vendredi, avril 10, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 50

L’API signe six nouveaux accords pour renforcer l’industrie camerounaise

0

L’Agence de Promotion des Investissements (API) a procédé récemment à Yaoundé à la signature de cinq conventions d’investissement et d’un avenant, portant sur des entreprises opérant dans les secteurs industriel et agro-industriel. Les documents ont été paraphés par le Directeur général par intérim de l’API, Boma Donatus, marquant un nouvel élargissement du portefeuille d’investissements accompagnés par l’agence.

Selon les informations communiquées par l’API, les entreprises concernées sont Capital Ciment, la Société Camerounaise de Purification de Sel (SOCAPURSEL), la Société Africaine de Distribution et de Promotion Industrielle (SADIPIN), la Société Camerounaise de Transformation du Blé (SCTB), Africa Process Company, ainsi que Eco-Green.

Objectifs : emplois, production locale et durabilité

Pour l’API, ces nouveaux accords visent à stimuler la création d’emplois, à renforcer la production locale, à promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement et à accroître la capacité industrielle du pays.

Ils interviennent alors que l’agence étend progressivement l’accès au système camerounais d’incitations à l’investissement.

Un cadre élargi aux entreprises publiques

Cette dynamique suit l’entrée en vigueur de mesures permettant désormais aux entreprises publiques de solliciter une accréditation au régime des incitations.

Le 16 octobre 2025, le Directeur général par intérim a publié une directive précisant les pièces à fournir par les investisseurs souhaitant bénéficier de ces avantages. Cette directive découle d’une Ordonnance du 18 juillet 2025, qui a étendu le régime d’incitations de 2013 aux entreprises publiques.

Désormais, les candidats doivent soumettre cinq copies physiques et une version numérique de leur dossier, comprenant notamment : une lettre de demande timbrée, un certificat d’immatriculation, une étude de faisabilité, un plan de financement, une étude d’impact environnemental et social.

Les projets d’extension doivent également inclure un certificat de non-redevance fiscale, des attestations CNPS et des plans de localisation.

L’API dispose désormais d’un délai maximal de 10 jours pour examiner chaque dossier, contre un délai antérieur pouvant atteindre trois mois.

De nouveaux secteurs désormais éligibles

Le cadre révisé élargit la liste des secteurs pouvant prétendre aux incitations, conformément à la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30).

Sont désormais éligibles : l’agriculture, l’élevage, la pêche, le commerce, le traitement digital, l’intelligence artificielle, l’industrie automobile.

Une réforme plus vaste en cours

Ces évolutions accompagnent un nouveau projet de loi sur les investissements, actuellement examiné au Parlement.

Présentant le texte le 12 novembre 2025, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a rappelé que 424 conventions ont été signées entre 2013 et 2025, représentant des engagements de 7 504 milliards FCFA et promettant 168 000 emplois.

Le projet de loi prévoit : un document de référence consolidé, la création de zones de développement prioritaires, une transition des réductions fiscales vers les crédits d’impôt, l’extension de l’éligibilité aux entreprises publiques des secteurs concurrentiels, la mise en place d’un guichet unique de promotion des investissements, ainsi qu’un comité d’audit et de recours.

Selon le gouvernement, cette réforme vise à soutenir la transformation structurelle de l’économie, à stimuler la valeur ajoutée locale et à encourager des investissements alignés sur les priorités nationales.

Industrie minière: Le ministre des Mines annonce 38 000 emplois en 2026

0

Le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT), Pr. Fuh Calistus Gentry, a annoncé hier à Yaoundé la création d’environ 38 000 emplois destinés en priorité aux jeunes et aux femmes dès l’année 2026. Il s’exprimait à l’occasion d’une rencontre avec des jeunes venus de tout le pays, des femmes et divers acteurs du secteur minier.

Selon le ministre, cette initiative s’inscrit dans la droite ligne des orientations fixées par le président de la République, Paul Biya, qui a déclaré lors de sa prestation de serment, le 6 novembre 2025, que son nouveau septennat serait placé sous le signe de l’autonomisation des jeunes et des femmes.

Pr. Fuh Calistus a assuré que « la situation va changer » et qu’une « nouvelle ère de l’industrie minière » s’ouvre au Cameroun. Il a néanmoins invité les populations à faire preuve de patience et à « laisser l’industrie prendre racine », afin de permettre au secteur de se structurer durablement.

10 000 emplois directs et 38 000 emplois globaux en 2026

Pour l’année 2026, le gouvernement projette 10 000 emplois directs répartis entre les trois grands projets en cours – Minim-Martap, Grand Zambi et Sino Steel – ainsi que de nouveaux chantiers prévus à Nkout et Ntem.

Au total, ce sont 38 000 emplois directs et indirects qui pourraient être générés par le secteur, a précisé le ministre.

Il a également souligné que les écoles de formation aux métiers des mines — y compris celle projetée dans la région du Sud — seront en capacité d’absorber les nombreux jeunes déjà formés ou en cours de formation.

