vendredi, avril 10, 2026
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Guichets climatiques: un important gisement de financements verts à prospecter

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A Balém au Brésil, où se déroule la COP30 depuis le 10 novembre, le financement climatique est au centre du débat international, dans un contexte de recul politique des grandes puissances, principaux pollueurs, tels la Chine, les États-Unis, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil et le Royaume-Uni. Les annonces se multiplient, sans certitude sur leur concrétisation. La France confirme, via Reuters et l’Élysée, une « initiative de 2,5 milliards de dollars pour la sauvegarde des forêts du Bassin du Congo, dont fait partie le Cameroun (Ndlr) ».

Le Brésil affirme avoir « déjà réuni 5,5 milliards de dollars » pour un nouveau mécanisme destiné à rémunérer les pays en développement qui préservent leurs forêts. Ces engagements réactivent, pour le Cameroun, un ensemble de guichets financiers théoriquement accessibles mais encore peu captés. Dans l’Amazonie brésilienne, les dirigeants présents rappellent que « le temps était compté » pour éviter les pires effets du changement climatique. Leur priorité : convertir des engagements anciens en financements effectifs, tandis que les fonds onusiens pour pertes et dommages restent faiblement dotés.

Le Brésil avance sa proposition la plus structurante : la « Facilité pour la préservation des forêts tropicales », destinée à « payer 74 pays en développement fortement boisés » pour maintenir leurs forêts, avec un modèle fondé sur des prêts de pays riches et d’investisseurs commerciaux. Selon le président Lula, « Le Fonds pour les forêts tropicales sera l’un des principaux résultats concrets », à condition de mobiliser un financement international suffisant.

L’intérêt de ce dispositif est d’offrir une rémunération basée sur des résultats mesurés par satellite, avec un versement de 4 dollars par hectare conservé et une part réservée aux communautés locales. Ce principe reprend l’esprit du REDD+, qui prévoyait de « fournir des incitations financières […] proportionnelles aux réductions vérifiées des émissions ». Mais REDD+ a souffert de « la lenteur des transferts financiers », du manque de coordination et d’un financement insuffisant.

Le Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un nouvel outil de financement, vise une architecture plus centralisée et plus prévisible, susceptible d’élargir les marges d’accès pour les pays du Bassin du Congo, dont le Cameroun. Cette dynamique internationale rejoint les préoccupations des économistes locaux. Le Dr Moussa Elhadji Saidou, de l’université de Ngaoundéré, le rappelle dans une interview accordée à Cameroon Tribune, que les États disposent d’un ensemble d’instruments pour mobiliser des financements verts : « émissions d’obligations vertes [… ], partenariats public-privé verts […], fonds climatiques internationaux et multilatéraux ».

Il souligne que l’accès à ces guichets repose sur « des propositions de projets solides » et une capacité à structurer des opérations répondant aux critères des bailleurs. Il mentionne également l’émergence d’initiatives nationales comme le « Global Green Bond », dont l’impact dépendra de sa structure précise, de ses garanties et de la catégorie d’investisseurs ciblée.

Au-delà de ces instruments, d’autres guichets sont déjà opérationnels. Le Fonds d’investissement climatique (CIF), un instrument de financement des projets liés au climat et au développement durable, avec « un engagement de plus de 12,5 milliards de dollars » et près de 400 projets financés dans 81 pays, soutient des actions en technologies propres, accès à l’énergie, résilience et gestion durable des forêts. Les évaluations indépendantes saluent son rôle dans « l’accélération de l’action climatique ». Le Cameroun peut y inscrire des projets ciblés, à condition de présenter des dossiers structurés et alignés sur les critères des gestionnaires de fonds.

La conjoncture de la COP30 élargit ainsi les opportunités : initiatives bilatérales, nouveaux fonds pour les forêts tropicales, instruments multilatéraux consolidés, obligations vertes et financements privés orientés vers la transition. Le Cameroun se trouve face à une fenêtre où l’abondance d’annonces contraste avec la difficulté structurelle d’en capter la valeur réelle. L’enjeu consiste désormais à transformer ces différents guichets en financements accessibles, prévisibles et proportionnels au rôle stratégique du pays dans la stabilité climatique mondiale.

Budget 2026 : Face à l’érosion des recettes, l’État parie sur la finance climatique

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Lors du séminaire de lancement des activités de préparation du budget 2026, tenu en juillet 2025 au Palais des Congrès de Yaoundé, le ministre des Finances a décrit un contexte budgétaire marqué par une montée rapide des risques climatiques. Selon lui, ces facteurs pèsent déjà sur les recettes publiques et alourdissent les dépenses courantes.

Cette situation place la résilience climatique au cœur des arbitrages financiers du gouvernement. Le ministre rappelle depuis plusieurs années que les aléas climatiques perturbent les fondements de l’activité productive. Il cite des effets visibles : baisse des rendements agricoles, difficultés dans la pêche et l’élevage, multiplication de maladies hydriques, et pressions accrues sur le système de santé.

