La crise anglophone fait partie d’un quotidien qui ne fait plus la une des journaux. Pourtant ce conflit traverse l’un des pires moments depuis son début. La semaine qui vient de s’achever a été particulièrement violente. Suite à la condamnation à la prison à perpétuité de Ayuk Tabe et 9 autres leaders séparatistes, les combattants acquis à leur cause sont montés d’un cran. Dans la matinée du 21 aout dernier, au lendemain de cette décision de justice, les combattants ambazoniens ont imposé les villes mortes dans la plupart des grandes villes et ont attaqué en début d’après-midi les militaires. Des sources locales indiquent que de violents affrontements, ayant fait plusieurs victimes, ont éclaté à Muyuka entre les militaires et les sécessionnistes. Le lendemain, des tirs ont aussi été entendus au quartier Mankon à Bamenda. Dans un communiqué, signé le 22 août, le gouvernement intérimaire ambazonien annonce 3 semaines de fermeture des activités dans les zones du Nord-Ouest et du Sud- Ouest, et un renforcement du boycott de la campagne de reprise des cours initiée par la société civile. Du fond de leur cellule, Ayuk Tabe et ses pairs, tous condamnés à la prison à vie, ont, dans un autre communiqué, prescrit « aux combattants d’être déterminés, fort et courageux » et pendant ces 3 semaines, les leaders séparatistes annoncent un déploiement massif des hommes armés sur le terrain, afin de veiller à la réussite de l’opération. Cette mesure qui prend effet à partir de ce lundi, vise, comme l’indique le communiqué, à protester contre la décision du tribunal militaire, de condamner à vie, « 10 leaders ambazoniens». Depuis l’annonce de cette opération, les populations
Justice quittent en masse les villes anglophones pour s’enfuir vers l’intérieur du pays. Samedi dernier, les images diffusées dans les réseaux sociaux et reprises par la journaliste Mimi Mefo montraient plusieurs centaines de passagers à la gare routière de Bamenda en partance pour la région de l’Ouest.
Plusieurs parents qui espéraient que les cours vont reprendre en septembre prochain, se disent déçus par la tournure qu’est en train de prendre la situation. « Le niveau de violences est redoutable, aucun parent ne peut plus accepter d’envoyer son enfant à l’école. Nous espérions pourtant que l’école pouvait
recommencer en septembre, mais ça sera très difficile. Je suis obligé d’amener mes trois enfants ici à Yaoundé chez une sœur pour qu’ils puissent retourner à l’école, après avoir passé près de 3ans à la maison. Le temps passe et l’avenir de nos enfants est en train d’être hypothéqué », confie à Défis Actuels, un parent d’élève. L’avocat des droits de l’Homme maitre Agbor Balla, est lui aussi pessimiste quant à la reprise des cours en septembre prochain. Il accuse les autorités de mener une contre-campagne contre l’opération « back to school » qu’il a initié. « Une fois qu’ils ont vu que l’opération « back to school » était en train de gagner du terrain, ils ont envoyé les ministres et les politiciens pou irriter les populations et de s’assurer que les écoles restent fermées. A moins de deux semaines de la rentrée, ils ont condamné Sisuku Ayuk et compagnie à la prison à vie » dénonce-t-il.
C’est près de 600 000 enfants qui ne sont pas scolarisés dans les régions anglophones, selon l’Unicef. Ce chiffre qui risque d’être revu à la hausse, pousse certains acteurs à se demander « si le temps n’est pas enfin venu pour qu’on tienne les enfants hors des batailles politiques ?».
Par Joseph Essama
Crise anglophone : La reprise des cours mise à l’épreuve
Une opposition si désespérante ! si affligeante !
Qu’il est dur ces derniers temps d’être camerounais. Rien n’avance, rien ne marche. Pire, on s’enfonce tant sur le plan matériel, infrastructurel qu’humain. Plus que jamais, la situation est catastrophique, et l’impression d’aller droit au mûr omniprésente. Pendant que dans d’autres pays, dans des situations similaires les citoyens se consolent et gardent espoir grâce à l’existence d’une alternative au gouvernement incompétent en place, le visage qu’offre l’opposition camerounaise ces derniers jours est désespérant. Tout simplement affligeant.
TECHNOSTRUCTURE QUASI-INEXISTANTE
La technostructure peut être globalement définie comme l’ensemble des cadres dirigeants ou subalternes, des techniciens et des spécialistes qui participent à la prise de décision en groupe dans une organisation. Inspirée du monde des entreprises, elle renvoie plus concrètement à l’ensemble de tous les experts, haut techniciens, technocrates qui participent ou inspirent les décisions politiques.
La technostructure semble ainsi fondamentale et essentielle pour tout parti politique, car c’est elle qui conçoit les orientations et les décisions qui seront implémentées par les militants. Mais force est de constater que celle-ci est quasi-inexistante dans les partis d’opposition du Cameroun. S’il peut arriver que dans quelques cas (encore que) le président ait une formation académique et un parcours professionnel assez confortable, généralement autour d’eux c’est le grand vide. « Noyau dur et case vide », dirait quelqu’un. Du coup, l’ignorance des responsables des partis d’opposition sur des sujets majeurs, et la vacuité de leurs propositions alternatives quant au désastre que vit la Cameroun plonge inexorablement le citoyen dans une forte angoisse. Généralement, ils en savent peu sur très peu. Et ce même dans le domaine purement politique.