Professions connexes et opportunités pour les femmes

Pour permettre aux jeunes et aux femmes de capter une part croissante de la valeur ajoutée d’un secteur en plein essor, le ministre a rappelé que de nombreuses professions connexes seront fortement sollicitées : conducteurs d’engins lourds, ouvriers miniers, médecins du travail, personnels paramédicaux, secouristes, etc.

Il a ajouté que les opportunités s’étendront également à des secteurs tels que la restauration, la fourniture d’équipements de protection individuelle, le transport et la logistique, la maintenance, la sécurité, les ressources humaines ou encore la gestion des déchets industriels.

Des projets miniers en plein déploiement

Le secteur minier emploie déjà environ 1 000 Camerounais dans les projets en cours de production, avec une perspective de 7 500 emplois directs et 15 000 indirects à court terme.

Le projet Minim-Martap, destiné à faire du Cameroun le deuxième producteur de bauxite en Afrique, génère déjà près de 2 700 emplois indirects et pourrait, à terme, offrir plus de 5 000 emplois directs.

Le projet Bipindi–Grand Zambi dans le fer a déjà recruté 500 personnes, dont 90 % de jeunes Camerounais.

Quant au projet de Lobé à Kribi, qui repose sur un gisement de 632,82 millions de tonnes de minerai à 33 % de fer, il nécessitera 7 000 emplois directs et 1 000 indirects. L’entreprise a d’ores et déjà construit un camp de base comprenant 1 000 logements et recruté 250 employés, dont 150 Camerounais. Le terminal minéralier en construction permettra, dans une première phase, d’exporter 14 millions de tonnes de concentré de fer, puis 47,5 millions de tonnes en phase d’expansion.

Un partenariat stratégique entre le MINMIDT et Group Delta

La rencontre a également été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) entre le MINMIDT et Group Delta. L’accord, signé par le ministre Fuh Calistus et Mohammed Shahzeer, directeur général de l’entreprise, vise à soutenir le développement du secteur minier camerounais.

Le Group Delta s’engage notamment à : offrir des bourses d’études en Inde pour les jeunes et les femmes, faire venir au Cameroun des experts et géologues afin de former les techniciens locaux, contribuer au financement de la future École des Mines, de la Géologie et de la Pétrochimie de Meyomessala, mettre en place un fonds d’investissement dédié aux projets sociaux dans la localité.

Selon le ministre, cette coopération favorisera l’« emploi et l’épanouissement des jeunes esprits du Cameroun ».

Filière cacao : appel à plus de soutien aux femmes

0

 Sécuriser l’accès au foncier, faciliter l’accès aux crédits et aux intrants, renforcer le mouvement coopératif sont entre autres recommandations formulées à l’issue d’une étude qui montre les difficultés des femmes dans cette filière, malgré leur rôle central.

Au Cameroun, les femmes sont le moteur de la filière cacaoyère d’après des données collectées par une quinzaine de jeunes chercheurs dans trois régions du pays. Ces données du  Sud (Djoum, Mintom), du  Centre (Lékié et Mbam-et-Kim) et de l’ Est (Boumba-et-Ngoko) mettent en évidence le rôle de la gente féminine dans la chaîne de valeur cacao. Elles assurent les tâches clés de nettoyage, d’ entretien, de récolte, de cabossage, de fermentation et de séchage. Ceci, sans compter le leadership féminin au sein des coopératives et des GIC. « Sans leur contribution, la filière ne fonctionnerait pas efficacement », reconnait. Samuel Nguiffo, secrétaire général du Centre pour l’Environnement et le Développement ( CED), l’ONG qui a initié l’étude.

L’étude relève la présence d’une catégorie particulière des femmes migrantes qui partent de loin pour s’installer dans les zones de production du cacao, preuve de la dynamisation des communautés rurales.  Elles sont pour la plupart issues des peuples autochtones.  Mais malgré ce dynamisme, ces femmes font face à diverses difficultés. Le rapport liste notamment l’accès au foncier, l’insécurité foncière. Car, peu d’entre elles ont des titres officiels de propriété.  Ce qui complexifie leurs chances pour obtenir des aides publiques ou encore des crédits et des projets agropastoraux.  De même que pour le financement, les femmes éprouvent du mal à accéder aux intrants et équipements (pulvérisateurs, tronçonneuses et plants de bonne qualité).  Cette situation est citée comme une difficulté majeure. Ce, malgré qu’elles parviennent à atténuer ce risque grâce à des chaînes de solidarité et d’entraide. A Biakoa dans le département du Mbam-et-Kim, une retenue de 10% est opérée sur les revenus des communautés l’achat des intrants ou pour la scolarité des enfants. Des cas de violences physiques et psychologiques des maris et de ceux qui veulent contrôler leurs champs et leurs gains ont également été rapportés.  

Les recommandations formulées au terme de l’étude et sur la base des attentes énoncées par les femmes sont diverses. Il faut sécuriser l’accès et l’usage du foncier et faciliter l’accès des femmes aux crédits et aux intrants, renforcer le mouvement coopératif avec une plus grande inclusion des femmes. Le CED propose aussi de soutenir les trajectoires d’autonomisation des veuves, célibataires, migrantes et femmes issues des peuples autochtones. Il est par ailleurs envisagé d’engager des échanges avec les décideurs politiques pour des actions adaptées.

