mardi, avril 7, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 6

ALBERT LÉONARD DIKOUME : « La guerre en Iran pourrait obliger le Cameroun à arbitrer entre hausse des prix à la pompe et subventions »

0

Défis Actuels : Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, semblent déjà provoquer une hausse significative des cours du pétrole. Comment les marchés pétroliers réagissent-ils généralement à ce type de crise, et quels facteurs déterminent l’ampleur et la durée de ces hausses ?

ALBERT LÉONARD DIKOUME : Face à des crises telles que les tensions géopolitiques autour de l’Iran, les marchés pétroliers réagissent généralement en plusieurs phases. D’abord, il y a une réaction spontanée, presque automatique, qui intervient quelques heures après l’alerte. Elle peut s’étendre sur quelques jours. Le risque géopolitique fait alors monter la prime correspondante et, avec elle, le prix du pétrole. On a par exemple noté qu’en quelques heures, les attaques israéliennes contre l’Iran ont fait monter le brut de près de 10 %. En quelques jours, lorsque la crise s’est intensifiée, le Brent a augmenté de près de 20 %.

Ensuite, il y a la phase de stabilisation, qui peut durer quelques jours ou quelques semaines. Dans le cas actuel du Moyen-Orient, on ne peut pas encore véritablement parler de stabilisation. En effet, le Brent est passé à 91,98 USD le 11 mars, 100,46 USD le 12 mars, 103,86 USD le 13 mars 2026, puis 103,14 USD le 14 mars.

Depuis le début de la crise, il a déjà connu une envolée de près de 42 %. Une troisième phase correspond au constat d’un choc durable, qui découle de perturbations de l’offre. Dans le conflit autour de l’Iran, des installations de raffinage, de stockage de produits pétroliers, des terminaux d’exportation et des pipelines sont déjà visés de part et d’autre (Iran, Arabie saoudite, Irak, Émirats arabes unis). Une route pétrolière majeure, le détroit d’Ormuz, se trouve au cœur d’une crise sans précédent. Bien que les pays membres de l’AIE aient décidé de libérer 400 millions de barils de brut sur leurs stocks stratégiques, on peut donc entrevoir un choc moyennement durable.

 Défis Actuels : Dans quelle mesure une hausse durable du prix du baril, au-delà de 100 dollars, pourrait-elle affecter les économies africaines importatrices nettes de produits pétroliers, notamment celles d’Afrique centrale ?

ALBERT LÉONARD DIKOUME : Une hausse durable du prix du baril au-delà de 100 dollars aurait des effets variés sur les économies des États d’Afrique centrale. Certains pays, à l’instar du Congo et de la Guinée équatoriale, sont exportateurs nets de pétrole brut. Ils bénéficieront donc de recettes supplémentaires pour financer leurs budgets, notamment dans le cadre des contrats d’association ou de partage de production.

Le Cameroun et la République centrafricaine sont, en revanche, importateurs nets de produits pétroliers raffinés. Leurs économies pourraient connaître un choc majeur, avec des effets inflationnistes et budgétaires. Le Tchad, bien qu’exportateur de pétrole brut et disposant d’une raffinerie, dépend aussi des importations de produits raffinés.

La raffinerie de Djarmaya connaît en effet depuis plusieurs années de nombreux arrêts de production, en raison de problèmes techniques ou d’une surproduction de certains types de produits. Elle a notamment connu des arrêts en 2020 et 2023, une reprise sous tension en 2024 et une relance politique en 2025. Cela montre que le Tchad reste structurellement dépendant des importations de produits pétroliers, malgré ses exportations de brut. Le Gabon occupe une position particulière : c’est un exportateur de pétrole brut, mais il reste dépendant des importations de produits raffinés pour sa consommation intérieure. Le point commun des raffineries d’Afrique centrale est la faiblesse de leur capacité de traitement et le type de raffinage retenu (topping reforming), qui ne favorise pas le traitement optimal des bruts nationaux.

Dans l’ensemble de ces pays, une hausse des prix du carburant entraîne immédiatement une augmentation des tarifs de transport et des prix des produits alimentaires, ce qui affecte les populations tant urbaines que rurales. Le coût des marchandises et des prestations s’en trouve également affecté. On aboutit ainsi à une situation où l’État gagne, mais les ménages perdent, accentuant les tensions sociales et la fragilité économique.

Défis Actuels : Le Cameroun reste dépendant des importations de produits raffinés. Quels pourraient être, selon vous, les principaux effets d’un pétrole durablement cher sur l’économie camerounaise, notamment en matière de balance commerciale, de finances publiques et d’inflation ?

ALBERT LÉONARD DIKOUME : Le Cameroun est un petit exportateur de pétrole brut. À l’époque où la Sonara était encore en activité, en moyenne trois quarts du pétrole brut traité étaient importés et le reste acquis localement. Cette situation s’expliquait par les spéci ficités du pétrole brut camerounais et par les caractéristiques des installations de la raffinerie, qui n’étaient pas adaptées. Néanmoins, une partie de la production de produits pétroliers était consommée localement et l’autre exportée (notamment le FO 3500, le VGO et le Jet A1). Il y avait donc d’abord une sortie de devises pour l’acquisition du pétrole brut, puis une entrée de devises grâce aux exportations de produits pétroliers raffinés, ce qui atténuait les besoins en devises.