INJURES ET SAILLIES EN GUISE DE PROGRAMME
Par conséquent, leurs programmes politiques, ou ce qui en tiendrait lieu, au lieu d’être des propositions alternatives chiffrées et cohérentes, inspirées d’une connaissance pointue de la réalité actuelle ainsi que des standards internationaux en vigueur, se résument en des injures et des saillies bouffonnes.
Osez critiquer quelque peu la démarche, la posture ou encore le propos d’un « leader » de l’opposition, vous avez la garantie d’une pluie d’injures, d’attaques ad hominem, de voir votre vie familiale et personnelle fouillée et balancée sur la place publique. Une inquisition plus qu’effrayante, et qui fait plus que redouter le jour où ces opposants arriveraient au pouvoir.
On en vient par désespoir à louer la « tolérance » du régime en place, qui est pourtant très loin d’être réputé et célébré pour sa souplesse et son ouverture. Surtout qu’entre temps, ces partis d’opposition se lient à des « alliés » portés sur la division de la société, adeptes des discours génocidaires et de suprémacisme tribal, dotés de la vulgarité la plus abjecte.
GUEGUERRES INTESTINES DE CHIFFONNIERS
Et comme tout monstre qu’on fréquente ou qu’on fabrique, ces « monstres » asociaux ne tardent pas très souvent à se retourner contre leurs « maitres ». Bienvenu les guerres intestines, foires d’empoigne dont le caractère nauséabond n’a d’égal que le vide abyssal qui habitent ces protagonistes.
On se tire les chignons pour des cacahuètes, des gadgets, des conspirations somme toute enfantines. Aromatisées par des égos surdimensionnés très mal placés. Il s’en suit naturellement que des alliés plus pertinents, et qui auraient eu une contribution plus que notable à la « lutte » du fait de leurs fortunes et surtout de leurs renommées dans leurs activités respectives quittent le bateau. Fatiguées de se voir trainés dans la boue par ceux-là mêmes pour qui ils sont censés se battre. Tandis que bon nombre « d’âmes de bonne volonté » se découragent.
MORALITE PLUS QUE DOUTEUSE
Ces disputes internes sont aggravées par des scandales en tout genre. Le 24 aout dernier, Prosper Nkou Mvondo, leader du parti Univers publiait sur son compte Facebook, « première journée du tournoi inter-poules, ce 24 aout 2019, au stade de Bertoua : Ngaoundere Football Club, champion de l’Adamaoua, écrase Rizière du Noun, le champion de l’Ouest, par un score de 4 buts contre 0. Vous êtes loin de cette jeunesse roublarde que j’ai rencontrée dans le cadre d’une autre de mes multiples activités d’encadrement et de promotion de la jeunesse ». Une allusion appuyée au scandale politico-financier qui l’oppose depuis des mois à son ancien poulain à l’élection présidentielle, Cabral Libii.
Mais ce cas est loin d’être isolé. En effet, pas une semaine ne passe sans qu’une affaire de sous ou de mœurs ne soit révélée au sein des formations de l’opposition. Surtout parmi ceux qu’on pourrait appeler les « nouveaux opposants ». De quoi renforcer cette image de « la politique du ventre », si chère à Jean François Bayart quand il décrit l’activité politicienne au Cameroun comme se résumant pour ceux qui s’y engagent à « manger et boire ». Aussi, le peuple voit-il en tous ces politiciens, rien d’autre que des affamés qui ne veulent qu’une place à la table du « grand gâteau national ». Surtout que la vacuité programmatique n’arrange pas les choses.
Du coup, c’est dans ce sentiment populaire du « tous pourris », qu’il faudrait alors rechercher les raisons du déficit d’adhésion aux partis politiques, du très bas niveau d’inscriptions sur les listes électorales, de la faible participation aux manifestations publiques, et de l’abstention électorale massive.
UNE CARICATURE DU REGIME EN PLACE
Cet état des choses est dû au fait que les populations ont la nette impression que même s’il advenait qu’il y ait changement de personne à la tête de l’Etat, rien ne va changer. Car à voir les uns et les autres agir, l’on a le sentiment d’être en face d’une caricature du régime en place. Opinion renforcée par le discours de ces « néo-opposants » eux- mêmes qui face aux récriminations, au lieu de se corriger ou de faire amende honorable, se contentent en guise de justifications, quand ce ne sont pas les insultes, de dire que le gouvernement fait pareil. Comme s’il s’agissait pour eux de prendre le pouvoir pour faire comme l’actuel parti au pouvoir. Là où la société s’attendrait à ce qu’ils fassent autrement ?