Electricité : le Cameroun rachète Eneo pour 78 milliards FCFA

0

Mercredi 19 novembre 2025, le cabinet du ministre des Finances a servi de cadre à la cérémonie solennelle de signature de la convention de rachat des actions d’Actis-CPH, dans Eneo par l’Etat du Cameroun. Ce dénouement qu’on peut qualifier d’heureux, intervient après de longs mois de négociations entre les différentes parties et fait officiellement du Cameroun l’actionnaire majoritaire, détenant 95% des parts d’Eneo, la compagnie nationale d’électricité. « C’est pour moi un honneur et un plaisir de présider ce jour avec le Ministre de l’Eau et de l’Energie, la cérémonie de signature de la Convention de rachat des 51% du capital social de Energy of Cameroon (ENEO) détenus par la société britannique ACTIS depuis 2014.

 Cette signature marque l’aboutissement d’un long processus de négociation mené avec rigueur et responsabilité. Le prix de cession auquel les parties sont finalement parvenues est de 78 milliards FCFA. Le rachat des actions détenues par ACTIS au capital social de ENEO que nous finalisons aujourd’hui, s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par les orientations stratégiques de la politique du Président de la République, son Excellence Paul BIYA et, sa volonté affirmée de : (i) renforcer notre souveraineté économique, (ii) consolider les capacités nationales dans le secteur de l’électricité et (iii) garantir une gouvernance cohérente des entreprises d’intérêt stratégique », a souligné le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors de la cérémonie.

Avec ce rachat, l’État atteint désormais 95 % du capital d’Eneo, un niveau inédit depuis l’ouverture du secteur à l’investissement privé il y a plus de quinze ans. Le ministre des Finances inscrit cette décision dans la ligne politique du chef de l’État. « Le rachat […] s’inscrit dans une dynamique plus large portée par les orientations stratégiques du Président de la République, Paul Biya, et sa volonté de renforcer notre souveraineté économique, de consolider les capacités nationales dans le secteur de l’électricité et de garantir une gouvernance cohérente des entreprises d’intérêt stratégique. »

La cérémonie a aussi été l’occasion de rassurer les employés d’Eneo, qui ont manifesté par le passé leur inquiétude concernant cette opération de reprise par l’Etat. « Cette opération financière […] ne modifie en rien votre statut, vos droits, votre rôle au sein de l’entreprise. L’exercice du droit de préemption n’est pas à redouter. Bien au contraire. » a déclaré le ministre des Finances avant d’ajouter que la reprise publique est une opportunité pour « redresser, moderniser et développer » l’entreprise. Le gouvernement indique cependant que cette signature ne marque pas encore la fin juridique du processus. Une phase dite d’« intérim » s’ouvre jusqu’au closing, période durant laquelle plusieurs formalités et engagements dont la nature n’a pas été révélée doivent être finalisés par les deux parties.

GENÈSE

 Pour mémoire, c’est en 2023, que Actis-CPH, actionnaire d’Eneo Cameroun S.A a officiellement notifié son intention de se retirer du capital de ladite société. L’Etat du Cameroun a exprimé son intérêt pour le rachat des actions concernées et un comité interministériel a été mis en place pour les négociations. « A l’issue de plusieurs échanges techniques juridiques et financiers, Actis-CPH (le cédant) a formalisé son accord de principe pour la cession desdites actions, tandis que l’Etat du Cameroun (le cessionnaire), représenté par le ministère des Finances et le ministère de l’Eau et l’Energie, a accepté d’en poursuivre l’acquisition.

Dans le cadre de cette opération, l’Etat a mandaté la SCP Chazai Wamba en qualité de conseil juridique et KPMG Corporate Finance S.A.S en qualité de conseil financier. Après plusieurs mois d’échanges et de négociations constructives entre les parties la présente cérémonie de signature du contrat de cession d’actions consacre ainsi l’aboutissement d’un processus stratégique majeur pour le secteur de l’énergie électrique au Cameroun, ouvrant la voie à une nouvelle étape de son développement », souligne le ministère des Finances ».

Crédits non remboursés : la Cobac durcit les règles pour les clients indélicats

0

Le texte en cours d’adoption exclut notamment les emprunteurs en retard de paiement, de tout accès aux services bancaires dans la zone Cemac, y compris des opérations sur leurs propres comptes.

 Selon les données de la banque centrale dans son rapport 2024, les créances en souffrance dans la zone Cemac ont augmenté de + 17% en un an pour atteindre plus de 2000 milliards de FCFA dont 178 milliards pour le secteur de la micro finance. 81% de ces fonds étant détenus par les Etablissements de micro finance du Cameroun.  Ces crédits non remboursés sont considérés comme un risque majeur sur le système bancaire de la Cemac, notamment « au regard de leur volume particulièrement élevé au cours de la période récente », renseigne la Cobac.

