Paul Atanga Nji, a indiqué que les violences survenues après le scrutin ont causé 20 morts dans cinq régions et conduit à l’interpellation de 1 243 personnes. Ces dernières, a-t-il précisé, seront déférées devant les juridictions compétentes. Le ministre a demandé aux gouverneurs de renforcer leur présence sur le terrain aux côtés des forces de défense et de sécurité, affirmant que leur action conjointe a permis de contenir une partie des incidents. Il a également recommandé un dispositif supplémentaire pour garantir la stabilité dans les jours à venir.
Les autorités ont rappelé que les élections des conseillers régionaux prévues dimanche devront se dérouler dans un cadre sécurisé et transparent, afin de maintenir la confiance du public dans le processus électoral.
Cette rencontre vise à consolider la coordination entre les administrations territoriales et les forces de sécurité, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et judiciaires persistants liés aux violences post-électorales.
Paul Atanga Nji a profité de la séance pour réaffirmer la position institutionnelle du gouvernement face au pluralisme politique. « De manière générale, l’élection présidentielle a permis de réaffirmer l’option démocratique de notre pays, désormais irréversible, comme voulu par le président de la République, son Excellence Monsieur Paul Biya », a-t-il déclaré.
Sauf miracle, Maurice sera élu samedi prochain à la tête du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). L’ancien président, démissionnaire du parti, le temps du processus électoral en vue de la présidentielle du 12 octobre 2025, est la tête de l’unique liste en course pour le contrôle du parti. La liste est contenue dans un communiqué rendu public par Christopher Ndong, secrétaire général du parti. C’est pratiquement la même équipe qui est reconduite, sauf le Pr Alain Fogue, incarcéré. Le trésorier sortant, sera remplacé par Appolinaire Oko, trésorier adjoint par intérim, qui remplaçait lui-même Thierry Okala Ebode qui avait quitté le poste lors d’un mouvement provisoire en interne. Ainsi, Mamadou Mota qui assurait l’intérim de la présidence du parti depuis la « démission » de Maurice Kamto pour le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), le temps du processus électoral, retrouve son poste d’antan. Tout comme Tiriane Balbine Nadège Noah (2ème vice-présidente), Emmanuel Simh (3ème vice-président), Ismaël Kaigama (4ème vice-président) et Aïssatou Saadou (5ème vice-président). Quant à Christopher Ndong, lui aussi reste candidat au secrétariat général.
En clair, le débat sur le retour de Maurice Kamto au sein du parti tranché, l’avocat et professeur de droit retrouve « sa » présidence. Là où le débat sur son retour à la présidence se poursuivait encore. Et de fait, si l’homme et ses affidés clament sa régularité comme militant depuis la création du parti en 2012, ses adversaires « internes » tels Okala Ebode récemment évincé, lui dénient cette qualité, du moment où l’homme a fait un détour du côté du Manidem, pour quelques mois.
Le boulevard est ouvert pour un nouveau mandat à la tête du MRC pour Maurice Kamto. Le combat en interne est presque tranché. Okala Ebode, lui, a déjà été évincé du parti depuis quelques semaines, pour « haute trahison ». Le militant de la première heure avait déjà pris des distances sur certains espaces, avec des cadres du parti.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), a rendu publics les résultats d’une enquête cadre et socio-économique sur la pêche artisanale maritime crevettière au Cameroun. Les travaux, conduits du 15 au 31 mai 2024, ont mobilisé 42 enquêteurs appuyés par 18 agents de la Marine nationale déployés pour sécuriser les opérations dans le département du Ndian, épicentre de cette activité halieutique.
Au total, 60 personnes ont pris part à la collecte et au traitement des données. Environ 654 fiches ont été renseignées, saisies et analysées au CECOPAK de Kribi en septembre 2024, fournissant une base statistique inédite pour documenter l’état et les dynamiques de cette filière.
Les résultats montrent que la pêche à la crevette est pratiquée dans 77 campements, dont 49 situés dans le Ndian. Sur les 11 174 acteurs recensés, les maîtres pêcheurs et leurs aides représentent 89 % de la main-d’œuvre. Les engins utilisés sont variés : 6 302 filets maillants de fond, 6 543 filets Mousgoums, 875 nasses à crevette et 9 202 Ngotos. Le filet Mousgoum, filet dérivant utilisé en mer, est l’outil le plus productif, avec une moyenne de trois kilogrammes de crevettes par sortie en haute saison, contre un kilogramme en saison basse. Les captures suivent un cycle saisonnier lié au climat.