Depuis l’arrêt du raffinage à la Sonara en 2019, il n’y a plus d’importation de pétrole brut, tout comme il n’y a plus d’exportation de produits pétroliers raffinés. L’ensemble des produits pétroliers nécessaires à la consommation nationale est désormais importé et coûte plus cher qu’une importation de pétrole brut destiné au raffinage. Ce coût élevé ne dépend pas seulement du cours international du baril, mais aussi de la formule de détermination du coût d’importation des produits pétroliers en vigueur, qui comporte certains postes surévalués. Dans ces conditions, il faut acheter davantage de devises pour couvrir les importations de produits pétroliers, dont une partie est redondante.

Lorsque le cours du baril se stabilise à un niveau élevé pendant une certaine période, ce besoin en devises augmente, même à volume d’importation constant, ce qui impacte négativement la balance commerciale.

Au niveau des finances publiques, en revanche, il peut y avoir une embellie apparente. À l’importation, un cours du baril élevé augmente la valeur en douane et permet de liquider des droits et taxes plus élevés à volumes constants. Sur le marché intérieur, il augmente également le prix des produits, base principale de liquidation du minimum d’impôt sur les sociétés, ainsi que celle de la TVA. Mais si l’on applique ces évolutions dans la structure des prix des produits pétroliers administrés, on aboutit rapidement à des niveaux socialement intenables. C’est à ce moment qu’interviennent les dépenses fiscales, à travers la TVA et les droits de douane, généralement appelées « soutien de l’État » ou subventions aux consommateurs. À défaut de cela, toute augmentation du prix des produits pétroliers, même minime, se répercute sur les prix du transport de personnes et de marchandises, ce qui entraîne une hausse généralisée des prix des biens et services et une inflation galopante.

Défis Actuels : Depuis 2023, le gouvernement camerounais a engagé une réduction progressive des subventions aux carburants afin d’alléger la pression sur les finances publiques. Dans un contexte de forte hausse des cours internationaux, la crise actuelle pourrait-elle conduire l’État à réactiver plus fortement ce mécanisme de soutien afin d’éviter une flambée des prix à la pompe ?

ALBERT LÉONARD DIKOUME : Le gouvernement a effectivement engagé une réduction des subventions aux produits pétroliers dont les prix sont administrés. Mais cela se fait souvent sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, en dehors d’une démarche véritablement scientifique. Dans le contexte actuel de forte hausse des cours internationaux, l’État a deux options.

La première, simpliste et laxiste, consisterait à réactiver plus fortement son mécanisme de soutien à la consommation afin d’éviter une flambée des prix à la pompe et, par conséquent, une inflation généralisée.

La seconde, plus profonde, cohérente et audacieuse, consiste à s’attaquer au problème à la racine. Comme nous l’avons rappelé depuis plusieurs années, les prix actuellement pratiqués à la pompe pour le super, le gazole et le pétrole lampant pourraient être stabilisés à leurs niveaux actuels tout en générant davantage de recettes pour l’État.

On cesserait alors de parler de subvention. Il s’agirait notamment de supprimer ou de revoir certaines rubriques de la structure des prix des produits pétroliers, qui apparaissent plusieurs fois sous des appellations différentes ou avec des montants exorbitants et non justifiés. À la suite de nos correspondances, le ministre des Finances avait d’ailleurs déclaré, en février 2024, que des corrections étaient en cours dans la structure des prix. À ce jour, toutefois, rien n’a encore été fait.

Défis Actuels : Plus largement, quelles stratégies les autorités camerounaises pourraient-elles envisager pour amortir les effets d’un choc pétrolier international prolongé sur l’économie nationale et le pouvoir d’achat des ménages ?

ALBERT LÉONARD DIKOUME : Le gouvernement doit commencer, en urgence, par s’assurer que les niveaux des différents stocks légaux et réglementaires sont respectés. Il existe d’abord le stock outil, ou stock commercial, géré par chaque distributeur et destiné à assurer la continuité de l’approvisionnement quotidien. Il doit représenter en permanence, par catégorie de produits, au moins quinze jours de consommation, évalués sur la base des quantités mises en consommation au cours de l’année précédente.

En volume, ces stocks devraient représenter environ 585 000 barils de produits pétroliers, soit 92 625 000 litres. Ensuite, il y a le stock de sécurité, destiné à prévenir les ruptures d’approvisionnement, à faire face aux retards d’importation et aux crises internationales. Il appartient à l’État, mais son financement et sa constitution incombent à la SNH. Comme celle-ci ne dispose pas d’entrepôts, ce stock est géré dans les dépôts de la SCDP. Il doit représenter au moins trente jours de consommation, soit environ 1 170 000 barils ou 185 250 000 litres de produits pétroliers. Il existe enfin un stock stratégique appartenant à l’armée, qui doit encore faire l’objet d’un texte particulier. Non seulement ces niveaux réglementaires sont relativement faibles, mais, dans la pratique, ils ne sont pas toujours respectés.