Lors d’une concertation à Libreville fin octobre dernier, la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (Cobac) a  recensé les avis des acteurs financiers sur une nouvelle réglementation en cours pour résoudre cette problématique. Il s’agit du projet de règlement sur la mise à l’index des clients ces établissements assujettis à la Cobac en matière de non remboursement de crédit. Ce texte définit la mise à l’index comme une mesure interdisant au client « d’effectuer toute opération au débit d’un compte bancaire ou de paiement dont il est titulaire dans un établissement assujetti à la Cobac à l’exception des opérations visant la régularisation de sa situation, ou d’ouvrir un nouveau compte jusqu’à la levée de la mesure ». S’il est adopté, tout client défaillant sera mis à l’index par la Cobac si sa banque ou sa micro finance signale son incapacité à rembourser son crédit après un délai fixé. Il ne pourra de ce fait avoir accès à ses avoirs bancaires qu’après le remboursement de sa dette.

 « Les conséquences d’une mise à l’index sont, i) vous ne pouvez plus ouvrir un compte bancaire en zone CEMAC ; ii) vous ne pouvez plus accéder à vos comptes ouverts dans les banques/microfinance exerçant en zone CEMAC même pour retirer votre épargne ; iii) vous ne pouvez plus avoir accès au crédit auprès d’une institution financière en zone CEMAC en plus d’autres procédures que ces établissements financiers/microfinacne peuvent engager contre le client délinquants notamment les poursuites pénales conformément à la loi n°2019/021 du 24 décembre 2019 sur le non remboursement de crédit. Cette sanction durera aussi longtemps que vous serez en impayés », explique David Kengne, expert réglementation financière.

Cette réglementation concerne aussi bien les personnes physiques que morales. Interrogé sur cette réforme en cours, le DG adjoint de Focep, un EMF de deuxième catégorie estime que ce changement devrait être bien encadré. « Le principal risque réside dans la possibilité d’erreurs ou d’abus lors de la mise à l’index, qui pourraient nuire à la réputation ou aux droits d’un client de bonne foi. Une application trop stricte pourrait entraîner une exclusion financière accrue, notamment pour les petits emprunteurs qui représentent pourtant la clientèle cible des EMF. D’où la nécessité d’un encadrement juridique et technique solide, garantissant l’équilibre entre rigueur et inclusion. Je considère que cette réforme est utile et opportune. Néanmoins, sa réussite dépendra largement de la manière dont elle sera mise en œuvre » fait savoir Hervé Blaise Feunke.

Réaction

David KENGNE, expert en réglementation financière

 « On aura  plus d’informations sur le comportement des clients qui sollicitent le crédit »

« Il faut tirer une sonnette d’alarme car, le Cameroun à lui seul porte 81% de mauvais crédit de la zone CEMAC du portefeuille de crédit des établissements de microfinance. Les promoteurs de PME/PMI camerounaises sont des emprunteurs délinquants. La plupart ne remboursent pas le crédit que les banques et établissements de microfinance leur accordent. C’est également ce comportement malhonnête qui justifie le coût élevé de l’accès au crédit dans notre pays. Car les bons emprunteurs doivent payer pour les emprunteurs délinquants. Ce qui n’est pas bien pour la pérennité de ces institutions qui exercent une continuité de l’action publique. Il y a aussi en cours le règlement sur le bureau d’information sur le crédit qui permettra aux établissements financiers et de microfinance d’avoir accès à toutes les informations sur le comportement des clients qui sollicitent le crédit auprès d’eux. Ainsi par exemple, si vous venez solliciter un crédit auprès d’un établissement, l’établissement financier/microfinance peut avoir des informations sur le comportement de ce client dans ses relations avec son bailleur s’il est locataire, est-ce qu’il paye régulièrement ses loyers chez bailleur ? est-ce qu’il est en règle avec l’administration fiscale ? est-ce qu’il est en règle avec ses fournisseurs s’il est commerçant. Ces instruments mis ensemble, ajoutés à la loi sur la pénalisation des crédits non remboursés et à la centrale des risques peuvent constituer une barrière étanche contre les délinquants bancaires. »

Finances publiques : Fitch pousse Yaoundé à encadrer les dépenses parallèles de la SNH

0


Dans sa note de conjoncture publiée le 7 novembre 2025, Fitch Ratings a reconduit la note souveraine du Cameroun à B, mais en adressant au gouvernement un message clair. Cette évaluation, qui accompagne traditionnellement une appréciation détaillée des risques budgétaires, place cette fois les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) au cœur de ses préoccupations.

L’agence écrit explicitement que « la gestion des finances publiques (GFP) du Cameroun reste un point faible pour la notation ». Mais c’est surtout la question des dépenses parallèles de la SNH, exécutées hors budget, qui alimente les inquiétudes des analystes.


LES INTERVENTIONS DE LA SNH, CŒUR DU PROBLÈME

Dans sa note, Fitch consacre un passage entier à ces opérations. « La faiblesse de la GFP est également mise en évidence par la hausse continue des ‘interventions directes’ (activités quasi fiscales, 0,7 % du PIB en 2024) de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), que nous prévoyons de rester élevées en 2025, et par une accumulation nette continue d’arriérés intérieurs en 2024 », souligne Fitch. En langage simple, Fitch reproche à la SNH de financer — pour le compte de l’État — des dépenses dites « quasi fiscales », c’est-à-dire des dépenses publiques financées en dehors du budget officiel.

