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Raffinerie nationale : 300 milliards FCFA pour la réhabilitation de la Sonara

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Le 26 novembre 2025, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a annoncé que l’entreprise française Axens avait achevé une étude de faisabilité détaillée pour la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara). Le coût total du projet est estimé à 300 milliards de francs CFA. L’étude propose des configurations techniques conformes aux normes actuelles, intégrant les nouvelles technologies de raffinage et les exigences environnementales du marché international.

Cette étape s’inscrit dans un calendrier déjà engagé. Le 13 août 2025, le conseil d’administration de la Sonara avait adopté le Plan d’accélération des mesures de restructuration et de réhabilitation (PARRAS 24), qui prévoit un retour au raffinage sous 24 mois. Selon le communiqué final, ce plan vise à restaurer les capacités essentielles de la société et à sécuriser l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Sur le plan financier, il prévoit une recapitalisation des fonds propres et la recherche de partenaires pour couvrir les coûts de la réhabilitation.

Sur le plan technique, PARRAS 24 propose de remettre les installations dans leur état initial, avant l’incendie du 31 mai 2019 qui avait détruit une partie de la raffinerie. La société prévoit également un plan de gestion des effectifs pour renforcer les compétences internes en vue de la reprise d’activité, ainsi que l’intégration d’équipements modernes capables de traiter les bruts lourds produits au Cameroun et dans la sous-région. Cette adaptation doit réduire les pertes liées à l’ancienne configuration.

C’est en mars 2025 que la Sonara avait officiellement lancé les travaux préparatoires de sa réhabilitation avec le démarrage de l’étude confiée à Axens, prévue sur 42 semaines. Celle-ci inclut une analyse du marché, une étude technico-financière complète assortie d’un business plan finançable, la configuration de la nouvelle raffinerie conforme aux normes internationales sur le soufre, le benzène et les produits pétroliers, ainsi qu’une capacité de traitement renforcée. L’évaluation financière et économique, les plans techniques nécessaires à la mise en service et l’estimation du coût global et du calendrier des travaux figurent également au programme, marquant une étape clé vers la modernisation de l’outil national de raffinage.

Cette dynamique répond aux instructions du chef de l’État, qui avait approuvé dès le 22 avril 2022 le lancement du plan de réhabilitation et de reconstruction de la Sonara. Le chantier inclut la reconstruction des unités détruites, l’achèvement du projet « Sonara 2010 » engagé depuis 2008 et jamais finalisé, ainsi que l’installation d’un hydrotracteur destiné à améliorer la qualité des produits raffinés. La mise en œuvre doit se faire dans un cadre de partenariat public-privé, en tenant compte des règles juridiques, des responsabilités institutionnelles et des modalités de financement.

La modernisation de la raffinerie doit permettre de traiter le pétrole brut local à moindre coût, réduisant ainsi les subventions publiques et limitant les importations de brut. L’étude d’Axens apparaît comme un élément central d’un programme qui vise à repositionner la Sonara dans un environnement énergétique régional et international en pleine mutation.

Stade Olembe: PICCINI et MAGIL réclament 267 milliards FCFA au Cameroun

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L'ultimatum de la CAF. Délais de livraison du stade Olembe le 30novembre.

Le différend autour du Complexe sportif d’Olembé risque de peser lourdement sur les finances publiques camerounaises. Selon le Rapport de certification du Compte général de l’État 2024, récemment rendu public par la Chambre des comptes de la Cour suprême, les entreprises Piccini (Italie) et Magil Construction (Canada), qui se sont succédé à la tête de ce chantier, revendiquent un cumul de 267 milliards de francs CFA au titre d’indemnisation. Ce montant correspond à 250 milliards pour Piccini et 17 milliards pour Magil, et représente aujourd’hui un risque réel pour le budget de l’État, même si la Chambre des comptes juge encore ces risques « indéterminés » compte tenu de l’évolution des procédures.

À l’origine de ces réclamations financières figure la gestion tourmentée d’un projet lancé pour doter Yaoundé d’un stade multifonctionnel de 60 000 places accompagné d’équipements annexes, d’un hôtel, d’un centre commercial, d’un gymnase et d’une piscine olympique. L’infrastructure n’a été inaugurée que partiellement en janvier 2022, pour les besoins urgents de la Coupe d’Afrique des Nations, mais sa mise en service complète demeure inachevée. Depuis 2022, le chantier est totalement à l’arrêt, malgré plusieurs mises en demeure adressées par le ministère des Sports.

CONTENTIEUX AVEC PICCINI

 Le premier litige, le plus lourd financièrement, oppose l’État du Cameroun à PICCINI SPA. La société italienne a engagé depuis plusieurs années une procédure devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un organe d’arbitrage basé à Washington et rattaché au groupe de la Banque mondiale. Le CIRDI est souvent saisi pour les désaccords contractuels impliquant un État et un investisseur étranger. Dans ce dossier, Piccini affirme avoir été évincée abusivement alors que son contrat, signé pour un montant initial de 163 milliards FCFA, restait selon elle pleinement exécutable.

L’entreprise réclame 250 milliards FCFA, en compensation de cette rupture. La réplique du gouvernement camerounais s’appuie sur des manquements jugés majeurs dans la conduite des travaux. Dans les observations rendues publiques, Yaoundé affirme que les retards accumulés par l’entreprise menaçaient la tenue de la CAN 2021, ce qui avait rendu inévitable la résiliation. L’instruction se poursuit encore à Washington en 2025, et une condamnation de l’État camerounais au niveau revendiqué constituerait l’une des plus importantes décisions arbitrales prononcées contre un pays d’Afrique centrale.

