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La « recette » Biya pour sortir les jeunes camerounais de la précarité

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Le 6 octobre 2025, lors de sa cérémonie d’investiture consécutive à sa victoire à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Paul Biya a placé la lutte contre le chômage des jeunes au cœur de son huitième mandat. Devant les institutions nationales et un large public international, le chef de l’État a livré ce qu’il présente comme un plan d’action immédiat pour tenter d’inverser une situation devenue un marqueur de fragilité économique. « J’envisage de mettre en œuvre, dès les premiers mois de ce septennat, un plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes », a-t-il déclaré.

Premier axe : attirer l’investissement privé en créant des incitations administratives et fiscales, à condition que les entreprises recrutent. L’exécutif mise sur cette logique contractuelle pour stimuler l’embauche. Paul Biya l’a martelé dans son allocution du 6 octobre : « La mise en place de facilités administratives et fiscales pour les entreprises privées (…) avec en contrepartie l’obligation pour celles-ci de recruter les jeunes ». Une annonce qui vise autant la confiance des acteurs locaux que l’attention des investisseurs internationaux.

Deuxième priorité : accompagner l’auto-emploi en sécurisant davantage le financement des initiatives entrepreneuriales. Le président a indiqué que ce soutien s’organisera « en liaison avec les banques locales et les bailleurs de fonds internationaux ».

Troisième pilier : orienter les efforts vers les secteurs capables d’absorber rapidement de la main-d’œuvre. Paul Biya a explicitement cité « le numérique, les mines, l’agriculture et les services », des domaines identifiés depuis plusieurs années par les institutions régionales et internationales comme les plus susceptibles de créer des opportunités à grande échelle.

Enfin, le chef de l’État promet un levier budgétaire immédiat dès l’exercice 2026 : allouer une part du budget d’investissement à des chantiers « à haute intensité de main-d’œuvre, au profit des jeunes sur toute l’étendue du territoire ». Il insiste sur une coordination avec les collectivités locales et les associations.

Au-delà de ce plan, Paul Biya a élargi son propos à d’autres chantiers du septennat. Il a promis une accélération des projets structurants dans « l’énergie, l’hydraulique, les infrastructures routières et la santé publique » ainsi qu’un durcissement de la lutte contre la corruption. Le président a aussi mis en avant la nécessité de réformes institutionnelles à soumettre au Parlement pour « un fonctionnement plus efficient de l’État ».

Sur le terrain social, le chef de l’État souhaite renforcer la protection des jeunes et des femmes, particulièrement dans les espaces éducatifs et professionnels. Deux décisions ont été annoncées comme des réponses directes aux préoccupations exprimées par la jeunesse : « J’ai… ordonné la reprise des études doctorales dans les universités » et « J’ai également décidé de la relance des concours d’entrée dans les Écoles Normales Supérieures ».

L’ensemble compose un agenda ambitieux, présenté comme une réponse directe à la crise de l’emploi qui mine la stabilité économique du Cameroun. Reste désormais à savoir si cette stratégie, pensée pour séduire autant l’opinion nationale que les partenaires internationaux, pourra être traduite en résultats tangibles. Le chef de l’État assure en tout cas compter sur « le courage, l’ingéniosité et l’inventivité » d’une jeunesse à laquelle il dit vouloir redonner une place centrale dans la dynamique économique du pays.

Paul Biya : « L’ordre régnera ; le Cameroun continuera d’avancer»

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Yaoundé, le 06 novembre 2025

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Monsieur le Premier Vice-Président du Sénat,

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel,

Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames, Messieurs,

Chers compatriotes,

Je voudrais avant toute chose, remercier Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, pour ses mots aimables de bienvenue et ses encouragements.

Je vous sais gré, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, de l’accueil chaleureux que vous avez bien voulu me réserver en cette occasion solennelle, dans ce magnifique hémicycle.

Je tiens à exprimer ma très profonde gratitude au Peuple camerounais qui, une fois de plus, a décidé de m’honorer de sa confiance. Celle-ci m’a toujours été et me sera encore, assurément, d’un précieux soutien, au cours de ce nouveau mandat.

Je tiens à le dire de la manière la plus solennelle qui soit. Je ne ménagerai aucun effort pour continuer à être digne de cette confiance. Quelles que soient les circonstances. Quelles que soient les difficultés, les obstacles ou les défis.

Tel est le sens du serment que je viens de prêter devant le Peuple camerounais, que vous représentez.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Au moment de prendre mes fonctions, je mesure pleinement la gravité de la situation que traverse notre pays. Je mesure le nombre et l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. Je mesure la profondeur des frustrations, l’ampleur des attentes. Je mesure l’importance des responsabilités qui vont être celles du Président de la République.

Je voudrais, en cette occasion solennelle, renouveler devant vous un engagement que j’ai déjà pris par le passé, dans les mêmes circonstances. Celui de rester fidèle aux idéaux qui m’ont guidé depuis mon accession à la Magistrature suprême.

Celui de me consacrer entièrement à la mission sacrée que Dieu Tout-Puissant et le Peuple camerounais souverain ont bien voulu me confier : celle d’œuvrer, sans relâche, à l’avènement d’un Cameroun uni, stable et prospère.

Il s’agit, je le sais et vous le savez, d’une tâche lourde. Mais il s’agit d’une tâche exaltante, quand on a à cœur l’amour et les intérêts de son peuple.

Cette tâche, mes chers compatriotes, n’est pas insurmontable, surtout lorsque l’on bénéficie du soutien indéfectible de son peuple. A chaque échéance électorale, vous me témoignez de ce soutien. Vous l’avez fait, une fois de plus, de manière claire et incontestable, lors du scrutin du 12 octobre dernier.

Camerounaises et Camerounais, de l’intérieur comme de

la diaspora,

En ce jour où j’entame un nouveau mandat, de par la volonté de Dieu et du Peuple camerounais souverain, je voudrais tendre la main à tous et à chacun. Nous devons, ensemble jeter les bases d’un avenir encore plus prometteur pour notre cher et beau pays, notamment pour notre jeunesse. Nous avons certes beaucoup accompli. Mais nous avons encore tant à réaliser, ensemble, pour nous même, mais aussi pour les générations futures.

J’en appelle donc à l’union sacrée. Joignez vous à moi, pour que nous puissions, ensemble, dans la paix et la concorde, relever les formidables défis auxquels notre pays est confronté.