Elles concernent souvent des questions considérées comme urgentes ou sensibles, mais elles ne sont ni planifiées, ni inscrites en loi de finances, ni présentées clairement dans les rapports de dépenses. Ces pratiques échappent aux règles normales. Elles ne passent pas par les vérifications administratives habituelles, ne sont pas soumises au contrôle parlementaire, et ne figurent pas dans les tableaux budgétaires. C’est pour cette raison que Fitch insiste. Et c’est précisément ce que la circulaire présidentielle de juillet 2025 veut corriger.

PAUL BIYA DIT STOP !
Face à plusieurs années de critiques — notamment celles du FMI — la présidence de la République a décidé, dans une circulaire datée du 18 juillet 2025, d’imposer un encadrement strict à ces interventions. Ce document affirme sans ambiguïté « qu’un terme devra être mis, dès 2026, à la pratique des interventions directes au niveau de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH).

Les opérations y relatives suivront dorénavant la procédure normale d’exécution de la dépense, au même titre que les autres dépenses du budget de l’État ». En d’autres termes, toutes les dépenses financées par la SNH pour l’État devront suivre la chaîne budgétaire classique : engagement, validation, contrôle du ministère des Finances, mise en paiement dans les règles. Cette décision constitue un tournant, car jusqu’ici ces opérations étaient gérées de manière dérogatoire.

La présidence et la direction de la SNH en décidaient directement, dans un cadre opaque, parfois en dehors de toute inscription préalable en loi de finances. La circulaire prévoit néanmoins une exception. Certaines dépenses dites « urgentes » disposeront d’un mécanisme spécifique de paiement, toujours sous l’autorité du ministère des Finances.


POURQUOI FITCH INSISTE MAINTENANT

Si Fitch insiste avec autant de force en novembre 2025, c’est parce que ces interventions ont continué de croître — au lieu de diminuer — au cours de l’année. Le rapport économique et financier annexé à la loi de finances 2025 note une hausse de 105,8 milliards FCFA des dépenses en biens et services, en partie due à un renforcement des interventions directes de la SNH dans le domaine sécuritaire. Ces dérives ne sont pas nouvelles. Elles ont été dénoncées à plusieurs reprises par le FMI dans les années récentes.

Entre 2021 et 2024, le Cameroun n’a pas respecté plusieurs des cibles indicatives du programme économique appuyé par le FMI. En 2021, les interventions directes atteignaient 138 milliards FCFA à fin juin, pour un plafond initial de 100 milliards. En 2022, elles dépassaient encore les plafonds, atteignant 91,9 milliards FCFA à mi-année.

Les autorités ont expliqué ces dépassements par les besoins sécuritaires, les subventions au carburant ou les tensions dans le secteur de l’électricité. Elles ont même créé un comité ad hoc entre la SNH et le ministère des Finances pour en assurer le suivi. Mais ces efforts n’ont pas suffi. Le FMI relevait encore en novembre 2024 que ces dépenses continuaient à dépasser les limites convenues et qu’elles « évinceraient » d’autres priorités, notamment l’investissement public.

Agro-industrie : le Cameroun peut-il suspendre les importations de sucre réclamées par Sosucam ?

0

Lorsque la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) écrit le 13 novembre 2025 au ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, pour annoncer solennellement le début de la campagne sucrière 2025-2026, elle n’oublie pas d’énumérer les raisons qui devraient, à ses yeux, convaincre le gouvernement et les opérateurs économiques de s’en tenir à la production locale. « Dans un contexte particulièrement exigeant, nos équipes sont pleinement mobilisées pour broyer le maximum de cannes disponibles et atteindre le tonnage de sucre le plus élevé possible, en fonction des rendements agricoles et industriels observés.

 À cet effet, 8 000 travailleurs seront mobilisés tout au long de cette campagne, auxquels s’ajoutent 1 500 sous-traitants et prestataires », peut-on lire dans sa correspondance. Dans le même courrier, la Sosucam soutient que « les stocks déjà présents sur le territoire et estimés à plus de 100 000 tonnes – issus à la fois des opérations de la Raffinerie installée à Douala (potentiel de 70 000 tonnes d’ici le 31 décembre 2025) et des stocks de sucre importé pour la vente aux ménages et la production des agglomérés locaux (30 000 tonnes) – garantissent une disponibilité suffisante de sucre sur le marché, comme le confirme l’UPRASC (Interprofession de la filière sucre) ».

Le 14 novembre 2025, Luc Magloire Mbarga Atangana a adressé une lettre aux opérateurs de la filière sucre pour leur « bonne information et leurs réactions éventuelles ». Dans ce document, le membre du gouvernement rappelle que l’entreprise dit être « en mesure de couvrir les besoins du marché national, sans qu’il soit besoin de recourir aux importations ». Il cite même la phrase la plus forte de Sosucam, selon laquelle des importations auraient pour effet « d’aggraver la dérégulation du marché, de fragiliser la production nationale et de menacer la valeur ajoutée locale ».