Peut-on lutter contre le tribalisme par le tribalisme ? Soigner la corruption en étant corrompu ? Répondre aux mensonges par le mensonge et la manipulation ? C’est ainsi que pris d’une forme de dépit, de désarroi personnel face que dérives répétées de ses camarades, Wilfried Ekanga écrivait à ses camarades du Mrc, « Faut-il chasser Paul Biya pour Biya Paul ? (…) Ne vous y trompez pas : si le MRC accède au pouvoir et reproduit l’ancien système, je serai son premier adversaire. D’ailleurs, que le MRC soit au pouvoir ou non, s’il répète les schémas qu’il a lui-même jadis combattus, je serai le premier ennemi sur sa route. Ça s’appelle le discernement. Et en principe, chacun devrait entretenir cette vision. (…) Toutefois, je demeure un penseur libre. Un parti n’est pas une loge secrète où l’on accepte comme des automates, des choses auxquelles on n’adhère pas en principe. Je ne me laisserai donc jamais entraîner sur des couloirs que je désapprouve. (…) Dans le même temps, je m’oppose au copinage, au flou financier, à la lourdeur bureaucratique et à l’amateurisme de certaines actions. Toutes ces choses que j’ai vues au Rdpc et associés, et que je n’ai aucune envie de revoir ici. ».
Minfi : Le pari réussi des réformes des finances publiques
S’il est point sur lequel les différents Partenaires Techniqueset Financiers(PTF), notamment le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, etc, félicitent constamment le Cameroun, c’est bien celui de la mise en œuvre des réformes en matière de gestion des finances publiques. En effet, de l’avis des spécialistes, la signature du Programme Economique et Financier appuyé sur la Facilité Elargie de Crédit (FEC), a donné lieu à la mise en place d’une série de réformes des finances publiques. Lesquelles devaient conditionnées le déblocage des appuis budgétaires nécessaires au relèvement de l’assiette des réserves de change. Dans ce sens, trois chantiers majeurs ont été entrepris pour surmonter la crise économique, à savoir la rigueur/disciple budgétaire, la réduction du déficit budgétaire et le règlement de la dette, éléments essentiel pour maintenir la confiance des partenaires.
DISCIPLINE BUDGÉTAIRE
Une fois nommé ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze a sonné le tocsin de la discipline ou de la rigueur dans la gestion des ressources publiques de l’Etat. A chaque occasion, il rappelait à l’ensemble du gouvernement l’urgence de ne dépenser qu’à concurrence de ce dont on dispose, en évitant le gaspillage des ressources devenues rares, du fait de la crise économique. L’on se souvient qu’au cours de la conférence annuelle des services centraux et déconcentré de son département ministériel, il invitait ses collaborateurs à devenir des ambassadeurs de la rigueur budgétaire parce que, arguait-til, « les temps ont changé, on ne peut plus continuer à vivre comme si nous étions dans une situation normale ». Bien plus, le Minfi va rendre publique une circulaire, invitant ses collègues à se limiter aux dépenses essentielles, parce que les marges de manœuvre de l’Etat étaient plus que jamais réduites. C’est dans cette perspective que Louis Paul Motaze a lancé la traque aux fonctionnaires fictifs, à travers l’Opération de Comptage Physique (Coppe 2018).
COPPE 2018
Selon les derniers chiffres en la matière, près de 22 000 agents publics ont été expurgés du fichier solde de l’Etat. D’ailleurs récemment, le Minfi a opté pour le virement individualisé des salaires et pensions des agents publics. Cette nouvelle méthode, selon le directeur général du Trésor et de la Coopération Financière et Monétaire au Minfi, Sylvestre Moh Tangongog, « va permettre d’assainir le fichier solde de l’Etat, en identifiant et en éliminant les matricules fictifs ». Il précisait à cet effet que : « sur 410 000 matricules recensés, nous avons pu grâce à l’opération Coppe, valider seulement 388 000 ». En termes d’économie, rendu à fin decembre 2018, l’Etat avait économisé cinq milliards de francs CFA. Et selon des prévisions faites au Minfi, au cours de l’année 2019, le Trésor public camerounais réalisera des économies globales de 26 milliards de francs CFA sur les dépenses des personnels.
RÉDUCTION DU DÉFICIT BUDGÉTAIRE
Avant la signature du Programme Economique et Financier avec le FMI en 2017, le niveau de déficit budgétaire atteint par le Cameroun avait atteint un seuil plutôt inquiétant, à savoir 6,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2016. Cependant, les mesures prises par le gouvernement, vont permettre au pays de se relever progressivement, à tel point qu’en fin 2017, ce déficit avait été ramené à 4,9 %, grâce à la mise en œuvre du Programme Economique et Financier signé avec le Fonds Monétaire International (FMI). En 2018, un autre cap a été franchi et le déficit budgétaire se situait à 2,6 %. Les projections pour 2019 indiquent 2,1 %. Ainsi, dans l’optique de maintenir l’équilibre budgétaire, le Minfi a prescrit « le maintien à 20 % des blocages de précaution sur les lignes des biens et services du budget de l’Etat, le renforcement de l’encadrement des procédures dérogatoires, de la mobilisation des recettes ».