MAGIL

Le second litige concerne Magil Construction Corporation, qui a repris le chantier après le départ de Piccini. Ce nouveau différend est porté devant la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris, une autre instance arbitrale internationale spécialisée dans les conflits commerciaux. Magil réclame 17 milliards FCFA, soit 25,92 millions d’euros, au motif que l’État aurait bloqué les financements nécessaires à la poursuite des travaux.

La société affirme avoir respecté ses obligations contractuelles avant de résilier ellemême son contrat, estimant que le ministère des Sports n’avait pas libéré les fonds convenus. Du côté camerounais, la contestation est ferme. Le gouvernement soutient que Magil a perçu 42 milliards FCFA, somme nettement supérieure aux 22 milliards FCFA prévus dans le contrat initial. Il souligne que 38 milliards FCFA sur ce total provenaient d’un prêt contracté auprès de la Standard Chartered Bank. Selon les données mises en avant par Yaoundé, les décaissements excédaient largement les obligations contractuelles, alors que l’avancement effectif du chantier restait insuffisant. À cela s’ajoute un différend interne à Magil avec ses fournisseurs, qui, avant son départ en 2022, réclamaient 13 milliards FCFA de factures impayées, un élément que le gouvernement estime révélateur d’une « impossibilité structurelle » à mener le chantier à terme.

Le chantier est désormais figé, l’État envisageant une reprise « en régie », c’est-à-dire sous maîtrise directe du ministère, une option rarement utilisée sur des infrastructures de cette ampleur mais qui traduit la volonté de reprendre la main après deux échecs successifs avec des prestataires internationaux. En additionnant les coûts déjà engagés, les financements additionnels, les avenants contractuels et les demandes indemnitaires actuellement en arbitrage, la facture finale pourrait dépasser 500 milliards FCFA si les tribunaux donnaient raison à Piccini et Magil Construction.

La commune de Mintom se dote d’un outil de planification pour répondre aux dérèglements climatiques

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Cette initiative s’inscrit dans le projet « Renforcement de l’action climat locale au Cameroun : Cas des communes de Djoum et Mintom », conduit par l’organisation Action for Sustainable Development (ASD) avec l’appui technique et financier du World Resources Institute (WRI), dans le cadre du programme Green Accountability soutenu par la Banque mondiale. D’après les organisateurs, l’objectif est de combler un vide de gouvernance locale dans un pays où les effets climatiques — sécheresses prolongées, pluies extrêmes, vents violents et glissements de terrain — se multiplient et fragilisent les moyens de subsistance des populations rurales.

Le communiqué publié à l’issue de l’atelier rappelle que plus de «70 % des Camerounais dépendent directement de l’agriculture, un secteur très vulnérable aux variations climatiques. Il souligne également que les communes manquent souvent de ressources financières, de capacités techniques et d’outils de planification pour intégrer la dimension climatique dans leurs budgets ou dans leurs politiques de développement ». Malgré l’adhésion de 89 municipalités camerounaises à la Convention des Maires pour l’Afrique subsaharienne, « seules une douzaine ont pu engager ou finaliser un plan climat. Mintom, commune enclavée mais dotée d’un potentiel forestier stratégique, entend désormais rejoindre ce cercle restreint. »

Les documents validés à Ebolowa constituent, selon leurs rédacteurs, une première réponse à ces lacunes. Le guide simplifié vise à offrir aux collectivités un outil accessible pour comprendre et structurer leur action locale, tandis que le diagnostic climat-énergie établit une photographie des vulnérabilités et des besoins spécifiques de Mintom. Ces deux supports doivent permettre à la commune d’identifier ses priorités, d’intégrer la redevabilité environnementale dans sa gestion et de mieux dialoguer avec ses partenaires techniques et financiers.

Le communiqué indique que ce travail est « le résultat d’un processus participatif mené depuis plusieurs mois. ASD et son partenaire For Africa ont conduit des missions d’information et de sensibilisation auprès des communautés locales, notamment des femmes et des populations autochtones baka. Des sessions de formation ont également ciblé les équipes municipales, les services techniques et plusieurs associations locales, avec un accent particulier sur la finance climatique et la formulation de projets capables d’attirer des financements internationaux. » Les deux communes bénéficiaires ont par ailleurs été accompagnées dans leur démarche d’adhésion aux conventions régionales et mondiales des maires engagés dans l’action climatique.

L’atelier d’Ebolowa a réuni entre 35 et 40 participants, parmi lesquels le  Ministère de l’Environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable, Ministère de l’Eau et de l’Energie, les communes de Mintom et Djoum, plusieurs ONG nationales et internationales — dont, WWF, ZSL, FODER, FLAG, etc. — ainsi que des institutions techniques comme l’ONACC.

À l’issue des échanges, les participants ont validé techniquement les documents présentés et ont convenu d’une feuille de route commune pour finaliser et diffuser le guide ainsi que le diagnostic. Le communiqué souligne que cette étape marque le début du processus d’élaboration du Plan Climat Local de Mintom, qui devra consolider les données produites, préciser les priorités d’investissement et définir un mécanisme local de partage d’information entre les acteurs publics, les communautés et les organisations partenaires.