Je vous invite, tous, à prendre part à ce combat salutaire. Les joutes de l’élection présidentielle sont derrière nous. L’heure est désormais au rassemblement. Ce pays est notre patrimoine commun. C’est notre bien le plus précieux. Nous devons le

construire, le solidifier, le moderniser et non le détruire. Assez de ces discours de haine qui inondent l’espace public, et tout particulièrement les réseaux sociaux.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Le projet de société, dont je suis porteur, vous a été exposé et expliqué, de long en large, pendant la campagne électorale qui vient de s’achever.

A cette occasion, comme lors des consultations stratégiques qui se sont déroulées au Palais de l’Unité, mes équipes et moimême avons également veillé à écouter les doléances des Camerounais vivant à l’intérieur du pays, comme ceux vivant à l’Etranger.

Nous avons entendu leurs préoccupations, leurs frustrations, leurs doléances, mais aussi leurs aspirations, leurs attentes, leurs espérances et leurs suggestions.

Ces échanges féconds nous serviront assurément de boussole, pour guider notre action présente et future.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Ainsi que j’ai eu l’occasion de vous le dire, la situation des jeunes et des femmes sera au cœur de mon action tout au long de ce septennat.

L’un des principaux objectifs que je me suis fixé à cet égard est de promouvoir une meilleure responsabilisation et une meilleure protection des jeunes et des femmes.

Ainsi que vous le savez, des efforts méritoires ont été déployés ces dernières années en faveur de la jeunesse, tels que: la construction de nombreuses infrastructures scolaires et universitaires, la promotion de la scolarisation des jeunes, la professionnalisation des enseignements, la création de nouvelles opportunités d’emplois en faveur des jeunes.

Nous allons intensifier ces efforts, en veillant à ce que les jeunes et les femmes bénéficient d’une protection accrue dans les milieux scolaire et professionnel, mais aussi en dehors de ceux-ci, pour pouvoir s’épanouir pleinement.

Les métiers et autres activités attirant tout particulièrement les jeunes filles et les femmes bénéficieront d’un plus grand soutien de l’Etat, notamment au plan financier.

Sur un autre plan, ayant été saisi à cet égard, par les jeunes, qui en étaient fort préoccupés, je viens d’ordonner la reprise des études doctorales dans les universités, au cours de cette année académique.

J’ai également décidé de la relance des concours d’entrée dans les Ecoles Normales Supérieures.

Mes chers compatriotes

Mesdames et Messieurs,

J’envisage de mettre en œuvre, dès les premiers mois de ce septennat, un plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les axes principaux seront les suivants :

Premièrement, la mise en place de facilités administratives et fiscales pour les entreprises privées avec en contrepartie, l’obligation pour celles-ci, de recruter les jeunes.

Deuxièmement, le renforcement des mécanismes d’encadrement et d’accompagnement des jeunes, dans la conception, la mise en œuvre et le financement de leurs projets. Ceci se fera en liaison avec les banques locales et les bailleurs de fonds internationaux.

Troisièmement, la promotion du développement d’entreprises dans les secteurs à fort potentiel de création d’emplois, à l’instar du numérique, des mines, de l’agriculture et des services.

Quatrièmement, dès le prochain exercice budgétaire, une proportion du budget d’investissement de l’Etat sera consacrée à la réalisation de travaux à haute intensité de main d’œuvre, au profit des jeunes sur toute l’étendue du territoire. Ceci se fera en lien avec les Collectivités Territoriales Décentralisées et les associations.

La réussite de ce plan sera facilitée, j’en suis persuadé, par le courage, l’ingéniosité et l’inventivité dont nos jeunes compatriotes savent si souvent faire preuve.

Mes chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs,

Soucieux d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations des populations, nous veillerons, au cours de ce septennat, à accélérer la réalisation des projets en cours dans différents secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’hydraulique, les infrastructures routières et la santé publique.

Il va sans dire que les efforts engagés dans la lutte contre la corruption seront intensifiés.

Nous devrons également, soumettre au Parlement, certaines réformes permettant un fonctionnement plus efficient de l’Etat, grâce à une adaptation de nos institutions aux exigences de notre environnement.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Ainsi que vous le savez, notre pays est confronté depuis des années à un certain nombre de défis sécuritaires.

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de l’Extrême-Nord, des groupes terroristes, dont certains viennent de pays voisins, ont longtemps semé la mort et la destruction.

Grâce à l’action efficace de nos Forces de défense et de sécurité, dont je voudrais une fois de plus saluer le professionnalisme, de même qu’à l’engagement courageux de nos vaillantes populations, la situation générale s’est nettement améliorée. Les efforts de reconstruction menés par le Gouvernement, avec le soutien de nos partenaires internationaux, consolident peu à peu un retour progressif à la normale.

Ces efforts vont se poursuivre, inlassablement.

J’invite à cet égard les chefs traditionnels, les élites et les forces vives des régions affectées, à s’engager plus qu’avant, dans la sensibilisation des membres des groupes armés, afin qu’ils saisissent la main tendue du Gouvernement et déposent les armes.

Ce dialogue communautaire pourrait être mené en collaboration avec les Autorités administratives et favoriser le retour de ces jeunes en déshérence vers leurs communautés respectives, après leur nécessaire passage au sein du Programme de DDR.

Je voudrais, une fois de plus, mettre en garde, ceux des membres de ces groupes armés qui persisteront à poursuivre leurs activités criminelles, contre les conséquences dramatiques de leur obstination.

Je remercie les pays amis qui ont commencé à traquer et à traduire en justice les commanditaires de ces actes criminels qui se terrent sur leurs territoires. J’encourage ceux de nos partenaires qui ne l’ont pas encore fait, à leur emboîter le pas et à agir contre ces terroristes, qui incitent impunément à la violence contre nos innocentes populations à partir de leurs pays.

Le terrorisme est un fléau international qui doit être combattu vigoureusement partout où il montre son visage hideux.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

L’élection présidentielle qui vient de s’achever porte témoignage de la grande maturité du Peuple camerounais et de son attachement viscéral à la démocratie.

Pendant le temps de la campagne électorale, voire avant l’ouverture de celle-ci, les Camerounaises et les Camerounais ont librement débattu. Ils ont souvent avec passion, mais toujours de manière pacifique et responsable, confronté leurs idées, leurs programmes et leurs ambitions.

Le scrutin en lui-même, entièrement financé par le budget de l’Etat, a été organisé et s’est déroulé de manière satisfaisante, de l’avis même des observateurs internationaux.

Je voudrais à cet égard, féliciter chaleureusement l’organe en charge des élections. Une fois encore, ELECAM a pu relever ce formidable défi, dans un contexte qui n’était pas toujours facile.