Les périodes de janvier à avril et décembre, correspondant à la saison sèche, enregistrent les plus faibles volumes. Les mois de mai, juin et novembre sont intermédiaires, tandis que la saison des pluies, de juillet à octobre, offre les meilleures prises. Les espèces les plus courantes sont les gambas, présentes dans 62 % des campements, les écrevisses (64 %) et, dans une moindre mesure, les crevettes roses et grises (14 %). La transformation reste marginale.
Seuls 5 % des acteurs fument poissons et écrevisses, souvent mélangés à d’autres espèces capturées par le ngoto, un filet ciblant principalement les écrevisses. Dans le Ndian et le Wouri, des crevettes apparaissent aussi sur les claies de séchage, mais la majorité des captures est vendue fraîche. Sur le plan social, la filière reste dominée par des pêcheurs d’origine nigériane.
Toutefois, la présence de Camerounais progresse, notamment parmi les utilisateurs de filets mousgoums. En 2009, ils n’étaient que 400 ; aujourd’hui, leur nombre est en hausse grâce aux politiques de repeuplement et d’installation menées dans la péninsule de Bakassi. Les Camerounais sont également actifs dans le mareyage, c’est-à-dire la commercialisation des produits de pêche, mais restent minoritaires dans la pêche elle-même.
La faible participation des jeunes dans ce secteur pose la question du renouvellement de la main-d’œuvre. Sur la base des 4 085 pêcheurs de crevette identifiés et de leurs taux de capture, les débarquements annuels sont estimés à 6 002 tonnes. La valeur économique atteint près de 30 milliards de FCFA, avec des prix moyens de 6 700 FCFA le kilogramme en basse saison et 4 800 FCFA en haute saison. Ces chiffres ne tiennent pas compte des ventes transfrontalières. Dans le Wouri, le Sud et une partie du Sud-Ouest, les captures sont écoulées sur le marché camerounais. Mais dans le Ndian, 67 % des campements déclarent vendre au Nigéria, voisin immédiat, où le carburant est moins cher et l’accès plus direct que vers Idenau.
Cette orientation vers le marché national limite la portée économique de la filière. Alors que l’exportation pourrait offrir des revenus plus élevés, la crevette artisanale reste confinée à une consommation locale ou régionale. Les contraintes sont nombreuses : coût élevé du carburant et des engins de pêche, destruction des filets par les bateaux industriels, et absence d’une organisation structurée pour l’exportation.
La filière crevette artisanale représente pourtant une valeur significative pour l’économie bleue du Cameroun, concept qui désigne l’exploitation durable des ressources marines et côtières. Avec une production annuelle de plusieurs milliers de tonnes et une valeur marchande de plusieurs dizaines de milliards de FCFA, elle illustre un potentiel encore sous-utilisé. La faible orientation vers l’exportation, combinée aux difficultés logistiques et financières, empêche les acteurs de tirer pleinement profit de cette ressource.
L’Académie du Bonheur du Cameroun passe à l’étape institutionnelle. Le 6 décembre 2025, le mouvement organise sa première Assemblée générale constitutive. L’objectif affiché est simple : « Fonder officiellement l’Académie du Bonheur et définir sa stratégie pour 2026 ». Le programme s’étale l’après-midi, de l’accueil des participants à la signature de la Charte du Bonheur. Chaque séquence vise à donner un cadre clair à une initiative née en ligne et devenue, en quelques mois, un espace de solidarité.
La transition entre le groupe WhatsApp « Tout le monde a droit au bonheur », actif depuis avril 2025 et animé par Jean-Paul Tchomdou, et une structure formelle devient l’enjeu central. Près de 600 membres y échangent depuis le Cameroun, l’Europe, l’Amérique et d’autres pays africains. Les organisateurs décrivent « un laboratoire d’idées, de solidarité et de soutien quotidien ». Le passage à une association vise à stabiliser cette dynamique. « L’effervescence de ce groupe et la profondeur des échanges ont fait émerger un besoin naturel : donner une structure officielle, un cadre durable et une orientation stratégique à ce mouvement », nous confie Jean-Paul.
La démarche s’inscrit dans une tendance mondiale. Le Bhoutan s’appuie depuis plusieurs années sur le Bonheur National Brut : « Avec 33 indicateurs, le BNB guide toutes les politiques publiques. » Le Danemark suit une logique proche avec le Hygge, une culture de simplicité et d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Ces références servent de repères pour l’Académie du Bonheur, qui veut inscrire le bien-être comme valeur citoyenne.