Pour les responsables du projet, cet atelier ouvre la voie à une meilleure articulation entre les ambitions nationales — définies dans le Plan National Climat d’avril 2025 — et les réalités des territoires. Mintom devient ainsi l’un des rares espaces ruraux du pays à se doter d’un cadre structuré pour piloter sa transition énergétique et renforcer sa résilience face aux chocs climatiques. Selon le communiqué, cette dynamique locale pourrait servir de modèle aux autres collectivités du Sud Cameroun et, plus largement, aux communes africaines confrontées aux mêmes urgences environnementales.

Régionales 2025: Rififi autour de la liste MDR dans le Mayo-Kani

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La Cour suprême n’a pas rejeté la liste du Mouvement démocratique pour la Défense de la Démocratie (MDR) dans le département du Mayo-Kani, région de l’Extrême-Nord. Contrairement aux informations véhiculées depuis quelques jours, et soutenues par Elections Cameroon (Elecam) même. Au sujet de l’arrêt rendu ce 21 novembre dernier par la Chambre administrative de cette juridiction suprême. En effet, la Chambre administre de la Cour suprême a annulé le jugement N°39/CE/TA/MRA/2025 du 10 octobre 2025, du tribunal administratif de Maroua. Jugement qui, s’il a rejeté la demande d’annulation de la liste investie par Me Paulin Djorwé, demandait à Elecam de réintégrer la liste du MDR dans la course pour les postes de conseillers régionaux dans le Mayo-Kani. Ce jugement concernait la saisine par Hassana Adama, mandataire de Tigana Daïssala, fils du fondateur du parti, qui revendique la présidence du parti, malgré que la justice l’ait debouté.

L’ambigüité vient du fait que ce jugement ordonnait la réhabilitation par Elecam, «de la liste des candidats du MDR signée par sieur Boubakar Hamadou son mandataire…». Boubakar Hamadou étant le mandataire désigné par Me Paulin Djorwé, président reconnu par la justice.

Deux recours différents

Le même 10 octobre 2025, le tribunal administratif de Maroua avait rendu un autre jugement, le N°36/CE/TA/MRA/2025, sur la saisine de l’autre camp. Et c’est Boubakar Hamadou qui l’avait fait le recours, demandant la réhabilitation de la liste qu’il conduit, en tant que mandataire désigné par Paulin Djorwé. Cet autre jugement n’a jamais été attaquée par une quelconque partie concernée. Du coup, Me Djorwé Paulin crie à la « manipulation», au sujet de l’interprétation de l’arrêt de la Cour suprême dont il n’est pas concerné. Constatant qu’Elecam qui, au 15 octobre dernier, a pris une résolution pour réadmettre la liste MDR initialement rejetée pour « double investiture », ne s’est jamais retractée, mais entretient la confusion en soutenant que désormais, il n’y a plus que 10 partis en lice pour les régionales, en soustrayant le MDR. « L’arrêt de la Cour suprême annule le jugement N°39 du 10 octobre 2025, qui concerne l’affaire Hassana Adama contre Elecam et Boubakar Hamadou». En soulignant que « le jugement N°36… n’a fait l’objet d’aucun recours ni par Elecam, ni par le ministère public, ni par les imposteurs Hassani Adama et son commanditaire Daïssala Tigana Tassi ».

Le 28 septembre dernier, Elecam avait rejeté les deux listes investies par le MDR, par les deux factions qui se mènent une guerre de légitimité et de légalité à la tête de ce parti fondé par Dakolle Daïssala. Les deux parties avaient attaqué cette décision en saisissant le tribunal administratif de Maroua. Lequel a rendu deux décisions séparées le même jour. A noter que le mandataire de la faction Djorwé avait fait une intervention volontaire dans la procédure de l’adversaire. S’imposant de fait comme partie prenante dans cette affaire, afin de pouvoir éventuellement attaquer la décision finale en cas de nécessité. Ce qui ne fut pas le cas pour la partie adverse, qui aurait ainsi eu l’occasion d’attaquer la décision y relative.

Cet autre jugement devenu définitif, ne peut plus être attaqué. Du coup, « le jugement qui était déjà exécutoire, ne peut plus être attaqué à ce jour», rappelle Me Paulin Djorwé. Alors, « le MDR reste en lice pour les élections du 30 novembre dans le Mayo-Kani», conclut-il. « Le tribunal administratif aurait pu joindre les deux procédures que mes adversaires auraient intérêt à attaquer la décision qui réhabilite la liste de mon mandataire. Cela n’a pas été fait. Il restait à Hassana Adama d’y faire une intervention volontaire», enseigne l’avocat au Barreau du Cameroun. Reste à voir si Elecam va se raviser. Une attitude que Paulin Djorwé trouve suspecte. Toujours est-il que le président légalement reconnu du MDR sait que « Tassi n’est pas seul. Il est piloté par des mains invisibles ».

Autoroute Yaoundé-Nsimalen : ces obstacles au démarrage du tronçon urbain

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Bien que la pose de la première pierre des travaux de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen ait eu lieu en décembre 2023, le début effectif des travaux a pris du retard. Même les travaux annoncés le 23 avril 2025, lors du Comité de pilotage de ce projet, sont toujours attendus. Il était notamment envisagé l’aménagement du site de relocalisation d’Olezoa et la construction de la voie de déviation au niveau du carrefour 03 statues ; l’aménagement des voies de déviation, Entrée Camp Tunisien-2ème Echangeur Mvan-911 ml ; Obam Ongola (Entrée Ecole)-Entrée Pharmacam-1080 ml. Pour le moment, indique-t-on au ministère de l’Habitat et du développement urbain, grâce au Budget d’investissement public (BIP) de ce ministère, les travaux préliminaires s’effectuent. Notamment, le recalibrage du lit du Mfoundi derrière le Bois Saint Anastasie où l’autoroute doit traverser. En 2026, informe-t-on, les travaux devraient avoir lieu au niveau arrière du marché Mvog Mbi pour l’installation des nombreux commerçants sur ce tronçon. Il y a aussi certaines dessertes qui sont en plein aménagement par l’entreprise Bun’s pour des voies de passage et éviter des embouteillages quand débuteront les grands travaux.