Je voudrais également saluer l’attachement de l’immense majorité du Peuple camerounais à la paix et au vivre-ensemble.

Cette paix a malheureusement été perturbée par des troubles survenus après le scrutin, en raison de l’attitude de certains politiciens irresponsables.

Dans diverses localités, des scènes de pillage et de vandalisme d’une violence inouïe ont été observées. Il en a résulté des incendies, des destructions de biens publics et privés, des attaques contre les forces de l’ordre et des pertes en vies humaines.

La situation a pu être maitrisée grâce au courage, à l’abnégation et au professionnalisme des Forces de défense et de sécurité, qu’il me plait de féliciter chaleureusement.

J’adresse mes sincères condoléances aux familles des victimes et mes souhaits de prompt rétablissement aux blessés.

J’en appelle au sens des responsabilités des uns et des autres. Je m’adresse à tous ceux qui s’emploient à attiser la haine et la violence dans notre pays, notamment à certains de nos compatriotes de la diaspora.

Le Cameroun n’a pas besoin d’une crise post-électorale dont les conséquences pourraient être dramatiques, comme cela s’est vu sous d’autres cieux.

Mes chers compatriotes,

Il est de ma responsabilité de veiller à ce que l’ordre soit maintenu. Je puis vous l’assurer, l’ordre régnera. Le Cameroun continuera d’avancer.

Vive la République ! Vive le Cameroun !

Je vous remercie.

Paul Biya: le Cameroun n’a pas besoin d’une crise post-électorale aux conséquences dramatiques »

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DISCOURS DE S.E.M. PAUL BIYA, PRÉSIDENT ÉLU DE LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

À l’occasion de la prestation de serment.

Yaoundé, le 06 novembre 2025

Allocution d’ouverture et remerciements

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Monsieur le Premier Vice-Président du Sénat,

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel,

Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames,Messieurs,

Chers compatriotes,

Je voudrais avant toute chose, remercier Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, pour ses mots aimables de bienvenue et ses encouragements.

Je vous sais gré, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, de l’accueil chaleureux que vous avez bien voulu me réserver en cette occasion solennelle, dans ce magnifique hémicycle.

Je tiens à exprimer ma très profonde gratitude au Peuple camerounais qui, une fois de plus, a décidé de m’honorer de sa confiance. Celle-ci m’a toujours été et me sera encore, assurément, d’un précieux soutien, au cours de ce nouveau mandat.

Je tiens à le dire de la manière la plus solennelle qui soit. Je ne ménagerai aucun effort pour continuer à être digne de cette confiance. Quelles que soient les circonstances. Quelles que soient les difficultés, les obstacles ou les défis.

Tel est le sens du serment que je viens de prêter devant le Peuple camerounais, que vous représentez.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Au moment de prendre mes fonctions, je mesure pleinement la gravité de la situation que traverse notre pays. Je mesure le nombre et l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. Je mesure la profondeur des frustrations, l’ampleur des attentes. Je mesure l’importance des responsabilités qui vont être celles du Président de la République.

Renouvellement d’engagement et appel à l’unité

Je voudrais, en cette occasion solennelle, renouveler devant vous un engagement que j’ai déjà pris par le passé, dans les mêmes circonstances. Celui de rester fidèle aux idéaux qui m’ont guidé depuis mon accession à la Magistrature suprême.

Celui de me consacrer entièrement à la mission sacrée que Dieu Tout-Puissant et le Peuple camerounais souverain ont bien voulu me confier : celle d’œuvrer, sans relâche, à l’avènement d’un Cameroun uni, stable et prospère.

Il s’agit, je le sais et vous le savez, d’une tâche lourde. Mais il s’agit d’une tâche exaltante, quand on a à cœur l’amour et les intérêts de son peuple.

Cette tâche, mes chers compatriotes, n’est pas insurmontable, surtout lorsque l’on bénéficie du soutien indéfectible de son peuple. A chaque échéance électorale, vous me témoignez de ce soutien. Vous l’avez fait, une fois de plus, de manière claire et incontestable, lors du scrutin du 12 octobre dernier.

· Camerounaises et Camerounais, de l’intérieur comme de la diaspora,

En ce jour où j’entame un nouveau mandat, de par la volonté de Dieu et du Peuple camerounais souverain, je voudrais tendre la main à tous et à chacun. Nous devons, ensemble jeter les bases d’un avenir encore plus prometteur pour notre cher et beau pays, notamment pour notre jeunesse. Nous avons certes beaucoup accompli. Mais nous avons encore tant à réaliser, ensemble, pour nous même, mais aussi pour les générations futures.

J’en appelle donc à l’union sacrée. Joignez vous à moi, pour que nous puissions, ensemble, dans la paix et la concorde, relever les formidables défis auxquels notre pays est confronté.

Je vous invite, tous, à prendre part à ce combat salutaire. Les joutes de l’élection présidentielle sont derrière nous. L’heure est désormais au rassemblement. Ce pays est notre patrimoine commun. C’est notre bien le plus précieux. Nous devons le construire, le solidifier, le moderniser et non le détruire. Assez de ces discours de haine qui inondent l’espace public, et tout particulièrement les réseaux sociaux.

Écoute et projet de société

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

Le projet de société, dont je suis porteur, vous a été exposé et expliqué, de long en large, pendant la campagne électorale qui vient de s’achever.

A cette occasion, comme lors des consultations stratégiques qui se sont déroulées au Palais de l’Unité, mes équipes et moi-même avons également veillé à écouter les doléances des Camerounais vivant à l’intérieur du pays, comme ceux vivant à l’Etranger.

Nous avons entendu leurs préoccupations, leurs frustrations, leurs doléances, mais aussi leurs aspirations, leurs attentes, leurs espérances et leurs suggestions.

Ces échanges féconds nous serviront assurément de boussole, pour guider notre action présente et future.

Priorités : Jeunesse et Femmes

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

Ainsi que j’ai eu l’occasion de vous le dire, la situation des jeunes et des femmes sera au cœur de mon action tout au long de ce septennat.

L’un des principaux objectifs que je me suis fixé à cet égard est de promouvoir une meilleure responsabilisation et une meilleure protection des jeunes et des femmes.

Ainsi que vous le savez, des efforts méritoires ont été déployés ces dernières années en faveur de la jeunesse, tels que: la construction de nombreuses infrastructures scolaires et universitaires, la promotion de la scolarisation des jeunes, la professionnalisation des enseignements, la création de nouvelles opportunités d’emplois en faveur des jeunes.