Le contexte camerounais pèse dans cette évolution. Les organisateurs décrivent « pression économique, stress professionnel, fatigue psychologique, instabilité sociale, conflits familiaux et sentiment de solitude ». Les données internationales citées dans le document indiquent que « près d’un travailleur sur deux déclare vivre du stress quotidien ». L’Académie veut intervenir sur ces vulnérabilités en proposant des outils de gestion émotionnelle, de cohésion familiale et de qualité de vie au travail. La vision annoncée est directe : « Faire du Cameroun une société où le bien-être, la bienveillance, la responsabilité émotionnelle et l’épanouissement deviennent des valeurs citoyennes. »
L’Assemblée générale doit poser les bases juridiques le 6 décembre prochain. Pendant ce jour, les membres vont examiner et valider les statuts et le règlement intérieur. Des masterclass vont meubler ce rendez-vous. Élise Bonga et Nelly Nana ouvrent la séquence avec « Être heureux en contexte difficile : Comment garder la lumière quand tout semble s’éteindre ? », un module centré sur la résilience. Une autre masterclass suit, « Art de vivre & Joie de célébrer », animée par Guy Guesselé, présenté comme un symbole « de l’art d’apprécier les plaisirs simples de la vie ». Il s’agira d’« un moment solennel, convivial et symbolique ».
Le Cameroun est suspendu de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), depuis janvier 2024 avec des mesures correctives jusqu’en 2027. Ce, à cause des faibles performances du pays en ce qui concerne le respect de la norme ITIE 2019. Concrètement: «Le pays a maintenu ses rapports ITIE et a progressivement renforcé les divulgations systématiques. Cependant, le Cameroun est suspendu jusqu’à sa prochaine validation en raison de progrès insuffisants dans l’engagement de la société civile et des contraintes gouvernementales sur les libertés d’expression et d’association de la société civile», selon les conclusions de ladite évaluation.
C’est dans ce contexte que le Cameroun doit présenter au mois de décembre prochain son rapport, lequel devrait permettre au pays de réintégrer l’ITIE, si les insuffisances relevées dans la dernière évaluation sont corrigées. C’est dans cet objectif que la société civile a fait des propositions visant l’amélioration le rapport qui doit être publié au mois de décembre 2025. Entre autres propositions, la société civile souhaite que des clarifications soient faites concernant le développement sur le transfert des quoteparts aux communes bénéficiaires. Elle appelle par ailleurs à la mention du paiement que devrait effectuer Glencore au Cameroun, suite au scandale de corruption. «Que le rapport soit complété avec les déclarations attendues de certaines sociétés qui à ce jour n’auraient pas finalisé leurs documents. A titre d’exemple, la SNH (Société nationale des hydrocarbures) et la Sonamines (Société nationale des mines)», peut-on lire dans le document de la société civile.
Egalement, la société civile demande que le gouvernement soit plus vigilant et réprime des actes de corruption, améliore le niveau des revenus des populations, et que l’Education porte davantage sur l’intégration de l’intégrité publique dans le programme scolaire des enfants au Cameroun. Car, à propos de la contribution au compte spécial de développement des capacités locales, dans le pré-rapport 2023, aucune contribution n’a été reportée par les entreprises incluses dans le périmètre ITIE, fait savoir la société civile. De plus, il n’est pas clairement établi si les accords de mise en œuvre de ce compte avaient été formellement signés. Le rapport ITIE 2023 élaboré en 2025 devrait avoir confirmation ou infirmation de cette disposition afin de situer le Comité ITIE qui pourra dès lors prendre des actions. Bien que plusieurs conventions minières prévoient des engagements sociaux pour les entreprises, aucune société n’a reporté de contribution obligatoire en 2023, note la société civile. Qui explique que s’agissant des dépenses environnementales du secteur des mines, les sociétés minières incluses dans le périmètre de conciliation n’ont déclaré aucun paiement au titre des dépenses environnementales obligatoires en 2023, comme l’exige la réglementation en vigueur.
Dans le sens de plus de transparence, la société civile souhaite que des obligations de transparence soient introduites dans le rapport, notamment, la déclaration des bénéficiaires effectifs. Tout comme il faut harmoniser le cadre pétrolier avec le Code minier ; intégrer des dispositions de prévention de la fraude, des conflits d’intérêt. Car, comme l’a fait constater l’Administrateur indépendant dans le pré-rapport ITIE 2023 : « Le Code pétrolier 2019 et son décret d’application 2023 ne prévoient pas de mécanismes anticorruptions, contrairement au Code minier. Cette asymétrie expose le secteur à un risque élevé de corruption et fragilise sa crédibilité ».