Le retard pris dans le démarrage effectif des travaux de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, selon de nombreux observateurs, est consécutif au manque de financement, à des problèmes administratifs liés aux expropriations, au recasement et indemnisation des populations affectées par son tracé. Certes, le président de la République a, par décret du 18 novembre 2025, habilité le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire à signer, avec la MUFG Bank Londres, une combinaison de prêts d’environ 154,4 milliards de  FCFA, pour la réalisation des travaux du premier tronçon de ce projet, qui va de l’échangeur d’Ahala jusqu’au carrefour 03 statues. Il s’agit d’un crédit acheteur d’un montant de 207,9 millions d’euros, soit environ 136,392 milliards FCFA et un crédit-commercial d’un montant de 27,6 millions d’euros, soit environ 18,105 milliards FCFA. Mais, le financement des deux autres lots n’est pas encore trouvé. Il se dit même que ce financement reste bloqué en raison de contraintes financières et administratives, notamment liées aux indemnisations et aux expropriations.

Explosion du coût du projet

Si au Minhdu, l’on souffle sous anonymat qu’ « en ce qui concerne le budget il n’a pas véritablement changé en dehors du fait que les études ont eu lieu en 2014. Il va de soi que plus de 10 ans après, certains coûts ne sont plus les mêmes ». Il reste constant que le coût de ce projet a explosé. Ce coût, selon certaines sources bien informées, est passé d’un montant initial de 379,5 milliards de FCFA à 434 milliards de FCFA pour la phase 2, pour une livraison prévue pour 2030. L’on explique cette explosion des coûts par un certain nombre de facteurs, notamment, l’augmentation du coût des matériaux, les modifications des spécifications techniques ; la complexité de l’environnement urbain, et des coûts importants liés aux indemnisations et aux recasements des populations. L’attente du décaissement des fonds restants reste donc un obstacle majeur au démarrage effectif des travaux à grande échelle sur cette section urbaine. Cependant, les études techniques et environnementales sont finalisées, et des travaux préliminaires, tels que des travaux de déviation, ont fait l’objet d’appels d’offres ou de financements spécifiques, c’est le cas avec 6,1 milliards de FCFA pour des déviations en novembre 2024.

Surtout que le nouveau tracé de cette autoroute, rappelle-t-on, prévoit la mise en place de voies de services adaptés aux modes de circulation des taxis et des autres modes de transports en commun, et permettra une desserte aisée des bâtiments bordant l’autoroute, sans perturber le déplacement des usagers en transit sur de plus longues distances. Les encombrements que l’on observe aux intersections principales seront résolus grâce à la construction d’échangeurs, qui permettront d’améliorer la fluidité du trafic, ainsi que l’accès des voies secondaires à l’axe principal de la ville.

La réalisation de la section urbaine de l’Autoroute Yaoundé-Nsimalen, explique-t-on, représente une transformation de l’espace urbain, un facteur clé de l’amélioration des conditions environnementales et sociales de l’agglomération de Yaoundé, une opportunité unique d’accompagner le développement économique de la capitale.

Le casse-tête des indemnisations

Au Minhdu, l’on apprend s’agissant des indemnisations des populations qui seront impactées par les travaux de construction de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen que la commission de recensement a rendu sa copie pour les indemnisations. Seulement une clause contractuelle avec les entreprises indique que ce sont ces entreprises qui vont prendre en charge ces indemnisations. Donc dès que les conventions de financement sont bouclées,  les ordres de services pourront être délivrés pour les débuts des grands travaux.  Donc, le processus d’indemnisation et de recasement des populations affectées par la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen est toujours en cours, et fait face à des retards, principalement liés au financement nécessaire. Néanmoins, un décret présidentiel datant d’avril 2025 a classé les terrains nécessaires au projet dans le domaine public artificiel de l’État, une étape juridique essentielle pour l’expropriation et l’indemnisation conformément à la réglementation en vigueur.

En rappel, la section urbaine de l’autoroute Yaoundé Nsimalen est longue de 12,3 km. Elle part de l’échangeur Ahala situé dans l’arrondissement de Yaoundé III, pour rejoindre la sous-préfecture Tsinga dans la commune de Yaoundé II, en passant par la Poste centrale. Le projet a été subdivisé en 3 lots. La construction du premier tronçon qui va de l’échangeur Ahala à Échangeur 3 statues, en passant par Obam-ongola sur un linéaire de 6,2 Km a été confiée à l’entreprise Buns. Quant aux lots 2 (3 statues-Poste centrale) et 3 (Boulevard du 20 mai – carrefour Tsinga), ils ont été confiés à l’entreprise Razel.

Sur ce tronçon, «il y a trois nouveaux ouvrages qui font leur entrée dans le projet et qu’il faudra nécessairement construire pour fluidifier le trafic urbain dans la ville de Yaoundé. Il s’agit de l’échangeur au niveau de 3 Statues : l’autoroute va passer sous terrain sur le rond-point actuel de 3 Statuts, un peu comme à Nlongkak, ensuite l’échangeur au niveau de Messe des officiers, et enfin au niveau de la Poste centrale, l’autoroute passe au-dessus sur un pont et le rond-point de la poste sera réaménagé», indiquait l’entreprise Razel, lors de la cérémonie de pose de la première pierre de ce projet.