Nous allons intensifier ces efforts, en veillant à ce que les jeunes et les femmes bénéficient d’une protection accrue dans les milieux scolaire et professionnel, mais aussi en dehors de ceux-ci, pour pouvoir s’épanouir pleinement.

Les métiers et autres activités attirant tout particulièrement les jeunes filles et les femmes bénéficieront d’un plus grand soutien de l’Etat, notamment au plan financier.

Sur un autre plan, ayant été saisi à cet égard, par les jeunes, qui en étaient fort préoccupés, je viens d’ordonner la reprise des études doctorales dans les universités, au cours de cette année académique.

J’ai également décidé de la relance des concours d’entrée dans les Ecoles Normales Supérieures.

Plan spécial pour l’emploi des jeunes

· Mes chers compatriotes

· Mesdames et Messieurs

J’envisage de mettre en œuvre, dès les premiers mois de ce septennat, un plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les axes principaux seront les suivants :

Premièrement, la mise en place de facilités administratives et fiscales pour les entreprises privées avec en contrepartie, l’obligation pour celles-ci, de recruter les jeunes.

Deuxièmement, le renforcement des mécanismes d’encadrement et d’accompagnement des jeunes, dans la conception, la mise en œuvre et le financement de leurs projets. Ceci se fera en liaison avec les banques locales et les bailleurs de fonds internationaux.

Troisièmement, la promotion du développement d’entreprises dans les secteurs à fort potentiel de création d’emplois, à l’instar du numérique, des mines, de l’agriculture et des services.

Quatrièmement, dès le prochain exercice budgétaire, une proportion du budget d’investissement de l’Etat sera consacrée à la réalisation de travaux à haute intensité de main d’œuvre, au profit des jeunes sur toute l’étendue du territoire. Ceci se fera en lien avec les Collectivités Territoriales Décentralisées et les associations.

La réussite de ce plan sera facilitée, j’en suis persuadé, par le courage, l’ingéniosité et l’inventivité dont nos jeunes compatriotes savent si souvent faire preuve.

Autres priorités du septennat

· Mes chers compatriotes,

· Mesdames et Messieurs,

Soucieux d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations des populations, nous veillerons, au cours de ce septennat, à accélérer la réalisation des projets en cours dans différents secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’hydraulique, les infrastructures routières et la santé publique.

Il va sans dire que les efforts engagés dans la lutte contre la corruption seront intensifiés.

Nous devrons également, soumettre au Parlement, certaines réformes permettant un fonctionnement plus efficient de l’Etat, grâce à une adaptation de nos institutions aux exigences de notre environnement.

Défis sécuritaires et appel au dialogue

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

Ainsi que vous le savez, notre pays est confronté depuis des années à un certain nombre de défis sécuritaires.

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de l’Extrême-Nord, des groupes terroristes, dont certains viennent de pays voisins, ont longtemps semé la mort et la destruction.

Grâce à l’action efficace de nos Forces de défense et de sécurité, dont je voudrais une fois de plus saluer le professionnalisme, de même qu’à l’engagement courageux de nos vaillantes populations, la situation générale s’est nettement améliorée. Les efforts de reconstruction menés par le Gouvernement, avec le soutien de nos partenaires internationaux, consolident peu à peu un retour progressif à la normale.

Ces efforts vont se poursuivre, inlassablement.

J’invite à cet égard les chefs traditionnels, les élites et les forces vives des régions affectées, à s’engager plus qu’avant, dans la sensibilisation des membres des groupes armés, afin qu’ils saisissent la main tendue du Gouvernement et déposent les armes.

Ce dialogue communautaire pourrait être mené en collaboration avec les Autorités administratives et favoriser le retour de ces jeunes en déshérence vers leurs communautés respectives, après leur nécessaire passage au sein du Programme de DDR.

Je voudrais, une fois de plus, mettre en garde, ceux des membres de ces groupes armés qui persisteront à poursuivre leurs activités criminelles, contre les conséquences dramatiques de leur obstination.

Je remercie les pays amis qui ont commencé à traquer et à traduire en justice les commanditaires de ces actes criminels qui se terrent sur leurs territoires. J’encourage ceux de nos partenaires qui ne l’ont pas encore fait, à leur emboîter le pas et à agir contre ces terroristes, qui incitent impunément à la violence contre nos innocentes populations à partir de leurs pays.

Le terrorisme est un fléau international qui doit être combattu vigoureusement partout où il montre son visage hideux.

Évaluation du processus électoral et appel au calme

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

L’élection présidentielle qui vient de s’achever porte témoignage de la grande maturité du Peuple camerounais et de son attachement viscéral à la démocratie.

Pendant le temps de la campagne électorale, voire avant l’ouverture de celle-ci, les Camerounaises et les Camerounais ont librement débattu. Ils ont souvent avec passion, mais toujours de manière pacifique et responsable, confronté leurs idées, leurs programmes et leurs ambitions.

Le scrutin en lui-même, entièrement financé par le budget de l’Etat, a été organisé et s’est déroulé de manière satisfaisante, de l’avis même des observateurs internationaux.

Je voudrais à cet égard, féliciter chaleureusement l’organe en charge des élections. Une fois encore, ELECAM a pu relever ce formidable défi, dans un contexte qui n’était pas toujours facile.

Je voudrais également saluer l’attachement de l’immense majorité du Peuple camerounais à la paix et au vivre-ensemble.

Cette paix a malheureusement été perturbée par des troubles survenus après le scrutin, en raison de l’attitude de certains politiciens irresponsables.

Dans diverses localités, des scènes de pillage et de vandalisme d’une violence inouïe ont été observées. Il en a résulté des incendies, des destructions de biens publics et privés, des attaques contre les forces de l’ordre et des pertes en vies humaines.

La situation a pu être maîtrisée grâce au courage, à l’abnégation et au professionnalisme des Forces de défense et de sécurité, qu’il me plaît de féliciter chaleureusement.

J’adresse mes sincères condoléances aux familles des victimes et mes souhaits de prompt rétablissement aux blessés.

J’en appelle au sens des responsabilités des uns et des autres. Je m’adresse à tous ceux qui s’emploient à attiser la haine et la violence dans notre pays, notamment à certains de nos compatriotes de la diaspora.

Le Cameroun n’a pas besoin d’une crise post-électorale dont les conséquences pourraient être dramatiques, comme cela s’est vu sous d’autres cieux.

Conclusion ferme et engagement

· Mes chers compatriotes,

Il est de ma responsabilité de veiller à ce que l’ordre soit maintenu. Je puis vous l’assurer, l’ordre régnera. Le Cameroun continuera d’avancer.

Vive la République !