Réviser la loi sur l’électricité et adopter une loi spécifique sur les énergies renouvelables, numérisation de l’ensemble des infrastructures du secteur, des incitations pour les petits entrepreneurs, exporter l’énergie vers d’autres pays…le gouvernement compte lancer un grand chantier dans ce secteur stratégique.
Dans la feuille de route élaborée par le gouvernement camerounais à l’horizon 2030, il est prévu la révision de la loi sur l’électricité et l’élaboration des textes réglementaires associés. Dès 2026, il est question de recruter des consultants pour l’élaboration des textes réglementaires ainsi que de mettre en place un comité interministériel pour le même objectif. A terme, une loi et des incitations spécifiques pour le développement des énergies renouvelables seront adoptées. Le Cameroun entend en effet augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique. Ce qui va aider à mettre fin au gap entre le taux d’accès à l’électricité en en milieu urbain qui est de 94 % contre moins de 25 % en zone rurale.
Le pays compte aussi faire valoir son potentiel en petite hydroélectricité à travers un programme de développement de 50 petites centrales hydroélectriques (PCH) ; de développement de 10 petites centrales hydroélectriques d’ici 2030 pour une puissance cumulée de 25 MW, soit 2,5 MW/PCH. Des investissements pour lesquels les acteurs privés sont fortement sollicités y compris de petits entrepreneurs. « Un Code de l’électrification rurale sera adopté pour clarifier les procédures et définir les rôles des différents acteurs, permettant ainsi aux investisseurs privés d’intervenir en toute sécurité dans ce domaine », précise le document publié par le ministère de l’Eau et de l’Energie.
Des opportunités pour les petits entrepreneurs
D’après le constat fait par le gouvernement, le nombre d’acteurs dans la vente d’électricité en zone rurale, consacrée par la loi de l’électricité de 2011 reste très faible et essentiellement informel. Il en est de même pour les fournisseurs d’intrants. Il est donc question de mettre en place des incitations ou des subventions à l’investissement au profit des développeurs privés intéressés. Un environnement spécifique favorable à l’émergence de petits entrepreneurs privés est aussi envisagé. Il s’adresse notamment aux développeurs des mini-réseaux, aux distributeurs des kits solaires et autres systèmes solaires autonomes dans les zones rurales à très faible densité de population.
Par ailleurs, une stratégie nationale de numérisation du secteur de l’énergie sera lancée, avec dès 2026 des actions prioritaires. Un consultant sera recruté afin de rédiger la stratégie, puis après soumission et validation, on aura en 2027 une cartographie et la numérisation de l’ensemble des infrastructures du secteur de l’électricité.
Faire du Cameroun un pays exportateur d’énergie
Le pays compte opérationnaliser le volet interconnexion avec les pays voisins notamment le Tchad, le Nigéria et la République Centrafricaine. D’ici fin 2026, il sera question de mettre en place des comités de pilotage inter-Etats pour le suivi de la mise en œuvre des projets de développement des interconnexions avec le Nigeria, la République Centrafricaine, la Guinée Equatoriale, le Congo et le Gabon. Des comités techniques inter-Etats pour le suivi de la mise en œuvre des recommandations des comités de pilotage seront également définis. D’ici fin 2026, on devrait avoir une assistance technique pour l’accompagnement du gouvernement dans l’élaboration d’une tarification pour les interconnexions, la structuration commerciale et contractuelle des interconnexions et la définition d’un modèle de gestion et d’exploitation des interconnexions au niveau du Pool Énergétique d’Afrique centrale (PEAC). Il s’agit d’une Institution Spécialisée de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) dont le Cameroun est membre. D’ici fin 2027, le pays envisage d’ achever les études d’interconnexion haute tension entre le Cameroun et le Nigéria. Pour ce faire, les termes de références liées à ces études sont en cours de discussion entre le PEAC et le WAPP. A la même échéance, il est prévu de développer des infrastructures de production pour faire du Cameroun un pays exportateur d’énergie. En l’occurrence, achever la maturation des projets d’aménagements hydroélectriques de Chollet (600 MW), Bini à Warak (90 MW), Kikot (500 MW), Grand Eweng (1035 MW), Minkouma (300 MW), Mbakaou (200 MW). Barrages réservoirs Pont rails et Ntem ; identifier et sécuriser les financements nécessaires (prêts concessionnels, investissements privés, coopération avec les partenaires régionaux et internationaux) au développement des projets transfrontaliers identifiés. L’Etat vise à l’horizon 2030 d’atteindre une production de 5000MW pour pouvoir revendre à ses voisins. L’un des principaux défis dans cette ambition est de disposer d’un organe de régulation du secteur de l’électricité sous régional opérationnel pour adresser les questions d’interconnexion transfrontalière.