Groupe BGFIBank en bourse : les souscripteurs sont éligibles aux dividendes dès 2026

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S’adressant aux investisseurs à Douala, le premier groupe bancaire de la zone Cemac mise sur sa solidité financière et sa stratégie de croissance pour convaincre de prendre une participation dans son capital dans le cadre des souscriptions ouvertes jusqu’au 24 décembre 2025.
L’offre publique d’achat par introduction en bourse de BGFI Holding Corporation est en
marche. Les souscriptions ouvertes depuis le 10 novembre et ce jusqu’au 24 décembre 2025, permettent d’acquérir une part dans les 10 % du capital social de la société. Le groupe a organisé le 25 novembre dernier à Douala, un échange avec les potentiels investisseurs pour leur présenter ses atouts et les contours de cette opération.
Dénommée « IPO BGFI Holding Corporation », l’opération vise à lever 125,9 milliards de FCFA, soit 1,57 million d’actions au prix unitaire de 80 000 FCFA, pour un minimum de souscription de 10 actions, soit 800 000FCFA. BGFIBourse, filiale du groupe est l’arrangeur et chef de file. Parmi les modalités de souscription présentées aux investisseurs, il est par exemple à noter que les souscriptions multiples sont autorisées. L’actionnaire détient plusieurs avantages. Il a notamment la possibilité de céder ses titres avec plus ou moins valeur, la possibilité d’augmenter son portefeuille actuel. Il bénéficie aussi d’une procédure de nantissement et de transmission des titres, de même qu’une fiscalité abordable à un taux d’imposition de 5% sur le revenu. Il est également à noter que les souscripteurs seront éligibles aux dividendes à compter de 2026.

A travers son introduction à la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC), le
groupe BGFIBank compte financer sa stratégie de croissance avec de nouveaux capitaux; renforcer les fonds propres de ses filiales ; optimiser la notoriété du groupe à l’international… De manière plus concrète, le groupe bancaire déjà présent dans douze pays d’Afrique souhaite s’étendre à environ 15 pays. Plusieurs investissements sont également annoncés et un taux de dividende de 15%. En termes de résultats financiers, le groupe vise 8300 milliards de FCFA de total bilan à l’horizon 2030. A fin 2024, ce sont 6 000 milliards FCFA qui ont été réalisés et un résultat net consolidé de 122 milliards FCFA, en hausse de 27 % sur un an.
Cette introduction en bourse de BGFI Holding Corporation a été approuvée en octobre dernier par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Une opération inédite pour la première multinationale de la zone CEMAC à s’inscrire dans le compartiment actions de la BVMAC. En plus, l’impact sur le marché financier sous régional est historique. « Grâce à l’opération de BGFI, la capitalisation de la BVMAC va tripler, passant de 66 à 192 milliards de Fcfa. C’est un signal fort, un exemple qui encourage d’autres entreprises à franchir le pas », indique Ulrich Gambigha, directeur général de BGFIBourse.

Réactions

RHINESSE KATSOU, DGA BGFI Holding Corporation

 « L’avantage est d’avoir un titre rentable, échangeable et générateur de revenus réguliers »

« Pour les cinq prochaines années, nous souhaitons partager cette croissance avec un public beaucoup plus large. Avec ces ressources, nous allons financer notre développement, investir dans de nouvelles filiales et dans nos systèmes d’information, et renforcer notre présence en Afrique et dans le monde. Jusqu’à présent, nous étions autofinancés. Désormais, le marché va accompagner notre croissance. Pour les souscripteurs, l’avantage est d’avoir un titre rentable, échangeable et générateur de revenus réguliers. Une introduction en bourse la nôtre nous appelle à beaucoup plus de transparence. Elle nous amène à être en plus concentrés sur nos indicateurs et pour l’investisseur qui arrive, ça lui apporte une certaine rentabilité sur le titre qu’il a investi. »

ABAKAL MAHAMAT, ADG BGFIBank Cameroun

 « Il s’agit d’une opération qui va sortir du cadre classique »

« Je souhaitais déjà vous dire qu’il s’agit d’une opération qui va sortir du cadre classique, que nous avons tous connu avec des produits financiers plutôt classiques, des placements, des bons de caisse, et autres.  Nous allons donc retrouver ici en plein cœur des actions que les uns et les autres pourront acquérir et que les uns et les autres pourront vendre au fil des délais et au fil de leurs besoins.  Il faut dire qu’au-delà des certains avantages, nous avons au-delà de la diversification dont je viens de parler, des avantages fiscaux où les actions sont moins fiscalisées que les produits de placement.  Je vois les sociétés de bourse qui ont l’habitude d’avoir ce type d’opérations dans la salle et aussi le fait qu’à un moment, lorsque vous voulez effectivement sceller votre action, vous aurez en face de la liquidité pour pouvoir faire face à cette cession.  Je pense que c’est un moment unique. C’est un moment important de notre marché financier. Au-delà des questions-réponses qui seront faites, nous aurons l’occasion d’échanger en B2B pour pouvoir approfondir les avantages que nous offrons par rapport à cette opération dans la salle de bourse. »

Intégration professionnelle : Camtel épouse la vision de Paul Biya pour l’autonomisation des jeunes et des femmes

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Conformément à cette vision présidentielle visant à promouvoir l’autonomisation et la protection des jeunes et des femmes, Cameroon Telecommunications (Camtel) a accueilli 127 jeunes techniciens afin de renforcer son réseau et garantir un service de qualité. Vingt-quatre heures après l’engagement réitéré par le Président Paul Biya d’ouvrir davantage d’opportunités à la jeunesse et aux femmes, Camtel a immédiatement réagi en intégrant 127 jeunes Camerounais à la première promotion de son Programme d’Intégration Professionnelle (PIP).