Pr. Désiré Avom, Économiste: «L’analyse de l’agence Moody’s est une bonne nouvelle pour la crédibilité du Cameroun»

Dans son dernier rapport sur la résistance des économies de l’afrique subsaharienne, l’agence moody’s classe le cameroun au deuxième rang des pays les plus résilients dans le continent. Quels commentaires pouvez-vous faire en rapport avec cette actualité ?
C’est une très bonne nouvelle pour l’économie camerounaise et plus généralement pour la crédibilité du Cameroun. Le mot résilience a pourtant toujours été utilisé régulièrement par les autorités camerounaises pour dire que malgré les chocs liés à la baisse des prix du pétrole, aux effets de seconds tours de la crise financière internationale de 2008, surtout la crise sécuritaire dans les régions de l’Extrême nord et l’Est, la crise dans les régions anglophones, l’économie camerounaise parvenait à exhiber des taux de croissance non seulement positifs, mais supérieurs à la moyenne sous régionale et bien au- dessus de certains pays développés. De même, certains indicateurs tels que la dette bien qu’en augmentation rapide, reste en deçà de la norme communautaire dont la limite est fixée à 70 %. Si, nous pouvons considérer la variation erratique des prix des cours du pétrole et des autres matières premières comme une caractéristique familière de notre économie, on ne saurait dire autant des autres chocs qui durent depuis plusieurs années et induisent des conséquences dramatiques et des coûts d’opportunité élevés pour le développement de notre pays.
L’un des éléments sur lesquels l’agence de notation américaine fonde son analyse, est notamment la capacité du pays à rembourser sa dette, malgré le contexte économique morose. partagez- vous le même avis, si oui comment cela s’est-il traduit ?
Oui bien sûr que je partage cet avis. En effet, non seulement le Cameroun rembourse sa dette, je suppose avec les charges y afférentes, mais a encore la capacité de mobiliser les ressources à travers l’émission des obligations.
L’autre facteur mis à l’actif du cameroun par l’agence moody’s est la série de mesures mises sur pied en matière de maîtrise des dépenses publiques. Qu’est-ce qui a été concrètement fait dans ce domaine ?
En matière de politique budgétaire, il n’y a pas mille mesures à prendre. L’équation est simple à première vue : réduire les dépenses et/ou accroitre les recettes. C’est pourtant celle qui est politiquement la plus difficile parce que les dépenses publiques constituent des revenus pour certains groupes de la population qui s’opposent naturellement à leur diminution, ou lorsqu’ils en ont la possibilité comme les bureaucrates, protègent leurs intérêts tout en transférant les charges sur les revenus des autres. Le gouvernement à travers le ministre des Finances s’est attaqué au nœud du problème : les salaires fictifs. Je dois, si j’en avais qualité, saluer son courage non pas de s’être attaqué au problème, puisque des initiatives comparables ont existé dans le passé sans résultats concrets ; mais, d’avoir donné des chiffres en termes d’économie budgétaire. Comment pouvez-vous comprendre la décision du président de la République, Paul Biya d’autoriser le recrutement de2000 enseignants dans les universités d’Etat, et l’organisation régulière des concours à la fonction publique, si une telle poche d’économie budgétaire n’était pas garantie. Croyez-moi, une telle décision n’aurait jamais été prise sans contrarier le Fonds Monétaire International qui vient de consentir au gouvernement, des ressources additionnelles dans le cadre du programme de facilitation élargi en cours d’exécution depuis quelques années.
Outre les mesures suscitées, le rapport moody’s note que les politiques budgétaires instituées par le gouvernement résisteraient le mieux à certains chocs. en ce qui concerne le cameroun, quelles sont les initiatives qui ont été prises pour permettre de résister aux secousses externes ?
Nous l’avons déjà dit, il s’est essentiellement agi de l’amélioration de la qualité de la dépense publique pour la rendre efficace. Par exemple outre l’assainissement du fichier solde, la plupart des mesures ont consisté à réduire le train de vie de l’Etat pour la subordination de l’achat des véhicules administratifs à l’accord préalable du Premier ministre, chef du gouvernement, la suppression de certaines missions à l’étranger, des multiples comités dont la pertinence n’était pas avérée. Cette volonté est manifeste dans le budget de 2020, où des restrictions importantes sont annoncées dans la circulaire du président de la République qui définit le cadre d’élaboration du budget.
Certains spécialistes estiment qu’en plus des facteurs sus- évoqués, l’élargissement de l’assiette fiscale a aussi permis au gouvernement de faire face à la crise économique qui sévit depuis 2014. partagez-vous ce point de vue ?
La capacité d’un gouvernement à offrir des biens publics, où à amortir les chocs dépend fortement des ressources mobilisées. Les recettes budgétaires occupent donc une place importante dans le budget de l’Etat. Comme dans le cas des dépenses, leur mobilisation est politiquement difficile à gérer du fait de la multiplicité des acteurs et de la structure économique. Généralement, le législateur peut agir soit sur le taux, soit sur la base imposable ou l’assiette. Pour ce qui concerne le Cameroun, la plupart des taux sont à la limite des maxima autorisés par les engagements sous régionaux. La voie salutaire qui est exploitée par les autorités camerounaises est l’élargissement de l’assiette fiscale. Cette stratégie bute cependant à l’informalité de notreéconomie qui ne donne pas de nombreuses opportunités. Les niches fiscales identifiées ont cependant permis au gouvernement d’augmenter ses recettes.
