et Release By Scatec sous un modèle permettant de réaliser le projet à des coûts maîtrisables.

D’après les données du gouvernement, le secteur de l’électricité au Cameroun affiche un besoin de 7000 milliards de FCFA. Cependant, à peine 400 milliards ont pu être mobilisés pour redresser le secteur qui croule sous le poids des dettes en chaine. Dans ce contexte fait de contraintes financières, un important projet énergétique est en cours dans la région septentrionale du pays faisant du Cameroun le pionnier du solaire hybride en Afrique. La pose de la première pierre des travaux de la phase 2 des centrales solaires de Maroua et de Guider dans la région de l’Extrême nord a eu lieu il y a quelques jours. L’initiative qui vise à apporter 28,6 MW de solaire et 19,2 MWh de stockage est rendue possible par un modèle particulier de partenariat public privé entre le gouvernement du Cameroun, Eneo et Release By Scatec.

« Nous sommes responsables du financement, de la conception, de l’approvisionnement et de l’installation de la centrale solaire, livrée clé en main. ENEO en assure l’exploitation et la maintenance, avec des techniciens formés par Release. Ce modèle permet de lever les barrières financières et techniques à l’adoption des énergies renouvelables, en offrant une solution rapide, fiable et abordable, parfaitement adaptée aux besoins des services publics dans les marchés émergents » commente Benjamin Lagadec, Directeur de projet de Release By Scatec.

Le montant de cet investissement n’a pas été indiqué.  On sait que SCATEC a levé des fonds de l’ordre de 60 milliards de francs CFA pour ses investissements au Cameroun et au Tchad. Mais Eneo aura dépensé seulement autour de 11 milliards de FCFA pour créer les conditions d’exécution du projet depuis sa phase 1 en 2021 jusqu’à sa phase 2. Il s’agit notamment pour l’électricien camerounais de l’acquisition et du développement des sites et de la construction des infrastructures d’évacuation.

 Dans la réalisation des travaux, le partenaire technique Release a cependant l’obligation de faire recours à la main-d’œuvre locale et de solliciter des prestataires locaux pour les opérations spécialisées telles que le génie civil ou les télécommunications.  « Ensemble, nous avons développé un modèle innovant reproductible de partenariat qui facilite la mise en service rapide des projets énergétiques durables et à des coûts maitrisés. Ce modèle est aujourd’hui reconnu comme copiable er pourrait inspirer d’autres projets au Cameroun », souligne le DG d’Eneo, Amine Homman Ludiye

Les travaux d’extension des centrales solaires de Maroua et de Guider viennent répondre aux difficultés de la centrale hydroélectrique de Lagdo à satisfaire la demande croissante à cause notamment de la variabilité des pluies.  La première phase achevée en septembre 2023, avait permis de déployer 35,8 MW de solaire et 19 MWh de stockage à Maroua et Guider. Aujourd’hui, il est question d’ajouter 28,6 MW de solaire et 19,2 MWh de stockage. Ce qui permettra d’alimenter près de 200 000 foyers et industries par an.

La centrale de Maroua 2 située sur 39 hectares sera construite en deux étapes. Les travaux prévoient entre autres une installation technologique de pointe comprenant 33 000 panneaux solaires sur 660 trackers, 50 onduleurs, 11 conteneurs batteries, un poste rehausseur 15/30 kV avec deux transformateurs de 12 MVA, ainsi qu’un système SCADA et de contrôle à distance. La centrale de Guider quant à elle, prévue sur 18 hectares sera   entre autres dotée de 16 000 panneaux solaires dernière génération, 24 onduleurs photovoltaïques, 1 poste rehausseur de 12 MVA. La mise en service des premiers mégawatts est prévue au courant de l’année 2026.

Il faut dire que ce projet permet par ailleurs à l’Etat de réduire sa dépendance au diesel utilisé lorsqu’il fait parfois recours aux centrales thermiques.