En 2023 et 2024, inondations et effondrements ont touché des centaines de milliers de personnes, causant des pertes humaines et matérielles, une « source de dépenses de plus en plus lourde », avait indiqué le Minfi. Et de poursuivre : « un risque croissant de pertes de recettes ».

POSITIONNEMENT STRATÉGIQUE DU CAMEROUN DANS LA FINANCE CLIMATIQUE

 Pourtant, le Cameroun émet peu de gaz à effet de serre — à peine 0,07 % des émissions mondiales en 2020 — mais figure parmi les trente pays les plus exposés aux risques climatiques. Cette contradiction renforce l’argumentaire national en faveur d’une compensation financière internationale.

A Belém, au Brésil, la COP30 qui s’est ouverte le 10 novembre 2025 intervient dans un climat de fortes attentes pour les pays vulnérables. Pour le Cameroun, ce rendez-vous constitue une occasion de porter ses besoins d’adaptation, alors que l’Afrique, malgré moins de 4 % des émissions mondiales, subit jusqu’à 5 % de pertes annuelles de PIB liées aux chocs climatiques.

Séminaire de lancement des activités de préparation du budget 2026, tenu en juillet 2025 au Palais des Congrès de Yaoundé.

 Ces pertes budgétaires limitent les marges pour financer l’éducation, la santé ou les infrastructures. Lors du séminaire de juillet 2025, le ministre Motazé a rappelé la nécessité d’élargir le périmètre des ressources financières. Il demande à l’administration de rechercher systématiquement des financements liés au climat au niveau national et international. Le gouvernement considère que la « monétisation de la résilience » passe par la capacité à démontrer, de manière documentée, l’ampleur des risques et le coût économique de l’adaptation.

Ce positionnement, selon le ministère, doit permettre au pays d’entrer plus fermement dans les mécanismes de finance climatique, un ensemble d’instruments financiers — dons, prêts concessionnels, fonds d’adaptation ou d’atténuation — destinés à soutenir les pays confrontés aux impacts du changement climatique. Une première étape a été franchie en 2025 avec l’introduction, dans la loi de finances, d’une annexe budgétaire sensible au climat.

 Cette annexe vise à classifier les dépenses publiques selon leur contribution à la lutte contre le changement climatique. Sur les neuf administrations pilotes engagées, 17 % des dépenses ont été considérées comme favorables au climat ; mais 82 % restent « non déterminées », faute de données fiables et d’un cadre méthodologique consolidé. Ce déséquilibre met en lumière les défis à résoudre : études d’impact peu orientées vers les enjeux climatiques, coordination institutionnelle insuffisante et inertie administrative dans la conception des projets.

 RÉFORMES BUDGÉTAIRES ET EXIGENCES POUR 2026

 Pour améliorer cette situation dès 2026, le ministère prévoit plusieurs mesures : doublement du nombre d’administrations pilotes, passage de trois à six marqueurs climatiques pour classifier les dépenses, création d’un mécanisme de traçabilité des financements verts, renforcement de la formation des personnels et vulgarisation du Plan National Climat. Le ministère insiste sur la nécessité de disposer de données mieux structurées pour répondre aux exigences des bailleurs internationaux.

Dans sa feuille de route pour le budget 2026, le gouvernement associe l’adaptation climatique à d’autres priorités économiques : intensification de la production locale, renforcement de l’offre énergétique grâce à la mise en service du barrage de Nachtigal, accélération de la réforme foncière, poursuite des grands chantiers portuaires, autoroutiers et énergétiques, et amélioration des dispositifs de soutien social.

Pour Louis Paul Motaze, ces projets devront être « verdits », c’est-à-dire évalués selon leurs effets sur l’environnement, afin de prétendre aux financements climatiques internationaux. La référence stricte aux orientations contenues dans la circulaire présidentielle de préparation du budget 2026 constitue le cadre de convergence des administrations. Cette circulaire demande une évaluation plus fine des dépenses, un meilleur ciblage des investissements et une recherche active de financements extérieurs, notamment dans la finance climatique. Elle impose la cohérence entre les arbitrages internes et les standards requis pour accéder aux guichets internationaux.

Pour le ministère des Finances, la transformation de la gouvernance budgétaire est désormais une contrainte économique. Si le changement climatique continue à générer des chocs budgétaires majeurs, il deviendra, selon le ministre, une « cause de contre-performance dans l’utilisation des recettes publiques ». C’est ce diagnostic qui justifie l’intégration systématique du climat dans la programmation financière de l’État.

BTP, métallurgie, agroalimentaire : ces secteurs qui ont attiré le plus d’IDE en 2024

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En 2024, le Cameroun a donc franchi la barre de 500 milliards d’Investissements directs étrangers (IDE) attirés. Le pays a en effet enregistré un accroissement de 26,8% du flux net d’IIDE, passant de 451,1 milliards de FCFA à 571,9 milliards de FCFA. Pour sa part, le World Investisment Report de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) 2024, note que le stock d’IDE au Cameroun a augmenté de 12,3 % par rapport à 2022 pour se situer à 7 283 millions de dollars en 2023, mais cette performance du Cameroun en matière d’IDE reste encore inférieure comparée à celle de l’Angola (12 177 millions de dollars) et du Gabon (17 742 millions de dollars).