Selon vous, quel peut-être l’impact du rapport moody’s sur les potentiels investisseurs ainsi que sur le climat des affaires ?
L’impact ne peut être que positif, puisque les investisseurs ou les potentiels veulent régulièrement être rassurés sur non seulement les opportunités favorables de réalisation des affaires, mais surtout la préservation de leur profit. Il faut toutefois relever que la préservation d’un meilleur cadre macroéconomique perceptible par un taux de croissance économique positif, un taux d’endettement maitrisé ne suffit pas, les efforts engagés dans de nombreux secteurs tels que l’énergie, les transports, doivent être poursuivis.
On note néanmoins que malgré ces bons points qui ressortent du rapport moody’s, certaines contraintes sécuritaires persistent et risquent hypothéquer les fondamentaux de l’économie camerounaise. Qu’est-ce qu’il y a lieu de faire pour consolider la position du cameroun sur le long terme ?
C’est la grosse hypothèque qui pèse sur notre économie. Mon souhait, est le retour à la raison pour que la paix revienne définitivement afin de continuer la construction de notre pays qui, a de formidables atouts dont l’exploitation et une répartition juste et équitable en garantirait un meilleur développement. C’est la convoitise de ce riche potentiel qui alimente et entretien de mon point de vue les poches de résistance. La théorie du pourrissement n’est plus soutenable et personne n’en sortira vainqueur.
Endettement: Aucun arriéré de remboursement en fin septembre 2018
Selon la note sur l’exécution du budget de l’Etat pour le compte de l’exercice, en fin septembre 2018, le pays n’affichait aucun arriéré au niveau du remboursement de ses dettes auprès de ses différents créanciers. En d’autres termes, le Cameroun avait assuré 100 % du service de sa dette extérieure. De manière détaillée, le gouvernement a déboursé la somme de 260 milliards de francs CFA pour tenir ses engagements vis-à-vis de ses bailleurs de fonds, ce qui traduit une hausse de 87 % par rapport à l’année 2017, d’après les données contenues dans ce document du Minfi.
C’est que, depuis la signature du Programme Economique et Financier avec le Fonds Monétaire International, les autorités camerounaises gardent un œil attentif sur la situation de la dette du pays. A ce sujet, au cours des différentes missions du FMI au Cameroun, conduites par Corine Delechat, cette dernière n’a eu de cesse d’indiquer que « les autorités camerounaises s’efforcent de préserver la viabilité de la dette publique, notamment en limitant les emprunts non concessionnels ». C’est d’ailleurs, expliquent les experts, l’un des points ayant favorisé le déblocage successif des appuis budgétaires en direction du Cameroun. L’incident du retard de payement de la dette du Cameroun vis-à- vis de l’Espagne a failli jeter de l’huile sur du feu, mais les responsables du Minfi avaient rassuré quant à la résolution de cette affaire. A ce propos, il se susurre au sein de ce département ministériel que les consignes en matière de remboursement de la dette sont claires : « respecter les échéances de remboursement » parce qu’elles participent à garder la crédibilité et la confiance auprès des PTF. C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle aboutie l’agence américaine Moody’s qui met en relief la « capacité du Cameroun à rembourser ses dettes, malgré la crise économique ».
D’après certains experts des questions de finances publiques, la dette publique du Cameroun demeure viable sur un horizon de 20 ans, avec cependant un degré de risque de surendettement qui, bien que modéré, appelle à davantage de diversification des produits d’exportations. En plus, au-delà du remboursement de sa dette, le Cameroun a opté pour l’élargissement de l’assiette fiscale, à l’effet d’accroître les recettes non pétrolières. Ces dernières affichaient d’ailleurs une hausse de 111,66 % entre 2008 et 2018, période au cours de laquelle ces recettes sont passées de 1 277 milliards de francs CFA à 2 703 milliards de francs CFA. Cependant, à fin mars 2019, ces recettes ont affiché un déficit de 649,1 milliards de francs CFA. Ainsi, par rapport aux 799,2 milliards de prévisions trimestrielles, elles sont en retrait de 150,1 milliards, soit un taux de réalisation de 81,2 %.
Finances Publiques: L’agence Moody’s salue la résilience du Cameroun
La nouvelle ne pouvait pas mieux tomber. Et cette fois, c’est l’agence de notation américaine Moody’s qui, dans un rapport sur la « résistance des économies de l’Afrique subsaharienne », publié le 15 août dernier, classe le Cameroun au deuxième rang des pays les plus capables de réagir à en cas de crise économique mondiale. Parce que, argue Moody’s, malgré le contexte économique difficile qu’ils traversent, le Cameroun, le Rwanda (1er au classement Moody’s) et la Côte d’Ivoire (3ème), se montrent « capable de continuer à rembourser leurs créanciers ». Bien plus, souligne le rapport, ces Etats figurent dans le gratin de « ceux qui peuvent le mieux maîtriser leurs dépensespubliquesobligatoires ». En d’autres termes, expliquent les spécialistes, en dépit des chocs extérieurs souvent marqués par des phénomènes tels que la chute
drastique des cours des matières premières, ces trois pays ont convaincu par leur capacité à honorer leurs différents engagements, dans le but de garder l’Etat debout. Il s’agit notamment du « payement des salaires de la fonction publique, des subventions, investissements, etc ».