Vive le Cameroun!

Je vous remercie.

Nachtigal : des pistes de solutions durables à la crise budgétaire  

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Les propositions de l’expert en stratégie et finance, Cyrille Tetougueni visent à faire face à la situation actuelle où l’État est obligé de mobiliser autour de 100 milliards de FCFA de garanties pour éviter un défaut de paiement auprès de NHPC tandis qu’Eneo croule sous le poids de dettes.

Moins d’un an après sa mise en service totale, le barrage hydroélectrique de Nachtigal, la plus grande infrastructure énergétique du Cameroun avec une capacité installée de 420 MW occasionne déjà une crise budgétaire. La raison est notamment la clause take‑or‑pay contenue dans le contrat d’achat d’électricité auprès de Nachtigal Hydro Power Company (NHPC). Cette disposition impose à Éneo Cameroon de verser 10 milliards de FCFA par mois à NHPC que l’énergie produite soit consommée ou non. Une facture qu’Eneo peine à régler puisqu’elle-même affiche un endettement global de 800 milliards FCFA, dont 500 milliards de dettes envers ses fournisseurs à fin 2024. Conséquence, la garantie initiale souveraine de l’Etat couvrant un montant de 56 milliards de FCFA soutenue par la banque mondiale connaît déjà un taux de consommation de plus de 85 %.

Renégocier le contrat d’achat d’électricité

 Actuellement, le ministère des Finances négocie une nouvelle ligne de crédit de 80 à 100 milliards de FCFA auprès de Société Générale Cameroun et d’autres banques locales afin d’assurer le paiement régulier des factures dues à NHPC.  Analysant le modèle économique du projet Nachtigal, Cyrille Tetougueni, chercheur indépendant, propose des voies de sortie durable de cette crise budgétaire. Selon l’expert, l’État du Cameroun et Éneo devraient renégocier avec NHPC certaines clauses du contrat d’achat d’électricité (PPA). Ceci, afin selon lui « d’adapter la structure des paiements à l’avancement des lignes et réduire l’indexation, en respectant toutefois les intérêts des investisseurs ».  En effet, le plan du projet prévoyait deux lignes d’évacuation : une ligne de transport 225 kV vers Nyom‑Yaoundé et une seconde vers Bafoussam et Douala. Mais, seul le tronçon vers Yaoundé a été achevé. Du coup, Eneo paie une énergie qui n’est pas livrée etce paiement est indexé sur l’inflation et la dépréciation du franc CFA. À défaut de renégocier ce contrat, l’expert recommande un étalement des paiements ou un réaménagement transitoire (mécanisme de différé) avec la Banque mondiale et les bailleurs.

 Autre piste de solution, achever rapidement la ligne 225 kV vers Douala et l’Ouest afin d’évacuer la totalité des 420 MW. De même, diversifier les débouchés en accélérant les interconnexions régionales (Nigeria, Tchad, Guinée équatoriale) afin d’exporter l’excédent d’énergie et générer des recettes en devises.  Cyrille Tetougueni recommande également la finalisation du processus de rachat et de restructuration d’Eneo. « Cette renationalisation temporaire doit permettre de restructurer la dette (800 Mds FCFA) et de rechercher un nouvel investisseur stratégique disposant des capacités financières et techniques pour moderniser le réseau », écrit-il. Sur les engagements fiscaux, il prône la rationalisation des garanties souveraines, en faisant un inventaire complet des garanties accordées aux IPPs (Kribi, Dibamba, Nachtigal) et en l’intégrant dans le budget de l’État. Un fonds de stabilisation des subventions financées par les recettes pétrolières exceptionnelles aiderait aussi selon lui à absorber les pics de subvention et éviter d’accroître la dette publique.

Serment : Paul Biya comprend les frustrations de son peuple, mais…

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« I do so swear !»Paul Biya l’a redit une 8ème fois ce 6 novembre 2025. Prêtant ainsi serment pour un 8ème mandat à la tête de l’Etat. Et pour mieux marquer son engagement à poursuivre l’œuvre qu’il réalise à la tête de l’Etat depuis le 6 novembre 2025, Paul Biya a promis : « je ne ménagerai aucun effort pour continuer à être digne de cette confiance ; quelques soient les circonstances, quelles que soient les difficultés, les obstacles ou les défis». A propos, « je mesure pleinement la gravité de la situation que traverse notre pays, et je mesure le nombre et l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés». Mieux, « je mesure la profondeur de la frustration, l’ampleur des attentes ; je mesure l’importance des responsabilités qui vont être celles du président de la République», a-t-il souligné. En effet, le Cameroun traverse une crise post-électorale marquée par des manifestations violentes réprimées parfois dans le sang par les forces de défense et de sécurité. Et les trois derniers jours, le pays vit au ralenti du fait de trois jours de villes mortes décrétées par Issa Tchiroma Bakary, candidat arrivé officiellement 2ème mais qui s »était déjà autoproclamé vainqueur deux jours après l’élection. Du coup, la proclamation de Paul Biya a provoqué chez ses partisans une colère qui s’est manifestée par des manifestations sur une bonne partie du territoire national.

Paul Biya s’engage à En réponse, Paul Biya déclare que « les joutes électorales sont derrière nous. L’heure est désormais au assemblement ». Dénonçant « ces discours de haine qui inondent l’espace public et singulièrement les réseaux sociaux». Ces réseaux sociaux que Cavaye Yeguie le président de l’Assemblée nationale, célébrant principal de l’office, agissant en qualité de président du Congrès, a qualifiés de « fléaux sociaux ». Pour autant, Paul Biya dit avoir compris le message : « mes équipes et moi-même avons veillé à écouter les doléances des Camerounais vivant à l’intérieur du pays comme à l’extérieur; nous avons entendu leurs frustrations, leurs doléances, mais aussi leurs aspirations, leurs attentes et leurs espérances et leurs suggestions». Indiquant que cela lui servira de sa  »gouvernance »

« L’ordre régnera» 

 Non sans tancer Issa Tchiroma et les mécontents qui ne décolèrent pas toujours. « [La] paix a  malheureusement été perturbée par des troubles survenus en raison de l’attitude de certains politiciens irresponsables ». Indiquant que « l’élection présidentielle qui vient de se dérouler témoigne de la grande maturité du peuple camerounais et de son attachement viscéral à la démocratie». Et de « saluer l’attachement du peuple camerounais au vivre-ensemble et à la paix». Et d’asséner : «Le Cameroun n’a pas besoin d’une crise électorale aux conséquences pourraient être dramatiques comme cela s’est vu sous d’autres cieux ». Feignant d’ignorer la cinquantaine de morts déjà enregistrées et les deux mille personnes arrêtées que comptabilise International crisis group. « Je m’adresse à tous ceux qui s’emploient à attiser la haine et la violence dans notre pays, notamment à certains de nos compatriotes de la diaspora : il est de ma responsabilité de rétablir l’ordre. Je puis vous assurer : l’ordre règnera !», a-t-il clamé. Une formule déjà lancée à d’autres occasions de grogne sociale.