Projet C2D « Capitales régionales » : un impact structurant sur l’urbanisme de Maroua

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Grâce au projet « Capitales régionales » du programme C2D (Contrat de désendettement-Développement), Maroua, la capitale régionale de l’Extrême-Nord bénéficie désormais des infrastructures stratégiques pour la mobilité et la productivité. Ce projet du C2D, explique-t-on, a eu un impact structurant sur l’urbanisme de Maroua. En modernisant son réseau routier, il a optimisé la fluidité de la circulation. La réfection de neuf carrefours et la construction de huit giratoires, dont un modèle innovant en « Y », visent à réduire significativement les encombrements. De plus, la réhabilitation complète des axes M1 à M7 garantit désormais des déplacements plus sûrs et efficaces pour les usagers, ce qui est un facteur clé de la croissance économique locale.

Le projet ne se limite pas à la seule infrastructure routière. Il a également permis de moderniser le tissu socio-économique de la ville. Le marché de Douggoï, par exemple, a été érigé en un pôle commercial moderne, offrant des installations adéquates pour les activités marchandes. Des marchés secondaires ont également vu le jour à Pont Vert Loumo Babba et à Kodeck, favorisant ainsi une meilleure organisation du commerce de proximité et la création d’opportunités d’affaires. Pour améliorer le cadre de vie, des salles polyvalentes ont été construites, ouvrant la voie à une programmation d’événements culturels et communautaires. De plus, les espaces de grillades aménagés à Domayo offrent des lieux de détente et de convivialité, ce qui enrichit l’offre de loisirs pour les habitants.

Ces infrastructures, précise-t-on, ne sont pas seulement un investissement esthétique, mais un levier de croissance qui rendra la ville plus fonctionnelle et résiliente face aux défis de l’urbanisation. Ces réalisations constituent un atout majeur pour l’avenir de Maroua et de ses résidents, et elles reflètent une vision stratégique à long terme pour le développement du pays. Ces réalisations constituent un atout majeur pour l’avenir de Maroua et de ses résidents, et elles reflètent une vision stratégique à long terme pour le développement du pays.

En présidant récemment la réception provisoire des infrastructures réalisées dans le cadre du Projet « Capitales Régionales » du C2D, le ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, Célestine Ketcha Courtès  a confirmé la conformité des travaux et réaffirmé l’engagement de l’État pour un développement harmonieux et durable de la ville de Maroua. Toute chose qui témoigne de  l’importance que le gouvernement accorde à l’amélioration des conditions de vie des populations. Les travaux, indique-t-on, ont été réalisés dans le strict respect des normes techniques et de qualité en vigueur, ce qui garantit leur pérennité.

Blaise Nnang

Catastrophes climatiques : près de 10 milliards déboursés par l’État pour les sinistrés en 2024

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En 2024, le Cameroun a été durement frappé par des inondations d’ampleur exceptionnelle, affectant plus de 300 000 personnes et causant des dégâts importants sur les logements, les infrastructures et les terres agricoles. Pour faire face à cette crise, le gouvernement a engagé 17 millions de dollars (environ 9,6 milliards de FCFA) en aides d’urgence, selon le rapport du FMI publié en juin 2025 à l’issue de la septième revue du programme économique en cours avec le pays. Outre ces appuis directs aux populations, les autorités « ont annulé les dettes des collectivités locales touchées ».

Mais cette réponse ponctuelle a mis en lumière les carences du système national de gestion des risques, notamment en matière d’alerte précoce, de mobilisation rapide des financements et de coordination des interventions. Le FMI souligne que l’augmentation de la fréquence et de la gravité des catastrophes naturelles, en particulier les inondations et les sécheresses, menace non seulement la stabilité économique du pays mais aussi aggrave la pauvreté, surtout dans les régions du Nord. D’ici à 2050, les précipitations moyennes pourraient augmenter de 5 à 6 %, tandis que les jours de fortes pluies pourraient croître de près de 10 jours par an à l’horizon 2080, accentuant les extrêmes climatiques.