Réduction du déficit budgétaire
L’agence Moody’s n’a pas fait qu’analyser la capacité du trio de son classement à rembourser leurs dettes. La méthodologie employée a également pris en compte leur capacité à « réduire les graves déséquilibres budgétaires », dont ils souffraient. En la matière, le Cameroun fait figure d’exemple. Car l’on est passé d’un déficit budgétaire de 6,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2016, à4,9%grâceàlamiseen
œuvre du Programme Economique et Financier signé avec le Fonds Monétaire International (FMI). Si en 2018, le déficit budgétaire se situe autour de 2,6 %, les projections en 2019 indiquent 2,1 %. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), le déficit budgétaire du Rwanda était de –4,3 % en 2018, inférieur aux –4,8 % de 2017, grâce à la hausse des investissements (23,4% en 2017 et 25,3 % en 2018). En ce qui concerne la dette publique, la BAD indique qu’elle avait atteint 41,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2018 contre 35,6 % en 2016, avec un faible risque de surendettement. S’agissant de la Côte d’Ivoire, le Fonds Monétaire International (FMI) annonçait en mars 2019 que le déficit budgétaire de ce pays devrait se situer à 3 % du PIB. Au terme de la mission conduite par Céline Allard, directrice de la mission du FMI en Côte d’Ivoire, l’on apprenait que : « l’activité économique devrait rester soutenue en 2019 et les perspectives à moyen terme confirment la poursuite d’une croissance robuste ». Concrètement, quels sont les éléments qui fondent le caractère résilient de l’économie camerounaise ?
Drame : un navire fait naufrage à Bakassi
La nouvelle est annoncée par David Eboutou. « Le navire AUSTHREIM exploité par la société Achouka basée à Tiko ,transportant un peu plus d’une centaine de passagers et beaucoup de marchandises a fait naufrage hier soir à Bakassi», selon le consultant médias. Indiquant que « le navire provenait de Calabar au Nigéria ». Si le poste national de la Cameroon radio television (Crtv) est resté jusqu’ici muet durant son journal du 17-18h, il reste que celui qui a eu la primeur de l’information soutient son information de photos du navire qui coule devant des témoins.
Cependant, l’on apprend que le Bataillon d’intervention rapide (Bir), corps d’élite de l’armée nationale camerounaise, est aussitôt intervenu et les efforts de ces hommes dont un bataillon campe dans la zone de Bakassi, a pu sauver 107 personnes en enregistrant déjà trois corps repêchés. L’on parle de près de 200 passagers au départ du Nigeria. A l’origine de l’incident, David Eboutou soupçonne que «la surcharge mais également les mauvaises conditions météorologiques qui auraient amené le commandant du navire à vouloir changer de cap ».
Jeux africains 2019 : La difficile chasse aux métaux
Plus d’une semaine après le démarrage des compétitions, le Cameroun peine à arracher les médailles. Au moment où nous mettions sous presse, la team Cameroon pointe au 12ème rang avec à peine quatre médailles dont une seule en or et une en argent. Dieudonné Dolassem (-90kg), un habitué de la haute compétition, est tombé face à l’égyptien Hazem Ali en demi-finale, mais s’est rattrapé avec une médaille en bronze. Tout comme Ayuk Otay Arrey Sophina Ntui (63-70kg dames). Vanessa Mballa Atangana a arraché la médaille d’argent dans les +78kg devant la tunisienne Cheikh Rouhou Nihel. Les deux autres médailles viennent d’Ayuk Otay (-63kg) et Philomène Joceline Bata (63-70kg). Le judo a ainsi rempli sa mission. Les autres disciplines semblent ne pas trouver une adversité facile à vaincre.
En quittant Yaoundé, la team Cameroon avait pris l’engagement de faire mieux qu’à Brazzaville 2015. Le Cameroun s’était classé 8ème avec 31 médailles dont sept en or, huit en argent et 16 en bronze. On est encore loin de ce score minimal. Et ce lundi présente plusieurs opportunités, avec plusieurs finales programmées en athlétisme, haltérophilie, gymnastique, karaté et tennis de table. Wilfried Seyi qui avait déjà battue en tour préliminaire le marocain Assaghir Mohamed, affronte en quart de finale ce jour (boxe, 75-81kg) l’égyptien Abdelgawwad Abdelrahman. Le porte-étendard du Cameroun aux derniers jeux olympiques est une réelle chance de médaille. Le chemin à parcourir est encore long, pour les sports collectifs. Mais il y a lieu de garder espoir. Au football, la sélection nationale féminine a remporté son premier match contre la Zambie sur tapis vert et a fait nul (1-1) avec le Nigeria. Au volley-ball, la sélection nationale masculine est sur un bon service de deux victoires, trois sets à zéro infligé au Sénégal et trois sets à un contre l’Algérie.