Certains opérateurs ne constituent pas réellement leurs stocks outils et puisent régulièrement dans les stocks de sécurité de l’État, avec certaines complicités internes. Une fois ces bases respectées, le gouvernement devrait procéder à leur réaménagement. Le stock outil de chaque opérateur devrait couvrir au moins le délai normal d’une opération d’importation, soit trente jours, c’est-à-dire le double du niveau actuel. Le stock de sécurité de l’État devrait, comme dans plusieurs pays, couvrir entre soixante et quatre-vingt-dix jours de consommation. La SCDP devrait également disposer d’un stock correspondant au fonds de bacs, c’est-à-dire la quantité de produits qu’il est impossible de soutirer lors d’une opération de livraison. Ce talon représente en général environ 1 % de la capacité totale des bacs.

Enfin, en anticipant la mise en service des deux raffineries envisagées, il serait également possible de constituer un stock stratégique de pétrole brut correspondant à trois mois de traitement. Parallèlement, il est indispensable de maîtriser la structure des coûts d’importation des produits pétroliers et celle des prix à la pompe.

Le Minhdu négocie 59 milliards FCFA avec la BAD pour la voie de contournement de Yaoundé

0

Le gouvernement camerounais négocie actuellement avec la Banque africaine de développement (BAD) pour obtenir un financement de 90 millions d’euros, soit près de 59 milliards de FCFA, destiné à soutenir les premières opérations liées à la construction de la voie de contournement de Yaoundé. L’information ressort d’une séance de travail tenue le 5 mars 2026 entre la ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), Célestine Ketcha Courtès, et Léandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale.

Selon le Minhdu, les discussions ont porté sur l’état d’avancement de plusieurs projets urbains soutenus par l’institution panafricaine. Parmi eux figure la section T3 de la future voie de contournement, un tronçon d’environ 26 kilomètres pour lequel la BAD envisage d’apporter une contribution financière couvrant notamment les indemnisations des populations, la mise en œuvre du plan d’action de réinstallation et le fonctionnement de l’unité de gestion du projet. Une partie de l’enveloppe devrait également servir à financer certains ouvrages d’art, en attendant la finalisation des études d’impact environnemental et social nécessaires à la mobilisation des financements.

 UN SECOND FINANCEMENT EN COURS DE NÉGOCIATION

D’après les informations communiquées par le Minhdu à l’issue de cette audience, les travaux sur cette section restent encore partiellement à financer dans un montage impliquant plusieurs partenaires. Outre la BAD, la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Union européenne et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BEAC) figurent parmi les institutions sollicitées.

Le programme de performance du Minhdu comptant pour l’année 2026, transmis en 2025 au Parlement confirment cette stratégie de mobilisation de ressources auprès de plusieurs bailleurs. Le ministère de l’Habitat y indique que le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire examine actuellement un projet d’accord de prêt de la Banque européenne d’investissement d’un montant de 150 millions d’euros, soit environ 98,3 milliards de FCFA. Ce financement est envisagé pour lancer les travaux du tronçon T3 reliant Nkozoa à l’autoroute Yaoundé-Douala en passant par Minkoameyos.

 Le même document précise que l’Union européenne a déjà confirmé une subvention de 49 millions d’euros (32,1 milliards FCFA) pour ce projet et que le décret d’indemnisation des populations affectées a été signé par le Premier ministre. Selon le Minhdu, la validation du prêt de la BEI permettrait d’engager dès cette année, les travaux du premier lot Nkozoa-Nkong, long de 13 kilomètres et situé dans la commune d’Okola.

Le financement envisagé avec la BAD constitue ainsi la deuxième opération actuellement en discussion avec des partenaires internationaux pour ce projet. En décembre 2025, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain indiquait déjà que le gouvernement poursuivait des échanges avec plusieurs bailleurs afin de réunir les ressources nécessaires au démarrage effectif des travaux.

 CONSISTANCE DU PROJET

 La voie de contournement de Yaoundé figure parmi les projets routiers les plus ambitieux envisagés pour la capitale. Les études prévoient la réalisation d’une autoroute périphérique d’environ 85 kilomètres destinée à dévier le trafic de transit qui traverse actuellement la ville, notamment les flux de marchandises en provenance des corridors reliant le Cameroun au Tchad et à la République centrafricaine. Les documents de préparation du projet évaluent son coût global à environ 1 264 milliards de FCFA, soit près de 1,9 milliard d’euros.

Ce montant inclut la construction des infrastructures routières, les indemnisations des populations concernées par les emprises ainsi que l’aménagement de plusieurs zones urbaines intégrées le long du tracé. L’idée d’une voie de contournement pour Yaoundé remonte à 2022. Cette année-là, à l’issue d’un forum international consacré à l’habitat en Pologne réunissant plusieurs institutions financières, la ministre Célestine Ketcha Courtès avait indiqué que le Cameroun avait obtenu des promesses de financement d’environ 175 milliards de FCFA pour soutenir la réalisation du projet.

 Le gouvernement espérait alors mobiliser ces ressources dès 2023 afin d’engager rapidement les travaux. Depuis lors, les autorités multiplient les discussions avec les bailleurs pour transformer ces intentions en financements effectifs.