Ça y est ! La page de l’élection est définitivement tournée, et Paul Biya entend avancer. Face à la grogne, l’homme ne reculera pas. Alors que l’écart avec son poursuivant immédiat s’est davantage creusé cette fois-ci (53,66% contre 35,19%), le président élu refuse de considérer que presqu’une moitié de Camerounais, ou d’électeurs, ne lui a pas fait confiance. Il n’y aura pas de dialogue national, pas de réconciliation nationale.  

L’heure est à l’action : « Camerounais et Camerounaises de l’intérieur et de la diaspora, je voudrais tendre la main à tous et à chacun ; nous devons ensemble jeter les bases d’un avenir encore plus prospère pour notre cher et beau pays…j’en appelle à l’union sacrée », lance-t-il.Le mandat a démarré, et l’homme est désormais attendu sur le terrain de l’action.

Violences post électorales : des pertes pour l’activité économique à Douala

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Avec une contribution à plus de 60% aux recettes fiscales de l’Etat, la capitale économique particulièrement touchée par les récentes manifestations, dégage au moins 3 milliards de manque à gagner par jour pour les stations-services et des montants plus importants dans d’autres secteurs d’activités.

 La conséquence directe du climat post électoral actuel sur l’économie camerounaise est l’inflation. Elle est déjà visible et ressentie par les ménages en quelques jours.  Dans un contexte où80 % des denrées alimentaires proviennent des zones rurales, les prix de certaines denrées agricoles telles que la tomate connaissent une hausse vertigineuse. De même, la viande de bœuf est hors de prix. Ceci du fait de la fermeture de routes, et des violences qui ont empêché la circulation fluide des marchandises. La pénurie gagne les marchés et affecte le panier de la ménagère.

A côté de la vie chère, Douala paie surtout le prix d’un ralentissement des activités économiques observées depuis quelques jours. Selon les estimations de l’économiste Jean Marie Biada, les secteurs comme le tourisme, le transport et la distribution des produits pétroliers sont les plus touchés. « La recette attendue des chauffeurs non propriétaires est d’au moins 2000 Fcfa Par jour, il vient qu’avec un parc moyen de 100 000 motos exerçant dans toute la ville de Douala, une inactivité de trois jours, induit un manque à gagner d’environ 600 millions Fcfa pour les propriétaires de moto ; mais aussi des baisses de revenus pour les vendeurs de produits et services complémentaires indispensables :carburants, lubrifiants, batterie, entretien, maintenance. Une moto-taxi en pleine activité consomme par jour 3000 Fcfa à 5000 Fcfa en moyenne. Ce qui correspond à un manque à gagner de 3 milliards de Fcfa pour les stations-service, et une baisse conséquente de TVA collectée pour l’Etat », fait -il savoir.  Autre exemple, « Les compagnies de transport interurbain de masse par Bus Vip réalisent en moyenne en Aller et Retour, 100 rotations par jour entre Douala et Yaoundé, pour un chiffre d’affaires d’au moins 100 millions Fcfa par jour. Donc, trois ou quatre jours d’inactivité à Douala, induisent un manque à gagner qui approche le demi-milliard de Fcfa », ajoute-t-il.

Des pertes pour l’Etat et la Cemac

 La ville de Douala contribue à elle seule à hauteur de plus de 60% des recettes fiscales de l’Etat. Or, depuis plusieurs jours, les activités ne tournent pas à plein régime pour le poumon économique du pays et même de la sous-région.  De ce fait, ce sont des milliards de FCFA enregistrés en termes de pertes sur la collecte des impôts et droits de douanesAu port de Douala en l’occurrence, les mouvements des engins génèrent d’importants revenus.  « Tous ces véhicules consomment beaucoup de gazoil, et en très grande quantité. Ce qui revient à dire qu’une baisse de vente de gasoil induit une baisse de la taxe spéciale sur les Produits Pétroliers dont une quotité est versée au Fonds Routier et l’autre au Budget général de l’Etat. Ces vecteurs en mouvement dans l’enceinte portuaire payent à chaque rotation, ‘‘le Pont bascule’’ de 10 000 Fcfa + TVA. Ce qui correspond à un énorme manque à gagner de TVA à verser au Trésor au terme des déclarations spontanées du Pad pour le mois d’octobre 2025 », renseigne Jean Marie Biada.

 A l’échelle communautaire, les ressources sur les corridors Douala-Bangui ou Douala-N’djamena seront affectées.  Il rappelle que pour faire ces corridors, « il faut payer entre autres la Lettre de Voiture Ordinaire (Lvo), la Lettre de Voiture International (Lvi), la Taxe Syndicale, auprès du Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (Barc), Bureau de Gestion du Frêt Terrestre (Bgft)… Toute cette paperasse coûte plus ou moins 300 mille Fcfa. Donc, sans tranquillité à Douala et au Port, les manque à gagner et la perturbation de la chaîne logistique communautaire Cemac deviennent visibles et redoutables ».

Réactions

Jean Marie Biada, économiste

 « Le PIB du secteur tertiaire va forcément baisser »

« La Ville de Douala peut être présentée en tant que siège de l’essentiel du parc des entreprises industrielles en activité au Cameroun, siège de 90% des multinationales, siège du marché financier de la Cemac (Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale : Bvmac), siège du plus ancien Port du Cameroun. Douala c’est aussi, deux Centres Régionaux d’Impôt, le Secteur des Douanes Port 2, qui rapporte, pour dire le moins, plus de 50% des recettes douanières à l’échelle nationale. Donc, si Douala vit une instabilité qui rende difficile ou impossible le mouvement des opérateurs économiques, des capitaines d’industries, des promoteurs d’Activités Génératrices de Revenus ou même la mobilité de ce que j’appelle les gagne-petit, les conséquences douloureuses sur la collecte des impôts et la fiscalité de porte (droits de douanes) ne vont pas tarder à se faire ressentir : Une baisse du chiffre d’affaires des contribuables professionnelles devient évidente, induisant une baisse de la TVA à déclarer auprès de leurs centres d’imposition de rattachement. Certaines écoles de pensée économique intègrent même parfois, les droits de douanes en tant que bonus dans le calcul du PIB. Il devient donc évident que si le secteur tertiaire (distribution, transport, banque, services) rentre en inactivité, le PIB du secteur tertiaire va forcément baisser. »

