samedi, avril 11, 2026
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A Douala, le Minpmeesa ouvre la voie à l’entrepreneuriat universitaire

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L’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Douala loge désormais une partie de ses activités au cœur de la Pépinière Nationale Pilote d’Entreprises (PNPE) d’Edéa. Ce rapprochement, matérialisé par une convention spécifique signée entre le Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), Achille Bassilekin III, et le Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement Supérieur, le Professeur Jacques Fame Ndongo, ouvre une nouvelle phase de collaboration entre les mondes académique et productif.

L’accord s’inscrit dans la continuité de la convention-cadre conclue en 2016 entre les deux départements ministériels. Il vise à transformer les campus universitaires en véritables viviers d’innovation économique, en permettant aux étudiants et chercheurs de passer de la théorie à la création d’entreprise. La démarche repose sur un principe simple : professionnaliser la formation supérieure par la mise en place d’incubateurs universitaires et la valorisation des résultats de la recherche. La particularité de cette convention tient à l’intégration de l’annexe de l’IUT de Douala au sein de la PNPE d’Edéa, une structure pilote en matière d’incubation et d’accompagnement des jeunes porteurs de projets.

L’objectif est de transformer chaque mémoire, prototype ou idée de laboratoire en produit ou service à potentiel économique. Le partenariat engage les deux institutions à coconstruire un dispositif intégré de formation pratique, d’incubation, d’innovation et de mentorat. Les actions prévues vont de la création de laboratoires de prototypage à l’accueil des étudiants en immersion dans les start-ups hébergées à la PNPE, en passant par le renforcement des compétences en gestion, marketing digital et innovation technologique. Selon le MINPMEESA, « cette convention illustre la volonté du gouvernement de rapprocher l’enseignement supérieur du tissu économique réel, en donnant aux jeunes diplômés les outils nécessaires pour devenir acteurs de leur insertion ».

Dans le même esprit, le ministre d’État, Jacques Fame Ndongo, a rappelé que « la professionnalisation de l’université camerounaise doit se traduire par la création de valeur, de richesse et d’emplois, au service du développement national ». Une cellule conjointe de suivi garantira la mise en œuvre effective de l’accord et l’évaluation des résultats. Les ressources humaines, techniques et financières seront mutualisées pour assurer un accompagnement durable des étudiants-entrepreneurs.

Au-delà d’un simple partenariat institutionnel, cette initiative répond à l’un des piliers de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), notamment la transformation structurelle de l’économie par l’innovation et l’entrepreneuriat. Elle s’aligne également sur la loi d’orientation de l’enseignement supérieur de juillet 2023, qui consacre la professionnalisation comme levier majeur d’employabilité.

Paradoxe : Paul Biya vote pour les gadgets électoraux importés

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En effet, ces derniers jours, la blogosphère camerounaise s’affole, s’extasie ou se gausse devant les gadgets électoraux du président-candidat Paul Biya. En plus des classiques sacs à dos, pagnes, montres, parapluies et stylos — et sans doute pour édulcorer l’humeur maussade et passablement désespérée des Camerounais accablés par les malheurs et les misères — les conseillers du chef de l’État ont voulu se montrer facétieux en introduisant des objets aussi inattendus qu’insolites : lingettes, lessives, serviettes hygiéniques, tous frappés du fameux slogan de campagne Grandeur et Espérance et d’un beau portrait du candidat.

 Il n’en fallait pas davantage pour rallumer le fameux humour tout-terrain des Camerounais, qui brocardent à souhait cette ultime manifestation du génie politique de Paul Biya. Influenceurs et tiktokeurs rivalisent d’éloges comiques ou de railleries tout aussi inspirées sur cette curieuse manière de séduire l’électorat. Mais ce qui fait moins rire, c’est lorsqu’on se rend compte que ces gadgets, qui circulent à l’occasion de la campagne présidentielle de 2025, ont été importés massivement — probablement à coups de milliards — alors même que le chef de l’État dit placer la promotion du Made in Cameroon au cœur de son programme. On a même vu circuler sur la toile l’image d’un sac de riz pakistanais estampillé aux couleurs et slogans du président-candidat.

La production de cet arsenal de communication aurait pourtant pu être confiée aux PME et artisans locaux. Hélas, le chef de l’État a choisi de déverser ces milliards à l’étranger, au grand désarroi des producteurs nationaux. Ce privilège de l’importation n’est d’ailleurs rendu possible que par la puissance de feu financière du parti au pouvoir, dont le budget de campagne semble sans commune mesure avec celui de ses concurrents. Car dans les camps adverses, les moyens moins conséquents ont imposé une relative sobriété. Relative oui. Car, même si les gadgets des autres candidats se résument souvent à quelques Tshirts, casquettes, écharpes, chemises, blocsnotes et stylos qui peuvent être produits localement, rien ne prouve que ces challengers n’aient pas eux aussi eu recours à l’importation. Cette situation illustre un paradoxe frappant.

Depuis plusieurs années — davantage encore ces derniers mois, et plus nettement dans son manifeste de campagne — Paul Biya exhorte les jeunes à investir les secteurs productifs dans le cadre du plan triennal d’import-substitution 2024-2026, qui vise à accroître la production locale. Il les invite à faire preuve d’audace et à démontrer leur génie en créant des PME dans différents secteurs. Il promet des allègements fiscaux pour les produits locaux, la valorisation des matières premières nationales et un soutien renforcé aux PME/PMI. Il s’engage également à faciliter l’accès des entrepreneurs locaux aux marchés publics et privés. Or, au moment de donner l’exemple, en remplissant les carnets de commande des PME camerounaises dans un contexte hautement symbolique comme une campagne électorale, le réflexe a été de recourir à l’étranger.

Si Paul Biya promeut le Made in Cameroon depuis des années et se devrait de prêcher par l’exemple en fabriquant localement ses goodies de campagne, les autres candidats – qui, dans leur globalité, prônent la valorisation des ressources nationales – devraient, eux aussi, briller par l’exemple. Or, l’épisode du conteneur indique que la tâche est loin d’être gagnée. Les arguties ne manqueront pas pour justifier ce faux bond, le prétexte le plus évident étant que c’est plus rapide et moins cher de produire en Chine. Mais on le sait : celui qui veut faire quelque chose trouve un moyen, celui qui ne le veut pas se trouve une excuse.

Le message envoyé est pour le moins contradictoire. Car si même les symboles de la campagne électorale — censés incarner le projet de société du candidat — ne sont pas produits localement, comment convaincre que l’État saura impulser une véritable révolution industrielle en faveur du Made in Cameroon ? L’affaire risque donc d’alimenter la critique d’un fossé persistant entre les promesses et la pratique, entre le discours officiel et la volonté politique réelle. Promouvoir le Made in Cameroon suppose d’abord d’y croire soi-même au quotidien, y compris — et surtout — en prêchant par l’exemple.

Présidentielle 2025 : le RDPC gagne la bataille des affiches

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Dans la capitale, les portraits de Paul Biya rythment littéralement les trajets urbains. Tous les deux cents mètres, un nouveau visuel, une banderole ou un panneau géant s’impose au regard. Dès les premières heures du 28 septembre, au lendemain du lancement de la campagne électorale, les équipes de pose s’affairaient dans les quartiers d’Essos, Mballa II, Mokolo ou Bastos. À Douala, la couleur bleue du RDPC s’est imposée sur les grands axes de Deïdo, Akwa ou Bonabéri, dessinant une campagne à la mesure des moyens engagés.

Cette présence n’a rien d’un hasard. Elle reflète avant tout une capacité financière dont peu peuvent se prévaloir. Officiellement, chaque candidat reçoit un financement public de 15 millions de F CFA, et seuls ceux dépassant 5 % des suffrages peuvent prétendre à une seconde tranche du même montant. À l’échelle d’une campagne nationale, ces sommes font figure de simple coup de pouce. « La campagne électorale au Cameroun repose avant tout sur les ressources que les candidats réussissent à collecter », rappelle l’analyste politique Stéphane Akoa. Dons de particuliers, contributions d’entreprises, cotisations militantes : les canaux de financement sont multiples, mais leur efficacité dépend directement du réseau d’influence. De ce point de vue, le RDPC conserve une avance considérable. Parti de masse, ancré dans l’administration et soutenu par une base fidèle, il bénéficie d’un maillage financier dense et loyal. Depuis plusieurs semaines, le parti présidentiel déploie une logistique à grande échelle. Communication visuelle coordonnée, transport de sympathisants, couverture médiatique omniprésente.

Derrière cette mécanique bien huilée, se trouvent des financements souvent privés, émanant d’élus, de hauts fonctionnaires, d’hommes d’affaires ou d’entreprises proches du pouvoir. Plusieurs sources internes évoquent des contributions individuelles atteignant parfois des centaines de millions de francs CFA, versées discrètement pour soutenir « la cause ». Face à cette force de frappe, les autres candidats se contentent de stratégies plus modestes. À Yaoundé, Issa Tchiroma du FSNC, Bello Bouba Maigairi de l’UNDP, Cabral Libii du PCRN ou Tomaino Ndam Njoya de l’UDC optent pour un affichage sélectif, souvent limité à quelques carrefours emblématiques. Joshua Osih, pour le SDF, concentre sa communication sur certains axes urbains très fréquentés. Mais dans la rue, la disproportion saute aux yeux. Là où le RDPC affiche dix visuels, ses adversaires n’en posent qu’un seul. Cette disparité illustre un phénomène désormais structurel : l’argent façonne la visibilité politique. Le coût de la communication électorale ne cesse de grimper : impression grand format, location d’espaces, logistique de terrain…

Le marché de l’affichage absorbe aujourd’hui des centaines de millions de francs CFA en quelques semaines. Les partis aux finances fragiles sont mécaniquement exclus de cette compétition visuelle, réduits à une présence symbolique. Ainsi, à travers cette marée d’affiches, la présidentielle camerounaise rappelle une évidence : dans le jeu électoral, les moyens financiers ne se contentent pas de soutenir le message, ils en déterminent la portée. Et dans un système où le financement des partis demeure opaque, l’affiche devient moins un outil de communication qu’un indicateur de puissance.