Yaoundé 5 : Plus de 230 dons offerts aux communautés musulmane et chrétienne

0

L’action portée par Augustin Bala, maire de ladite commune était en prélude à fin du jeûne du Ramadan et du Carême.

A quelques jours de la fin de la période de Ramadan et du Carême, Augustin Bala, maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé 5 a procédé hier mardi 17 mars 2026, à la distribution des denrées alimentaires à la communauté musulmane et aux églises chrétienne de sa circonscription administrative. C’était à l’esplanade du Centre de promotion de la femme et de la famille de Yaoundé 5 et à l’école publique de Nkolmbong dans le même arrondissement.

C’est au total 150 sacs de riz ; 60 cartons de sucre ; 60 cartons d’huile ; 60 cartons de savon ; du vin de messe ; des hosties et des célébrants pour les curés des paroisses de cette localité qui ont été distribués à 40 mosquées ; 07 écoles coraniques ; 10 chefs de communautés ; 20 curés ; 20 associations Caritas d’autant de paroisses ; 01 pasteur de l’église évangélique et 01 pasteur de l’église presbytérienne.

Cette action de l’édile de Yaoundé 5 devenu un marronnier, s’inscrit  dans une logique de gouvernance inclusive pour les communautés chrétiennes et musulmanes du 5ème arrondissement du Mfoundi. L’événement inclusif a permis de réunir dans la même dynamique de partage, mosquées, écoles coraniques, paroisses catholiques, associations caritatives et églises protestantes.

Aboubakary Abdoulaye élu à la tête du Sénat Camerounais

0

Élu le 17 mars 2026 à la présidence du Sénat à l’issue d’une réunion du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au sein de l’institution, Aboubakary Abdoulaye succède à Marcel Niat Njifenji, en poste depuis 2013. Cette désignation consacre une montée en puissance déjà perceptible depuis plusieurs mois au sommet de la chambre haute.

Premier vice-président de l’institution, le sénateur nommé de la région du Nord assurait de facto la conduite des affaires courantes en raison des absences répétées du président sortant, affaibli. Dans les faits, plusieurs décisions structurantes ont été prises sous son impulsion, donnant à voir un basculement progressif du centre de gravité au sein de l’institution.

C’est notamment lui qui, le 13 décembre 2024, a notifié à Bernard Wongolo la fin de ses fonctions de secrétaire général adjoint, sur la base d’une décision du bureau du Sénat convoqué deux jours plus tôt. Dans la foulée, Aboubakary Abdoulaye a également piloté la désignation de Gustave Léopold Ngane comme secrétaire général, mettant fin à une vacance prolongée à ce poste stratégique depuis le retrait pour raison de santé de son titulaire.

Cette séquence, menée tambour battant, a permis de dénouer une crise interne qui paralysait en partie le fonctionnement administratif de la chambre haute, selon plusieurs observateurs. Elle a surtout renforcé l’image d’un dirigeant en capacité d’arbitrer et d’imposer des décisions dans un environnement institutionnel réputé feutré.

Discret dans l’expression publique, décrit comme réservé par des collaborateurs du Sénat, Aboubakary Abdoulaye cultive une influence qui dépasse les murs du Palais des Congrès. Chef traditionnel de premier degré, il est lamido de Rey-Bouba depuis 2006, succédant à son frère décédé alors qu’il occupait les fonctions de secrétaire d’État à l’Agriculture. Cette double casquette, politique et coutumière, constitue l’un des ressorts de son poids dans la région du Nord.

Administrateur civil de formation, passé par les services du courrier présidentiel puis par la primature, il a construit sa trajectoire au cœur de l’appareil d’État. Son passage au gouvernement dans les années 1990, puis ses responsabilités à la tête de plusieurs conseils d’administration, témoignent d’un ancrage ancien dans les circuits décisionnels.

Membre du bureau politique du RDPC, il figure parmi les personnalités les plus influentes du parti dans le septentrion. Désormais installé au perchoir, Aboubakary Abdoulaye accède à l’un des postes les plus élevés de l’ordre protocolaire. Dans un paysage institutionnel marqué par la longévité des figures en place, son arrivée officialise une transition amorcée en coulisses et rebat, à bas bruit, les équilibres au sommet de l’État.

Colloque financier international : mobiliser l’épargne locale pour financer les infrastructures en CEMAC

0

Routes, énergie, eau, télécommunications. Dans la zone CEMAC, les besoins d’investissement dans les infrastructures se chiffrent en milliers de milliards de FCFA. Pour la seule année 2026, les six pays de la communauté envisagent de mobiliser près de 4 000 milliards de FCFA sur le marché des titres publics. C’est dans ce contexte que se tiendra à Yaoundé, les 23 et 24 avril 2026, la deuxième édition du Colloque financier international (COLFINI 2).

Les contours de l’événement ont été présentés le 13 mars lors d’une conférence de presse organisée par le comité d’organisation. Le rendez-vous réunira décideurs publics, régulateurs, investisseurs, banques et experts autour d’un thème consacré au marché financier régional et à l’ingénierie des financements structurés pour les projets d’infrastructures dans la CEMAC. Pour les organisateurs, la question centrale reste la même. Comment mobiliser davantage les ressources locales pour financer les ambitions économiques de la sous-région.