 A en croire l’institution de Bretton Woods, À long terme, les pertes économiques liées au climat pourraient atteindre entre 4 et 10 % du PIB si aucune mesure d’adaptation n’est prise. Or, le déficit de financement pour la gestion de ces risques demeure préoccupant. Le FMI estime qu’en cas de catastrophe de type modéré, survenant tous les deux ans, le Cameroun enregistrerait un besoin de financement de plus de 30 millions de dollars, 16,9 milliards FCFA (soit environ 2 % des investissements publics sur ressources intérieures). Pour un événement majeur, récurrent tous les 50 ans, ce déficit pourrait grimper à 650 millions de dollars, 367,4 milliards FCFA (plus de 45 % des investissements publics).

 Face à ce constat, le gouvernement travaille, avec l’appui de ses partenaires techniques, à renforcer son cadre de financement des catastrophes dans le cadre de l’accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). L’accent est mis sur une meilleure mobilisation des instruments budgétaires (enveloppes pour aléas, réserves non affectées, budgets supplémentaires) et une meilleure intégration du secteur financier dans la réponse aux chocs. Le FMI recommande notamment de développer des mécanismes tels que les assurances groupées, les microcrédits ou encore les garanties, afin de renforcer la résilience du secteur privé. Ces outils permettraient de combler les écarts de financement, d’assurer une relance plus rapide et de bâtir une économie camerounaise plus résistante face aux aléas climatiques 

Investissements publics : 123 milliards FCFA de surcoûts en 2022 dus aux retards d’exécution

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Au Cameroun, l’exécution tardive des projets d’investissement public engendre des surcoûts massifs. D’après les dernières analyses du Fonds monétaire international (FMI), publiées courant juin dans le cadre de la septième revue du programme économique entre le Cameroun et l’institution de Bretton Woods, les retards accumulés dans la mise en œuvre de 20 grands projets financés sur ressources extérieures ont généré environ 123 milliards de FCFA de pertes, soit 0,4 % du PIB et 16,3 % du service de la dette extérieure en 2022.

Ces projets – signés entre 2012 et 2020 avec des créanciers bilatéraux, multilatéraux et commerciaux – couvrent plusieurs secteurs de développement. En moyenne, leur mise en œuvre devait être bouclée dans un délai équivalent à la période de différé d’amortissement, c’est-à-dire le laps de temps pendant lequel le pays ne rembourse pas encore le principal de l’emprunt, généralement parce que le projet n’est pas encore en service. Cette période, censée représenter le calendrier d’exécution, est estimée à six ans dans l’échantillon analysé.

Mais la réalité est toute autre. Trois quarts des projets ont été retardés d’au moins deux ans. À la fin de la période de différé d’amortissement, la moitié seulement des fonds ont été décaissés, et 70 % au bout de dix ans, ce qui signifie que certains projets s’étendent sur plus d’une décennie avant d’être achevés. Ce phénomène touche particulièrement les projets financés par des créanciers multilatéraux, pourtant réputés pour leurs procédures rigoureuses. À peine un tiers des projets financés par les bailleurs bilatéraux et commerciaux ont été réalisés dans le délai prévu, avec des retards plus importants du côté des institutions multilatérales, malgré des différés souvent plus longs (jusqu’à 8 ans).

DÉPENSES GONFLÉES, RECETTES DIFFÉRÉES

Ces retards engendrent des dépassements de coûts importants. Une étude récente (Espinoza et Presbitero, 2022) montre qu’un dépassement de 10 % du calendrier peut entraîner une hausse de 5 % des coûts du projet. En clair, plus un projet prend du retard, plus il devient cher. À cela s’ajoutent d’autres facteurs aggravants tels que la hausse des prix des matériaux (inflation), les frais liés aux interruptions de chantier, ou encore la corruption. Selon certains partenaires techniques, au Cameroun, les coûts réels des projets dépasseraient d’au moins 25 % les prévisions initiales à cause des délais d’exécution. Les pertes ne sont pas seulement comptables, elles se traduisent aussi en manques à gagner pour l’État.

Par exemple, un seul projet d’adduction d’eau à Yaoundé, dont la mise en service a été retardée, cause chaque année une perte de 6,2 milliards de FCFA de recettes budgétaires potentielles, soit un tiers du budget alloué aux filets sociaux nationaux. En dehors de cette conséquence préoccupante, le FMI indique qu’alors que les projets tardent à générer des revenus (taxes, redevances, bénéfices d’exploitation), le service de la dette – c’est-à-dire le remboursement des emprunts – commence. Il faut alors puiser dans les recettes fiscales ordinaires pour honorer les échéances, ce qui crée des coûts d’opportunité.