Commerce Extérieur : le Cameroun a dépensé 543,6 milliards F CFA pour l’achat des céréales en 2024

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Le Cameroun a dépensé 543,6 milliards de F CFA en 2024 pour importer 2,11 millions de tonnes de céréales, contre 387,6 milliards de F CFA et 1,55 million de tonnes en 2023. C’est ce que révèle l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport sur l’évolution du commerce extérieur du Cameroun en 2024. Selon le service officiel des statistiques du Cameroun, « Les céréales sont constituées du riz, du froment de blé ». En un an, les importations ont bondi de 36,3 % en volume et de 40,2 % en valeur, illustrant un paradoxe économique, la facture alimentaire s’alourdit au moment même où le pays déploie sa stratégie d’import-substitution. Les céréales représentent désormais, indique l’INS, 10,9 % des dépenses d’importation totale. Dans le détail, la facture du riz atteint 318,6 milliards de F CFA, soit 6,4 % des importations totales, en hausse de 58,6 % sur un an. Le blé, quant à lui, pèse 214,1 milliards de F CFA, soit 4,3 % du total et une progression de 20,1 % par rapport à 2023. Ces chiffres confirment la dépendance du pays vis-àvis des marchés extérieurs pour ses produits alimentaires de base, malgré la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND30) qui fait de la souveraineté alimentaire un axe prioritaire.

LE PARADOXE DE L’IMPORTSUBSTITUTION

Face à cette situation, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, défend une politique qu’il juge structurante à moyen terme, « le gouvernement a adopté en 2024 un Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH) pour le triennat 2024- 2026. Il s’agit de réduire le déficit de la balance commerciale et de garantir la souveraineté alimentaire », explique-t-il dans une interview exclusive qu’il nous a récemment accordé. Le PIISAH repose sur trois axes : la sécurisation et l’aménagement des périmètres hydroagricoles, la modernisation de la production et de la transformation, et le renforcement de l’accès à la recherche et au financement. Au total, près de 53 milliards de F CFA ont été budgétisés pour 2025 au titre de cette initiative, principalement destinés aux opérateurs privés via la Banque des PME, sous forme de crédits à taux préférentiels et de subventions de fonctionnement. Le ministre souligne que « ces ressources visent à créer un environnement propice au développement des activités agropastorales, en misant sur l’investissement privé et la transformation locale. »

DES OBJECTIFS CHIFFRÉS MAIS UN TERRAIN ENCORE FRAGILE

Dans le sillage du Plan d’actions prioritaires du PIISAH, le Cameroun engage une offensive agricole aux ambitions claires : réduire de 40 % les importations de produits ciblés d’ici 2026. Le riz, dont la production locale devrait atteindre 464 500 tonnes, pourrait voir ses importations chuter de 70 %. Le maïs, pilier des filières agroalimentaires, vise une hausse de la production de 2,7 à 4,3 millions de tonnes, avec l’objectif affiché d’une autosuffisance totale. Les farines panifiables, portées par la montée en puissance de la plateforme des farines locales, devraient culminer à 303 600 tonnes. Le mil et le sorgho, céréales de résilience, passeront de 1,01 à 1,19 million de tonnes, tandis que le soja, en pleine expansion, est attendu à 58 100 tonnes contre 35 500 en 2022. Ces projections, loin d’être de simples promesses, traduisent une volonté stratégique de relocaliser la production, sécuriser les approvisionnements et renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Mais ces chiffres prospectifs contrastent avec la réalité du commerce extérieur : le marché local reste fortement dépendant des importations de riz et de blé, qui grèvent la balance commerciale et pèsent sur les réserves de change.

DES LEVIERS STRUCTURELS EN CONSTRUCTION

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a, dès novembre 2023, annoncé une subvention de 10,3 milliards de F CFA à l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) pour relancer la filière blé — soit un tiers du budget total alloué aux céréales cette année-là. Cette mesure s’inscrit dans un plan quinquennal 2024- 2028, doté de 417 milliards de F CFA, validé par le Ministère de l’Agriculture (Minader). Selon Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture, l’ambition est de « réduire de 35 % des importations de blé à travers la relance de la production nationale et la transformation locale. L’objectif est de produire 350 000 tonnes de blé marchand d’ici 2028. » Sur le terrain, la stratégie se traduit aussi par la sécurisation foncière de 400 000 hectares dans le corridor Yoko-Léna-Tibati, entre le Centre et l’Adamaoua, réservés aux investissements agricoles privés.

 VERS UNE PRODUCTION CEREALIERE COMPETITIVE ET DURABLE

La mise en œuvre du PIISAH s’annonce déterminante pour redresser la balance céréalière du pays. L’enjeu n’est pas seulement de produire plus, mais de produire compétitif et durable, dans un contexte de hausse continue de la demande intérieure. Le ministre de l’Économie reste confiant :« Le Cameroun dispose d’atouts considérables pour transformer cette dépendance en opportunité. L’implication du secteur privé et la modernisation de la production locale sont les leviers du changement durable que nous construisons. » Entre hausse des importations et promesses de relance agricole, le Cameroun joue une partie décisive pour sa souveraineté alimentaire. Si les projections du PIISAH se concrétisent d’ici 2026, la courbe de la dépendance pourrait enfin s’inverser. Mais pour l’heure, les chiffres de 2024 rappellent l’ampleur du défi qui est celui de produire localement ce que le pays continue d’importer massivement.

LOUIS PAUL MOTAZE : « Le Chef de l’État œuvre pour une économie compétitive, pouvant générer davantage d’emplois et réduire la pauvreté »

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LOUIS PAUL MOTAZE, Ministre des Finances

Défis Actuels : Ces dernières années vous avez mainte fois répété à vos équipes de veiller en sorte que le budget de l’État vise un fort impact socioéconomique. Quelles sont les mesures prévues à cet effet et l’impact attendu/obtenu ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Effectivement, nous élaborons le budget de l’Etat avec une vision claire indiquée dans la circulaire du président de la République : maximiser l’impact socio-économique sur l’ensemble du territoire, en nous inscrivant dans la continuité de notre Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). L’objectif est de stimuler une croissance inclusive tout en consolidant la reprise économique amorcée après la crise sanitaire. Plusieurs mesures clés ont été mises en place. D’abord, nous nous concentrons sur l’amélioration de la compétitivité et de la productivité de notre économie. Cela passe par des investissements dans les infrastructures et l’énergie pour réduire les coûts de production et encourager l’industrialisation. Ensuite, il y a la lutte contre l’inflation, qui est cruciale pour protéger le pouvoir d’achat des ménages, notamment des plus vulnérables. Concernant principalement les secteurs sociaux et la protection des populations les plus vulnérables nous avons intensifié nos efforts dans ces domaines. Par exemple, des ressources importantes sont allouées au renforcement de l’hygiène publique et de la salubrité dans les villes. Parallèlement, nous déployons des programmes de soutien aux populations vulnérables pour les protéger contre la hausse du coût de la vie. Suivant les orientations données par le Chef de l’Etat, nous visons aussi à accélérer la reconstruction des régions affectées par les crises, comme le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord, afin de favoriser la réintégration socio-économique de ces populations. Le Président de la République nous a clairement instruits au gouvernement de finaliser et de démarrer des projets routiers et autoroutiers stratégiques pour améliorer la mobilité des personnes et des biens. De plus, nous avons accéléré la mise en service des barrages hydroélectriques pour accroître nos capacités énergétiques. L’objectif est de rendre notre économie plus dynamique et de créer un cadre de vie plus propice au bienêtre de nos populations. À moyen terme, nous espérons voir une économie plus résiliente et compétitive, capable de générer davantage d’emplois, surtout pour les jeunes. Le Chef de l’État veut également que les politiques sociales du gouvernement réduisent significativement la pauvreté et les inégalités. En somme, le budget vise la réalisation de la vision du chef de l’État qui est celle d’un Cameroun plus prospère et solidaire.

Défis Actuels : Quelles sont les mesures visant comme vous l’avez annoncé, l’amélioration de la productivité et de la compétitivité de l’économie ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Nous avons mis en place une série d’actions concrètes, en commençant par renforcer notre politique d’import-substitution. Concrètement, cela signifie que nous encourageons la production locale en réduisant notre dépendance aux importations. Par exemple, nous avons lancé le Programme d’Impulsion Initiale, qui englobe plusieurs projets destinés à transformer structurellement notre économie. Pour être précis, prenons le secteur de l’agriculture et de la pêche. Nous facilitons l’acquisition d’équipements pour ces secteurs avec des avantages fiscaux et douaniers. L’idée est d’augmenter la production locale tout en réduisant les coûts pour les producteurs. En parallèle, nous encourageons l’utilisation d’énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien pour rendre ces activités plus durables. Parallèlement, nous avons pris des mesures pour rendre certains produits importés moins attractifs. Par exemple, des taxes élevées ont été imposées sur des articles comme les meubles en plastique, le riz parfumé, et les poissons de luxe. L’objectif est de pousser les consommateurs vers les produits locaux, qui sont tout aussi compétitifs. Ainsi, nous soutenons directement nos producteurs.