 VALORISER LES RESSOURCES FINANCIÈRES LOCALES

 Le colloque est organisé par les sociétés de bourse Contacturer Capital S.A et Horus Investment Capital, avec le cabinet Akoa Mballa & Co. L’événement bénéficie du haut parrainage du ministère camerounais des Finances et du partenariat institutionnel de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale. Plusieurs axes structureront les travaux.

Les discussions porteront notamment sur le diagnostic du marché financier régional, la mobilisation de l’épargne informelle, l’accélération de la croissance du marché, la liquidité et l’innovation financière ainsi que le renforcement des expertises en financements structurés. L’objectif affiché consiste à valoriser le marché financier régional comme levier de financement durable du développement, promouvoir l’expertise locale et dégager un référentiel opérationnel inspiré des meilleures pratiques internationales.

UN DÉBAT SUR LA SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE

 Pour le professeur Bruno Bekolo Ebe, président du comité scientifique du colloque, la question du financement des infrastructures dépasse la simple technique financière. Elle touche à la capacité des économies de la région à produire de la valeur. « Les besoins en infrastructures sont tels que l’on se demande comment nous allons les satisfaire », observe l’économiste. Il estime que la transformation structurelle des économies de la sous-région passe par la mobilisation de ressources financières internes. « Comment créer de la valeur ajoutée si vous n’êtes pas capable de financer ce processus. Allons-nous continuer à tendre la main vers l’extérieur alors qu’il existe des possibilités de mobiliser le capital chez nous », s’interroge-t-il.

Le colloque entend ainsi dresser un état des lieux du système financier régional, identifier ses atouts et ses limites, tout en réfléchissant à une intermédiation financière plus inclusive. La question de la mobilisation de l’épargne locale et de l’implication des différents acteurs économiques devrait occuper une place centrale dans les échanges.

Assemblé nationale : Théodore Datouo, nouveau président

0

Ça y est! Cavaye Yeguie Djibril n’est plus président de l’Assemblée nationale du Cameroun. L’homme qui fréquente la chambre basse du parlement depuis 1974 a été »débarqué » du perchoir en cette mi-journée au terme des élections en vue du renouvellement du bureau de l’institution. C’est là fin d’un long bail de 34 ans. L’homme y trônait depuis 1992,lorsque Fonka Chan Lawrence a perdu le poste. Un peu à l’improviste, au plus fort des troubles politiques dus au retour du multipartisme. Depuis lors, l’équilibre sociopolitique dessiné par Paul Biya a maintenu Cavaye au poste.

En lieu et place du désormais ex PAN, on aura Théodore Datouo. Le député des Hauts-plateaux était jusqu’ici vice-président. Réputé proche de son prédécesseur, Théodore Datouo va troner dans une maison dont il a supervisé de bout en bout les travaux de construction. Ce nouveau siège de l’Assemblée nationale qui, en dehors de son inauguration, a accueilli comme premier grand événement, l’investiture du président de la République, Paul Biya dont le nom y est gravé en baptême.

Si de vastes mouvements étaient attendus , en commençant par les grandes institutions du pays, il était peu probable de voir des lieutenants de longue date de Paul Biya y être débarqués. Malgré le poids de l’âge et une santé de plus en plus fragile, Cavaye et Niat avaient été maintenus en poste à l’assemblée nationale et au Sénat. Avec la chute de Cavaye, il est fort à parier que Niat suivra la même direction.

Sur le même sujet

Parlement : une session de rupture ?

Initiative : De futurs écrivains dans les moules des éditions Clé

0

En ouverture officielle des festivités marquant le 60ème anniversaire des Editions Clé, ont été rendus publics les résultats du concours d’écriture lancé par les organisateurs. La Camerounaise Ines Nga, étudiante à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), arrache le premier prix. Avec une note de 16/20, la jeune fille de 21 ans qui a proposé une nouvelle intitulée « Le dernier convoi » devance de justesse une autre étudiante camerounaise de l’Esstic, Hadja Iyamma qui obtient 15,5/20. Celle-ci a proposé un texte intitulé « The Logone’s wife ». Le podium est complété par le jeune Centrafricain Doumbangologna. Le garçon de 16 ans, qui a écrit « L’enfant de la Mimbong» obtient une note de 15,4/20.

Comme on le voit, « la compétition était très serrée. Les manuscrits étaient d’une très bonne qualité ; ils ont un imaginaire fécond », salue le Pr Sophie Françoise Bapambe Yap, présidente du jury. « La différence était d’abord au niveau du sujet, de l’intrigue et ce qu’on appelle dans la nouvelle, la chute, c’est-à-dire la fin de l’histoire. Quand on lisait, on avait envie d’aller jusqu’au bout pour connaître la fin de l’histoire», indique-t-elle.

Tricherie

Mais l’écrivaine regrette que de nombreux candidats aient pris des raccourcis. « Nous avons relevé que certains ont utilisé l’intelligence artificielle ; ils ont simplement généré des textes qu’ils ont envoyé, et naturellement nous avons nos méthodes pour vérifier tout cela », a constaté le jury. « Nous conseillons aux aspirants à l’écriture de ne pas recourir à l’intelligence artificielle ; il peut arriver qu’ils en aient besoin dans une certaine mesure, mais ils doivent s’approprier leurs textes et non se contenter de tout attendre de l’IA», poursuit-elle. Indiquant que « ceux qui ont produit des textes eux-mêmes et ceux qui se sont un peu faits aider, mais s’en sont appropriés de façon honnête, ont produit des textes de très bonne facture », salue-t-elle. 