Ces ressources auraient pu financer d’autres priorités économiques ou sociales. En outre, des commissions supplémentaires sont souvent appliquées sur les prêts non encore décaissés à la fin du différé d’amortissement.

UNE CHAÎNE DE DÉFAILLANCES

L’origine des retards est multiple. Selon une évaluation conjointe (EGIP, 2020), des failles sont présentes à toutes les étapes de la gestion des projets. De la préparation à la sélection et à l’exécution. A en croire le FMI, le cadre actuel ne prévoit pas d’exigences claires pour la maturation des projets, c’est-à-dire leur préparation technique, financière et institutionnelle en amont.

Ce qui, d’après l’institution de Bretton Woods, conduit très souvent à des projets mal conçus, aux coûts sous-estimés, inscrits au budget et financés sans garantie de faisabilité. Elle en veut pour preuve, l’absence d’étude sur le raccordement des infrastructures aux réseaux existants, comme l’électricité ou les routes. Ce qui d’après l’institution a engendré des coûts supplémentaires et des retards dans la mise en service.

L’analyse de la Banque mondiale en 2018 l’avait déjà souligné. Pour limiter les retards et les surcoûts, le FMI recommande de poursuivre les réformes de la gestion des investissements publics (GIP) et des finances publiques (GFP). Il s’agit notamment de renforcer le cadre de préparation des projets ; supprimer les chapitres budgétaires communs qui compliquent le suivi des engagements ; limiter le recours aux procédures budgétaires exceptionnelles peu transparentes ; intégrer les considérations climatiques dans la planification des projets, afin d’assurer leur durabilité. Enfin, le recours à l’assistance technique pour professionnaliser la gestion des projets, améliorer l’exécution budgétaire et maximiser l’efficacité de chaque franc investi est jugé indispensable.

L’accord sur les subventions à la pêche entre en vigueur

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A fisherman from the Boulogne sur Mer based trawler "Nicolas Jeremy" stands next to the fishtank off the coast of northern France October 22, 2013. Fishermen will not get European Union subsidies to build new vessels, EU lawmakers agreed on October 23. Voting on how to allocate nearly 1 billion euros ($1.4 billion) in annual fisheries subsidies up to 2020, the European Parliament said more money should be spent on assessing the state of Europe's depleted stocks. If confirmed in talks with governments, the proposals could spell relief for the estimated 75 percent of EU fish stocks that the European Commission says are over-fished. Picture taken October 22, 2013. REUTERS/Pascal Rossignol (FRANCE - Tags: BUSINESS MARITIME ENVIRONMENT POLITICS) ATTENTION EDITORS: PICTURE 12 OF 24 FOR PACKAGE 'COD, QUOTAS AND CONSERVATION' SEARCH 'NICHOLAS JEREMY' FOR ALL IMAGES - GM1E9AO068301

Ratifié par les États membres de l’Organisation mondiale du commerce, le texte interdit les subventions préjudiciables et instaure une assistance technique pour les pays en développement et les pays les moins avancés.

L’Accord sur les subventions à la pêche, dit « Fish 1 », conclu en juin 2022 est désormais en vigueur.  Le 15 septembre dernier, à Genève en Suisse, 111 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) l’ont en effet ratifié. Soit plus des deux tiers des membres nécessaire.  Selon l’OMC, cet accord « marque un grand pas en avant pour la durabilité des océans en interdisant les subventions à la pêche préjudiciables, facteur clé de l’épuisement général des stocks de poissons dans le monde. L’Accord représente un résultat historique pour les Membres car il s’agit du premier accord de l’OMC axé sur l’environnement, du premier accord multilatéral contraignant de vaste portée sur la durabilité des océans et seulement du deuxième accord multilatéral conclu à l’OMC depuis sa création. »

Le texte vise en effet à éliminer les subventions nuisibles à la pêche et à instaurer des obligations de transparence. L’accord interdit notamment les subventions publiques à la pêche illicite, non réglementée et non déclarée (INN), ainsi que les subventions à la pêche en haute mer non réglementée. Il établit aussi des règles de durabilité pour les subventions affectant les stocks de poissons les plus vulnérables. Car, selon les données de 2021, 35,5 % des stocks halieutiques mondiaux sont surexploités, contre 10 % en 1974.