Les secteurs à fort potentiel d’IDE

Selon l’observation du Comité de compétitivité logé au ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), le dynamisme des investissements privés s’est traduit par la forte mobilisation des investissements dans les bâtiments et travaux publics, ainsi que la hausse de la demande des produits issus de la fabrication de machines et des meubles. Il y a également les secteurs de la métallurgie, avec des investissements du groupe PROMETAL d’un montant de 54 milliards à Douala, de l’agroalimentaire, avec  une nouvelle unité industrielle de LA PASTA S.A à Kribi, …, de la cimenterie avec l’inauguration de l’usine du 6ème producteur CIMPOR à Kribi pour un investissement de 35 milliards.

Cette croissance d’IDE au Cameroun peut aussi trouver une justification à travers le dispositif incitatif à l’investissement privé mis en place par les pouvoirs publics. A ce titre, au titre des facilitations à l’investissement privé, près de 400 conventions ont été signées entre l’Agence de promotion des investissements (API) et les entreprises de divers secteurs d’activités pour des investissements potentiels de plus de 7 000 milliards et plusieurs milliers d’emplois projetés.

Des investissements insuffisants pour la production des biens

Malgré cet accroissement substantiel du  stock d’IDE attirés par le Cameroun en 2024, les experts du Comité de compétitivité relèvent que le volume d’investissements privés ou publics n’est toujours pas suffisant pour la production des biens et services. Les coûts relatifs de mise en conformité des entreprises à l’effet de s’aligner aux exigences réglementaires, bien que n’étant pas propres au Cameroun, peuvent partiellement expliquer le frein à la productivité de l’investissement, explique-t-on. Par ailleurs, l’on dit observer une allocation des ressources d’investissement plus orientée vers le secteur des services que vers l’industrie ou les activités en amont de celle-ci. En sus, l’insuffisance en amont d’un approvisionnement continu en matières premières et autres intrants tels que l’énergie électrique plombe l’optimisation des investissements dans le secteur industriel, peut-on lire dans ce rapport.

Fin d’année : Orange Cameroun tient à sa promesse de récompense de ses millions d’abonnés

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Fidèle à sa tradition, Orange Cameroun transforme cette fin d’année en une véritable saison de cadeaux. Pour cette occasion, l’entreprise ne se contente pas uniquement de récompenser la fidélité de ses clients, mais souhaite également rendre cette période inoubliable, plus gaie et plus colorée que jamais.
Une pluie de cadeaux pour les abonnés
La liste des lots mis en jeu a de quoi faire rêver. Pour cette fin d’année, les abonnés d’Orange Cameroun ont la possibilité de remporter des cadeaux exceptionnels qui changeront positivement leur quotidien. Parmi les récompenses phares, on retrouve des centaines de millions de FCFA en cash ; 50 voyages tous frais payés pour aller soutenir les Lions Indomptables à la CAN Total Energies 2025 au Maroc ; des véhicules SUV de l’heure et flambant neufs ; des dizaines de motos ; des Smart TV géantes de 65 pouces ; des milliers de maillots officiels des Lions Indomptables, etc.
La passion du football au cœur des célébrations

Sponsor majeur des Lions Indomptables toutes catégories confondues depuis 25 ans, Orange Cameroun place une nouvelle fois le football au cœur de sa campagne. Alors que nos chers Lions Indomptables s’apprêtent à conquérir une 6ème étoile continentale sur le sol qui les a couronnés en 1988, l’opérateur leader des télécommunications au Cameroun offre une opportunité unique aux supporters de vivre leur passion au plus près de l’action avec 50 voyages à gagner pour le Maroc et des milliers de maillots des Lions indomptables distribués chaque jour.

Cet engagement dans le football Camerounais va au-delà des équipes nationales. Orange Cameroun est résolument engagé dans le soutien du football à la base, notamment à travers son partenariat avec l’Académie Nationale de Football (ANAFOOT) depuis 2021. Un accompagnement qui a permis de former et de révéler plus de 2000 jeunes talents, filles et garçons, qui aujourd’hui, excellent dans les clubs d’élites en local comme dans les grands championnats étrangers, et dans toutes les catégories des Lions Indomptables. Permettant ainsi, d’assurer un avenir radieux à notre football, gage des grandes victoires futures. 
Pour être éligible à la « Wish List » d’Orange Cameroun et ainsi bénéficier des super lots à gagner, les clients doivent simplement effectuer leurs transactions habituelles du quotidien. Il suffit de :
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Appel à la vigilance : Attention aux arnaques !
Pour garantir la transparence du processus et protéger ses clients, Orange Cameroun tient à rappeler les consignes de sécurité. Les listes officielles des gagnants sont exclusivement publiées sur les pages digitales certifiées d’Orange Cameroun (Facebook, Twitter/X, etc.) et annoncées lors des programmes TV animés par les équipes de l’entreprise.
Les gagnants seront contactés uniquement par les numéros officiels suivants :
6 9000 9000
6 9000 9200
6 9000 9500
Ces numéros ne peuvent pas recevoir d’appels en retour. En cas de doute ou d’appel suspect, les clients sont invités à se rapprocher d’une agence Orange Cameroun, à appeler le service client au 8900, ou à dénoncer toute tentative d’arnaque via le code gratuit #150*60#.
Cette initiative vient couronner 25 années de proximité et d’engagement d’Orange Cameroun, qui continue de placer ses clients au cœur de ses priorités.