Pendant ce temps, l’Egypte mène la course en solitaire, avec 67 médailles dont 22 en or, 27 en argent et 18 en bronze. Devançant de loin l’Afrique du Sud qui en comptait 27 dont 17 en or, 14 en argent et 6 en bronze. Maroc et Algérie se disputent la 3ème place. Si l’Algérie compte 37 métaux, elle se fait supplanter par le Maroc qui n’en compte que 35, mais avec un nombre plus important des plus précieux, soit 11 en or et 10 en argent, contre respectivement 10 et 9.
Les médaillés duCameroun
Or : Hélène Wezeu Dombeu (judo, 57-63kg dames)
Argent : Ortence Vanessa Mballa (judo, +78kg dames)
Bronze : – Dieudonné Dolassem (judo, 81-90kg messieurs)
– Ayuk Otay Arrey Sophina Ntui (63-70kg dames)
Fécafoot-Lfpc : La guerre désormais ouverte
La guerre des tranchées à laquelle se livraient la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) et la Ligue de football professionnelle du Cameroun (Lfpc) a abouti à la suspension de la Lfpc par le bureau du Comité exécutif de la Fécafoot ce 22 août 2019. Seidou Mbombo Njoya et les deux vice-présidents (Céline Eko et Alim Konaté) qui ont pris la décision à l’unanimité accusent la Ligue de « violation grave et réitérée de ses obligations». En s’appuyant sur les articles 15 et 48 des Statuts de la Fécafoot et l’article 81 des Statuts de la Lfpc. L’article 15 des Statuts de la Fécafoot qui donne à l’Assemblée générale de la Fécafoot le pouvoir de suspendre un membre, en ajoutant que « tout membre coupable de violations graves et/ou réitérés de ses obligations peut être suspendu avec effet immédiat par le Comité exécutif… ». L’article 48 des mêmes textes accorde au président de la Fécafoot le pouvoir de « représentation et signature », qu’il peut déléguer à un vice-président ou à un membre du Comité exécutif. Une réunion dudit Comité est programmée au 3 septembre prochain, pour « examen de la situation de la Lfpc ». Il se susurre qu’à l’occasion, la Fécafoot compte installer un comité provisoire de gestion à la tête de la Ligue. Avant l’assemblée générale de la Fécafoot dans la première quinzaine d’octobre.
Le général Pierre Semengue n’a pas attendu que l’on en arrive là. Dans un communiqué de presse commis ce 23 août, le président de la Ligue dénonce « des représailles suite à la saisine par la ligue, des organes et juridictions compétents pour contester les résolutions de l’Assemblée générale de la Fécafoot du 26 juillet dernier ». En l’occurrence « la mesure discriminatoire que la Fécafoot a introduite dans l’architecture de ses textes en fixant la limite d’âge du président de la ligue à 75 ans ». Ce qui, « viole les dispositions de l’article 4.1 des Statuts de la Fifa» qui proscrit la « discrimination » contre tout individu, pays,… Pierre Semengue dénonce les railleries basées sur son âge avancé qui est plutôt une « grâce » et « un gage de vitalité ».
Crise de compétences
En tout état de cause, « la modification des statuts de la Lfpc relève de sa compétence exclusive… or nos statuts, en l’état, n’appelaient pas à une modification». Mieux, « vos statuts adoptés en 2018, ne peuvent avoir l’effet rétroactif», enseigne le conseil de la Lfpc. Et même, « dans l’hypothèse d’un arrimage de nos statuts à ceux discriminants de la Fécafoot, son mandat courra jusqu’à la fin, en raison de la non rétroactivité de la loi », brandit-il. Semengue profite pour justifier des faits non explicités dans les accusations. Dénonçant l’asphyxie financière de la Fécafoot contre la Ligue, le président de la Ligue avoue avoir eu recours à d’autres sources de financements pour mener les activités de son institution. Exhortant le personnel de la Ligue et les partenaires à « rester calmes et sereins » et à « continuer leur collaboration en toute tranquillité».
Pour autant, l’ex chef d’Etat-major des armées, reste légaliste. Le général en seconde section a déjà introduit un sursis à exécution et un recours gracieux préalable auprès du Tribunal administratif et du président de la Fécafoot. Par la voie de son avocat Me Germain Junior Bédiang, le patron de la Lfpc fait observer qu’« il semble être reproché à la Ligue de ne s’être point conformer aux résolutions de l’assemblée générale de la Fécafoot ayant procédé à l’adoption des statuts de la Lfpc… ces résolutions ont été déférées devant la Chambre de conciliation et d’arbitrage et suivent leurs cours ». De quoi en déduire « votre acharnement à voir imposer à la tête de la Lfpc, un directoire à votre botte », assène-t-il contre sa tutelle.