Le montant des subventions aux activités de pêche est estimé à 35 milliards de dollars ( plus de 19000 milliards de FCFA) par an sur le plan mondial. L’entrée en vigueur du Fonds de l’OMC pour la pêche, va par ailleurs aider les pays en développement et les pays les moins avancés à mettre en œuvre l’accord, à améliorer la durabilité et à bénéficier aux communautés de pêcheurs du monde entier. Fournir une assistance technique à l’appui des efforts faits par les Membres pour mettre leurs mesures de subvention en conformité avec les règles de l’OMC, y compris les modifications législatives et réglementaires nécessaires, ainsi que l’établissement et la présentation de notifications à l’OMC, conformément aux prescriptions du nouvel Accord. 17 membres ont promis l’équivalent de 18 millions de dollars, soit plus de 10 milliards de FCFA.

Les membres de l’OMC doivent maintenant ramener ces exigences multilatérales dans leur cadre interne de subventions à la pêche. Pour surveiller la mise en œuvre, ils sont tenus de fournir une série de notifications détaillées qui seront examinées par le comité des subventions à la pêche de l’OMC, également créé par l’accord.

Plateforme Open SDG : l’information statistique sur les ODD disponible en un clic

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L’information statistique sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) se rapproche des utilisateurs. Comme l’a précisé, Joseph Tedou, le directeur général de l’Institut National de la Statistique  (INS), « vous n’avez pas la contrainte d’être à l’Institut, c’est une plateforme numérique, donc quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, dès lors que vous avez accès à internet, avez accès à l’information ». C’est du moins l’objectif recherché par l’INS, avec l’appui de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, en mettant en place depuis 2024, la plateforme numérique Open SDG.

Cette plateforme présentée officiellement, le 17 septembre 2025 à Yaoundé, qui  vise à faciliter l’accès du public aux données sur les indicateurs des Objectifs de Développement Durable (ODD), est de l’avis de Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau Sous régional pour l’Afrique centrale, « un outil de suivi et évaluation des ODD qui permet non seulement de disponibiliser des données sur la multitude des cibles et des objectifs que nous avons dans ce cadre global de développement, mais aussi de permettre à ce que ces indicateurs de performance soient accessibles pour la grande majorité de nos populations ».

Avant d’ajouter que « Le Cameroun a toujours été au rendez-vous dans la préparation des rapports de progrès à mi-chemin des ODD. On est déjà à deux rapports. Il y aura un troisième qui arrive. Et cette plateforme permettra d’informer ce processus-là en mettant en place la disponibilité des données en un seul endroit pour que les spécialistes, les médias, ainsi que d’autres acteurs puissent s’en approprier. Le souhait est qu’aujourd’hui l’appropriation soit totale et que nous puissions tous faire bon usage de cet outil ».

Les bénéficiaires de la plateforme Open SDG

S’agissant des bénéficiaires et du bien-fondé de cette plateforme, le DG de l’INS indique que cette plateforme permet à l’INS « de jouer vraiment son rôle, son rôle premier, mais qui est de produire de l’information, mais qui est surtout de mettre l’information statistique à la disposition de tous les utilisateurs. Les utilisateurs ici, c’est le pouvoir public, c’est le secteur privé, ce sont les partenaires au développement de notre pays, c’est la société civile, ce sont les journalistes ». Car, s’interroge-t-il, « si les différents acteurs n’ont pas assez à l’information à temps, comment est-ce qu’ils peuvent participer au développement tel que souhaité par les Nations Unies ? Si on ne veut laisser personne derrière, donc si c’est un développement inclusif qu’on doit mettre en œuvre, il faut bien que l’information soit bien disponible pour permettre à chacun, là où il est, de pouvoir apporter sa contribution à ce développement. Donc l’Institut ici joue son rôle et la plateforme effectivement devient donc un outil, un espace qui est prévu où chacun peut aller accéder à l’information ».