Vraisemblablement, il s’agit pour l’État de prendre le pouls du marché avant de trancher. Dans l’éventualité où la balance pencherait vers la suppression des importations, la Sosucam a déjà une idée des premières actions que devrait mener le gouvernement pour que cette mesure ait un impact immédiat. Elle les lui suggère d’ailleurs dans sa correspondance du 13 novembre. « Cette nouvelle campagne intervient dans un environnement international difficile, où les grands pays producteurs – notamment le Brésil et l’Inde – subventionnent fortement leur industrie sucrière, y compris à l’exportation.

Ces politiques conduisent à des prix artificiellement bas sur le marché mondial, inférieurs aux coûts réels de production, et alimentent des velléités récurrentes de demandes d’importation sur notre territoire national », écrit l’entreprise.

À cela s’ajoute « la situation préoccupante des sucres initialement destinés au Tchad, actuellement stockés de manière prolongée sur le territoire camerounais (Douala et Ngaoundéré) en raison du relèvement récent de la taxation douanière dans ce pays. Cette contrainte limite désormais les possibilités de mise à la consommation au Tchad et fait peser un risque réel de déversement de ces sucres sur le marché national ».

DES PROMESSES D’AUTOSUFFISANCE CONTREDITES PAR LES FAITS RÉCENTS

Ce n’est pas la première fois que la Sosucam sollicite le gouvernement pour verrouiller les frontières au sucre étranger. L’épisode de mai 2018 reste encore dans les esprits. Sous la pression du même industriel, le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, transmettait au ministre du Commerce « les hautes instructions du chef de l’État prescrivant de suspendre, jusqu’à nouvel avis, les autorisations d’importation du sucre ».

À l’époque, l’industriel menaçait tout simplement de fermer. Ses entrepôts de Mbandjock et Nkoteng débordaient, disait-il, de stocks de réserves de « plus de 45 000 tonnes », tandis que « 40 000 tonnes » supplémentaires déferlaient sur le marché via les importations et la contrebande durant les trois premiers mois de 2018. Cette année-là, et même l’année suivante, aucune perturbation majeure dans l’approvisionnement du marché national en sucre n’avait été signalée.

 Pourtant, les faits récents montrent qu’une suspension des importations n’est pas un remède magique. En 2023 comme en 2024, les promesses répétées d’autosuffisance n’ont pas empêché les pénuries. Le Cameroun a dû recourir, malgré lui, à des cargaisons extérieures que l’exécutif avait pourtant tenté de dissuader. D’après l’Institut national de la statistique, 224 003 tonnes ont été importées en 2023 pour 82,67 milliards de FCFA.

L’année suivante, 105 400 tonnes supplémentaires ont été importées entre janvier et juin 2024 pour 42,8 milliards de FCFA, selon le ministère des Finances. Cela malgré l’annonce, en décembre 2023, d’un stock disponible de 142 000 tonnes, qui, couplé à la production en cours, devait couvrir l’ensemble de l’année. Résultat : étals vides, livraisons interrompues et envolée des prix.

UNE INDUSTRIE STRUCTURELLEMENT FRAGILE

Ces épisodes successifs disent beaucoup de la fragilité des équilibres autour du sucre au Cameroun. Ils renvoient aussi aux limites structurelles de l’opérateur dominant. En 2024, Sosucam annonçait plus de 90 000 tonnes de production. Mais la production réelle a oscillé cette année-là entre 70 000 et 85 000 tonnes, d’après les chiffres évoqués par ses dirigeants. Sur le plan financier, la trajectoire est tout aussi préoccupante : 15 milliards de FCFA de pertes en 2023, puis environ 22 milliards un an plus tard.

Le contraste est saisissant dès qu’on le rapporte à la demande nationale, estimée à 300 000 tonnes par an. Le quasi-monopole de Sosucam, sa capacité d’investissement limitée, et un plan de redressement qui ne vise que 130 000 tonnes à l’horizon 2027, se heurtent frontalement à l’objectif politique d’autosuffisance. D’où la question centrale derrière la lettre du 13 novembre 2025 : le pays est-il réellement en mesure de se passer des importations pour la campagne 2025-2026 ? Cette fois-ci, l’entreprise assure que oui.

Elle écrit sans ambiguïté que « la situation actuelle du marché camerounais ne justifie nullement de nouvelles importations », affirmant être en mesure de couvrir l’ensemble des besoins nationaux. Mais l’expérience des années récentes laisse dubitatif. La décision qui s’annonce pour 2025- 2026 est donc particulièrement sensible. Le ministre du Commerce a d’ailleurs sollicité les « réactions éventuelles » des opérateurs, signe que le gouvernement avance avec prudence et ne souhaite ni revivre le scénario de 2018, ni répéter celui de 2024.

Les fintechs face aux défis de sécurité

0

 Des risques liés aux plateformes de mobile money, aux exigences en matière d’agrément, de la conformité à la lutte contre le blanchiment d’argent, de la protection des données des consommateurs, l’Antic et The Change-Engine ont réuni les acteurs à Douala pour une réflexion de trois jours.

Le taux de pénétration de la téléphonie mobile au Cameroun est au-dessus de 80 % avec un marché des paiements numériques qui devrait dépasser 2,607 milliards de FCFA en valeur transactionnelle en 2025 selon le rapport Statista Market Insights. Les services financiers numériques sont devenus un moteur clé de l’inclusion financière, stimulés par le recours croissant aux services d’argent mobile, aux plateformes de commerce électronique, aux prêts numériques et aux transferts de fonds transfrontaliers. Mais cet essor ne va pas sans défis.  L’un des plus importants est relatif à la cybersécurité et la réglementation.