 Ces jeunes professionnels ont été accueillis le mardi 25 novembre 2025, lors d’une cérémonie présidée par le Directeur Général de l’entreprise, Judith Yah Sunday Epse Achidi, au Centre National du Réseau de Télécommunications d’Urgence à Ekounou, Yaoundé. Sélectionnés dans divers établissements d’enseignement supérieur à travers le pays, ils constituent la première promotion du Programme d’Intégration Professionnelle de Camtel, qui vise à offrir aux jeunes diplômés une première expérience au sein des différents services opérationnels de l’entreprise.

 Après deux semaines d’imprégnation, les techniciens sont désormais prêts à rejoindre les équipes opérationnelles de Camtel sur le terrain, pour une durée de six mois renouvelables une fois. Avant leur prise de fonction, le Directeur Général de Camtel, Judith Yah Sunday Epse Achidi, les a exhortés à se distinguer par leur détermination, leur engagement, leur intégrité et leur compétence. « Je suis ravie de lancer le Programme d’intégration professionnelle, qui offre aux jeunes diplômés l’opportunité de démontrer leur savoir-faire et d’acquérir de l’expérience. Ce programme, entièrement conçu par Camtel, vise à offrir aux jeunes une première immersion professionnelle dans les différents secteurs d’activité de notre entreprise », a déclaré le Directeur Général. Soulignant la pertinence du dispositif, elle a indiqué que le Programme d’intégration professionnelle de Camtel s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Son Excellence le Président Paul Biya, visant à offrir davantage d’opportunités aux jeunes et aux femmes, comme l’a rappelé son discours d’investiture du 6 novembre 2025.

 Pendant deux semaines, les 127 jeunes techniciens ont été immergés dans la réalité de l’entreprise à travers plusieurs modules théoriques portant sur les valeurs, les missions et la vision de Camtel, les techniques d’exploitation et de maintenance du réseau, Fiber Connect, entre autres. Ils ont également été associés aux différentes équipes techniques sur le terrain afin de confronter la théorie à la pratique. Ces sessions leur ont permis d’avoir un premier contact significatif avec le monde professionnel, loin des salles de classe.

 Très reconnaissants, ils ont exprimé leur gratitude au Directeur Général pour cette opportunité unique. « Nous vous remercions pour cette opportunité et nous nous engageons à faire preuve de discipline et de professionnalisme, et à bannir toute forme de malversation dans l’exercice de nos fonctions », a déclaré le représentant de la promotion.

 Lancé il y a plusieurs mois, le programme avait attiré plus de 270 candidats issus d’établissements d’enseignement supérieur à travers le pays. Leurs dossiers ont été examinés avant la tenue des entretiens de sélection. Le 7 novembre, au lendemain de l’investiture du Président Biya, 127 d’entre eux ont été retenus pour bénéficier d’une expérience professionnelle de six mois, renouvelable une fois.

 PRÈS DE 600 JEUNES DÉJÀ FORMÉS

L’accueil de 127 jeunes Camerounais s’inscrit dans une dynamique plus large de recrutements rigoureux et transparents initiés par Camtel dès 2024. Le 31 octobre 2025, l’opérateur historique des télécommunications a intégré 180 jeunes agents commerciaux pour renforcer ses équipes. Ce contingent s’ajoute aux 75 ingénieurs recrutés en février 2025 et aux 180 techniciens recrutés en août 2024. Selon le Directeur Général, Judith Yah Sunday Epse Achidi, ces recrutements traduisent la volonté de Camtel d’améliorer en profondeur la qualité de service et de consolider sa position de leader du secteur.

Budget 2026 : le gouvernement propose 8 816,4 milliards FCFA, en hausse de 14 %

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Chiffré à 8816,4 milliards de francs CFA, le projet de loi de finances 2026 déposé ce 26 novembre à l’Assemblée nationale affiche une progression notable du budget de l’État, dans un contexte international toujours marqué par l’incertitude mais où le Cameroun projette un regain de dynamisme économique.

Selon l’exposé des motifs présenté aux députés, l’économie mondiale devrait connaître une croissance de 3,1 % en 2026, légèrement inférieure à celle de 2025. La zone CEMAC présente une meilleure résilience, avec une accélération annoncée de l’activité économique, le taux de croissance passant de 2,6 % en 2025 à 3,3 % en 2026.

Au niveau national, les projections sont favorables. La croissance économique du Cameroun pourrait atteindre 4,3 % en 2026 contre 3,9 % en 2025, portée principalement par les performances du secteur non pétrolier. Le secteur pétrolier connaîtrait quant à lui une légère contraction de 0,1 %. L’inflation poursuivrait sa décrue et se situerait autour de 3 %, après 3,2 % un an plus tôt.