Cette nouvelle plateforme, rappelle-t-on, intègre la norme internationale SDMX qui permet l’échange des données et métadonnées machine à machine avec les organisations nationales et internationales utilisatrices des données relatives aux ODD.

Blaise Nnang

Nécrologie: La presse camerounaise doublement frappée

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La nouvelle est tombée comme un couperet ce 21 septembre 2025. Pierre Laverdure Ombang n’est plus. Le tout nouveau directeur général de Galaxie télévision a été foudroyé par un accident vasculaire cérébral (AVC), selon des informations concordantes glanées auprès des sources médicales à l’hôpital régional de Ngaoundéré où le reporter était en mission professionnelle. A peine 13 jours après sa prise de fonction à la tête de la télévision basée à Garoua.

formé à l’Institut Siantou supérieur à Yaoundé, Pierre Laverdure Ombang a fait ses classes dans plusieurs rédactions, mais particulièrement à Équinoxe télévision. Cette rédaction qu’il a quittée il y a à peine un mois, pour rejoindre Galaxie télévision qu’il avait déjà contribué à mettre sur les rails à son lancement après avoir quitté ine première fois Équinoxe TV. Cette fois-ci,ce sera pour ne plus jamais revenir.

Et alors que le monde de la presse camerounaise se lamentait de la disparition subite d’un jeune prometteur de ses membres, l’on apprenait le décès de Daouda Mouchangou, réalisateur à la retraite. L’homme a fait ses armes essentiellement à la télévision nationale (Crtv). Mais si l’homme a signé des tas de productions à la télévision de Mballa 2, il a particulièrement signé de grandes productions audio-visuelles telles que L’Étoile de Noudi, Japhet et Ginette, et Le procès de madame. L’homme s’en est allé à 79 ans.

Mbalmayo : la Fondation Orange offre 3 forages solaires et l’éclairage public pour près de 7 000 habitants

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Forages Orange Mbalmayo

C’est dans une ambiance de joie que la ville de Mbalmayo a accueilli, le jeudi 18 septembre 2025, la mise en service de trois forages à énergie solaire, offerts par la Fondation Orange Cameroun en partenariat avec l’association SOS Village. Ce projet répond aux besoins pressants des habitants du chef-lieu du Nyong-et-So’o, confrontés à l’insécurité et à un accès limité à l’eau potable, notamment dans les quartiers NKONG SI, OBECK et NSENG NLONG.Comme partout où elle intervient, la Fondation Orange Cameroun a répondu favorablement à l’appel des populations, dans le cadre de ses actions en faveur de la santé, de l’éducation et du bien-être communautaire. En collaboration avec SOS Village, elle a ainsi permis aux élèves, enseignants et riverains des écoles publiques concernées d’avoir désormais accès à une eau potable de qualité, grâce à des forages fonctionnant à l’énergie solaire et équipés de kits photovoltaïques.Ce dispositif innovant répond efficacement à la pénurie d’eau potable qui entravait jusque-là les efforts d’hygiène et d’assainissement dans les ménages environnants.

Estimé à près de 33 453 000 FCFA, le projet va bien au-delà de la simple adduction d’eau. Il inclut également un volet énergie, avec l’installation de quatre lampadaires solaires au quartier NKONG SI, zone connue pour une recrudescence de la délinquance juvénile.L’impact est immédiat : plus de 7 000 bénéficiaires directs et indirects voient leur quotidien transformé. Fini les longues distances à parcourir pour s’approvisionner en eau. Les files d’attente formées par élèves, enseignants, ménagères – certaines enceintes – et jeunes enfants armés de seaux, bouteilles et bidons, témoignent de l’importance et de la pertinence de cette initiative.Jusqu’ici réservé aux établissements scolaires, le programme d’adduction en eau de la Fondation Orange démontre aujourd’hui un impact significatif au sein des communautés avoisinantes.