Et une des candidats qui ont opté pour l’effort personnel, est Ines Nga. « Je suis très touchée et très émue. En écrivant ce texte, je ne savais pas que je pouvais un jour remporter un prix littéraire ; il y a tellement de belles plumes que je me dis que ça va être très rude pour moi», confie Ines Nga la championne. Elle qui n’était pas à son premier concours littéraire. Elle y est parvenue cette fois-ci. Et empoche une prime de 150 000F. La 2ème obtient 100 000F, tandis que le 3ème reçoit 75 000F. Par ailleurs, chacun reçoit un stock de livres produits par les Editions Clé. Outre ces trois premiers, les douze suivants par ordre de mérite, ont reçu chacun un stock de livres et gadgets en guise de consolation. Ces quinze nouvelles sélectionnées seront publiées dans un recueil par l’organisateur du concours.

Ines Nga, lauréate du premier prix du concours

« J’aime écrire pour créer des images chez le lecteur»

«De quoi parlez-vous dans « Le dernier convoie » ?

« Le dernier convoi » c’est l’histoire du jeune Hamadou qui vient d’avoir son baccalauréat et il constate que dans sa localité, il y a  un problème d’eau potable et d’accès aux soins de santé. Il trompe les populations qu’il a eu une bourse d’études, sachant qu’elles allaient se mobiliser pour lui apporter des présents. Il réussit à collecter une somme de 500 000F qu’il reverse auprès de la communauté pour refaire le puits afin d’avoir de l’eau potable ; et pour le centre de santé qui était délabré. Ensuite, il décidera de quitter le village, redoutant le traitement qu’il pourrait subir.

Quel message voulez-vous passer ?

Le message que je veux passer est que, en tant que jeunes, nous devons connaître nos propres problèmes, ceux de notre communauté et savoir comment les résoudre. Nous ne devons pas forcément attendre qu’une élite le fasse. Nous voyons nous-mêmes nos difficultés et nous pouvons essayer en tant que jeunes d’améliorer les choses à notre niveau.

Est-ce votre première participation à un concours littéraire ?

Non, ce n’est pas ma première fois de participer à un concours littéraire. C’est peut-être la cinquième fois.

Qu’est-ce qui vous passionne dans l’écriture ?

Le fait de transmettre les émotions. J’aime écrire pour créer des images chez le lecteur. Ecrire ce n’est pas seulement agencer des mots, c’est aussi permettre à celui qui lit d’être édifié sur certains sujets ou certains domaines et de comprendre certaines réalités sociales.

Editions Clé : Festival littéraire au menu des 60 ans

0

« Cette célébration des 60 ans des éditions Clé est le symbole de la résilience, de la créativité et de l’engagement». En ouvrant les travaux de la célébration des soixante ans des Editions Clé, le représentant du ministre des Arts et de la culture a résumé ce parcours du Centre de littérature évangélique (Clé) ce 16 mars 2026 à Yaoundé. En présence du Rev Pr Eale Rosela, président du conseil exécutif des éditions CLE. Et de fait, dans le résumé des soixante ans de la première maison d’édition en Afrique noire francophone, le Rev Serge Patrick Locko, directeur de l’entreprise, a remonté une vie faite d’adaptations, de la production d’outils d’évangélisation en 1963 à la maison d’édition que l’on connaît aujourd’hui, Clé aura subi les chocs et défis de la modernité, de la concurrence et de la technologie, en partant d’une association à but non lucratif pour son statut actuel, en passant par l’association d’utilité publique que lui a reconnue l’Etat du Cameroun. Et si l’ambition d’une production audiovisuelle n’a pas prospéré en son temps, Clé a su s’adapter aux évolutions du temps. Mais en restant sur un fil conducteur : vendre la pensée africaine, sans décaler de la littérature générale, l’éducation et la littérature chrétienne.

Alors que se célèbrent les 60 ans de Clé, la question de la survie du papier continue de se poser, face à l’avancée fulgurante du numérique, qui supplante même d’autres « adversaires » déclaré su papier hier, comme la radio et la télévision. « Il est loisible de constater qu’en France, le numérique ne compte que pour environ 30% dans les chiffres des ventes de livres. C’est à peu près la même tendance un peu partout dans le monde. Mais il y a toujours plus de personnes qui préfèrent l’odeur de l’encre. Le livre offre l’avantage de la flexibilité ; on peut le lire dans toutes les positions et à tout endroit, lire, se reposer et puis revenir continuer aisément,…», soutient Vincent de Paul Lélé, directeur des éditions à Clé. Soutenu par Guillaume Nana, auteur et client des éditions Clé depuis plus de vingt ans : « le livre-papier est irremplaçable. Malgré l’avancée de la technologie, je continue décrire et de faire confiance à la maison d’édition» traditionnelle, affirme-t-il.