Urbanisation : Ndollè City, la future ville écotouristique sur le chemin de la concrétisation

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L’information émane du Vice-président du Comité interministériel de suivi, de facilitation et d’accompagnement du programme WDI, par ailleurs Directeur général d’Impex Trading, promoteur du programme, de Ndollè City et des projets intégrés. Selon le communiqué rendu public le 31 octobre 2025, cette ligne de financement bénéficie désormais de l’ensemble des autorisations requises des autorités financières nationales. Le ministère des Finances a validé l’enregistrement de la convention d’investissement en convention de crédit, conformément aux recommandations de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac).

Cette validation technique et administrative marque la mise en conformité du projet avec la réglementation communautaire sur les flux financiers et les opérations d’investissement à grande échelle. Concrètement, le droit de tirage privilégié représente une faculté pour l’État ou ses partenaires stratégiques d’accéder à des ressources financières prédéfinies en vue du financement de projets à caractère économique et social. Dans le cas du projet Ndollè City, ces fonds mobilisés serviront à la construction d’une cité intégrée à vocation industrielle, résidentielle et technologique.

Le dispositif mis en place s’appuie sur un partenariat large, associant plus de 5 300 entreprises internationales issues d’une centaine de pays, ainsi que 12 000 petites et moyennes entreprises locales et sous-régionales. Ce maillage devrait, selon les projections du Comité, générer environ 2,3 millions d’emplois directs et indirects sur le territoire national. La future pose de la première pierre marquera le démarrage effectif du chantier Ndollè City, qui s’inscrit dans une logique de structuration économique durable.

Le projet vise à relier l’investissement privé international à la capacité d’absorption du tissu économique local, en soutenant la montée en compétence des entreprises camerounaises et la création d’activités dans les filières connexes. Le Vice-président du Comité interministériel et Directeur général d’Impex Trading souligne que cette étape consacre la collaboration entre le secteur public et le secteur privé autour d’un mécanisme d’investissement régulé, appelé à renforcer la souveraineté économique nationale par la valorisation des ressources internes et la création d’emplois productifs. La mise en œuvre du droit de tirage, encadrée par la Beac et le ministère des Finances, ouvre ainsi un cadre de financement inédit pour un projet porté au nom du développement structurel du Cameroun.

Le protocole d’accord tripartite entre l’État du Cameroun, représenté par le ministre du Tourisme et des Loisirs, la société Impex Trading SA, représentée par son Directeur général Ngosso Abraham Junior, et le consortium Grand Impex Trading LTD (GIT), a été signé le 29 août 2025 à Yaoundé, en présence des membres du gouvernement camerounais.

Le projet Ndollè City, inscrit dans le cadre du programme national « SND 30 », vise à transformer Sikoum-Dibamba en une ville modèle intégrant innovation, durabilité et technologie. La phase 1 du projet a été lancée en 2024 sur un terrain de 1 500 hectares à Sikoum-Dibamba.

Face aux crises, les Matinées de Prière misent sur la foi pour rebâtir le vivre-ensemble

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Avant l’ouverture officielle, la CNPB a convié la presse nationale à un Petit déjeuner de Presse le 12 novembre au Centre Care & Hope de Nkoulou, son siège à Yaoundé. Cette rencontre visait à présenter les articulations du programme et rappeler la mission du mouvement : rassembler les croyants, toutes confessions confondues, pour prier pour la nation et ses dirigeants, hors de tout cadre ecclésial ou partisan.

Dans son allocution, le président de la CNPB, le Révérend Dr. Jean Libom Li Likeng, a situé la démarche dans une perspective spirituelle globale : « Le développement est d’abord spirituel avant de se manifester dans les autres domaines de la vie nationale. » Pour l’homme de Dieu, la multiplication des crises — économiques, sociales et politiques — traduit une perte de repères et une fragilisation morale qui appellent à une restauration du lien intérieur.

Les sujets de prière à présenter devant Dieu

Sur le plan social, le pasteur a évoqué une société fracturée par la méfiance et le repli identitaire : accusations de corruption, violations des droits humains, sentiment d’injustice, violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et persistance des attaques attribuées à Boko Haram. À cela s’ajoute, selon lui, un « délabrement moral en milieu jeune » marqué par la criminalité, la consommation de drogues et la propagation de discours haineux.

Sur le plan économique, la croissance reste vulnérable. L’inflation, la hausse du coût de la vie et la montée du chômage minent le pouvoir d’achat et l’espérance sociale. Quant au champ politique, il demeure, selon ses mots, « fragilisé par les séquelles du processus électoral et la faiblesse du dialogue démocratique. » Cette accumulation de crises entretient un climat d’inquiétude généralisée, où de nombreux Camerounais doutent de leur avenir collectif.