Défis Actuels : Mais comment vous assurez-vous que ces efforts budgétaires profitent vraiment aux consommateurs ?

 LOUIS PAUL MOTAZE : Nous surveillons de près l’impact de ces mesures sur les prix. L’idée n’est pas de permettre aux producteurs de s’enrichir au détriment des consommateurs. Nous voulons des produits locaux de qualité, à des prix abordables. C’est un équilibre délicat, et c’est pourquoi nous faisons appel à la responsabilité des producteurs pour qu’ils approvisionnent d’abord le marché local avant de penser à l’exportation.

Défis Actuels : Et concernant la promotion du « Made in Cameroon », quelles sont les dispositions prévues ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Une des priorités du Gouvernement reste effectivement la promotion du « Made in Cameroon ». Dans ce sens, le Gouvernement entend poursuivre les actions visant à accompagner les politiques d’import substitution et de transformation économique. Ainsi par exemple les actions majeures sont orientées vers la consécration d’incitations douanières en faveur d’intrants de production dans les secteurs porteurs de croissance et de transformation structurelle, en vue de la résorption des vulnérabilités nationales ; la suppression des exonérations et le relèvement de la taxation sur les produits présentant des externalités négatives pour l’environnement et la santé, ainsi que de ceux pour lesquels le Cameroun dispose des capacités de production locale ; la mise en œuvre d’une politique fiscale incitative et de promotion de l’utilisation des matières premières locales au détriment des importations ; Le Gouvernement mène des réflexions plus larges en examinant la dynamique des grandes surfaces, leur contenu commercial et leur impact potentiel sur les politiques avisées d’import substitution. Le secteur tertiaire est marqué depuis quelques années par une forte augmentation du nombre des grandes surfaces, principalement à Yaoundé et Douala, les deux plus grandes métropoles du pays. Il est à noter pour s’en satisfaire que la densification du réseau de ces supermarchés est en grande partie portée par les opérateurs nationaux dont les enseignes se sont imposées dans la grande distribution ces dernières années. Donc il serait important que ces enseignes qui se sont implantées en promettant de promouvoir la production et la commercialisation des produits locaux le fasse de manière volontariste.

Défis Actuels : Dans le cadre de cette loi de finances quels sont les efforts réalisés par le Minfi en soutien à la dynamique de décentralisation en cours ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Concernant le processus de décentralisation, le gouvernement a renforcé les moyens financiers et techniques des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). L’objectif est de leur permettre de jouer un rôle plus actif dans la relance économique, en initiant des projets locaux qui répondent aux besoins spécifiques de leurs communautés. Les ressources provenant de l’État et affectées aux compétences transférées déjà exercées par les collectivités territoriales décentralisées (CTD) sont évaluées en 2024 à 555,4 milliards dont 262,9 milliards au titre des transferts de fiscalité, et 292,5 milliards au titre de la Dotation Générale de la Décentralisation (DGD). Vous constaterez que la Dotation Générale de la Décentralisation a effectivement augmenté de 39,9 milliards de FCFA, soit une hausse de 15,8 % par rapport à l’année précédente où elle s’élevait à 252,6 milliards de FCFA. Cette augmentation est directement liée au transfert effectif aux régions des ressources correspondant aux compétences qui leur ont été attribuées. Par exemple, les responsabilités liées à la réhabilitation et à l’entretien des routes départementales, au soutien des formations sanitaires et établissements sociaux, ainsi qu’à la création et l’équipement des lycées et collèges sont désormais pleinement exercées par les collectivités territoriales. Concrètement, cela signifie que les collectivités disposent de moyens financiers accrus pour mettre en œuvre ces compétences sur le terrain. L’objectif est de rapprocher les services publics des populations, tout en leur permettant de participer activement à la relance économique de notre pays. En dotant les Collectivités Territoriales Décentralisées de ces ressources accrues conformément aux orientations du Président de la République, nous leur donnons les outils nécessaires pour répondre aux besoins locaux de manière plus efficace et plus adaptée.

Défis Actuels : Quelles sont les mesures prises pour garantir une exécution optimale du budget, eu égard au contexte international tendu qui impacte le cours de l’économie nationale ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Face aux défis liés au contexte international actuel, marqué notamment par des tensions inflationnistes et des fluctuations sur les marchés des matières premières, nous avons adopté plusieurs mesures pour garantir une exécution optimale du budget national. Tout d’abord, nous mettons l’accent sur la rationalisation des dépenses publiques, avec pour objectif une priorisation des actions à fort impact socio-économique, tout en veillant à leur efficacité. Nous avons renforcé les mécanismes de mobilisation des recettes internes non pétrolières, afin de dégager les marges budgétaires nécessaires à la poursuite de nos investissements stratégiques, notamment dans les secteurs de l’infrastructure, de la santé, de la sécurité et de l’éducation. Nous avons également poursuivi la dématérialisation des procédures budgétaires permettant une meilleure gestion des engagements et une réduction des délais d’exécution. Cette réforme inclut l’extension des systèmes d’information, tels que PROBMIS et PATRIMONY, assurant ainsi une transparence accrue dans la gestion des finances publiques. De plus, nous avons mis en place des mécanismes pour mieux anticiper et planifier les dépenses à travers des plans d’engagement consolidés qui seront actualisés trimestriellement. Cela permet de mieux gérer les risques budgétaires et de maintenir une cohérence entre les recettes collectées et les dépenses effectuées. Enfin, le maintien de la vigilance budgétaire face à la dette publique et la gestion rigoureuse des subventions, notamment celles liées aux prix des carburants, restent des priorités pour assurer la viabilité budgétaire à moyen et long terme. Nous restons également vigilants sur les passifs du portefeuille des partenariats public-privé, afin de minimiser les risques financiers.

Défis Actuels : Monsieur le Ministre, le 31 mai 2024, vous avez lancé la Stratégie Nationale de Développement du Secteur Financier (SNDSF) du Cameroun. Pourquoi une telle stratégie dédiée spécifiquement au secteur financier ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Le secteur financier est un pilier central du développement économique, et son dynamisme est essentiel pour atteindre les objectifs d’émergence que s’est fixés le Cameroun à l’horizon 2035. Depuis 2009, le pays a adopté une vision ambitieuse, déclinée à travers plusieurs instruments stratégiques, comme le DSCE (2010-2020) et la SND30 (2021-2030). Toutefois, il est apparu nécessaire de développer des stratégies sectorielles spécifiques pour répondre aux défis propres à certains secteurs clés, dont celui des finances. La SNDSF vise ainsi à renforcer la performance de ce secteur pour accélérer la croissance économique et, par conséquent, améliorer le bien-être des populations. En effet, le diagnostic du système financier camerounais a révélé plusieurs faiblesses : une faible inclusion financière, un accès limité au financement pour les MPME, et un manque de profondeur du marché financier. La SNDSF vient donc avec des solutions concrètes pour résoudre ces problèmes, en s’appuyant notamment sur la mise en place d’instruments comme la Société de Gestion des Fonds de Garantie pour les MPME et la réforme du Crédit Foncier du Cameroun. Le but est de rendre le secteur financier plus inclusif et de permettre à une plus grande partie de la population d’accéder aux services financiers.

 Défis Actuels : Une des grandes attentes des entrepreneurs camerounais, notamment les promoteurs de PME, concerne l’accès au crédit.  Quelles sont les principales mesures de la SNDSF pour faciliter cet accès ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Les MPME, qui constituent 98 % du tissu économique camerounais, sont vitales pour la création de richesse et d’emplois dans le pays. Cependant, elles font face à de nombreux obstacles en matière d’accès au financement, en particulier les financements de long terme. Aujourd’hui, moins de 20 % des prêts formels leur sont accordés, un chiffre bien insuffisant pour soutenir leur développement et leur contribution à l’économie nationale. Le gouvernement, conscient de ce défi, a mis en place plusieurs mesures pour renforcer l’accès des MPME aux financements formels. Parmi ces initiatives, on peut citer la création d’un mécanisme de garantie de 200 milliards FCFA, et ayant déjà donné lieu à la signature d’une convention entre l’État, 15 banques et 37 établissements de microfinance en août 2023. Ce mécanisme vise à rassurer les institutions financières et à les encourager à accorder davantage de crédits aux MPME. En complément, la SNDSF prévoit la création de la Société de Gestion des Fonds de Garantie aux MPME, qui jouera un rôle crucial dans le renforcement de la confiance entre ces entreprises et le système bancaire. Par ailleurs, la stratégie inclut aussi l’implémentation de la loi sur le crédit hypothécaire, qui facilitera les transactions immobilières et libérera ainsi des fonds pour les entrepreneurs. De plus, la réforme du Crédit Foncier du Cameroun permettra de stimuler le marché immobilier et, par extension, d’amplifier le financement des secteurs liés à la construction. En combinant ces différents instruments, la SNDSF offre un cadre intégré et cohérent pour résoudre la problématique de l’accès au financement des MPME, tout en contribuant à la dynamisation du secteur financier camerounais dans son ensemble. Avec ces réformes, nous espérons que les MPME pourront bénéficier de financements plus accessibles et adaptés à leurs besoins, ce qui favorisera leur croissance et leur impact sur l’économie nationale.