Lors de l’assemblée générale de la Fécafoot du 26 juillet dernier, la Fécafoot avait modifié ses statuts en se donnant la compétence de pouvoir modifier les statuts de la Ligue. Et dans le même temps, la Fédération plafonne désormais l’âge du président de la Lfpc à 75 ans, et comptait évincer le président actuel de la Ligue, pour en faire le président d’honneur de la Fécafoot, selon des sources concordantes. Rencontrant la résistance de Semengue. Le champ était devenu libre pour une guerre totale. Entre temps, les deux parties en conflit préparent chacune le démarrage de la saison professionnelle. C’est la Fécafoot qui délivre les licences et gère les arbitres. Mais rien n’indique que la balance pèsera toujours de son côté. L’homme ayant toujours réussi à garder la tête haute, à chaque bataille, depuis la création de la Ligue en 2011. De toutes les façons, « le président de la Lfpc est titulaire d’un mandat électif, pour une durée déterminée et antérieure à la prise de vos statuts», rappelle Me Bédiang. ce mandat expire en juin 2020.
Afrobasket 2019 : les raisons d’une élimination précoce
Face à l’Egypte le 14 août dernier, les Lionnes indomptables ont laissé filer la victoire qui était pourtant presque validée. Alors qu’elles avaient l’avantage de 14 points à dix minutes de la fin de la partie, les Camerounaises se font rattraper, puis supplanter par des Égyptiennes révoltées. La faute à quelques insuffisances techniques : « elles nous ont mené au premier quart temps, elles nous ont mené au second quart temps ; et le coach nous a rappelé à l’ordre et nous a dit que ces filles du Cameroun chutent beaucoup, elles se sont beaucoup donné, que nous devons accélérer, comme nous l’avons fait face au Sénégal. C’est ce que nous avons fait et nous avons remonté la pente », explique Soraya, joueuse égyptienne. « Mes titulaires sont tombées sous le coup de plusieurs fautes et je me suis sentie obligée de les remplacer, faisant ainsi plusieurs rotations, pour essayer de maintenir le niveau. Sauf que avec les remplaçantes, quand le jeu ne réussit pas, on est obligé de ramener celles qui font des fautes ; or quand on a des problèmes de fautes, on est moins présent en défense, on est moins agressive. Ça peut aussi expliquer la défaite », justifie Natosha Cummings Price. Mais le sort du Cameroun avait déjà été scellé. Puisqu’après une victoire d’entrée face à la Tunisie (53-95), le Cameroun s’est fait humilier par le Nigeria (39-106). Une raclée qui était prévisible, tant le Nigeria Fait office de favori et avait avec lui la plupart de ses cadres expérimentées.
Une équipe Inconnue du coach
Mais dans l’ensemble, si la 43ème nation africaine de basketball féminin a eu du mal à s’imposer dans cette compétition, elle ne semblait pas être préparée pour faire mieux. « On n’avait pas un groupe assez solide, un groupe qui avait le moral d’une telle compétition majeure. Beaucoup étaient des novices, et jouaient leur premier Afrobasket », fait observer Joëlle Bogmis, reporter de sport, habituée des milieux de basket-ball. Le Cameroun s’est lancé dans l’aventure en opérant une révolution dans ses effectifs. Guy Moudio a été éjecté du banc de touche en mai, soit à deux mois du tournoi final, et remplacé par l’Américaine Natosha Cummings Price, avec comme adjoint l’Italien Stefano Bizzozi. Les nouveaux maîtres du banc de touche ont démoli la tanière en rajeunissant au maximum. Un rajeunissement qui n’a pas toujours rimé avec expérience. Ainsi, si Natosha a plus fait confiance à la légion étrangère, elle s’est débarrassée de leaders et cadres telles Lonlack et Priscilla Mbiandja, pour ne retenir que Marie Ange Mfoula et Amina Njonkou, parmi les habituées de l’Afrobasket, du moins pour les trois dernières éditions.
Pour une technicienne qui ne connaît pas la tanière, la tâche ne pouvait être facile. « Elle n’a pas eu le temps de bien roder son groupe », constate Joëlle Bogmis. Le stage d’Istanbul ayant été l’unique occasion pour le nouveau staff de connaître l’équipe. « Je n’ai pas un vécu avec la sélection. Ça fait quelques mois seulement que je suis là, contrairement aux autres qui sont en poste depuis plusieurs mois, voire plusieurs années », reconnaît Natosha. « J’ai besoin d’avoir un bon vécu avec mon équipe», lance-t-elle. Aura-t-elle l’occasion d’avoir ce vécu ? Rien n’est sûr.
Querelles
Déjà, des lignes de fractures commencent à se dessiner. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, Ramses Lonlack, une des anciennes non retenue pour Dakar 2019, a craché son venin : « C’est devenu une affaire de business. Ramenez nos coaches locaux ; peut-être qu’ils n’ont pas le niveau comme vous le dites, mais de 2011 à 2017, ils nous ont amenées en quart de final. On ramène un staff avec aucun qui connait le potentiel des joueuses. J’en ai marre et je n’arrive pas à comprendre qu’un coach mette son égo a avant une équipe». Une sortie qui cache mal des frustrations, et surtout qui confirme les lacunes d’une patronne du banc de touche qui elle–même reconnaît ne pas (encore) maîtriser son équipe.