La prière, voie de reconstruction

Pour la CNPB, la prière représente une voie de reconstruction. « Notre espérance est fondée sur la promesse divine que la paix véritable passe par une réconciliation vitale, » a déclaré le pasteur Libom Li Likeng, citant les Évangiles selon Ésaïe (32:17-20) et Jean (10:10). Ces textes bibliques, interprétés dans une lecture socio-théologique, présentent la paix comme le fruit de la justice et la prospérité comme une conséquence de la réconciliation nationale.

Cette orientation spirituelle se traduira, durant la semaine, par plusieurs temps forts. Le 15 novembre, une Marche de prière pour le Cameroun rassemblera, selon les estimations du promoteur, près d’un millier de participants à Yaoundé, sur un itinéraire symbolique reliant le Monument de la Réunification au Boulevard du 20 mai. Les 17 et 18 novembre, un Séminaire des leaders réunira une trentaine de responsables chrétiens au Centre Care & Hope pour réfléchir sur le leadership éthique et la responsabilité sociale.

Le 19 novembre, une Prière pour les Élus aura lieu au Cercle municipal de Yaoundé, en présence d’une centaine de parlementaires et d’élus locaux. Enfin, la Matinée Nationale de Prière pour le Cameroun, prévue le 20 novembre à l’Hôtel Hilton, réunira environ 300 personnalités du gouvernement, du Parlement, du monde universitaire, des affaires et de la société civile.

Instaurer une culture de la prière nationale

Dans un pays où les clivages politiques et communautaires demeurent profonds, la CNPB présente cette initiative comme un espace de dialogue spirituel, complémentaire aux institutions publiques. Le mouvement, né sur le modèle du National Prayer Breakfast américain, veut instaurer une culture de la prière nationale, non comme un substitut au débat politique, mais comme un terrain neutre de fraternité et d’écoute mutuelle.

En plaçant cette 16ᵉ édition sous le signe de l’espérance debout, les initiateurs espèrent insuffler une dynamique de foi active — non pas une résignation, mais une confiance collective en la possibilité d’un redressement. Pour le Révérend Libom Li Likeng, la réconciliation nationale ne se décrète pas par les textes, elle se cultive dans les consciences.

Ainsi, entre foi et responsabilité citoyenne, la CNPB appelle les Camerounais à redécouvrir la prière comme un acte de cohésion nationale, face à un avenir incertain mais encore ouvert à la paix et à la prospérité.

Transports: Ngalle Bibehe suspend les préventions routières

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Dans un courrier adressé ce 12 novembre 2025 à ses délégués régionaux et départementaux, le ministre des Transports (Mintransports) Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, demande « de vouloir bien suspendre momentanément, dans vos ressorts de compétences respectifs, les opérations de prévention et de sécurité routières sur les axes routiers, jusqu’à nouvel ordre ». En clair, les postes de prévention routière relevant de la compétence du Mintransports vont disparaitre des différents axes routiers du pays ; jusqu’à nouvel avis.

Cependant, il n’est pas question d’abandonner complètement ce pan des activités dans le domaine des transports. « Les activités de sensibilisation et de suivi du respect de la réglementation devront se poursuivre au sein des gares routières, des agences de voyages ainsi que dans les centres de formations à la conduite automobile et les établissements scolaires à travers tous les canaux de sensibilisation », a prévu le ministre.

C’est la matérialisation des engagements pris par le ministre des Transports dans le cadre de la résolution de la crise post-électorale. Les syndicats des transports terrestres et les patrons des compagnies de voyage, s’étaient accordés avec l’autorité gouvernementale, pour la reprise des activités qui avaient déjà subi une semaine d’inactivité. Les acteurs des transports terrestres avaient émis des récriminations sur les obstacles à leur plein épanouissement sur les routes, dont la rigueur des contrôles routiers et des préventions routières. Afin de faciliter la reprise des activités, le ministre s’était engagé à libérer la route de tout obstacle pouvant nuire aux transporteurs.

Ses interlocuteurs n’avaient pas donné une suite à leur promesse. D’aucuns avaient évoqué la peur des représailles. Une semaine est encore passée et c’est depuis dimanche dernier que les routes camerounaises ont retrouvé le trafic.

Développement durable : l’Etat et le Système des Nations Unies harmonisent la coopération autour de la SND30

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Ce processus, mené dans un contexte de réformes internes du système onusien, vise à renforcer la cohérence et l’efficacité des interventions. L’enjeu principal est d’aligner les appuis techniques et financiers des Nations Unies sur les orientations de la Stratégie nationale de développement du Cameroun (SND30), tout en intégrant les nouvelles approches de la planification basées sur la donnée et les résultats.

Le coordinateur résident du Système des Nations Unies au Cameroun, Dr. Issa Sanogo, a rappelé que cette phase de conception s’inscrit dans une logique d’intégration et de performance. « Il s’agit de prendre en compte un certain nombre de réformes globales qui visent à permettre aux Nations Unies de travailler de façon plus efficace et intégrée, en priorisant les transitions vers l’accélération des Objectifs de développement durable », a-t-il expliqué. Les discussions portent sur la formulation d’un Cadre de résultats et de Théories du changement (TdC).