Pas que Clé et ses admirateurs en soient si opposés à l’avancée technologique dans le domaine. Au contraire : « Le numérique est actuel à Clé. Les livres que nous éditions ont des versions numériques», rassure Vincent de Paul Lélé. D’ailleurs « le numérique est incontournable. Nous avons le devoir de développer les formats audio et numérique qui élargissent notre clientèle et notre audience, sans coûts de transports», soutient Serge Locko le directeur général des éditions Clé. Et en perspective, « en plus de notre site internet qui est suffisamment référencé, nous envisageons la création d’une chaîne youtube pour être davantage en phase avec les tendances et mieux nous adapter aux défis de l’heure», annonce Florelle Sateu Efouba, la responsable de la communication des éditions Clé.

Njoh Mouelle en vedette

La célébration des 60 ans des éditions Clé est prévue du 16 au 19 mars 2026. Les activités y relatives ont officiellement démarré samedi dernier par une marche sportive dans les artères de la ville de Yaoundé. Et l’ouverture solennelle de ce 16 mars, déjà précédée d’une conférence de presse, ouvre la voie à diverses activités intellectuelles. Outre le concours d’écriture dont les résultats ont été rendus publics peu après l’ouverture, une dédicace du livre de référence de la médiocrité à l’excellence d’Ebénézer Njoh Mouelle dont la version anglaise vient d’être rendue publique, a donné l’occasion au philosophe camerounais d’entretenir des élèves du secondaire sur cet ouvrage qui a bercé des générations d’élèves camerounais et d’Afrique. Dans la même veine, d’autres dédicaces sont annoncées, notamment des ouvrages de jeunes auteurs. « La vision des 60 ans de Clé est de parier sur les jeunes pour la relève ».

Une table-ronde autour du thème « Les éditions Clé : 60 ans et après ? Bilan et perspective» bouclera le festival littéraire mercredi. Ces perspectives, certains employés des éditions Clé les vivront porteurs de médailles d’honneur du travail que décerneront les autorités étatiques ce même mercredi, avant de boucler la boucle le lendemain avec un « Grand culte de gala ».

Education financière : Le CNEF lance des fiches pédagogiques sur l’épargne et le crédit

0

Le Comité national économique et financier (CNEF) du Cameroun va mettre en circulation de nouveaux outils d’éducation financière destinés au grand public. Réunis le 12 mars 2026 au siège du Conseil économique et social, responsables publics, représentants du secteur financier et journalistes ont assisté à la présentation officielle d’une série de fiches pédagogiques consacrées aux principaux services bancaires.

UNE RÉPONSE À UN DÉFICIT DE CULTURE FINANCIÈRE

Ces supports visent à améliorer l’accès à l’information des clients des banques et des établissements de microfinance. L’initiative entend réduire l’écart d’information qui persiste entre les institutions financières et les usagers des services bancaires, en mettant à la disposition du public des fiches pédagogiques présentant de manière claire les conditions applicables à certains produits et services financiers. L’objectif est de permettre aux consommateurs de mieux comprendre ces produits et leurs implications, afin de favoriser une utilisation plus éclairée des services financiers. Les documents portent sur trois offres jugées particulièrement sensibles pour les usagers.

 Il s’agit de l’épargne sur livret, de la tarification des incidents de paiement et des obligations d’information que les banques doivent respecter à l’égard de leurs clients concernant les tarifs et les conditions de crédit. Cette initiative trouve son origine dans les constats dressés par les enquêtes annuelles du CNEF sur la tarification des services financiers.

Les résultats cités par l’institution indiquent que les choix des clients bancaires au Cameroun reposent d’abord sur des informations transmises oralement par les employés de banque. Cette source d’information influence 84,4 % des décisions. Les conseils d’amis ou de proches travaillant dans la finance arrivent ensuite avec 62,3 %, tandis que l’expérience personnelle intervient dans 54,1 % des cas.

Dans ce contexte, une grande partie des usagers déclare mal connaître les règles de fonctionnement des produits financiers. Selon les données du CNEF, plus de 60 % des clients ouvrent un compte d’épargne sans comprendre le mode de calcul des intérêts qui leur sont versés. Près de 68 % ignorent les services que les banques doivent offrir gratuitement. Une proportion importante continue par ailleurs à privilégier des formes d’épargne informelles, notamment les tontines ou la conservation de liquidités à domicile.

 INTRODUIRE L’ÉDUCATION FINANCIÈRE DANS LES PARCOURS SCOLAIRES

Les fiches présentées à Yaoundé prennent la forme de supports variés. Selon les indications fournies par le CNEF, le dispositif comprend des bannières d’information, des affiches, des livrets pédagogiques, des jeux éducatifs, des quiz et des capsules vidéo disponibles en français et en anglais. L’ensemble du programme compte plus d’une centaine de contenus destinés à être diffusés auprès du public.

 Les autorités estiment que près de 13 millions de clients des établissements de crédit pourraient être concernés directement. Les lycéens et étudiants figurent également parmi les publics visés. Les fiches doivent aussi servir de ressources pour les enseignants, les journalistes ainsi que les personnels des banques et des établissements de microfinance. « L’objectif est précisément de réduire l’asymétrie d’information à l’intention des consommateurs de produits de crédit.