La Chambre des comptes de la Cour suprême met en garde contre une dérive budgétaire désormais persistante. Dans son rapport sur l’exécution budgétaire pour l’exercice 2024, rendu public le 19 novembre 2025, l’institution souligne que les restes à payer – ces dépenses engagées mais non réglées – continuent de s’accumuler d’année en année, au point de devenir un risque sérieux pour l’économie nationale et pour la crédibilité financière du Cameroun.
Au 31 décembre 2024, ils atteignaient 926,49 milliards de FCFA, selon des données publiées par cette institution. Les dépenses courantes comme les biens et services (281,6 milliards), les subventions et transferts (334,7 milliards), ou encore les dépenses en capital (373,6 milliards) concentrent l’essentiel du stock
Le volume des restes à payer qui croit incessamment au fil des années n’est pas qu’un poids latent pour la trésorerie de l’Etat. Il « confère » également au pays, « le statut permanent » de « mauvais élève » en matière de respect des règles communautaires , et même de celles qu’il a lui même édictées. En effet , comme le souligne la Chambre des comptes, cette accumulation des RAP se fait en violation du principe communautaire de non-accumulation des arriérés de paiement sur la gestion courante, en zone Cemac.
La Chambre cite également le décret du 7 juillet 2020 portant règlement général de la comptabilité publique, selon lequel « le paiement est l’acte par lequel l’État se libère de sa dette (…) » et « que toute dépense non réglée dans un délai de quatre-vingt-dix jours après liquidation devient automatiquement un arriéré, assorti d’un intérêt moratoire».
La chambre des comptes rappelle également l’instruction comptable du 4 mai 2022, qui précise « que toute dépense non payée au terme de la période complémentaire doit être reclassée dans les dettes financières, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui». Cette absence de reclassement, écrit-elle, « masque une partie de la dette publique et ne permet pas d’avoir la situation exhaustive de celle-ci ».
Dans son analyse, la Chambre des comptes met en relation directe ces retards de paiement avec les tensions qui se propagent dans l’économie réelle. Elle affirme que « l’importance de ces restes à payer ne permet pas d’avoir une exécution harmonieuse du budget de l’État », et leur accumulation « impacte négativement l’économie nationale ». A en croire cette dernière , les arriérés privent les entreprises de liquidités, perturbent leur accès au crédit, ralentissent l’activité et finissent par peser sur l’emploi. Ils poussent les fournisseurs à augmenter leurs prix pour se protéger du risque de retard, ce qui renchérit les prestations et affaiblit l’efficacité de la dépense publique.
La Chambre avertit également que l’augmentation du coût des fournitures peut contraindre les administrations à réduire leurs achats ou à diminuer le niveau des services rendus, voire à en suspendre certains. Les fournisseurs, confrontés à leurs propres difficultés de trésorerie, peuvent exiger un paiement avant livraison, ce qui menace la continuité de services essentiels comme l’électricité, l’eau ou le carburant, ou encore retarde des projets d’investissement.
L’institution souligne par ailleurs que les retards chroniques créent un terrain propice aux pratiques de contournement, en encourageant la corruption et la collusion entre certains acteurs publics et privés qui cherchent à accélérer le traitement des dossiers.
La pression se répercute aussi sur le système financier. « Pour compenser leur manque de liquidité, des opérateurs économiques se tournent vers les banques, ce qui renforce les tensions sur la dette et contribue à un mouvement haussier des taux d’intérêt. Dans cet environnement dégradé, les fournisseurs, fragilisés et moins confiants dans la solvabilité de l’État, hésitent parfois à s’acquitter de leurs obligations fiscales et sociales tant qu’ils n’ont pas été payés. Cette chaîne d’effets finit par fragiliser l’équilibre budgétaire lui-même, car la prise en compte des restes à payer en début d’année crée des contraintes de trésorerie qui se répercutent jusqu’à la clôture de l’exercice » , souligne la Chambre des comptes.
Elle estime par ailleurs que ces tensions auraient pu être anticipées si le montant des restes à payer avait été intégré dès la loi de finances initiale, ce qu’elle recommande désormais de manière formelle. Elle appelle également à isoler ces montants en fin d’exercice afin de rechercher des financements spécifiques, dans le but d’assurer une exécution budgétaire plus fluide et plus transparente.