Ces outils constituent la base d’une gestion axée sur les résultats, approche de planification qui relie directement les ressources mobilisées aux effets mesurables attendus. L’objectif est d’assurer un suivi rigoureux des engagements pris, d’évaluer les impacts sur les populations et d’ajuster les interventions en fonction des performances constatées. Les travaux s’appuient sur l’évaluation finale du précédent Cadre de coopération 2022- 2026, qui a souligné la nécessité d’une meilleure articulation entre les agences onusiennes et les structures nationales. Cette révision s’inspire aussi des principes de la réforme onusienne dite UN 2.0, qui met l’accent sur la production et l’usage stratégique de la donnée, la prospective et la prévention, dans un contexte mondial marqué par la complexité des crises.

« Dans ce cadre, nous avons eu à faire un certain nombre de travaux en collaboration avec le gouvernement pour nous assurer que les priorités nationales, qui sont incluses dans la SND30, sont toujours valides dans le cadre du développement durable du Cameroun, et que les priorités que les Nations Unies vont adresser seront en parfait alignement avec celles du gouvernement pour accélérer les objectifs de développement national. À ce sujet, nous avons trois priorités sur lesquelles les différents travaux se sont accordés », a déclaré Dr Issa Sanogo.

Trois axes structurent désormais la coopération entre le Cameroun et les Nations Unies. Le premier concerne le développement du capital humain, entendu comme l’ensemble des compétences, savoirs et capacités nécessaires à la croissance économique. Il met l’accent sur l’inclusion sociale, la formation et l’adaptation des jeunes et des femmes aux mutations du marché du travail. Le deuxième axe porte sur la transformation économique, avec une attention particulière à la diversification productive, à la transition écologique et énergétique, ainsi qu’à la création d’emplois durables. Cette orientation répond à la nécessité d’arrimer la trajectoire camerounaise aux impératifs de résilience et de compétitivité. Le troisième pilier est celui de la gouvernance, envisagée comme condition d’une action publique cohérente et d’une cohésion sociale renforcée. L’approche se veut inclusive, en intégrant les principes de transparence, de participation et de prévention des conflits.

L’atelier, conduit sous les coordinations du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire et le système des Nations Unies au Cameroun, a également pour objectif de valider les priorités stratégiques alignées sur les Six transitions ODD (énergétique, numérique, démographique, productive, sociale et environnementale). Ces transitions constituent le socle des actions prévues pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2031.

Banques et établissements financiers: 4 ans pour augmenter le capital

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Le délai fixé au terme d’une concertation entre la Cobac et les acteurs du secteur financier de la zone Cemac permet aux banques de faire passer leur capital minimum de 10 à 25 milliards de FCFA et d’1 à 4 milliards pour certains établissements de crédit.

Dès 2026, les établissements financiers de la sous-région ainsi que les banques devront afficher un capital plus relevé. C’est ce que prévoit le projet de relèvement du capital social minimum dans le secteur. Ce texte a été présenté aux acteurs par la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac)  le 30 octobre dernier à Libreville au Gabon.

La réforme avait été annoncée depuis quelques années. Mais les acteurs du secteur sollicitaient une rallonge du délai.  Au terme des concertations de Libreville, un délai de 3 à 4 ans  a finalement  été accordé aux acteurs pour se conformer aux nouveaux seuils de capital social. Le calendrier prévoit une mise en œuvre progressive à partir de janvier 2026 et ce jusqu’au 31 décembre 2029. Pour les banques de la Cemac, il s’agira de passer de 10 milliards à 25 milliards FCFA. L’échelonnement prévoit 15 milliards de FCFA au plus tard le 31 décembre 2026, 20 milliards de FCFA au plus tard le 31 décembre 2027, 25 milliards de F CFA au plus tard le 31 décembre 2028.

 Pour les établissements de crédit agréés dans la catégorie d’établissement financier, ils devraient porter leur capital social à au moins 3 milliards de FCFA au plus tard le 31 décembre 2026, 3,5 milliards cinq cents millions de F CFA au plus tard le 31 décembre 2027 et 4 milliards de FCFA au plus tard le 31 décembre 2028. Il s’agit ici des « établissements financiers non bancaires, c’est-à-dire qui ne collectent pas l’épargne publique et accordent uniquement le crédit », précise David Kengne, expert financier.

Selon la  Cobac, cette extension vise à renforcer la résilience des établissements de crédit et à améliorer leur capacité à financer les économies de la Cemac. La dernière réforme similaire date de 15 ans.  Il faut dire que les établissements de microfinance avaient déjà connu leur augmentation de capital à la faveur du règlement CEMAC/UMAC/COBAC adopté en 2017. Mais,  d’après David Kengne, « rien n’exclut l’adoption d’un nouveau règlement les années à venir qui exige un niveau de capital social plus élevé que celui fixé en 2017 pour les établissements de microfinance de 2ème et 3ème catégorie. Les tendances du secteur obligent de mener une réflexion allant dans ce sens ».