 Henri KOUAM, économiste

 « Les investissements pourraient diminuer »

« Les investissements pourraient diminuer. L’instabilité politique décourage les citoyens et les étrangers de réaliser des investissements productifs pour une raison simple. Les violences postélectorales signifient un effondrement de l’État de droit et du consensus politique, ce qui déclenche naturellement des réactions vives de la part des investisseurs nationaux et étrangers. Bien sûr, nous sommes loin d’une dégradation, mais les notations de crédit ne sont pas susceptibles de créer des incitations supplémentaires à investir. Après le déclenchement de la crise anglophone en 2018, la plupart des secteurs des régions du Nord et du Sud-Ouest ont été durement touchés. Cela a provoqué une fuite des capitaux et les investisseurs de toutes tailles ont abandonné leurs investissements, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, du bois et du pétrole et du gaz. Cependant, le choc économique a été amorti par d’importants projets d’infrastructure financés par les banques multilatérales et les prêts chinois. En outre, les violences post-électorales ont été particulièrement intenses à Douala (capitale économique), ce qui pourrait avoir un impact sur l’économie dans son ensemble. Pour nous, au CEPI, ce type de troubles politiques, qui remettent en question la légitimité et la stabilité mêmes du gouvernement central, constitue sans doute une menace systémique plus importante pour les IDE nationaux qu’un conflit séparatiste localisé, même intense. »

L’Etat face à la faillite silencieuse de ses politiques sociales

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Un soir de décembre 2022, à Yaoundé, Nathalie, étudiante à l’Université de Soa, s’effondre chez elle. Transportée d’urgence dans un hôpital public de la capitale politique, elle y décède après plus d’une heure d’attente, faute de carnet médical et d’enregistrement administratif, apprend-on. Un décès qui aurait pu être évité, devenu le symbole d’un système de santé où la lenteur bureaucratique coûte des vies. Cette tragédie illustre un constat plus large dans les formations sanitaires du pays.

Malgré la mise en œuvre de la couverture santé universelle, le système de santé camerounais repose encore majoritairement sur le paiement à l’acte, c’est-à-dire que chaque patient assume le coût des soins. Dans un pays où près de 40 % des citoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté — soit moins de 813 FCFA par jour selon la cinquième Enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM5) publiée par l’Institut national de la statistique en avril 2024 —, l’accès aux soins devient un luxe. Les zones rurales sont les plus touchées. Le manque d’infrastructures et de personnel qualifié oblige certaines populations à parcourir des dizaines de kilomètres pour atteindre un centre de santé.

 À cela s’ajoutent l’insécurité et le mauvais état des routes, qui retardent ou empêchent toute intervention médicale rapide. Cette situation accentue les inégalités sociales et interroge la pertinence d’un modèle de santé centré sur le paiement, au détriment de la solidarité nationale.

ÉDUCATION : UNE GRATUITÉ THÉORIQUE, UN COÛT RÉEL

 Depuis le décret présidentiel du 19 février 2001, l’école primaire publique est officiellement gratuite. Mais sur le terrain, cette promesse reste inachevée. Les Associations des parents d’élèves (APE) dans les établissements secondaires, censées soutenir la gestion des écoles, exigent des contributions parfois supérieures au plafond de 25 000 FCFA par an. À ces frais s’ajoutent des paiements informels pour les fournitures, la sécurité ou l’entretien des bâtiments.

 Les témoignages d’usagers, comme celui de Mathieu Soukeu, parent d’élèves à Yaoundé, révèlent un profond désenchantement : « L’école publique, c’est de la merde. Les enseignants viennent quand ils veulent et réclament de l’argent pour tout. » Au-delà des coûts, la pénurie d’enseignants et la vétusté des infrastructures traduisent une crise structurelle. Cette situation nourrit un malaise social qui s’exprime jusque dans la sphère politique. Léopold Bessiping, enseignant, a ainsi décidé de se porter candidat à la candidature présidentielle de 2025 pour dénoncer la précarité salariale et le mépris institutionnel envers le corps enseignant.

LOGEMENT ET BIEN-ÊTRE SOCIAL : DES POLITIQUES HORS DE PORTÉE

 Le 20 septembre 2024, un arrêté conjoint du ministère de l’Habitat et du Développement urbain et du ministère des Finances a fixé les plafonds de revenus pour l’accès aux logements sociaux : 350 000 FCFA par mois pour la location et 500 000 FCFA pour l’acquisition. Ces seuils excluent de fait une large partie de la population active. Une étude de l’Institut national de la statistique (INS) indique que 87,5 % des ménages camerounais ne peuvent accéder à un logement sans aide publique.

Pour contracter un prêt immobilier d’environ 20 millions FCFA, il faut justifier d’un revenu mensuel de 376 000 FCFA, un niveau inaccessible pour la majorité des jeunes actifs ou étudiants. Cette contradiction entre le discours social et la réalité économique renforce le sentiment d’exclusion. Les données de l’INS et les faits de terrain traduisent une même urgence : refonder les politiques publiques autour de l’humain.

PAR LA REDACTION

Concrétiser les projets et non justifier les retards

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L’autoroute Yaoundé-Douala en est le symbole le plus éclatant. La première phase, réceptionnée depuis décembre 2022, n’est toujours pas exploitée, tandis que la seconde attend encore ses financements. « Le coût d’objectif de 899 milliards FCFA HT est difficilement mobilisable dans le budget d’investissement public », reconnaît Victor Chi, évoquant la nécessité de recourir aux partenaires techniques et financiers. Une réponse qui, en elle-même, illustre la dérive du modèle actuel : l’État se décharge sur les bailleurs, sans jamais repenser sa capacité à planifier, à prioriser, ni à exécuter dans les temps. Le discours est bien rodé, presque institutionnalisé.

On ne s’interroge plus sur les retards, on les explique. On ne parle plus d’efficacité, mais de patience. Or, après quarante ans de grands projets lancés dans l’enthousiasme et achevés dans la lassitude, le problème n’est plus conjoncturel. Il est presque devenu systémique. Le discours des responsables ne varie presque jamais. « Nos projets prennent du temps à aboutir car ils sont nombreux », affirme Victor Chi, pour qui « le Cameroun est en chantier du Nord au Sud ». Mais cette logique quantitative a montré ses limites. Dix projets lancés et jamais achevés ne valent pas une seule infrastructure livrée dans les délais.

