jeudi, avril 9, 2026
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Le Minpmeesa transfère 1,5 milliard FCFA à la BC-PME pour financer des PME agropastorales et halieutiques

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L’accord paraphé ce jeudi à Yaoundé entre Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat et Amadou Haman directeur général adjoint de la Banque Camerounaise des PME (BC-PME) porte en effet sur le transfert de 1,5 milliard FCFA. Le dispositif vise le financement de petites entreprises, de très petites entreprises (TPE) et d’organisations de l’Économie Sociale engagées dans les secteurs agropastoral et halieutique. Le dispositif vise le financement de petites entreprises, de très petites entreprises (TPE) et d’organisations de l’Économie Sociale engagées dans les secteurs agropastoral et halieutique.

L’opération s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH), un programme gouvernemental conçu pour développer la production locale, réduire la dépendance aux importations et améliorer la compétitivité des entreprises nationales. L’import-substitution consiste à produire localement des biens auparavant importés, afin de limiter les sorties de devises et de renforcer les chaînes de valeur internes.

L’enveloppe financière est répartie en trois axes. 330 millions FCFA financeront des unités individuelles de transformation agroalimentaire, c’est-à-dire de petites structures chargées de transformer des produits agricoles bruts en produits finis. 930 millions FCFA seront affectés à la création de trois unités collectives pilotes, destinées à mutualiser les équipements et les compétences au bénéfice de plusieurs organisations locales. 240 millions FCFA serviront à l’acquisition de pressoirs modernes pour les coopératives de production d’huile de palme.

La BC-PME devient l’opérateur chargé de sélectionner les bénéficiaires selon leur capacité à contribuer aux objectifs du programme. Les financements devront être octroyés à un taux bonifié plafonné à 4% toutes taxes comprises, nettement inférieur aux taux usuels pratiqués sur le marché local du crédit. Cette bonification vise à réduire le coût d’accès au financement pour des acteurs souvent confrontés à des contraintes de liquidité.

La banque devra en outre appliquer le mécanisme de suivi-évaluation prévu dans la convention. Le dispositif permettra de vérifier l’usage des fonds, de mesurer l’évolution des capacités de production et d’évaluer la pertinence des investissements réalisés dans les chaînes de valeur ciblées.

Le département ministériel annonce également une extension du programme en 2026, avec une enveloppe prévisionnelle de 1,6 milliard FCFA pour poursuivre l’appui aux entreprises locales et renforcer les filières agropastorales et halieutiques.

Un guichet dédié aux projets portés par les jeunes sera ouvert au sein de la BC-PME. Il offrira un accès simplifié au financement pour les initiatives entrepreneuriales dans l’agriculture, l’artisanat et l’économie sociale, avec pour enjeu d’accroître la participation des jeunes dans les activités productives.

L’ensemble du dispositif place les petites entreprises au centre d’une stratégie de production locale, de réduction des importations et de valorisation des ressources nationales.

Le Minfi inaugure le siège du Bureau national Carte rose Cemac à Douala

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L’ouverture officielle du siège du Bureau national Carte rose de la Cemac à Douala, présidée le 3 décembre 2025 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, s’inscrit dans un processus élargi de structuration institutionnelle en Afrique centrale. Le bâtiment, d’un coût de 2,7 milliards FCFA, constitue un maillon opérationnel de l’écosystème régional dédié à la libre circulation et à la gestion financière des risques routiers transfrontaliers.

En inaugurant cette infrastructure, le ministre des Finances a rappelé que le Cameroun matérialise ainsi les engagements pris par les chefs d’État de la sous-région pour une coopération plus intégrée. La Carte rose, instaurée le 1er juillet 1996, est un dispositif juridique permettant à un automobiliste assuré de circuler dans les six pays membres sans souscrire une assurance additionnelle. L’outil joue un rôle d’harmonisation réglementaire et d’interopérabilité financière entre les systèmes nationaux.