Des audits menés par l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (Antic) ont mis en évidence un certain nombre de vulnérabilités récurrentes qui menacent la résilience du secteur des fintechs. L’absence de politiques de sécurité correctement documentées ; des lacunes importantes en matière d’expertise en cybersécurité ; des faiblesses dans les contrôles d’accès logiques ; des insuffisances dans la protection des données. ; l’absence de plans de continuité d’activité pour faire face aux cybermenaces émergentes a également été constatée. C’est donc pour renforcer la compréhension des enjeux de sécurité dans la fintech, que la rencontre de Douala a eu lieu. Plus de 100 institutions, dont 80 institutions membres de la Cameroon Fintech Association ; 17 banques commerciales; 2 opérateurs de télécommunication et 5 institutions de microfinance ont échangé sur la question de « Sécurité, réglementation et partenariats stratégiques pour un écosystème Fintech résilient ».  C’était le thème de cette septième édition de Digitize Cameroon, une initiative de l’Antic et de l’ONG The Engine Change qui s’est tenue du 12 au 14 novembre 2025.  

La rencontre a permis aux régulateurs et aux opérateurs fintech de discuter des cadres existants au Cameroun, notamment des exigences en matière d’agrément, de la conformité à la lutte contre le blanchiment d’argent, de la protection des données et de la gouvernance des systèmes de paiement.  En prenant connaissance des risques liés aux plateformes de mobile money, aux portefeuilles numériques, aux passerelles de paiement et à l’infrastructure nationale de commutation des paiements, les participants pourront ainsi mettre en œuvre des contrôles de sécurité adaptés.  Il est leur est également recommander de réaliser des audits réguliers et d’élaborer des stratégies pour protéger les services financiers numériques, garantir la confiance et la continuité de l’écosystème.

Réactions

ENAW EBOT EBOT, DG ANTIC

« l’Antic a révélé plus de 6 500 vulnérabilités chez les prestataires de services de paiement »

 « Forte de plus de 12 ans d’expérience dans les audits de sécurité des systèmes d’information au sein des secteurs public et privé, l’Agence a réalisé 119 audits d’institutions financières, mettant au jour plus de 6 500 vulnérabilités chez les prestataires de services de paiement, les banques, les institutions de microfinance, les agrégateurs de paiement et les sociétés de paris. L’objectif de cette initiative est de garantir que les prestataires de services fintech respectent les normes de sécurité établies tout en continuant d’innover pour répondre aux besoins d’une génération 100 % numérique. L’écosystème Fintech représente une formidable opportunité pour le Cameroun. Dans notre contexte où la confiance du public dans la finance numérique est encore en développement, ces vulnérabilités sont bien plus que de simples problèmes techniques. Elles représentent un risque réel pour la confiance des utilisateurs et pourraient considérablement freiner l’adoption du numérique si elles ne sont pas prises en compte. Afin de renforcer la cybersécurité de l’écosystème fintech – et, par extension, de l’ensemble du cyberespace camerounais –, et dans le cadre d’un effort plus large visant à la consolider, l’ANTIC joue un rôle proactif qui va au-delà de la simple identification des vulnérabilités. L’Agence travaille en étroite collaboration avec les institutions auditées pour faciliter la mise en œuvre effective des recommandations d’audit pertinentes, en servant de cadre de soutien avant la délivrance des certificats de conformité. »

Helene Manyi Arrey, fondatrice The Change-Engine

 « Plus nous progressons technologiquement, plus il est crucial de garantir la sécurité des utilisateurs »

« En effet, il existe généralement un manque de confiance envers les technologies financières. Si l’on se souvient des débuts des systèmes de paiement mobile, les doutes étaient nombreux en raison des problèmes de sécurité. Plus nous progressons technologiquement, plus il est crucial de garantir la sécurité des utilisateurs. L’objectif de cette conférence est donc de créer un espace d’échange entre les régulateurs et les entrepreneurs de la fintech afin de trouver des solutions mutuellement avantageuses. Il est essentiel que cela fonctionne pour les deux parties, car si les régulateurs mettent en place une réglementation qui étouffe l’innovation, alors ils n’aident personne. Mais si les entrepreneurs, si la technologie et la fintech ne comprennent pas exactement ce qui est fait, pourquoi c’est fait et comment cela fonctionne pour eux, il y aura beaucoup de résistance. En réalité, il y a beaucoup d’argent qui peut être perdu. Et ce n’est pas seulement de l’argent qui peut être perdu. Il y a aussi la réputation qui peut être perdue, car la plupart des pirates ne sont pas vraiment talentueux. Vous ne savez même pas comment cet argent a été perdu. Des gens ont perdu leur emploi parce que, sous leur responsabilité, leurs clients ont été volés. Donc, ce sont des moyens de subsistance qui sont en jeu.  Donc, au-delà du simple fait de dire que des personnes peuvent se faire voler leur vie, il est essentiel de s’assurer que, quelle que soit la plateforme ou le moyen utilisé pour effectuer des transactions financières, ces plateformes soient sécurisées. »

Ecobank soutient l’expansion du groupe Cadyst en Afrique

0

La banque présente cet accompagnement comme l’une de ses solutions de financement et de finance structurée sur mesure pour des transactions transformatrices à grande échelle, et notamment en faveur des champions camerounais.