Défis Actuels : Le secteur privé Camerounais a très favorablement accueilli le fonds de garantie de 200 milliards de Francs CFA que vous avez mis en place en faveur des PME. Qu’est-ce qui a motivé la décision de mettre en place un tel fonds, comment fonctionne-t-il, et qu’attendez-vous du secteur privé ?

 LOUIS PAUL MOTAZE : La création de ce fonds de garantie de 200 milliards de Francs CFA répondait à une nécessité impérieuse de soutenir notre économie face aux difficultés engendrées par la crise sanitaire mondiale. Nous avons constaté que les petites et moyennes entreprises, qui représentent la majorité de notre tissu productif, étaient particulièrement vulnérables aux perturbations économiques. La mise en place de ce dispositif avait donc pour but de leur offrir un filet de sécurité et de leur permettre de continuer à fonctionner et à investir malgré un contexte économique difficile. Ce mécanisme fonctionne sous la forme d’une garantie de portefeuille négociée avec les établissements prêteurs. Cela signifie que l’État se porte garant pour une partie des crédits octroyés par les banques et les établissements de microfinance aux entreprises des secteurs prioritaires, identifiés dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Le principe est simple : en réduisant le risque pour les banques, nous les incitons à accorder plus facilement des crédits aux PME, y compris celles qui ont été fragilisées par la crise. Cette garantie couvre notamment les prêts destinés à financer le fonds de roulement des entreprises, mais aussi leurs investissements en immobilisations corporelles. Les secteurs à fort potentiel de croissance, comme l’agro-industrie, les technologies de l’information, les énergies renouvelables, sont particulièrement visés par cette mesure. Nous attendons du secteur privé, et plus précisément des établissements financiers, qu’ils jouent pleinement leur rôle de partenaires dans cette initiative. Cela implique d’accompagner efficacement les PME, de leur offrir des conditions de crédit avantageuses et de simplifier les procédures d’accès au financement.

La garantie de l’État doit se traduire par une baisse significative des coûts de crédit pour les petites et moyennes entreprises, car ce sont elles qui, à travers leurs activités, vont relancer l’économie et créer des emplois. Il est également crucial que ces financements servent avant tout à dynamiser le marché intérieur. Nous ne voulons pas que ces ressources soient détournées pour des exportations non maîtrisées ou des opérations spéculatives qui n’apporteraient aucun bénéfice à notre économie. L’objectif est de renforcer notre autonomie économique en encourageant la production locale et en réduisant notre dépendance aux importations. Le gouvernement s’engage à sa part, notamment en honorant rapidement ses obligations en cas de défaillance de remboursement, et en garantissant la transparence et l’efficacité dans le traitement des demandes de garantie. Nous continuerons à travailler étroitement avec les banques et les microfinances pour assurer la réussite de ce dispositif, tout en restant ouverts aux ajustements nécessaires pour l’adapter aux besoins du marché.

Défis Actuels : Vous avez fait de la simplification des procédures un des éléments clés de l’amélioration du climat des affaires. Pourquoi cette démarche et quelles sont les principales mesures que vous avez prises ces dernières années ?

 LOUIS PAUL MOTAZE : La simplification des procédures est au cœur de notre stratégie pour améliorer le climat des affaires au Cameroun. Elle permet non seulement de rendre les interactions entre les contribuables et les administrations fiscales plus fluides et transparentes, mais aussi de créer un environnement plus favorable aux investissements et à la croissance économique. En éliminant les obstacles administratifs et en réduisant les délais, nous facilitons l’activité des entreprises, en particulier des PME, qui constituent le tissu économique majoritaire de notre pays. Pour atteindre cet objectif, nous avons mis en place plusieurs mesures concrètes, centrées principalement sur la digitalisation et la dématérialisation des procédures. Nous avons d’abord étendu l’utilisation des téléprocédures, permettant ainsi aux contribuables d’effectuer de nombreuses opérations fiscales directement depuis leur ordinateur ou leur téléphone portable. Par exemple, la télédéclaration des impôts et taxes à versement spontané et la Déclaration Statistique et Fiscale annuelle se font désormais en ligne. Cela représente un gain de temps considérable pour les contribuables et réduit la nécessité de se rendre physiquement dans nos services. Nous avons également dématérialisé la procédure d’enregistrement des commandes publiques ainsi que celle des mutations immobilières et mobilières. Cette digitalisation a été accompagnée par l’introduction de services en ligne tels que la délivrance de l’attestation de conformité fiscale, l’authentification des documents et la consultation du fichier des contribuables. Grâce à ces services, les contribuables peuvent désormais accéder à ces informations de manière autonome et instantanée, sans avoir à passer par des démarches administratives complexes. En outre, nous avons lancé le service « Mobile Tax » qui permet le paiement d’impôts et de taxes via téléphone portable. Ce service est particulièrement utile pour les petites entreprises et les contribuables qui ne peuvent pas se déplacer, rendant le paiement des impôts plus accessible. De plus, la modernisation du mode de perception de certains impôts, comme les droits de timbre automobile et les droits de timbre d’aéroport, a permis de dématérialiser totalement ces procédures, dispensant ainsi les contribuables de toute démarche administrative physique. L’introduction de la Déclaration Pré-remplie (DPR) est une autre innovation majeure. Cette procédure consiste à envoyer une déclaration déjà complétée au domicile du contribuable, qui n’a plus qu’à vérifier les informations et régler la somme due via son téléphone portable. Cette mesure vise à simplifier encore davantage les formalités pour le contribuable, tout en garantissant la conformité fiscale. Pour le secteur douanier, nous avons déployé le système Cameroon Customs Information System (CAMCIS) qui permet un traitement entièrement dématérialisé des opérations douanières à l’importation et à l’exportation. Cette plateforme facilite la gestion des opérations douanières tout en réduisant les risques de fraude et en améliorant l’efficacité des services. Enfin, nous avons rationalisé les interventions fiscales en instituant le principe d’une seule intervention par entreprise et par an. Cela limite les interruptions fréquentes des activités des entreprises et garantit un environnement plus stable et prévisible pour les affaires. Nous prévoyons également de densifier le télépaiement pour offrir plus de flexibilité aux contribuables. Notre objectif est de créer un environnement fiscal et douanier moderne, transparent et accessible, en phase avec les exigences du développement économique et social du Cameroun. Nous croyons fermement qu’en simplifiant les procédures, nous posons les bases d’une relation de confiance avec les contribuables et créons un cadre propice à l’investissement et à la croissance.

Défis Actuels : Qu’est-ce qui motive votre orientation stratégique en faveur de la digitalisation ?

La digitalisation représente pour nous une orientation stratégique incontournable, motivée par la nécessité de moderniser et d’optimiser la gestion des finances publiques. Il s’agit d’une réponse directe aux défis de notre époque, qui exigent plus de transparence, d’efficacité et de sécurité dans nos opérations financières. En outre, ce virage numérique permet de lutter plus efficacement contre la corruption, un fléau qui mine souvent les efforts de développement. La digitalisation s’inscrit dans la vision du gouvernement, qui aspire à établir une administration fiscale moderne, capable de tirer parti des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). Cette approche nous permet d’accroître la mobilisation des ressources, d’améliorer la qualité des services offerts aux usagers et d’optimiser la productivité de notre administration en général. Pour les usagers, la digitalisation simplifie les procédures, réduit les coûts de la discipline fiscale et améliore l’environnement fiscal des affaires. Pour l’administration fiscale, elle contribue à élargir l’assiette et sécuriser les recettes, tout en rationalisant les tâches par l’élimination des processus manuels et le recentrage sur l’administration des risques. Pour la mise en œuvre, le Ministère des Finances a adopté un plan d’action progressif pour accompagner cette transformation. Nous avons commencé par l’informatisation de la chaîne de dépenses, avec des outils comme IBIS, ANTILOPE, PATRIOT, et CAMCIS pour les douanes. Ces systèmes nous ont permis d’améliorer l’exécution budgétaire, la gestion comptable et la collecte des recettes douanières. De plus, nous avons introduit des solutions comme SYDONIA pour faciliter les transactions douanières et MESURE pour une gestion plus efficace de l’assiette fiscale. En parallèle, les plateformes de paiement électronique, telles que Tresor Pay, lancée récemment, sont venues renforcer la sécurisation des recettes non fiscales. Pour s’aligner avec la politique gouvernementale de dématérialisation, le Ministère des Finances s’est doté d’un schéma directeur informatique. Ce document stratégique a défini avec précision les besoins en informatique du MINFI, ciblant deux objectifs majeurs : construire une informatique intégrée et optimiser la mutualisation des ressources. Ces projets comprennent des études, la construction d’infrastructures technologiques de pointe, le développement d’applications de gestion des finances publiques et l’amélioration des compétences techniques de notre personnel. Pour l’administration, ces réformes ont permis de rationaliser les tâches manuelles et de recentrer nos efforts sur l’administration des risques et l’élargissement de l’assiette fiscale. Par exemple, l’extension de l’assiette fiscale et la sécurisation des recettes ont été grandement facilitées par le croisement des fichiers Douanes-Impôts via la plateforme FUSION. La digitalisation de l’Attestation de Mise en Recouvrement (AMR) et l’automatisation de la délivrance de l’Attestation de Conformité Fiscale, combinées à la solidarité de paiement, ont également entraîné une augmentation du nombre de plans de règlement dans le secteur forestier. De plus, la dématérialisation des modalités d’enregistrement de la commande publique a eu un impact significatif sur les performances, avec une hausse de près de 20 % des droits perçus dès 2018. Sur le plan qualitatif, la mise en place de la télé-déclaration a permis une meilleure fidélisation des contribuables, avec un taux de déclaration dans les délais avoisinant 100 %. De même, la digitalisation du fichier national des contribuables a permis un élargissement du portefeuille des moyennes entreprises et, de manière générale, a amélioré le civisme fiscal.