Le Bureau national camerounais, créé par arrêté ministériel le 3 mai 1999, avait reçu à son lancement une garantie publique de 20 millions FCFA destinée à sécuriser le mécanisme. Cette garantie constitue un signal de soutien étatique à la gestion des risques routiers transfrontaliers et à la protection des usagers. Le ministre a souligné que cet ancrage institutionnel sert à stabiliser les transactions entre assureurs tout en assurant la continuité du service sur le territoire.

Richard Lowé, fondateur d’Activa, a rappelé que la Carte rose ne constitue pas une compagnie d’assurance, mais un système d’intégration financière applicable sur plusieurs zones du continent. Chaque région dispose de sa variante : carte brune en Afrique de l’Ouest, carte verte au Nord et carte jaune en Afrique australe. L’objectif continental est d’assurer une gestion cohérente des risques de circulation interétatique par un ensemble de règles communes et un système de règlement des sinistres centralisé.

« Dans les situations de détresse que traversent les victimes de sinistres impliquant des conducteurs étrangers, ce lieu doit être le premier recours, l’endroit où l’État se matérialise, où la justice administrative prend forme, où la solidarité communautaire se concrétise » a déclaré Louis Paul Motaze dans son discours de circonstance. Et de poursuivre : « le bureau national n’est pas l’assureur de civilement responsable. Il ne peut pas faire l’objet de saisies solidaires par simple assimilation, car la République ne confond jamais garantie du système et responsabilité contractuelle ».

L’immeuble inauguré à Douala vient renforcer cette infrastructure régionale. Selon Richard Lowé, il symbolise la capacité du Cameroun à soutenir les mécanismes financiers de la Cemac et à consolider sa place dans les systèmes d’intégration. Sa mise en service améliore les conditions d’opérationnalisation du dispositif, notamment en matière de traitement des dossiers, de coordination interbureaux et de gouvernance administrative.

L’infrastructure s’inscrit dans les instruments de régulation financière et de stabilisation des échanges de la Cemac, dans un contexte où la libre circulation des personnes et des biens demeure un objectif structurant de la sous-région. Le siège de Douala constitue désormais un élément physique renforçant l’interconnexion institutionnelle et opérationnelle nécessaire à une Afrique centrale plus intégrée.

Des guichets automatiques de la Campost annoncés en 2026 pour renforcer l’inclusion financière

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La programmation budgétaire du département ministériel repose sur une dotation de 18,962 milliards FCFA inscrite au Budget d’Investissement Public. Les projets couvrent plusieurs volets : mise à niveau des équipements, extension du réseau téléphonique et internet dans les services centraux, sécurisation des processus administratifs et harmonisation des infrastructures de base.

Une étude préalable est également prévue pour le portail agropastoral Camagro, destiné à structurer la circulation d’informations techniques et commerciales dans les filières agricoles et pastorales. Le portefeuille inclut des projets à forte intensité technologique. Le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (Patnuc) vise l’extension des réseaux numériques en zones rurales, où la couverture reste insuffisante et limite l’accès aux services digitaux essentiels.

L’extension de la phase IV du Backbone National à Fibre Optique, infrastructure stratégique pour le transport de données, constitue un autre axe majeur. Ce backbone doit améliorer la qualité de service, réduire les coûts de transmission et renforcer la résilience du réseau national. Le budget prévoit aussi le paiement d’arriérés liés au projet Central African Backbone (CAB) et une étude de faisabilité pour une plateforme de commerce électronique sous Campost, intégrant commande, paiement et livraison.

Sur le plan opérationnel, le ministère programme la réhabilitation et la construction de bureaux de poste, ainsi que le lancement d’un réseau de monétique sous Campost. Vingt guichets automatiques bancaires seront installés dans les dix régions. La monétique, ensemble des technologies de paiement électronique, doit renforcer l’inclusion financière et moderniser les services postaux.

Le projet Cameroon Digital Connect complète ces initiatives en proposant un environnement numérique harmonisé pour les services gouvernementaux et une plateforme de signalement des contenus illicites en ligne. Campost, opérateur postal public, inscrit plusieurs chantiers dans son plan d’action 2026. L’entreprise doit poursuivre la mise en œuvre de son plan stratégique 2025-2030 et formaliser un contrat de performance avec l’État, afin de clarifier obligations, ressources et indicateurs de suivi.