Dans le rapport de la chambre des comptes il est indiqué que le ministre des Finances reconnaît la pertinence de l’observation et affirme que, même en l’absence de cadre formel, les restes à payer de plus de trois mois font l’objet d’un suivi par la Caisse autonome d’amortissement. Les notes de conjoncture de cette dernière l’attestent d’ailleurs. A fin septembre 2025, les arriérés ont drastiquement baissé atteignant 485,4 milliards de FCFA, soit un niveau identique à celui observé trois mois plus tôt. La CAA précise toutefois que ces estimations demeurent provisoires et doivent être consolidées par le Trésor public au terme des travaux de fin de période.
Situés au marché Central, Ndokoti et marché Congo, ces espaces inaugurés le 20 novembre dernier visent des lieux stratégiques d’activités de commerce général et d’artisanat.
« Cornaline », « Amazonite » et « Malachite », des pierres précieuses sont des noms de baptême des trois nouvelles agences commerciales de BGFIBank Cameroun à Douala. Le premier est situé à Ndokoti, le second au marché central au lieu-dit Carrefour Gazon et le dernier au marché Congo sur la Rue Gallieni. C’est un positionnement stratégique dans les arrondissements de Douala 3ème, 2ème et 1er. Les lieux choisis sont des centres d’affaires, reconnus pour des activités de commerce général et d’industrie et d’artisanat.
La cérémonie d’inauguration de ces agences le 20 novembre dernier était l’occasion pour la banque de décliner son plan d’action pour satisfaire la cible dans ces espaces commerciaux. BGFIBank Cameroun a décidé de s’adapter aux réalités de fonctionnement des commerces de ces zones, en modifiant ses horaires et jours d’ouverture. Les agences « Cornaline », « Amazonite » et « Malachite », seront ouvertes du Lundi au Vendredi de 10h00 à 18h00, le Samedi et les Jours fériés de 11h00 à 17h00. Ceci, en plus des solutions de financement taillées sur mesure. « Toute cette organisation est mise en place pour que les nouvelles agences qui sont situées dans les marchés puissent mieux se rapprocher de la clientèle et s’adapter en fonction de l’environnement dans lequel elles se trouvent. Et ajouté à cela, dans l’organisation commerciale, on a pu ajouter en place les différents acteurs commerciaux pour renforcer la présence structurelle. Vu que nous sommes dans les marchés, on peut bien s’adapter avec nos descentes sur le terrain, l’écoute de la clientèle et également proposer des solutions adaptées à leur besoin », explique le chef d’agence de Ndokoti.
A travers ces ouvertures simultanées, BGFIBank Cameroun dit poursuivre l’ ambition d’être le « Partenaire pour l’avenir » de toutes les populations quel que soit le secteur d’activités. La banque compte désormais 25 agences, 03 cash point, 01 Centre d’affaires et 49 distributeurs automatiques de billets.
Arrivé au Cameroun en 2012, Cette filiale locale du groupe bancaire gabonais a investi différents marchés: la banque de détail (Particuliers de tout type, TPE-TPI, PME-PMI, Professionnels libéraux, Associations, Commerçants…); la banque d’affaires et la banque privée
Réaction
Abakala MAHAMAT, ADG BGFIBank Cameroun
« Nous voulons mieux servir nos petites entreprises, nos commerçants dans les marchés »
« La ville de Douala c’est le poumon de l’économie et pour que nous marquions notre impact sur l’économie, il faut bien que nous nous installions de façon durable dans la ville de Douala. Nous avons commencé une politique d’expansion, nous avons commencé une politique du little banking depuis plusieurs années. Il est donc question pour nous aujourd’hui de continuer cette politique-là pour faire en sorte que la banque soit plus proche des populations, qu’on puisse apporter aux populations une banque de proximité, de qualité et surtout une banque qui soit irréprochable au niveau du service. Aujourd’hui, nous sommes à Ndokoti, nous ouvrons Ndokoti cumulé avec les agences du marché central et les agences du marché Congo. Vous voyez que nous avons recentré notre politique pour mieux servir nos petites entreprises, nos commerçants dans les marchés phares de la ville de Douala. C’est la concrétisation de l’implémentation pratique de cette politique sur le terrain. »
Centre de Formation aux Métiers de Bertoua, implanté à Mandjou, anciennement appelée commune de Bertoua rurale, à environ 9 km du centre urbain.