Une promesse tenue pour le bien-être communautaire

Pour Mme Elizabeth Asuyele Mabom, Secrétaire générale de la Fondation Orange Cameroun, cette action est l’aboutissement d’un engagement clair : « La Fondation a pris l’engagement de revenir offrir des forages aux populations de Mbalmayo, notamment dans les quartiers pénalisés par l’insuffisance en eau potable. Nous sommes fiers d’avoir tenu parole, grâce au soutien de notre partenaire SOS Village. Améliorer le quotidien des enfants et des foyers reste au cœur de notre mission. Nos échanges réguliers avec les populations rurales nous permettent de mieux cerner leurs attentes, notamment en matière de santé, d’éducation et d’accès à l’eau. » Elle a également salué la collaboration efficace avec les autorités locales et l’élite du département, qui ont largement contribué à la réussite de ce projet.

Un appui au développement salué par les autorités

Représentant le Préfet du Nyong-et-So’o, M. Mamane Mabaya a souligné l’importance stratégique des actions de la Fondation Orange : « Les actions de la Fondation Orange Cameroun sont concrètes et s’inscrivent pleinement dans la mission sociétale de l’entreprise. Elle joue un rôle déterminant dans le développement socio-économique de notre département. Son partenariat avec les pouvoirs publics mérite d’être salué. » Il a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des relations entre la Fondation et ses partenaires, tout en encourageant Orange à rester une entreprise citoyenne fondée sur des valeurs humanistes et respectueuses des lois de la République.

Un moment de partage et de réjouissance

La cérémonie officielle s’est tenue dans la cour de l’école publique de Nseng Nlong, en présence d’un grand nombre d’autorités administratives, traditionnelles et religieuses. Elle s’est achevée par des réjouissances populaires dans les quartiers bénéficiaires, témoignant de la reconnaissance des populations envers les bienfaiteurs du jour.

Entrée Ouest de la ville de Douala : Emmanuel Nganou Djoumessi répond à Célestin Tawamba

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D’emblée, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi dit comprendre la gêne causée aux usagers de l’entrée Ouest de la ville de Douala. Car, reconnait-il, « D’importants travaux de réhabilitation de la traversée urbaine de Douala, dans sa section de Bonabéri, aux points dits, Carrefour Sapeurs et Carrefour-Rails, perturbent le trafic, donnant à de longues attentes des usagers ». Mais, dans ce communiqué de presse rendu public, le 20 septembre 2025, en réaction à une lettre à lui adressée le 15 septembre 2025 par le président du Groupement des Entreprises du Cameroun (Gecam), Célestin Tawamba, le ministre des Travaux publics, rappelle  que «  Les travaux engagés visent l’élargissement et le renforcement de la chaussée par le pavage et le béton armé ». Et, il invite les usagers à la patience et au respect strict des consignes excipées, les éléments FMO réglant la circulation sur les voies libres. Tout en précisant que des voies de déviation sont aménagées pour les véhicules légers.

Pour le Mintp, « les travaux entrepris ne pouvaient plus attendre, au regard de la hauteur des dégradations, accentuées par les abondantes pluies et la non fonctionnalité des ouvrages d’assainissement, encombrés par divers détritus ». Il rappelle néanmoins que « tout est mis en œuvre par le Gouvernement, avec le concours de la Banque islamique de Développement d’ordre de M. le Président de la République, S.E Paul BIYA, pour reconfigurer, de manière pérenne, toute la traversée urbaine de la ville de Douala avec un aménagement en deux fois deux voies comprenant un terre-plein central ». Avant de rassurer que « les travaux actuels, indispensables, seront accélérés pour s’achever dans les prochains jours ».

En rappel, dans une lettre adressée, le 15 septembre 2025, au Mintp, le président du Gecam, Célestin Tawamba, avait déploré la faible coordination des acteurs impliqués dans les travaux d’aménagement de l’Entrée Ouest de la ville de Douala. Ce, avec des conséquences économiques et humaines alarmantes, notamment, un ralentissement, voire un arrêt temporaire des activités économiques dans une zone névralgique ; une explosion des coûts logistiques et de transport, avec des répercussions sur les prix à la consommation ; une détresse croissante des populations contraintes d’abandonner leurs véhicules pour marcher des heures dans des conditions indignes. Et, surtout, un risque réel de désengagement des investisseurs, qui n’ont ni la patience, ni l’obligation de subir de telles conditions.