 Défis Actuels : Vous avez engagé l’assainissement des finances publiques avec le comptage physique des personnels d’État ou encore l’assainissement des baux. Quel bilan et quels enseignements ?

LOUIS PAUL MOTAZE : La question de l’assainissement des finances publiques est au cœur de nos préoccupations. Deux initiatives phares illustrent notre engagement dans ce domaine : l’assainissement des baux administratifs et l’opération COPPE 2018 (Comptage physique des Personnels de l’Etat), qui visait à traquer les fonctionnaires fictifs. Nous avons mené une véritable croisade contre les baux administratifs fictifs. L’audit que nous avons lancé a mis en lumière des irrégularités inacceptables : des immeubles en ruine loués à prix d’or, des loyers versés sans contrat de bail, et même des cas où l’État paie pour des bâtiments inexistants ! Plus grave encore, nous avons découvert que 2 141 personnes, logées aux frais de l’État, n’ont aucun lien avec l’administration publique ou sont à la retraite. Ce réseau de fraudes a coûté des milliards au Trésor public. Face à ces abus, nous avons pris des mesures immédiates pour mettre fin à cette hémorragie financière. Résultat ? Près de 4 milliards de francs CFA économisés chaque année. En parallèle, l’opération COPPE 2018 a marqué un tournant dans la lutte contre les agents publics fictifs. Nous avons recensé physiquement 310 786 agents pour nous assurer de leur présence effective. L’opération a révélé plus de 14 000 cas de fraude, dont 10 632 agents qui, bien que toujours inscrits au fichier solde, ne travaillaient plus pour l’État. Ces suspensions ont généré une économie annuelle de 32,4 milliards de francs CFA ! Le travail ne s’arrête pas là : nous avons engagé des procédures disciplinaires pour ceux qui ont indûment perçu des salaires. Plus récemment, nous avons détecté 13000 faux actes dans les dossiers de pensions retraite de certains personnels des Forces de défense et de sécurité. Le message est clair : toute fraude sera sanctionnée, et nous sommes déterminés à assainir les finances publiques de manière durable. Ces actions, riches en enseignements, ont démontré qu’une gestion rigoureuse et transparente de nos ressources est non seulement possible, mais surtout nécessaire pour restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique. À l’avenir, nous continuerons à renforcer les contrôles, à moderniser nos outils de gestion et à œuvrer pour une gouvernance exemplaire.

Défis Actuels : En termes de perspectives, quelles sont les réformes que vous envisagez pour optimiser davantage la gestion des finances publiques au Cameroun ?

LOUIS PAUL MOTAZE : Pour optimiser davantage la gestion des finances publiques au Cameroun, plusieurs réformes ambitieuses sont envisagées, s’inscrivant dans la continuité des efforts déjà entrepris dans le cadre notamment du Plan Global de Réforme de la Gestion des Finances Publiques (PGRGFP) avec dans certains aspects le soutien de partenaires comme la France à travers le Projet d’Appui à la Gouvernance Financière (PAGFI). Nous entamons actuellement la troisième phase du PAGFI, qui se concentre sur trois principaux axes. A court terme, nous voulons en premier lieu renforcer la crédibilité budgétaire et l’une des réformes majeures en cours est l’opérationnalisation complète du Compte Unique du Trésor (CUT). Cela permettra de consolider les fonds des entités publiques, optimisant ainsi la gestion de la trésorerie de l’État. Nous mettons également en place des plans d’engagement et une comptabilité budgétaire rénovée pour améliorer la régulation budgétaire. Nous allons également œuvrer à l’amélioration de l’information budgétaire et comptable en poursuivant l’approfondissement de la comptabilité en droits constatés au niveau de l’État et sa généralisation aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) et établissements publics. Cette réforme nécessite le renforcement des systèmes d’information pour assurer une traçabilité et une transparence accrues dans la gestion des finances publiques. L’autre chantier majeur consistera en la maîtrise des risques budgétaires liés aux entreprises et établissements publics. Car, avec plus de 133 milliards de Francs CFA de subventions accordées, il est crucial de mieux suivre et piloter ces organismes. Nous mettons en place des mécanismes pour contrôler l’efficience et l’efficacité des subventions accordées, les dettes croisées ou garanties par l’État, ainsi que la gestion des arriérés fiscaux. Ces réformes visent à renforcer les marges de manœuvre budgétaires du Cameroun, condition nécessaire pour maintenir la stabilité macroéconomique et financer des investissements porteurs d’une croissance inclusive et durable. Nous prévoyons également de renforcer la capacité des agents publics par des formations et des sensibilisations, notamment via le Programme Supérieur de Spécialisation en Finances Publiques (PSSFP). Près de 2500 fonctionnaires ont déjà été formés grâce aux caravanes de formation, et nous poursuivrons ces efforts pour doter nos administrations des compétences nécessaires pour accompagner ces réformes. Enfin, le Plan Stratégique des Réformes de la Gestion des Finances Publiques 2024-2027, constituera le cadre de référence pour consolider les acquis du PAGFI et les inscrire dans une vision globale et pérenne de transformation de notre système de gestion des finances publiques. Ce plan tient compte des leçons tirées des évaluations antérieures, notamment la 3ème évaluation PEFA de 2023, et s’appuiera sur la création de communautés de pratiques pour favoriser l’appropriation et l’implémentation efficace des réformes au sein des administrations. Ces mesures reflètent notre engagement à bâtir un système financier plus transparent, efficient et résilient, capable de soutenir durablement le développement du Cameroun.

Propos recueillis par François BAMBOU

Éliminatoires Mondial 2026: Le Cameroun s’impose sur Maurice et ravive la flamme de l’espoir

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Unr place de leader du groupe D des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, zone Afrique est encore possible pour le Cameroun. Après la victoire des Lions indomptables sur les Dodos de l’île Maurice (0-2) cet après-midi du 8 octobre 2025. Une victoire finalement arrachée par un sursaut d’orgueil des Lions indomptables partis favoris mais qui ont finalement eu de la peine à s’imposer en déplacement.

Il aura fallu attendre la 56ème minute pour voir le chemin des filets mauriciens s’ouvrir. Profitant d’une déviation manquée d’un défenseur adverse, Moumi Ngamaleu trouvé le chemin des filets tant convoité par les visiteurs, sans succès. Alors que Maurice en cette seconde partie, a changé de stratégie en abandonnant le jeu defensif et fermé, les remplaçants font regretter à Marc Brys, de les avoir relégués au banc de touche au départ. Une passe de Christian Bassogog trouve doublement le plat du pied de Bryan Mbeumo. Le score en restera là jusqu’à la fin.

Le Cameroun se relance ainsi dans la course pour la Coupe du monde 2026. Aidé en cela par une Libye qui aurait pu complètement neutraliser le leader du groupe si son portier n’avait commis cette bourde en négligeant une balle anodine lui échapper en petit pont. Égalisant ainsi au score (3-3). Pour autant, ce score freine les ardeurs du Cabo-Verde. Désormais le Cabo-Verde est à 20 points, soit deux de plus que le Cameroun.

Le 13 octobre prochain sera la finale du groupe, dans un duel à distance entre les deux premiers du groupe. Comme au match de Saint Pierre, le duel contre la Libye à Yaoundé nécessite une victoire absolue pour les Lions indomptables s’ils veulent garder l’espoir d’une place au prochain Mondial. En cas de défaite du Cabo-Verde, une victoire camerounaise est synonyme de qualification directe. A défaut, Larc Brys et ses poulains devront passer par des barrages qui impliquent les quatre meilleurs deuxièmes. Pourvu qu’ils gagnent déjà leur dernière rencontre. Rendez-vous le 13 octobre prochain à Yaoundé.

Coriane Sama prépare un Gala littéraire pour raviver la citoyenneté des Camerounais

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Dans un paysage culturel souvent dominé par la distraction immédiate, Coriane Sama parie sur la profondeur du livre pour réveiller les consciences. Son Gala littéraire, annoncé comme l’un des rendez-vous majeurs de la fin d’année, se veut un moment d’union entre les élites, la jeunesse et la société civile autour d’un idéal commun : réhabiliter la citoyenneté camerounaise à travers la lecture.

Placée sous le signe du patriotisme, cette rencontre proposera la présentation d’un ouvrage didactique destiné à rappeler les fondements du vivre-ensemble et du civisme. Ce livre, conçu comme un bréviaire national, est appelé à circuler dans les écoles, les associations et les administrations. L’objectif est d’atteindre plus de 10 000 lecteurs grâce à un élan de solidarité, où mécènes, institutions et particuliers sont invités à parrainer la diffusion d’exemplaires dans tout le pays.