Sous le soleil de canicule de Bertoua, jeudi 20 novembre 2025 aux environs de 11h, Oumarou Ousmanou, apprenant en filière transformation du bois au CFM, ponce un guéridon. Son geste est régulier, maîtrisé. À proximité, un camarade travaille sur un autre meuble sous la supervision de leur encadreur. Oumarou, la vingtaine révolue, effectue sa deuxième semaine de stage d’imprégnation, une immersion destinée à familiariser les apprenants avec les machines, les types de bois et les techniques d’assemblage.
Deux apprenants du CFM de Bertoua en stage d’imprégnation au sein de l’entreprise Kakabi, encadrés sur site par leur superviseur professionnel.
Avec un ton déterminé, il raconte les raisons qui l’ont poussé à rejoindre la formation : « Au départ, ce n’était pas facile de me débrouiller sans une technique de base. La situation familiale était compliquée et je cherchais à me former pour devenir professionnel. » Il se souvient également de sa rencontre avec une équipe de sensibilisation du CFM : « Ils m’ont présenté les offres de formation. J’ai accepté, parce que je voulais obtenir un diplôme et une reconnaissance. »
Pour Oumarou comme pour beaucoup de jeunes vivant dans la région, l’intérêt d’un centre de formation réside dans l’accès à une filière structurée délivrant un diplôme reconnu par l’État. « Je voulais me former depuis longtemps, mais je ne savais pas comment entrer dans un cadre organisé », lance l’originaire d’une des régions septentrionales du pays. Son objectif est clair : créer une petite entreprise après sa formation pour assurer son autonomie et soutenir ses frères cadets. D’abord inscrit en transformation animale, il se réoriente vers la filière bois après le module « métier et formation », qui présente les exigences et contraintes de chaque spécialité.
Comme lui, une vingtaine d’apprenants suivent actuellement leur parcours au CFM de Bertoua, implanté à Mandjou, anciennement appelée commune de Bertoua rurale, à environ 9 km du centre urbain. Parmi eux, Serges Letina, inscrit en transformation et conservation des produits végétaux, motive son choix par la disponibilité des matières premières dans l’Est et par un projet entrepreneurial né au quand-il était au secondaire. Il suit la formation depuis un mois et attend impatiemment les équipements de ce centre, pour la phase pratique qui doit compléter la théorie.
Youego Dorcas, engagée dans la filière énergie renouvelable et électromécanique, évoque les besoins énergétiques de la région comme motivation : « Plusieurs localités n’ont pas d’électricité. Avec le solaire, on peut les alimenter. Mon objectif est d’aider les villages de l’Est. »
UN CENTRE FINANCÉ À PLUS DE 3 MILLIARDS FCFA
Le CFM de Bertoua, financé à 100 % par le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) pour un montant d’environ 3 milliards de FCFA, est présenté comme un levier de structuration des compétences dans une région où l’emploi des jeunes reste majoritairement informel. Construit sur plus de 11 hectares, dont 6 hectares de surface utile, il propose des formations en transformation animale et halieutique, transformation végétale, transformation du bois et électromécanique.
Le site comprend dix bâtiments — blocs administratifs, salles de cours, showroom, auditorium — ainsi que cinq ateliers dédiés aux différentes filières. Plus de 98 % des travaux sont achevés et la réception officielle est annoncée d’ici la fin de l’année. Cinq marchés sont en cours d’exécution pour équiper les ateliers et assurer l’électrification du centre, avec une livraison prévue en décembre 2025.
À pleine capacité, le centre pourra accueillir annuellement près de 200 apprenants et proposera des formations initiales et continues, en présentiel, à distance, en cours du jour, du soir ou en alternance. Les filières ciblent des métiers directement liés au tissu productif local : opérateur de transformation des produits animaux (OTPA), opérateur de transformation des produits végétaux (OTPV), menuisier-ébéniste, charpentier, conducteur d’opérations de scierie ou affûteur.
Au-delà de la formation, le CFM est structuré comme un espace socio-économique. Les ateliers seront ouverts aux opérateurs locaux moyennant un paiement symbolique. Le showroom permettra la commercialisation des productions des apprenants, instituant un lien fonctionnel entre formation et marché. L’établissement devient ainsi un instrument d’intégration économique, renforçant les capacités productives d’une région au potentiel immense mais sous-exploité.
Selon un rapport 2022 de l’Institut National de la Statistique (INS), l’Est Cameroun affiche 62,8% d’emploi, dominé par secteurs primaires et informels, mais avec faible durée moyenne (3 ans 6 mois) et avec 9,8% d’enfants non qualifiés employés. L’Est présente également un taux de pauvreté de 30 % selon l’ECAM 4, inférieur au seuil national (37,5 %) mais reflétant une fragilité socio-économique persistante, comparable à celle observée dans l’Adamaoua et le Nord.