 Les participants à la rencontre organisée par la Cobac ont discuté de la possibilité d’ouverture du capital des établissements de crédit au marché boursier en vue de mobiliser les fonds nécessaires pour renforcer le capital exigé. La distinction du niveau de capital minimum en fonction de la typologie de l’actionnariat et des modèles d’affaires des établissements a également fait débat.

Réactions     

David KENGNE, expert en règlementation bancaire

 « Ce projet vise à améliorer la solvabilité et la confiance des établissements financiers »

 « Le projet d’augmentation du capital des établissements financiers dans la zone CEMAC vise avant tout à améliorer leur solvabilité et à renforcer la confiance vis-à-vis des partenaires financiers et commerciaux de l’institution. L’augmentation du capital social des établissements financiers peut également leur ouvrir les portes à l’obtention des financements extérieurs. Le capital social est un élément clé des fonds propres d’un établissement financier. Plus les fonds propres sont importants, plus l’établissement financier est crédible. De même, les investisseurs portent un regard particulier sur les fonds propres d’un établissement financier pour décider s’ils travaillent avec cet établissement financier ou pas. Enfin, en décidant d’augmenter le capital social des établissements financiers, la COBAC vise à amortir les chocs survenus du fait du volume des impayés du portefeuille de crédit des institutions financières dans son ensemble.  Nous estimons que le délai de quatre ans donné aux établissements financiers pour se mettre en conformité avec ce règlement nous semble raisonnable pour les anciens établissements. Le problème se posera sans doute avec les nouveaux entrants à qui il sera exigé de présenter de fait ce montant pour obtenir l’agrément avant d’exercer dans l’un des pays de la CEMAC. »

 Blaise Hervé FEUNKE, acteur financier

 « Il faut donner aux banques les moyens réels de se renforcer durablement »

« Il est essentiel que cette réforme soit mise en œuvre de manière progressive et accompagnée, afin de ne pas fragiliser les établissements de taille moyenne ou à capital local. L’objectif n’est pas d’exclure des acteurs, mais de favoriser un secteur plus solide et plus compétitif, capable de financer durablement les économies de la sous-région. Bien conduite, cette réforme contribuera à bâtir un système bancaire plus résilient, mieux intégré et à la hauteur des ambitions économiques de la CEMAC. Le délai de quatre ans fixé par la COBAC pour atteindre les nouveaux seuils de capitalisation est raisonnable en théorie, mais il pourrait s’avérer juste pour certaines banques dont la structure financière demeure fragile. Mobiliser 25 milliards de FCFA suppose non seulement des apports importants des actionnaires existants, mais aussi la capacité à attirer de nouveaux investisseurs, souvent dans un environnement économique encore contraint. Pour les filiales de groupes internationaux ou les établissements déjà bien capitalisés, cet objectif est accessible. En revanche, pour les banques à capital local ou de taille moyenne, la contrainte est réelle. Dans ce sens, plusieurs pistes pourraient être envisagées. D’abord, étaler la mise en œuvre de la réforme selon la taille et la solidité des établissements, avec des étapes intermédiaires et des délais ajustés. Ensuite, favoriser le recours au marché financier, comme l’a proposé la COBAC pendant les travaux, mais en rendant ce marché plus attractif et plus accessible, notamment par une simplification des procédures et des coûts d’introduction en bourse. On pourrait aussi encourager des fusions stratégiques entre banques locales pour atteindre plus facilement le seuil de capitalisation, ou encore prévoir des incitations fiscales pour les augmentations de capital. L’objectif n’est pas seulement de respecter un seuil réglementaire, mais de donner aux banques les moyens réels de se renforcer durablement tout en continuant à financer les économies de la sous-région. »

Avoirs en déshérence : la Cobac sollicite le Minfi pour résoudre le différend entre la Cdec et les banques

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*** Local Caption *** L' immeuble de la Commission bancaire de l' Afrique Centrale ( COBAC) boulevard Bessieux .

La COBAC hausse le ton. Dans une lettre officielle datée du 22 octobre 2025 et signée par le secrétariat général adjoint de la Commission bancaire d’Afrique centrale, l’institution communautaire demande au ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, de mettre fin aux « perturbations » causées par la Caisse des dépôts et consignations du Cameroun dans le secteur bancaire. Cette requête intervient après une alerte formelle de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM), adressée à la COBAC le 6 octobre 2025, évoquant un « risque élevé de crise sur le système bancaire ».

La COBAC cite longuement cette plainte, reproduisant notamment le passage suivant : « La CDEC a déposé des plaintes devant les juridictions nationales pour détournement de fonds publics à l’encontre des dirigeants des établissements de crédit, engagé des saisies (assorties d’avis à tiers détenteurs) à hauteur de plusieurs milliards de FCFA, mais aussi adressé aux maisons mères des banques internationales des correspondances comportant des menaces. » À ces actions « s’ajoutent plusieurs autres de la CDEC, dirigées contre des établissements de crédit, de microfinance et de paiement du Cameroun, lesquelles ont régulièrement été dénoncées à la COBAC», peut-on lire dans la lettre mentionnée supra.