Pour Coriane Sama, la culture n’est pas un luxe, mais un outil de construction collective. En initiant ce Gala, elle prolonge un engagement déjà visible dans ses actions antérieures, telles que, la Grande Conférence des éditeurs, auteurs et lecteurs du livre, tenue en janvier dernier, ou encore sa participation remarquée au Salon du Livre de Yaoundé, en partenariat avec Paper’s. À cela s’ajoute son émission La Cuisine du Livre sur Canal 2 International, où elle a su rallumer chez les jeunes Camerounais le goût de la lecture et de la réflexion.

Mais le Gala littéraire ne se limitera pas à la célébration du livre. Il s’inscrit dans une démarche plus large d’éveil citoyen et de valorisation du génie camerounais. Par le biais de son initiative Les Ateliers Patriotes, Coriane Sama a déjà permis à 23 enfants venus des dix régions du pays de rédiger un ouvrage collectif sur leur vision d’un Cameroun uni et porteur d’espoir. Ce projet, soutenu par le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique ainsi que le Ministère des Arts et de la Culture, sera officiellement présenté au public lors du Gala de novembre.

L’engagement de Coriane Sama dépasse les frontières du livre. À travers le programme international RISEUP WOMEN, elle a formé cent femmes en communication digitale et en art oratoire, leur offrant des outils pour renforcer leur leadership et leur présence dans la sphère publique. La promotrice incarne ainsi une conviction de l’autonomisation, la culture et la citoyenneté sont les trois leviers d’un Cameroun lucide et solidaire.

A Maroua, Paul Biya promet un Cameroun d’opportunités et de productivité

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 À six jours du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, le chef de l’État a livré, depuis Maroua, un discours long, structuré et fortement axé sur les leviers économiques susceptibles de transformer le Cameroun au cours du prochain septennat. Le ton était résolument tourné vers la consolidation du bilan et l’ouverture de nouvelles perspectives. « Beaucoup a certes déjà été fait, mais je puis vous assurer que le meilleur reste à venir », a-t-il déclaré devant des milliers de partisans venus des trois régions septentrionales.

Un bilan économique ancré dans les infrastructures et l’énergie

Paul Biya a d’abord mis en avant les résultats enregistrés dans les infrastructures de base, qu’il considère comme la colonne vertébrale du développement. « Le réseau de routes bitumées n’a cessé d’augmenter au fil des années et se situe aujourd’hui à près de 10 700 kilomètres », a-t-il précisé. Dans la région de l’Extrême-Nord, les chantiers structurants tels que les axes Mora–Dabanga–Kousseri et Garoua–Goundéré devraient bientôt entrer dans une phase active.

Le président a confirmé que « les entreprises chargées de l’exécution des travaux ont été sélectionnées et ont entamé leur déploiement sur le terrain », ajoutant que « les travaux vont enfin pouvoir débuter ». Ces annonces, longtemps attendues dans le septentrion, s’inscrivent dans un programme spécial de réhabilitation et de construction d’axes routiers à l’échelle nationale, financé par des ressources publiques et des partenariats extérieurs.

Le secteur énergétique reste l’un des marqueurs de ce bilan. Avec la mise en service du barrage hydroélectrique de Nachtigal et l’expansion du parc solaire national, le chef de l’État entend « accroître l’offre énergétique, notamment dans les régions septentrionales ». Le projet de raccordement des réseaux interconnectés Nord–Sud, en cours d’achèvement, devrait renforcer la sécurité énergétique et favoriser l’industrialisation régionale.

L’emploi et la jeunesse comme boussole du prochain septennat

Dans une région marquée par un chômage endémique, Paul Biya a multiplié les assurances. « Je ne me résignerai jamais à la situation actuelle. Je ne prendrai aucun repos tant que des progrès significatifs n’auront pas été réalisés », a-t-il lancé. Il a détaillé une série de mesures destinées à stimuler l’emploi, notamment la restructuration du Fonds National de l’Emploi et la création de mécanismes spécifiques de financement des projets initiés par les jeunes.

Le chef de l’État promet une approche plus pragmatique fondée sur « la professionnalisation des formations et l’adéquation entre l’école et le marché du travail ». Les secteurs agricoles, artisanaux, numériques et technologiques sont présentés comme les nouveaux gisements d’emplois. « Nous allons faire preuve de plus d’inventivité et de génie pour faciliter l’insertion socio-économique et l’auto-entrepreneuriat de nos jeunes compatriotes », a-t-il insisté.

Femmes, formation et inclusion : le triptyque social

Dans la continuité de son discours économique, Paul Biya a évoqué la place des femmes dans la stratégie de développement. « J’ai pris l’engagement que la situation des femmes et des jeunes serait au cœur de mes préoccupations au cours du septennat à venir. Je tiendrai parole », a-t-il assuré. L’accent sera mis sur l’éducation, la protection contre les violences et l’accès accru des femmes aux responsabilités économiques et publiques.

La carte scolaire et universitaire, quant à elle, s’est enrichie au cours des dernières années, avec la montée en puissance de l’Université de Maroua et la création de nouveaux établissements dans toutes les régions. Le président a souligné que « les progrès visibles dans le secteur éducatif et sanitaire » traduisent la volonté de renforcer le capital humain, socle du développement à long terme.

Lutte contre les inégalités territoriales et redynamisation économique locale

Au-delà des annonces, le discours de Maroua a servi de vitrine à la politique de rééquilibrage régional. Paul Biya a insisté sur la nécessité de poursuivre les investissements dans les zones rurales, en mentionnant les programmes liés à l’agriculture, à l’élevage et à la gestion des risques climatiques. Il a cité le projet de développement rural intégré du Logone et Chari, destiné à réduire les effets des inondations récurrentes et à renforcer la sécurité alimentaire.

Sur le front sécuritaire, il a salué « les incontestables succès » des forces de défense contre Boko Haram, soulignant que « l’amélioration de la situation sécuritaire aura un effet bénéfique immédiat sur la situation économique et sociale ». La stabilité retrouvée est perçue comme un préalable à la relance du tourisme et du commerce transfrontalier dans la région.

Un pacte économique renouvelé avec la Nation

En clôturant son discours, le président a replacé l’ensemble de ces engagements dans une perspective nationale : « Faire du Cameroun un pays uni, paisible, moderne et prospère est la mission sacrée à laquelle, avec votre soutien massif, je n’ai cessé de me consacrer. »

Pour Paul Biya, le prochain mandat doit consolider la trajectoire économique, renforcer la gouvernance budgétaire et accélérer la diversification, notamment par l’exploitation du potentiel minier et la lutte contre la corruption.

Le message de Maroua, à la fois économique et politique, s’adresse autant à la population locale qu’à l’ensemble des électeurs du pays, un appel à poursuivre la marche vers la prospérité, sous le signe de la continuité et de la stabilité.

LUC MESSI ATANGANA : « Mon objectif est d’œuvrer de manière significative à la modernisation de Yaoundé »

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LUC MESSI ATANGANA, maire de la Ville de Yaoundé

Défis Actuels : Monsieur le Maire de la ville de Yaoundé, quelles ont été les principales priorités de la Communauté urbaine de Yaoundé sous votre leadership ces dernières années ?

LUC MESSI ATANGANA : A mon arrivée à l’Hôtel de ville de Yaoundé en mars 2020, l’assainissement de la capitale s’impose comme une urgence, dans la mesure où elle doit afficher fière allure à l’occasion de la CAN 2021 que notre pays a accueilli en janvier 2022. Le temps était compté, et il fallait vite s’y mettre et bien faire, le tout dans un contexte de crise sanitaire liée à la Covid-19, avec toutes ses restrictions que nous avons connues. A ce moment-là, les autres priorités concernaient les voiries, la mobilité urbaine, l’éclairage public, la lutte contre le désordre urbain et l’embellissement de la ville. Nous avions alors mené plusieurs actions allant dans ce sens pour le résultat que tout le monde a vu pendant ce grand rendez-vous sportif. La CAN passée, les priorités n’ont pas changé du moment que l’aménagement de la cité n’est pas seulement lié à l’organisation d’un événement.

Après la révision du Plan directeur d’urbanisme de la ville de Yaoundé en 2022, nous avons constaté le besoin criard d’orienter nos efforts principalement sur l’aménagement des voiries, l’amélioration de la gestion des ordures, la construction des infrastructures marchandes ou l’extension du réseau d’éclairage public. Ce sont ces priorités qui guident les actions de la Communauté urbaine depuis 2022, sans que pour autant ne soient négligées les autres missions à nous dévolues comme le bon ordre urbain, la mobilité urbaine, l’embellissement de la ville, entre autres.

Défis Actuels : Yaoundé connait une forte croissance démographique. Quels sont vos plans pour encadrer cette urbanisation rapide tout en assurant un développement harmonieux de la ville ?

LUC MESSI ATANGANA : Mon objectif en tant que maire de la ville de Yaoundé est de contribuer de manière significative à la modernisation de ma ville. Pour y parvenir, il est important de connaître chaque facteur de développement et maîtriser tous les atouts et freins à ce développement. C’est dans ce cadre que nous avons mené le processus de révision du Plan directeur d’urbanisme de la ville de Yaoundé (PDU), dont le précédent est arrivé à échéance en 2019.