Le programme inclut l’achèvement des activités résiduelles du Contrat-Plan en cours et la finalisation d’un manuel de procédures pour standardiser les opérations internes. Sur le segment numérique, Campost prévoit la mise en service de sa plateforme d’e-commerce Bolamba, ainsi que l’intégration des besoins des administrations publiques dans l’application d’adressage numérique et le plan de localisation postale, étape clé pour la logistique, les livraisons et la planification territoriale.

Énergie : près de 302 milliards FCFA pour renforcer la production et la distribution énergétique au Cameroun

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La première composante, consacrée à l’offre d’énergie, mobilise 173,2 milliards FCFA. Elle porte sur la poursuite de grands chantiers : le barrage hydroélectrique de Kikot (500 MW), les projets de Bini à Warak (90 MW) et de Minkouma (300 MW), ainsi que la centrale à gaz de Limbé (350 MW). Ces ouvrages représentent près de 2 100 MW potentiels, destinés à équilibrer l’offre et la demande nationale.

En parallèle, des études se poursuivent pour des centrales solaires et de petites unités hydroélectriques à Vina Pont Lac et Mbalang Djalingo. La deuxième composante concerne le transport de l’énergie. Les crédits visent la poursuite des lignes 225 kV Ebolowa-Kribi et 90 kV Mbalmayo-Mekin, l’interconnexion Tchad-Cameroun, ainsi que le renforcement des réseaux de Douala et Yaoundé. L’achèvement de la ligne 225 kV Piti-Ngodi Bakoko et l’extension du poste associé doivent densifier et stabiliser le réseau national, condition essentielle pour évacuer l’énergie produite par les barrages et soutenir l’industrialisation.

Le volet « accès à l’énergie », doté de 118,2 milliards FCFA, bénéficie des appuis de la Banque mondiale et de la BAD. Il prévoit l’installation de 200 000 kits de comptage communicants, 2 000 compteurs intelligents, le remplacement de 10 000 poteaux bois par des supports en béton, l’électrification des chefs-lieux administratifs et la construction de points de distribution de produits pétroliers et de gaz domestique à Lagdo et Magada.

Enfin, 10,5 milliards FCFA supplémentaires seront transférés aux collectivités territoriales pour renforcer leur rôle dans la planification énergétique locale.

La BD « Survivre à un Parent Toxique et Violent » brise le silence sur les violences intrafamiliale

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« Survivre à un Parent Toxique et Violent » n’est pas seulement un support narratif destiné au divertissement. Cette bande dessinée est un outil de plaidoyer public, mobilisé pour traiter les violences intrafamiliales. Carine Bahanag, autrice franco-camerounaise utilise ce support pour sensibiliser les politiques publiques et les dispositifs d’accompagnement peinent encore à rendre accessibles au plus grand nombre. L’ouvrage de Carine Bahanag, artiste féministe explore les mécanismes de survie d’une enfant confrontée à un parent violent, en combinant un récit autobiographique, un dessin expressif et un usage assumé de l’humour noir.

Le récit met en scène une enfant simplement appelée « la petite fille ». L’absence de prénom n’est pas une figure stylistique mais un choix de mise à distance. Selon l’autrice, ce personnage représente la condition universelle des enfants victimes, et renvoie aussi à un phénomène fréquemment observé dans les parcours traumatiques : la dépersonnalisation ou la déréalisation. Ces termes désignent un mode de perception altéré dans lequel l’individu ne se sent plus pleinement réel. En retraçant ces états sans vocabulaire psychologique, l’ouvrage rend perceptible une réalité souvent invisible dans les débats publics : l’impact émotionnel et cognitif des violences sur la construction identitaire de l’enfant.