UNE RÉGLEMENTATION DÉSORMAIS CLAIRE

La COBAC rappelle que ces démarches interviennent alors que la réglementation communautaire sur les dépôts en déshérence est désormais claire. Selon la lettre, les initiatives de la CDEC visent « essentiellement à se faire transférer les fonds qui, selon elle, lui sont dévolus par la loi, notamment des avoirs en déshérence issus des comptes bancaires inactifs ». Or, la Commission bancaire explique que, face aux inquiétudes du public sur les conséquences des textes nationaux encadrant la gestion de ces fonds, « jusqu’alors peu connus, et ayant constaté que les législations nationales n’étaient pas harmonisées sur ces questions », elle « a entrepris l’élaboration d’une réglementation communautaire dans ce domaine, ainsi que l’uniformisation des règles de fonctionnement et de supervision des entités de type “Caisse des dépôts et consignations” dans la CEMAC ».

Ce processus, « entamé il y a quelques années, a connu une évolution rapide à partir de 2024, au regard de la nécessité de mettre en place, à brefs délais, un cadre réglementaire permettant à la fois d’assurer une protection optimale des déposants et de faciliter le transfert aux Caisses des dépôts et consignations des fonds escomptés pour la mise en œuvre de leurs missions au service du développement de nos États », souligne la Cobac.

À la suite de multiples concertations et rencontres entre les autorités nationales et communautaires de régulation bancaire et les institutions financières de la zone, le Comité ministériel de l’Union monétaire d’Afrique centrale, réuni le 12 juillet 2025 à Malabo, a adopté à l’unanimité « le règlement n° 01/25/CEMAC/UMAC/COBAC relatif aux conditions d’exercice et à la supervision de l’activité des Caisses des dépôts et consignations dans la CEMAC ; ii) le règlement n° 02/25/CEMAC/UMAC/COBAC relatif au traitement des comptes inactifs et des avoirs en déshérence dans les livres des établissements assujettis à la COBAC (PJ 2 et PJ 3). Ces textes sont entrés en vigueur le 1er septembre 2025 ; ils sont obligatoires dans tous leurs éléments et directement applicables dans tout État membre (article 41 du Traité de la CEMAC) », peut-on lire dans le document ventilé par le régulateur du système bancaire.

 Pour plus de précisions, la COBAC indique dans sa correspondance officielle adressée au Minfi, que « le règlement CEMAC n° 02/25 prescrit aux établissements assujettis à la COBAC des obligations en termes de suivi des comptes inactifs, de recherche et d’information de leurs titulaires, et de transfert des avoirs en déshérence à la Caisse des dépôts et consignations (ou à la direction nationale de la BEAC) au terme d’une période d’inactivité de dix (10) ans ». Toutefois, « tenant compte de la préexistence de législations nationales dans le domaine et de l’importance de ne pas fragiliser les prévisions financières des Caisses des dépôts et consignations en activité, l’article 26 de ce règlement prévoit que les établissements assujettis qui ont déjà enregistré une inactivité d’au moins dix (10) ans sur les comptes et coffres logés dans leurs livres, à la date d’entrée en vigueur du présent règlement, transfèrent les avoirs détenus sur ces comptes à la Caisse des dépôts et consignations du pays de leur implantation (…) ».

Pour préparer cette mise en œuvre, le secrétariat général de la COBAC avait adressé, le 21 mai 2025, une circulaire demandant aux banques de transmettre le volume d’avoirs qui « devraient être transférés à la Caisse des dépôts et consignations ou à la direction nationale de la BEAC de ressort ». À partir de juillet, des astreintes ont été appliquées aux établissements n’ayant pas répondu. « Les diligences visant à accompagner les établissements (…) sont en cours de finalisation », écrit l’institution.

UN FORCING NOCIF ?

 Dans ce contexte, « il est donc incompréhensible que la CDEC s’évertue à engager des poursuites à l’encontre des établissements de crédit, de microfinance et de paiement du Cameroun, en dépit des mesures réglementaires et opérationnelles susmentionnées. Il est particulièrement regrettable que certaines de ces actions s’effectuent en violation des textes en vigueur, tel que rappelé dans la lettre ci-jointe que le président de la COBAC a adressée au directeur général de la CDEC ». D’où l’appel direct lancé au ministre. La Commission sollicite son intervention « en qualité d’autorité monétaire nationale et autorité de tutelle de la CDEC » afin d’obtenir l’arrêt immédiat des procédures judiciaires et saisies.

 La lettre signale enfin un second motif d’inquiétude. De nouvelles exigences de la CDEC en matière de cautionnement pour marchés publics. Selon la COBAC, ces règles seraient « non conformes aux dispositions législatives », contraires aux bonnes pratiques et susceptibles de créer des tensions de trésorerie dans les banques. En clair, la COBAC estime que la CDEC dépasse son périmètre, agit en marge de la réglementation communautaire et met en péril la stabilité financière du Cameroun. Elle attend désormais une réaction de la tutelle pour ramener la Caisse dans le cadre fixé à l’échelle de la CEMAC.

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