Dans cette perspective, trois fiches d’information ont été élaborées. La première porte sur les conditions applicables au livret d’épargne. La seconde vise à sensibiliser et à éduquer le grand public sur les conséquences des incidents de paiement. Quant à la troisième, elle présente les conditions générales applicables au crédit », a déclaré Achille Bassilekin IIIl, ministre des Petites et moyennes entreprises, qui a présidé la cérémonie.

Le membre du gouvernement a également insisté sur la nécessité de rendre les règles du crédit plus accessibles aux citoyens. « Une grande partie du public ne connaît pas toujours précisément les conditions qui encadrent l’accès au crédit. L’ambition de cette initiative est donc d’instaurer une plus grande transparence autour de l’ensemble de ces règles et pratiques. Toute personne qui utilise un produit financier doit pouvoir savoir clairement à quoi s’en tenir. Dans le même temps, les établissements doivent disposer d’un cadre qui rappelle leurs obligations », a-t-il indiqué.

Pour les autorités, la diffusion de ces fiches pourrait contribuer à renforcer la confiance entre les usagers et les institutions financières. Achille Bassilekin III estime que l’enjeu dépasse le seul cadre de l’information des clients actuels. « L’éducation financière doit également trouver sa place dans les cursus de formation. Il serait judicieux que ces fiches pédagogiques puissent progressivement être intégrées dans les parcours éducatifs, aussi bien dans l’enseignement de base que dans l’enseignement supérieur. De nombreux acteurs qui auront demain recours au crédit doivent pouvoir se familiariser très tôt avec ces notions », a-t-il ajouté.

Douanes : un nouveau système électronique pour taxer les téléphones portables

0

Le directeur général des douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a présidé le 13 mars 2026 à Yaoundé une séance d’échanges entre responsables de l’administration douanière et importateurs. La rencontre était consacrée à la présentation du nouveau mécanisme électronique de collecte des droits et taxes à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux mobiles, dont la mise en œuvre est imminente.

Dès l’entame du rendez-vous, le diagnostic posé par l’administration fait état des recettes douanières liées à ces importations qui ont connu une chute spectaculaire. Selon les chiffres présentés, ces recettes sont passées de 12 milliards de FCFA à environ 100 millions de FCFA sur une période relativement courte. Une situation jugée paradoxale au regard de la croissance du marché des smartphones au Cameroun.

UNE RÉFORME PRÉVUE DEPUIS 2019

Pour corriger cette situation, l’administration douanière s’appuie sur l’article 7 de la loi de finances 2019. Ce texte prévoit la mise en place d’un mécanisme électronique de collecte des droits et taxes à l’importation des téléphones et terminaux mobiles. Une première tentative de mise en œuvre en 2020 n’avait pas abouti. Le dispositif avait rencontré plusieurs résistances. Les autorités assurent aujourd’hui que ces difficultés ont été prises en compte dans la nouvelle architecture du système.

Le changement majeur concerne l’identité du redevable légal. Désormais, l’importateur devient le contribuable direct et non plus l’utilisateur final. Les modalités de paiement évoluent également. Les droits et taxes seront réglés par des solutions de paiement numérique sécurisées comme Mobile Money ou Orange Money. Le paiement par crédit de communication disparaît. Le rôle des opérateurs de téléphonie mobile change lui aussi. Ils ne seront plus chargés de collecter et reverser les droits de douane. Leur intervention se limitera désormais aux opérations de blocage ou de déblocage des appareils.

 ASSAINIR UN MARCHÉ EN PLEINE EXPANSION

Pour l’administration, la réforme répond à plusieurs objectifs. Elle doit améliorer la transparence des transactions et renforcer le civisme fiscal des opérateurs économiques. Les douanes y voient également un outil de modernisation administrative et de sécurisation des recettes publiques. Le dispositif vise aussi à assainir le marché. Les autorités évoquent la lutte contre la fraude, la contrebande et les circuits informels d’importation. Le système doit également contribuer à réduire les risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme. Les huit catégories de téléphones identifiées dans le dispositif pourraient d’ailleurs être enrichies par de nouvelles propositions issues du dialogue avec les opérateurs.

 Les services de douanes a présenté le dispositif technique prévu pour la prise en charge des situations pendantes. Les partenaires disposent d’un délai de deux mois pour régulariser leurs opérations. Les importateurs devront transmettre aux services des douanes les fichiers IMEI des appareils en stock ainsi que les documents prouvant leur dédouanement régulier. La réforme entrera officiellement en vigueur le 16 mars 2026. Les appareils ayant déjà été connectés au moins une fois aux réseaux MTN, Camtel ou Orange avant cette date bénéficieront d’une amnistie fiscale.

 En revanche, les téléphones non encore connectés mais présents dans les stocks devront être régularisés auprès des services douaniers.

UNE RÉFORME PORTÉE AU SOMMET DE L’ADMINISTRATION

Pour l’administration, la digitalisation du recouvrement apparaît désormais comme un levier central pour sécuriser les recettes de l’État dans un secteur où la consommation continue de progresser rapidement. Le lancement prévu le 16 mars marque ainsi une étape importante dans la modernisation du système douanier camerounais.

- Publicité -
Google search engine