Cette fuite en avant traduit un mode de gouvernance obsédé par l’annonce, et non par le résultat. Rompre avec cette culture, c’est accepter que l’efficacité ne se mesure pas au nombre de rubans coupés, mais à la régularité de l’exécution et à la clarté des responsabilités. L’État doit redevenir maître d’œuvre, non plus spectateur de ses propres blocages. Cela suppose une réorganisation profonde. Planification réaliste, sanctions en cas de retard, et transparence sur les coûts réels. L’un des chantiers prioritaires du huitième mandat ne sera donc pas la construction d’une route, d’un pont ou d’une autoroute, mais celle d’un État capable de livrer ce qu’il promet. Passer d’une gouvernance du constat à une gouvernance de l’action. C’est là que se joue désormais la crédibilité du pouvoir.

PAR LA REDACTION

Relance économique : quand la bureaucratie étouffe l’investissement

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Dans le rapport Doing Business 2020 de la Banque mondiale, le Cameroun se classe 167e sur 190 économies, avec une note de 46,1 sur 100. Ce classement, qui mesure la facilité de faire des affaires, place le pays juste devant le Bangladesh. Ce rapport de l’institution de Bretton Wood, évalue dix domaines, dont la création d’entreprise, les permis de construire, l’accès à l’électricité, le paiement des impôts et la protection des investisseurs.

Ces indicateurs traduisent la complexité d’un environnement réglementaire où la formalité prime souvent sur la performance. Selon la Banque mondiale, une entreprise camerounaise consacre en moyenne 624 heures par an au respect des obligations fiscales et administratives — soit deux fois plus que la moyenne africaine estimée à 307 heures.

Ces lenteurs se traduisent par une perte de productivité et un renchérissement des coûts pour les petites et moyennes entreprises, qui constituent pourtant près de 80 % des emplois créés chaque année, indique l’Institut national de la statistique, en 2023.

Pour Alain Ngai, chargé d’études en économie numérique au Gecam, la situation découle d’un « déficit de transparence et d’une corruption persistante qui entretiennent l’insécurité juridique et fragilisent la compétitivité ». Il souligne que l’opacité des processus administratifs crée un climat de méfiance, décourageant aussi bien les investisseurs nationaux qu’étrangers. Cette inertie structurelle génère des coûts supplémentaires, des retards dans les procédures et une imprévisibilité qui dissuadent les initiatives privées.

L’entrepreneure Rebecca Enonchong, fondatrice d’AppsTech et figure du numérique africain, partage dans une récente sortie, une lecture sans concession du problème : « Le Cameroun souffre d’un excès d’administration. Trop de ministères, trop d’agences, trop de signatures qui se monnayent. Les fonctionnaires deviennent parfois plus riches que les entrepreneurs. » Selon elle, cette sur-administration nourrit une économie de connivence, où les marchés publics sont truqués et les entrepreneurs honnêtes marginalisés. « Le contribuable paie quatre à cinq fois le prix réel des projets », ajoute-t-elle, dénonçant un système où la rente administrative supplante la création de valeur.

Les conséquences économiques sont lourdes : fuite des investisseurs sérieux, entrée d’acteurs opportunistes, baisse de la qualité des projets publics et affaiblissement de l’innovation. Ce cycle entretient un cercle vicieux où la médiocrité devient la norme et la performance l’exception. Dans ce contexte, la digitalisation de l’administration s’impose comme un levier de réforme. L’expérience du Guichet Unique du Commerce Extérieur (GUCE), déjà opérationnel dans le secteur douanier, montre le potentiel d’un traitement dématérialisé des procédures.

Sa généralisation à d’autres domaines — création d’entreprise, fiscalité, foncier, passation des marchés publics — pourrait réduire les délais, limiter les contacts physiques et donc les risques de corruption. La transformation numérique offrirait également une traçabilité accrue des transactions et une meilleure accessibilité des données publiques.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les pays ayant digitalisé au moins 70 % de leurs services publics enregistrent en moyenne 15 % d’investissements directs étrangers supplémentaires. Le succès de ce mandat dépendra de la capacité du nouveau gouvernement à déconcentrer les services, fluidifier les circuits décisionnels et imposer la transparence dans la gestion publique.

Réduire le train de vie de l’Etat : une exigence de rationalisation de la dépense publique

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Pour le moment, l’on pourrait considérer l’Etat comme un gros mammouth, donc le fonctionnement coûte cher au Trésor public. Frais de mission, de communication, d’eau et d’électricité, véhicules administratifs, missions à l’étranger, etc., des milliards sont engloutis chaque année pour dépenses jugées parfois peu nécessaires. Et, il y a de plus en plus une vive critique au sein de l’opinion publique vis-à-vis de l’Etat sur l’opportunité qu’il y a à mener un grand train de vie, dans un pays notamment en quête de financements pour réaliser des projets de développement et lutter contre la pauvreté, endémique au Cameroun.

 Dans ce nouveau septennat, Paul Biya devrait donc changer de cap et réduire considérablement le train de vie de l’Etat. Certes, il avait déjà montré des dispositions dans ce sens, mais il faut aller plus loin. C’est le cas avec ces instructions contenues dans la lettre du Secrétaire général de la présidence à Magloire Séraphin Fouda, le SG du Premier ministère qui indiquaient que «Faisant suite au message du chef de l’État à la nation le 31 décembre 2023, et dans le prolongement de ses directives antérieures relatives à l’objet repris en marge, j’ai l’honneur de vous réitérer ses très hautes instructions prescrivant aux chefs de départements ministériels et aux gestionnaires de crédit de toutes les autres entités publiques, de limiter substantiellement la création des comités/groupes de travail et les dépenses y afférentes, les missions à l’étranger ainsi que les achats de véhicules de fonction et les dépenses de carburant». Et, dans l’ordonnance modifiant la loi de finances de l’État du Cameroun pour l’exercice budgétaire 2024, le président de la République a réduit les prévisions de dépenses de biens et services de 80 milliards de FCFA en 2024.

Les dépenses relatives aux « autres services » ont été réduites à 70,9 milliards de FCFA, tandis que celles liées aux « frais de transport et de mission » des personnels de l’État avaient baissé de près de 2 milliards de FCFA. 1,1 milliard de FCFA étaient destinés à la formation des personnels, 942 millions de FCFA pour les frais « d’entretien et de maintenance », un peu plus de 620 millions de FCFA pour les « frais de relations publiques et de communication », et 51,5 millions de FCFA pour les « frais de loyer », etc.

Par la Rédaction

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