 Trois mois après l’officialisation de la finalisation du processus du rachat de Société le Grand Moulin (SGMC) au Cameroun et la Société le Grand Moulin du Phare (SGMP) au Congo par Cadyst group, Ecobank révèle son implication. La filiale du groupe bancaire panafricain Ecobank, déclare avoir joué le rôle de partenaire financier majeur dans l’opération ayant permis au géant industriel camerounais d’acquérir ces branches du groupe Castel.

Dans un communiqué, Ecobank affirme se positionner aux côtés des champions nationaux camerounais et à soutenir leurs ambitions de croissance quel que soit leur taille. « Notre mission dépasse le cadre bancaire traditionnel. Nous mobilisons le réseau panafricain inégalé et l’expertise du Groupe Ecobank pour proposer des solutions de financement et de finance structurée sur mesure pour des transactions transformatrices à grande échelle. En finançant l’expansion de champions camerounais comme le Groupe CADYST vers de nouveaux marchés, nous contribuons directement à la diversification économique du pays et à son agenda d’intégration régionale. Cette transaction illustre parfaitement comment Ecobank aide les entreprises locales à atteindre une dimension continentale », écrit Gwendoline Abunaw, Directrice Générale d’Ecobank Cameroun et du Cluster Cemac.

Il faut dire qu’à travers cette opération, l’homme d’affaires camerounais Célestin Tawamba renforce considérablement la sécurité alimentaire et la stabilité de la chaîne d’approvisionnement en blé et farine en Afrique centrale. Cette reprise en main de ces usines devrait générer des investissements accrus au Cameroun et en République du Congo, stimulant la création d’emplois et l’activité économique dans toute la zone Cemac. De la valeur ajoutée à laquelle Ecobank souhaite contribuer.

Cadyst group compte étendre son empire sur le continent et être leader au-delà de la minoterie, dans le secteur agroalimentaire, farines et élevage. « Le groupe Cadyst conforte sa position de leader au Cameroun et étend le périmètre de ses activités en République du Congo ouvrant la voie à de nouveaux développements en tant qu’acteur panafricain majeur œuvrant à la souveraineté alimentaire des pays qu’il sert. Ces acquisitions offrent également au groupe Cadyst de nouvelles perspectives de croissance en intégrant de façon significative ses activités en amont (provenderie, alimentation animale, aviculture) et en aval (produits agro-alimentaires finis) tant au Cameroun qu’en République du Congo », avait indiqué l’entreprise.

Le Cameroun, un poumon vert sous-financé par les pollueurs

0

Le 29 janvier 2024, le FMI a approuvé un financement de 183,4 millions de dollars (plus de 111 milliards FCFA) en faveur du Cameroun, via son Mécanisme pour la résilience et la durabilité (FSR). Ce dispositif vise à soutenir les pays engagés dans des réformes face aux risques liés au climat et aux pandémies. Une avancée notable, mais encore éloignée de la reconnaissance du rôle écologique majeur du Cameroun. Le FMI, souligne la vulnérabilité structurelle du pays : sécheresses, inondations, érosion côtière, insécurité alimentaire et déplacements de populations.

Le changement climatique menace le capital humain et freine la croissance inclusive. À cela s’ajoute le rôle stratégique du Cameroun dans la préservation des forêts du Bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial. Le WWF Cameroun rappelle que les pays de la région ont limité la déforestation entre 0,01 % et 0,33 %, malgré les pressions économiques.

Mais les mécanismes de financement restent insuffisants pour garantir une conservation durable. Le rapport pays 2023 sur le climat et la croissance verte confirme cette faiblesse : 97,4 % des financements climatiques reçus par le Cameroun en 2019-2020 proviennent de sources publiques, contre seulement 2,6 % du secteur privé. Les investissements privés — énergies renouvelables, prêts verts, subventions — demeurent marginaux.

En 2022, l’Afrique ne représentait que 0,1 % des obligations vertes mondiales, sans aucun pays d’Afrique centrale parmi les principaux bénéficiaires. Ce paradoxe est criant : le Cameroun rend un service climatique mondial vital, mais les flux financiers ne reflètent ni la valeur de cet apport ni les coûts supportés.

La rémunération équitable des services environnementaux devient un enjeu central. Le financement du FMI, couplé aux engagements de la FEC et de la FEP, offre une opportunité de repositionner la stratégie nationale. Le défi : faire de la conservation un actif financier reconnu, mesurable et attractif pour les marchés du carbone et les obligations vertes.

Le Cameroun dispose d’atouts techniques et institutionnels, mais doit renforcer ses outils de mesure, mobiliser le secteur privé et structurer une offre crédible. L’enjeu dépasse l’environnement : il touche à la soutenabilité des finances publiques, dans un contexte de vulnérabilité croissante aux chocs climatiques.

- Publicité -
Google search engine