UNE RÉGION RICHE EN RESSOURCES MAIS CONFRONTÉE À DE FORTES CONTRAINTES
La région de l’Est, avec ses 109 002 km², est la plus vaste circonscription administrative du Cameroun. Son économie repose massivement sur ses ressources forestières, fauniques et halieutiques : deux tiers du territoire sont couverts de forêts abritant près de 300 espèces d’arbres, dont une trentaine sont couramment exploitées. L’exploitation du bois reste sélective et dominée par la première transformation, ce qui limite la valeur ajoutée locale malgré des recettes fiscales importantes dont une partie est reversée aux communes et communautés.
Les produits forestiers non ligneux constituent une ressource clé pour les ménages, tout comme la faune dont les activités économiques se concentrent sur la chasse et le tourisme cynégétique. Selon les données officielles, les recettes issues de cette filière restent faibles, en décalage avec l’abondance du potentiel, sur fond de braconnage et de contrôle défaillant. Sur le plan énergétique, la région souffre d’un déficit structurel.
Le Schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (2024) dénombre 14 agglomérations électrifiées sur 43, desservies par des centrales thermiques ENEO totalisant une capacité installée de 23,4 MW, dont seulement 12,36 MW disponibles dans six centrales isolées. Ce déficit freine le développement industriel local et justifie l’intérêt croissant pour les filières d’électromécanique et d’énergies renouvelables.
UN OUTIL DE DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL
Le projet de CFM de Bertoua s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui cible l’adéquation formation-emploi comme pilier de transformation structurelle. Au niveau national, la formation professionnelle encadre plus de 300 000 jeunes par an via le MINEFOP, les chambres consulaires et les organisations professionnelles.
En 2022, le taux d’insertion des sortants s’établissait à 41,7 %, avec une employabilité supérieure pour les métiers techniques — bois, agro-industrie, maintenance — en lien direct avec les besoins des entreprises locales. Dans cette région riche en ressources mais caractérisée par une industrialisation sommaire et un accès limité à l’énergie, le CFM de Bertoua matérialise un investissement stratégique orienté vers la transformation locale, la montée en compétences et l’entrepreneuriat productif.
En rappel, le Contrat de désendettement et de développement (C2D), lancé en juin 2006 dans le cadre de la coopération franco-camerounaise, s’est imposé comme l’un des dispositifs les plus structurants de la dernière décennie. À l’issue du troisième et dernier contrat, près de 1 000 milliards FCFA auront été réinjectés dans l’économie nationale, avec pour finalité la réduction de la pauvreté, le renforcement des services de santé, l’amélioration des infrastructures et l’accélération du développement.
ACHILLE BASSILEKIN III, ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat
« La détermination des pouvoirs publics de promouvoir l’entrepreneuriat et d’accompagner les entrepreneurs a été réaffirmée par le Chef de l’Etat à l’occasion de son discours d’investiture du 06 novembre 2025.
Aussi certaines mesures fortes ont été annoncées en faveur des entreprises notamment : la mise en place de facilités administratives et fiscales pour les entreprises privées avec en contrepartie, l’obligation pour celles-ci, de recruter les jeunes ; le renforcement des mécanismes d’encadrement et d’accompagnement des jeunes dans la conception, la mise en œuvre et le financement de leurs projets en liaison avec les banques locales et les bailleurs de fonds internationaux ; la promotion d’entreprises dans les secteurs à fort potentiel de création d’emplois, à l’instar du numérique, des mines, de l’agriculture et des services.
A ce stade, comment ne pas relever pour mieux le souligner, l’octroi par le MINPMEESA d’un appui financier direct à hauteur de 420 millions FCFA à 22 juniors entreprises issues des incubateurs d’entreprises logés au sein des Universités d’Etat et Grandes Écoles ? C’est notre contribution à l’émergence d’une nouvelle génération d’entreprises dirigées par des entrepreneurs professionnels que nous espérons devenir des champions nationaux dans leurs secteurs respectifs.
Quant à vous chers, j’exhorte les entrepreneurs à s’approprier tous ces instruments, à capitaliser les opportunités offertes et à s’investir sans relâche pour qu’ensemble, à travers la dynamique de création de richesses, d’emplois et l’innovation, nous puissions accélérer notre marche vers l’émergence économique de notre pays. »