Nous avons constitué une base de données actualisée sur la croissance démographique, les besoins actuels et futurs de la population, les moyens à mettre en œuvre pour un urbanisme durable, la répartition de Yaoundé en zones spécifiques avec des nouvelles zones industrielles, des zones pour l’agriculture urbaine, etc. Bien plus, nous avons matérialisé sur une carte l’ensemble des projets que nous avons pour la ville, en prenant en compte l’évolution de la population et ses besoins. Autrement dit, le développement de la ville de Yaoundé est planifié jusqu’en 2035, dans un document que nous appelons le Plan directeur d’urbanisme. Ce plan est adossé aux objectifs de la Stratégie nationale de développement.

Défis Actuels : La circulation et les embouteillages restent un défi quotidien pour les habitants. Quelles sont les solutions mises en œuvre pour améliorer la mobilité urbaine ?

LUC MESSI ATANGANA : La Communauté urbaine de Yaoundé a mené une étude en 2019 sur la mobilité dans la ville de Yaoundé. Le résultat de cette étude est contenu dans un document guide dénommé le Plan de mobilité urbaine soutenable (PMUS). Ce document présente un état de lieu précis sur la question de la mobilité dans la ville et comporte cinq projets dont la mise en œuvre d’ici 2030 devra considérablement améliorer la mobilité dans la ville de Yaoundé. Parmi ces projets, nous pouvons notamment citer Yaoundé cœur de ville, dont j’ai lancé les travaux le 11 juin dernier.

Ce projet à lui seul comporte plusieurs sous-projets qui, à terme, devront réduire de manière considérable les embouteillages au centre-ville. Il prévoit en sa composante travaux structurants, quatre projets dont la reconstruction des carrefours Mvan et Elig-Effa, la démolition et la reconstruction d’une gare routière moderne à Messa (Mokolo) et la construction d’une gare routière moderne à Mvan. Dans sa composante aménagements légers, le projet prévoit la reprise des chaussées et l’assainissement, la construction des trottoirs, l’installation de feux de signalisation, la matérialisation de traversées piétonnes et l’implantation d’arrêts pour les taxis collectifs. Il prévoit également la construction des carrefours Awaé escalier, sous-manguier, entrée Beac Mvan et le réaménagement de trois terminus du réseau de transport artisanal urbain.

Au projet Yaoundé cœur de ville s’ajoute le projet du Bus Rapid Transit (TransYaoundé) ou encore le BRT. Ce projet est né du constat selon lequel avec une population de 4 millions d’habitants, la mobilité reste un véritable challenge dans la ville de Yaoundé, où le système de transport reste artisanal et composé de taxis, de motos et de minibus. Ce système est coûteux, très polluant et peu efficace sur la durée. C’est pourquoi nous misons depuis quelques années sur la mise en œuvre du BRT, le nouveau système de transport pour une mobilité plus efficace, moderne et écologique. Le BRT est un système de transport basé sur des bus électriques à forte capacité. Il reliera la plateforme multimodale d’Olembé à Ahala, sur près de 22 km, en desservant 28 stations et de nombreux lieux importants au centre-ville. Des extensions sont envisagées dans une deuxième phase, au nord de la ville vers Akak et au sud avec une branche Mvan-Odza.

Le projet est en phase de démarrage, et bénéficie du financement conjoint de l’Union européenne et de l’AFD, pour une mise en service d’ici 2028. Nous avons également le projet Mobilité verte à Yaoundé (Move Yaoundé). Comme son nom l’indique, ce projet lancé en janvier 2024 vise l’amélioration de la mobilité à Yaoundé à travers trois actions : la refonte du centre-ville par l’aménagement des corridors verts (plantation d’arbres et de fleurs) ; la modernisation du transport en commun informel (le transport par mototaxis et taxis) et l’amélioration de la mobilité piétonne à Yaoundé. Le projet est sur les rails.

La Communauté urbaine de Yaoundé s’étant récemment dotée d’une cellule de la mobilité urbaine, celle-ci bénéficie de l’accompagnement technique de la GIZ pour la mise en œuvre de Move Yaoundé. Ses actions ont démarré avec le recensement des taxis dans la ville en vue de leur professionnalisation. MoVe Yaoundé est cofinancé à hauteur de 4,5 milliards de FCFA par l’Union européenne, le gouvernement allemand à travers son agence de coopération la GIZ, et la France à travers l’AFD. Le projet devra s’exécuter sur quatre ans, et ses actions s’imbriquer dans le sillage de la mise en œuvre du BRT.

Défis Actuels : Concernant la mobilité urbaine, la ville de Yaoundé envisage-t-elle la mise en place d’un système moderne de bus pour soulager l’inconfort des populations obligées d’emprunter des moyens précaires dans des conditions d’insécurité ?

LUC MESSI ATANGANA : Effectivement. Je l’ai déjà mentionné plus haut, le BRT est la solution sur laquelle nous travaillons actuellement à la Communauté urbaine de Yaoundé, afin d’améliorer la mobilité urbaine dans notre ville. Nous sommes en train de préparer le début de la mise en œuvre du Bus Rapid Transit de Yaoundé qui, contrairement aux autres expériences en matière de bus urbain qu’a connues Yaoundé, mise sur sa rapidité, sa fiabilité et son accessibilité. Le BRT aura pour ce faire une ligne spécialement dédiée, qu’elle ne partagera pas avec les autres automobilistes. L’objectif est qu’un bus stationne toutes les trois minutes sur les 28 stations que comptera la ligne. Ces stations seront sécurisées de sorte à garantir la sécurité des usagers aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des bus.

Défis Actuels : En matière de logements, quelles initiatives la mairie soutient-elle pour répondre à la crise ?

LUC MESSI ATANGANA : La Communauté urbaine de Yaoundé encourage la construction des logements décents dans la ville. A défaut d’avoir des moyens considérables pour investir dans ce domaine, nous encourageons ceux qui s’y lancent à travers la facilitation de l’octroi des permis de construire et des certificats d’urbanisme, tout en étant rigoureux dans leur délivrance.

Défis Actuels : Quelles sont les grandes infrastructures en cours ou à venir qui changeront le visage de Yaoundé dans les prochaines années ?

LUC MESSI ATANGANA : Yaoundé est une ville en chantier. De nombreux projets y sont menés, aussi bien par des particuliers que par les pouvoirs publics. Au niveau de la Communauté urbaine, en dehors des projets cités plus haut, le Projet complémentaire d’assainissement de Yaoundé et le projet de piétonisation et de verdissement de l’avenue Kennedy donneront inéluctablement un visage plus reluisant au centre-ville. Si le premier apportera une solution définitive au problème d’inondation à partir d’Elig-Essono jusqu’à la voirie municipale en passant par l’Avenue Kennedy, le deuxième fera de cette avenue un lieu plaisant, fleuri et sécure, avec des cafés et une circulation essentiellement piétonne. Nous menons ce projet de concert avec la Mairie de Paris. Si nous avons déjà présenté les projets Yaoundé cœur de ville, le Bus Rapid Transit et même Move Yaoundé, nous ne pouvons faire fi des projets menés par les autres entités étatiques et même par les privés. Par exemple, un nouveau quartier administratif se développe au quartier Etoudi avec plusieurs sièges d’administrations publiques en construction.

Défis Actuels :  La question de l’assainissement urbain revient régulièrement dans l’actualité. Où en êtes-vous dans la mise en œuvre d’un éco- système efficace de gestion des déchets ?

LUC MESSI ATANGANA : Je voudrais d’emblée souligner que la gestion de l’assainissement urbain dans la configuration actuelle ne peut être une question essentiellement portée par les collectivités territoriales décentralisées. Elle nécessite une implication plus large des pouvoirs publics, car nécessitant d’important moyens financiers dont nous ne disposons pas toujours au niveau local. A la Communauté urbaine de Yaoundé, en plus d’avoir ouvert depuis 2022 le secteur de la collecte et du transport des ordures à la concurrence, avec l’arrivée de Thychlof sarl en appui à Hysacam, nous avons relevé le taux de couverture de collecte des ordures à travers la ville.

Pour ce qui est du traitement de ces déchets, nous sommes actuellement en pourparlers avec des investisseurs français et britanniques pour la mise en œuvre d’un projet de valorisation des déchets collectés. Le démarrage de ce projet permet de faire face à la saturation de la décharge de Nkolfoulou. Concernant justement les décharges, pour remédier à la saturation de Nkolfoulou, nous préparons un projet de construction d’une nouvelle décharge à Ongot dans l’arrondissement de Yaoundé 7e. Ce qui permettra aux entreprises de collectes d’être plus proches des décharges en fonction de leurs zones de couverture. Les travaux de la nouvelle décharge seront bientôt lancés. Nous restons ouverts à tous autres investisseurs intéressés par la gestion des ordures à Yaoundé. D’un autre côté, en ce qui concerne l’assainissement des déchets liquides précisément des boues de vidanges, nous avons doté Yaoundé de sa première station de traitement des boues de vidange à Etoa. Celle-ci permet à la ville de gérer de manière autonome ses boues de vidange. Nous avons, grâce à l’appui de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), formé et aidé à l’équipement des opérateurs privés du secteur de la vidange afin de moderniser l’activité. A son ouverture en 2021, la station de traitement de boue de vidange comptait 20 camions qui assuraient la navette des ménages pour le site. Aujourd’hui, grâce à la mise en place de cette station, le phénomène de vidange dans les caniveaux et sur les rues a considérablement réduit.

Défis Actuels : Quelles actions concrètes avez-vous menées pour l’éclairage public, l’accès à l’eau et la sécurité dans les différents quartiers de la capitale ?