Pour accompagner cette dynamique, le gouvernement propose un budget de 8 816,4 milliards FCFA, contre 7 335,9 milliards en 2025, soit une augmentation de 1 080,5 milliards représentant une hausse de 14 %. Le budget général atteint 8 683,9 milliards, tandis que les Comptes d’Affectation Spéciale montent à 132,5 milliards, presque le double des prévisions de l’exercice précédent. Les recettes internes sont estimées à 5 887 milliards, composées des recettes pétrolières et gazières, des recettes fiscales et douanières qui représentent la plus grande part, des recettes non fiscales ainsi que des dons.

Les dépenses publiques hors principal de la dette s’élèvent à 6 210,5 milliards en 2026, en progression de 10 %. Elles intègrent les dépenses de personnel, les biens et services, les transferts et subventions, les intérêts de la dette et les investissements publics. Le Budget d’Investissement Public représente 35,7 % des dépenses primaires mais voit sa part dans le budget global reculer à 22,8 %.

Le solde global demeure déficitaire, atteignant 631 milliards, contre 309,9 milliards en 2025. Avec l’amortissement de la dette, le remboursement des crédits de TVA, le paiement des arriérés intérieurs et les sorties de trésorerie, le besoin total de financement pour 2026 s’élève à 3 104,2 milliards, soit près de 800 milliards de plus que l’exercice précédent. Pour couvrir cet écart, le gouvernement envisage le recours aux prêts-projets, aux titres publics, aux financements bancaires, aux appuis budgétaires, aux financements exceptionnels et aux emprunts extérieurs pour un montant d’un trillion de francs CFA.

Le projet introduit également plusieurs innovations structurelles. Il supprime les chapitres communs au profit de deux dotations logées respectivement au ministère des Finances et au ministère de l’Économie, revoit la présentation budgétaire de certaines institutions de souveraineté, applique entièrement la nouvelle nomenclature budgétaire et transforme le Fonds de reconstruction des régions touchées par les crises en deux mécanismes distincts pour améliorer l’efficacité.

Conformément aux engagements du Chef de l’État lors de sa prestation de serment, un Fonds spécial dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi des jeunes est créé, doté d’une enveloppe de 50 milliards de FCFA.

Le gouvernement affirme que la politique budgétaire demeure alignée sur les exigences de convergence de la CEMAC et sur les objectifs de la SND30. Le texte est désormais entre les mains du Parlement, appelé à examiner les équilibres et choix stratégiques qui guideront l’action publique en 2026.

GETEC 2025 : le MINPMEESA octroie 420 millions FCFA de subventions aux junior entreprises

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Au cœur de cet événement, le MINPMEESA s’est affirmé une fois de plus comme un acteur majeur de la promotion de l’entrepreneuriat jeune, en réaffirmant son engagement à travers une subvention significative destinée aux juniors entreprises issues des universités et institutions partenaires. Ce financement vise prioritairement à renforcer les capacités productives des jeunes promoteurs, encourager l’innovation et soutenir l’émergence de solutions locales compétitives sur les marchés sous-régional, continental et international.

Dans son adresse aux récipiendaires, le Ministre des PMEESA, Achille BASSILEKIN III, a rappelé la constance de l’État dans le financement des initiatives entrepreneuriales universitaires. Il a indiqué que, jusqu’en 2024, le Ministère a transféré un montant cumulé de 2,7 milliards de FCFA aux universités d’État pour soutenir leurs incubateurs, sur la base de conventions formelles et de cahiers de charges garantissant une utilisation rigoureuse de ces ressources.

Signe fort de la volonté du Gouvernement de renforcer davantage cet écosystème, le Ministre a annoncé l’augmentation de la subvention dédiée aux meilleures juniors entreprises du GETEC 2026, portée à 450 millions de FCFA. Cette progression traduit l’ambition du MINPMEESA de stimuler la culture entrepreneuriale chez les jeunes, de consolider les modèles économiques émergents et de favoriser l’industrialisation progressive des initiatives issues du milieu universitaire.

Les bénéficiaires de cette année interviennent dans divers secteurs stratégiques tels que l’agro-industrie, la transformation forêt-bois, le numérique, la communication et plusieurs autres domaines porteurs. Le montant le plus élevé attribué à une junior entreprise s’élève à 45 251 400 FCFA, confirmant la volonté de l’État de soutenir efficacement des projets à fort potentiel.

Avec ce renforcement de son appui, le MINPMEESA réaffirme son rôle central dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs et son ambition d’inscrire la jeunesse camerounaise au cœur de la dynamique nationale de croissance, de compétitivité et d’innovation.

Péages automatiques : l’État va payer 30 milliards FCFA à Tollcam

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C’est une autre affaire qui fait grand bruit dans les milieux d’affaires au Cameroun. Alors que le public assistait avec stupéfaction et sans la moindre information du gouvernement à la mort lente des 7 premiers postes de péage automatique construits à coût de milliards de FCFA, c’est le rapport de certification des comptes de l’État pour l’exercice 2024 de la Chambre des comptes, qui vient remettre au-devant de la scène, le contentieux autour du projet d’automatisation des péages routiers. Selon ce rapport, Tollcam Partenariat SAS, joint-venture des groupes français Fayat et Egis chargée de la construction de 14 postes de péage automatique, a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Paris pour réclamer 30 milliards FCFA à l’État du Cameroun, à la suite d’une rupture unilatérale du contrat de Partenariat public-privé (PPP) attribué en 2019.