Blaise Nnang

Régimes  »éternitaires » d’Afrique: Un universitaire propose une alternative pour les déconstruire

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« La Troisième Voie Comment déconstruire les régimes éternitaires d’Afrique« , c’est l’ouvrage que vient de commettre Aristide Mono. Le chercheur en Sciences politiques et spécialiste des politiques publiques a annoncé la sortie officielle de cet ouvrage de 232 pages ce mardi, 16 septembre à Yaoundé. C’était en présence d’un panel des représentants des organisations de la société civile et des médias.

Au lendemain de la célébration de la journée internationale de la démocratie, Aristide Mono propose une alternative pour déconstruire les régimes éternitaires d’Afrique. Tout est, en effet, parti d’un diagnostic, sans complaisance, de la situation politique des Etats africains. En effet, constate l’universitaire, « des décennies, après leurs indépendances, plusieurs États africains croupissent toujours dans le sous-développement le plus abject. Les chances d’épanouissement des populations ont vite été anéanties par les différents régimes légués ou soutenus, jusqu’à ce jour, par les puissances (néo) coloniales« . En dépit de l’incapacité de ces États africains à sortir leurs concitoyens de la misère, ces régimes s’accrochent à la tête des États par tous les moyens. De plus, la résistance déployée par leurs adversaires ne parvient pas à stopper leurs appétits d’éternisation. Fort au contraire, ces régimes se revitalisent et se structurent davantage confortant, par conséquent, leur longévité, voire leur pérennité à travers une reproduction que l’auteur qualifie de « sauvage ».

Eu égard à cet état de choses, que faut-il faire pour mettre un terme à ces régimes éternitaires d’Afrique ? Aristide Mono propose donc la Troisième Voie. Il s’agit, en effet, d’une alternative qui émerge après l’échec des dirigeants éternitaires à offrir le sourire aux populations et aussi après le constat de l’incapacité des oppositions à imposer leur offre politique de salut national et à renverser l’ordre éternitaire. De manière substantielle, la Troisième Voie est, indique l’auteur, « l’option de la transformation des sociétés civiles en forces politiques plus puissantes, combattantes et impactantes, bâties sur des piliers, des stratégies communes et des valeurs citoyennes solides trans partisanes et trans-ethniques ».

Ces sociétés civiles, qui doivent transformer les populations africaines en peuples africains, devraient cibler, prioritairement, la défense du bien-être des populations à travers la police des politiques publiques et du jeu politique. Une telle approche d’engagement citoyen contribue à fructifier l’éveil et la mobilisation politique des « en bas d’en bas« .

Trois représentants de la société civile ont soutenu cette publication scientifique et ont exposé, tour à tour, sur l’apport attendu des sociétés civiles à la transformation des populations en peuples africains, sur L’apport des sociétés civiles dans les luttes entre pouvoirs et oppositions en Afrique, ainsi que sur le positionnement des sociétés civiles dans le jeu des premiers rôles liés à la défense des intérêts des citoyens et dans les luttes électorales. L’enjeu, in fine, consiste à déterminer et à impacter le casting de ceux qui doivent élaborer et implémenter les politiques publiques. Des interventions de Raoul Lemopi, Secrétaire général du Snaes (Syndical national autonome de l’enseignement secondaire branche du Littoral), Ernesto Yene, consultant à Dynamique citoyenne et à Un Monde Avenir et de Jean-Marc Bikoko, point focal de la Coalition « Tournons la page -Cameroun », l’on retient que la société civile doit continuer de jouer le rôle société civile militante de contre-pouvoir, de bouclier démocratique, de contestation, de mobilisation, de veille citoyenne et d’engagement à défendre les intérêts acteurs sociaux.

Par Serge Aimé BIKOI (journaliste)/Correspondance particulière

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