LUC MESSI ATANGANA : A mon arrivée à la Communauté urbaine, comme je l’ai mentionné plus haut, l’éclairage public faisait déjà partie de mes priorités. Nous avons entretenu le réseau électrique existant, et l’avons même étendu. Tenez par exemple, le long du canal du Mfoundi, nous avons installés 238 lampadaires. De quoi illuminer toute la zone industrielle de Nsam et réduire l’insécurité ambiante dans ce secteur. Mais le bonheur n’aura duré que quelques mois, stoppé net par les actes de vandalisme subi par le réseau électrique. Nous avons déploré le vol des câbles électriques sur ces panneaux quelques mois après leur installation. Une déconvenue qui a accéléré la mise en œuvre du projet d’électrification de la ville par des lampadaires solaires. Cette alternative coûte moins cher. La première phase du projet a permis l’installation de plus de 1000 lampadaires solaires à travers la ville, partant d’Afanoyoa à Yaoundé 3 à Nkolkoumou dans l’arrondissement de Yaoundé 7, en passant par le centre-ville, Ngoa-Ekelle, Polytechnique, Bastos, Efoulan, Odza… Ces lampadaires en plus d’éclairer la ville, contribuent à la sécurité des populations. Parlant toujours de sécurité, nous avons construit et rétrocédé au Délégué général à la Sureté nationale 5 postes de police respectivement logés au carrefour Olezoa, au carrefour Coron, au carrefour Tsinga, au rond-point Bastos, au parcours Vita, ainsi qu’un édifice sis à Warda abritant la compagnie de sécurisation des établissements scolaires et universitaires. Des sites névralgiques de la ville où l’absence des forces de maintien de l’ordre à longueur de journée laissait le champ libre à toutes formes d’agressions et d’actes d’incivisme. Pour ce qui est de l’accès à l’eau potable, la ville de Yaoundé a bénéficié du Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs, du ministère de l’Eau et de l’Energie, dont les installations ont été mises en services en 2024. Ce projet dont la mission est de doter Yaoundé de 300 000m3 d’eau potable devrait de manière considérable résorber la question de l’accès à l’eau potable à Yaoundé. Nous avons travaillé avec les équipes du projet pour faciliter son déploiement à travers la ville.

Défis Actuels : Quelle est la place accordée à la culture, au sport et aux loisirs dans le projet de ville porté par la Communauté urbaine de Yaoundé ?

LUC MESSI ATANGANA : La culture, le sport et les loisirs contribuent tous à l’identité d’une ville. Certes nous ne dirons pas que nous allouons autant de moyens à la voirie qu’à la promotion du sport et des loisirs, mais pour nous, chacune de ces pratiques trouve sa place dans notre projet à la tête de la Communauté urbaine de Yaoundé. Nos actions en faveur de la culture, du sport et des loisirs se matérialisent davantage à travers le soutien que nous apportons aux associations et clubs, ainsi qu’aux festivals. Chaque année, les clubs de football de Yaoundé bénéficient du soutien financier de la mairie de la ville. La Communauté urbaine accompagne également les festivals écrans noirs et Yarha, et depuis deux ans déjà le festival Ongolaker. Nous organisons également le championnat de vacances Festifoot Y ongola. Notre action va au-delà de l’accompagnement, nous mettons aussi sur pied des aires de jeux pour les amateurs de sports. Nous avons construit à Yaoundé 4 sur la bande Collavino à Messamendongo une aire de jeux sécurisée et ouverte au public, dotée d’une tribune, un terrain de volley-ball et Basket Ball, ajustable pour le handball et le badminton, avec des vestiaires et des douches.

Défis Actuels : Comment œuvrez-vous pour dynamiser l’économie locale et soutenir les PME, artisans et commerçants de la ville ?

LUC MESSI ATANGANA : L’un des problèmes majeurs des artisans, commerçants et promoteurs d’entreprises est la disponibilité des espaces marchands où exposer et vendre leurs biens. Si l’accès à ces espaces peut être difficile pour plusieurs, à la Communauté urbaine, nous mettons tout en œuvre pour fournir, dans la limite acceptable de notre plan d’urbanisme, des espaces marchands pour tous. En l’espace de quatre ans, nous avons doté la ville de Yaoundé d’une bonne dizaine d’infrastructures marchandes, avec de milliers de boutiques et étals. Nous avons construit grâce à des partenariats public-privé un complexe commercial à Etoudi avec plus de 350 boutiques et 150 box de 4m2 ; nous avons construit sur 1,5 ha un nouvel espace de 250 boutiques et boxes et 2700 comptoirs au marché Mokolo, afin d’y caser les petits commerçants et les vendeurs à la sauvette qui pullulaient sur les artères du marché. Nous avons construit le marché Ongola au marché central, afin de recaser les vendeurs à la sauvette de l’Avenue Kennedy. Le nouveau marché moderne compte six blocs de bâtiments constitués de 200 boutiques 25 kiosques et 445 comptoirs. La liste est longue, nous pouvons rajouter les travaux d’extension du marché Essos, les espaces marchands de la plateforme multimodale d’Olembe…

Défis Actuels : La ville de Yaoundé accueille de nombreux évènements nationaux et internationaux. Comment capitalisez-vous sur cette attractivité pour en faire un levier de développement ?

LUC MESSI ATANGANA : Il faut le dire, la ville de Yaoundé attire. Nous sommes sollicités au quotidien pour plusieurs évènements qui se tiennent dans notre ville. Pour capitaliser sur cette attractivité, en plus des efforts que nous déployons au quotidien pour assurer l’hygiène et la salubrité de la ville, nous améliorons l’attractivité de la ville en la dotant d’espaces de détentes et de souvenirs. C’est dans ce cadre que nous avons conçu et construit le monument de l’Unité et le monument Patriote pour renforcer l’offre touristique de notre ville.

Propos recueillis par François BAMBOU

Présidentielle 2025 : Paul Biya en route pour Maroua

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Après des jours de fausses alertes, Paul Biya se rend finalement à Maroua ce 7 octobre 2025. Le message porté des services de sécurité parlent d’une  »visite officielle  », alors que le Cabinet civil de la présidence de la République évoque simplement  »une visite ». Toujours est-il que Paul Biya va à Maroua en pleine période électorale. Comme très souvent. Une rencontre est prévue au stade Lamido Yaya Daïrou en mi-journée. A n’en point douter, il s’agit d’un meeting de campagne électorale. Le président sortant arrive dans une ville, une région particulièrement divisée. Dans une partie septentrionale du pays en proie à des divisions politiques, la région de l’Extrême-Nord est une terre soumise à une partie de chasse politique intense.

Ngoh Ngoh honni

C’est que, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) n’est plus maître absolu de la  »Fille aînée du Renouveau  ». Depuis les municipales et législatives de 2020, le Front pour le Salut national du Cameroun (Fsnc) d’Issa Tchiroma a pris des parts de l’électorat. Avec notamment l’élection de Salmana parmi les députés. Si l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD) de Garga Haman Adji a perdu toute trace d’élus dans la région, le Fsnc, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) de Bello Bouba, le Mouvement démocratique pour la défense de la République (MDR) de Paulin Djorwe (remplaçant de Dakolle Daïssala) ont chacun obtenu des élus dans la région. Et depuis l’annonce de l’élection présidentielle, le parti au pouvoir est de plus en plus mal-empoint. Un meeting presidé il y a deux semaines par Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale et patron régional du Rdpc, parti au pouvoir, dans l’Extrême-Nord, a été un désert humain. En février dernier, Ferdinand Ngoh Ngoh le secrétaire général de la présidence de la République, a été presque pris en otage à Kousseri par des élus de son propre parti, qui lui ont servi une partie d’injures et menaces, le contraignant à passer la nuit à Kousseri, contre sa volonté.

Bilan

C’est dans ce contexte de  »rejet » du Rdpc et de Paul Biya lui-même, que l’homme arrive à Maroua en contexte électoral. Comme de  »tradition ». La dernière fois que Paul Biya était à Maroua remonte au 29 septembre 2018. Dans le cadre de la campagne électorale. C’était l’unique déplacement du candidat. Des promesses avaient été faites, notamment 2000 forages à construire. Plusieurs projets ont été ou sont en cours d’implémentation dans la région, comme le Parse (soutenu par l’Union européenne et qui vise à promouvoir la stabilité, la paix et la résilience dans les régions); le Programme spécial de reconstruction et de développement (Psrden) créé après de destructrices inondations et les affres de la secte Boko Haram; ou encore Viva Logone qui vise à booster le développement sur les rives du Logone.
Maroua attend le bilan que lui dressera Paul Biya lui-même de ces initiatives.

Bello Bouba et Issa Tchiroma

L’ Extrême Nord est le 2ème plus grand vivier électoral après la région du Centre. Et pour la première fois depuis l’élection de 1992 qui a vu la participation de Bello Bouba, Paul Biya aura en face parmi ses concurrents, son ancien Premier ministre, et Issa Tchiroma Bakary. Les deux candidats qui font partie des hommes légués à Biya par Ahmadou Ahidjo, sont depuis une trentaine d’années alliés gouvernementaux. Tous deux ont démissionné du gouvernement récemment, pour se présenter à la présidentielle. C’est dire si la bataille pour le contrôle du Grand-Nord, jadis chasse gardée de Paul Biya, va être âpre cette fois-ci. Et Paul Biya et son parti ne sont plus vraiment favoris. Du moins dans les cœurs.

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