Selon la Chambre des comptes, une procédure de règlement amiable a été engagée entre l’État du Cameroun et son partenaire privé. Et des informations glanées du ministère des Travaux publique, l’on apprend qu’après la résiliation du contrat avec l’entreprise Tollcam Partenariats SAS, le gouvernement a prévu dans le budget 2026, le paiement de 20 milliards de FCFA en guise de premier versement de l’indemnité due à la société de projet, les 10 milliards FCFA restants devant être soldes en 2027, conformément aux dispositions contractuelles. La résiliation du contrat ayant entraîné le paiement d’une indemnité couvrant l’encours de la dette contractée par la société de projet, y compris le capital, les intérêts et les commissions, ainsi que l’encours des fonds propres, la perte de profit du partenaire et les coûts ou réclamations liés à la résiliation.

L’on précise également que la signature du protocole d’accord avec Tollcam est en cours de finalisation. Tout en rappelant que l’État n’a jusqu’à présent engagé aucune dépense pour la construction des sept postes de péage automatisés, les travaux ayant été entièrement financés par Tollcam via des emprunts contractés auprès des banques commerciales après la signature du contrat en mai 2020.

Aux sources du différend

C’est en mai 2020 que Tollcam a signé son contrat avec l’Etat du Cameroun et a sous-traité la construction à Razel-bec, et l’exploitation à Egis Road Opération. Ce contrat portait sur la conception ; la construction ; l’équipement ; l’exploitation et la maintenance des 14 péages, en mode Partenariat public-privé. Un projet d’automatisation des postes de péage routier déclaré éligible au régime des contrats de partenariat, le 5 avril 2016, « sur la base d’une étude technico-économique à partir de l’APD ». Il avait d’ailleurs reçu la non-objection du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (Carpa), organe expert de l’État en matière de PPP, ainsi qu’un avis favorable de soutenabilité financière du ministère des Finances (Minfi), cosignataire avec le Mintp du contrat de Tollcam. L’entrée en vigueur du contrat, précise-t-on, a été retardée par la pandémie de Covid-19 et les exigences des institutions financières, le closing financier étant finalement obtenu en juin 2022 grâce à l’intervention de GuarantCo. Les travaux ont débuté fin 2022 sur les sept premiers postes : Mbankomo, Boumnyebel, Edéa, Tiko, Mbanga, Nsimalen et Nkometou. Après divers ajustements techniques, les réserves ont été levées en janvier 2024, permettant la mise en service progressive des équipements et des systèmes automatisés.

Le projet d’automatisation des péages, rappelle-t-on, a été lancé pour moderniser la collecte des recettes routières et optimiser les performances du réseau national. Initialement confié à un partenaire privé dans le cadre d’un Partenariat public-privé (PPP), il a conduit, en février 2024, à la décision du gouvernement de reprendre directement l’exploitation des gares de péage pour le compte de l’État. Alors que ces postes de péage automatique devaient être fonctionnels dès le mois de septembre 2023, ces infrastructures ne le sont pas jusqu’à aujourd’hui, alors que les travaux sont achevés. A la grande surprise, une semaine avant leur mise en service officielle, le 2 février 2024, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a officiellement notifié à Tollcam, la résiliation de son contrat. Dans la correspondance adressée à Philippe Serain, président de Tollcam Partenariat SAS, le gouvernement annonçait la transformation du PPP en marché public, retirant à Tollcam l’exploitation et la maintenance des 14 péages, ne lui laissant que la conception, la construction et l’équipement. Ces prestations doivent désormais être rémunérées dans le cadre d’un marché public à conclure. Ce différend a déjà entraîné la suspension de paiements et le licenciement de plus de 200 salariés de l’entreprise partenaire Egis.

Zones d’ombre sur les motifs de mutation du contrat

D’après certaines indiscrétions, la décision de muter le contrat aurait été prise par le chef de l’État, Paul Biya, sur la base d’un dossier préparé par le Secrétariat général de la présidence. Ce document mettrait en exergue le niveau jugé problématique des loyers à verser au partenaire privé. Pour un investissement initial de 42 milliards FCFA, Tollcam devait percevoir, sur 18 ans, un total de 195 milliards FCFA TTC. A l’échéance du PPP en 2041, le scénario financier comparatif prévoyait que les recettes cumulées des 14 péages automatisés atteindraient 632,6 milliards FCFA, sur la base d’un tarif de péage maintenu à 500 FCFA. En versant 195 milliards FCFA au partenaire privé, le Trésor public dégagerait ainsi un gain net de 437,6 milliards FCFA (impôts, taxes et autres prélèvements non inclus), soit plus du double des 210,7 milliards FCFA attendus sur 18 ans si les péages restaient non modernisés.

Toutefois, le Mintp avait signalé une réserve majeure concernant les sept premiers postes de péage automatique déjà construits. Cette réserve portait sur l’intégrité de la connexion entre le système de collecte des recettes (paiements électroniques et espèces) et le système central de la partie publique. L’enjeu étant de permettre au Mintp et au Minfi de disposer d’une visibilité en temps réel sur les recettes collectées. Cette exigence de traçabilité et de contrôle des flux financiers constitue un point sensible dans la finalisation du dispositif.

La décision de suspendre le PPP et sa mutation en marché public dans ce projet implique donc que l’entreprise détenue par le groupement français Fayat et Egis ne devrait désormais qu’être chargée de prestations pour lesquelles il sera désormais rémunéré dans le cadre d’un marché public à conclure. Après un investissement de 42 milliards de Fcfa, Tollcam devait initialement se faire payer des loyers annuels d’un montant total de 195 milliards de Fcfa sur les 18 années d’exploitation prévues dans le contrat.

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