Ce choix narratif s’accompagne d’une orientation visuelle précise. La petite fille est noire, inscrite dans un environnement africain, un ancrage assumé par l’autrice. Le concept artistique a été développé par Nade en 2022, puis transcrit en illustration par Karamba Dramé. L’univers graphique privilégie une atmosphère oscillant entre malaise, tension et respiration humoristique. Cette esthétique soutient l’objectif central du livre : permettre aux lecteurs de saisir le décalage entre les stratégies d’adaptation que développent les enfants victimes et la manière dont la société interprète ces comportements une fois à l’âge adulte.

Carine Bahanag explique avoir longtemps été perçue comme une personne « forte », « capable » et fonctionnelle. Ce regard social valorisant les performances des survivants occulte souvent la souffrance, l’épuisement et les mécanismes de survie qui s’installent durablement. L’autrice évoque deux épisodes de burn-out comme moments de rupture qui lui ont révélé le coût émotionnel d’un rôle intériorisé depuis l’enfance. Elle relie cette expérience au silence collectif qui entoure souvent les violences intrafamiliales : une société qui peine à entendre la détresse des victimes mais applaudit la résilience observée après coup.

Dans ce contexte, la forme choisie pour le livre — une parodie de manuel de développement personnel — devient un outil de critique sociale. Le format « how to », habituellement utilisé pour présenter des solutions rapides et individualisées, est ici détourné pour montrer l’absurdité d’un système où la responsabilité de la « guérison » repose sur l’enfant ou l’adulte victime, plutôt que sur les institutions, les familles ou les politiques de protection. Le parent violent est d’ailleurs désigné uniquement par l’acronyme « PTV » (Parent Toxique et Violent), une manière de représenter un comportement plutôt qu’une personne singulière. Cette approche facilite l’intégration de l’ouvrage dans des contextes éducatifs ou thérapeutiques où la personnalisation excessive d’un cas peut freiner la discussion.

La dimension pédagogique se retrouve dans la manière dont les stratégies de survie sont présentées. La petite fille invente, détourne, imagine et rationalise pour échapper à la terreur que lui inspire son père. Ces mécanismes sont reproduits de façon volontairement exagérée pour rendre visibles des réactions souvent méconnues : hypervigilance, retrait, créativité défensive, suradaptation. L’humour noir fonctionne comme une médiation émotionnelle, permettant de décrire des situations douloureuses sans les édulcorer et sans imposer une charge trop frontale aux lecteurs.

Dans un contexte international où les programmes de prévention cherchent à développer des supports adaptés à des environnements scolaires, médicaux ou communautaires, cette bande dessinée apporte un matériau exploitable. Sa forme illustrée permet une lecture individuelle ou collective ; ses ressorts narratifs facilitent l’identification sans exposition traumatique ; son angle critique ouvre la voie à des échanges sur la responsabilité sociale face aux violences. L’ouvrage ne prétend pas résoudre un problème d’ampleur mondiale, mais il contribue à lever le tabou qui entoure les violences intrafamiliales et à réduire la stigmatisation qui touche les victimes devenues adultes.

« Survivre à un Parent Toxique et Violent » s’insère ainsi dans une dynamique globale où la culture, les arts visuels et les récits graphiques participent à la sensibilisation. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle que près d’un milliard d’enfants âgés de 2 à 17 ans subissent chaque année des violences physiques, émotionnelles, des négligences ou d’autres formes de maltraitance. Ce volume massif, associé à un tabou persistant dans de nombreux pays, renforce la nécessité d’outils de sensibilisation capables d’atteindre des publics divers, notamment les adolescents, les parents, les enseignants, les travailleurs sociaux et les acteurs de la santé mentale. La BD de Carine Bahanag s’inscrit dans ce registre : un matériau accessible, narratif et visuel, qui permet d’aborder une problématique difficile sans jargon technique ni exposition traumatisante.

L’API signe deux conventions d’investissement de plus de 20 milliards de FCFA

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La signature, le 26 novembre 2025 à Yaoundé, de deux conventions d’investissement entre l’Agence de promotion des investissements (API) et des opérateurs chinois et libanais illustre la place croissante des régimes incitatifs dans la stratégie d’industrialisation camerounaise. L’API, institution publique chargée d’accorder des facilités financières et douanières aux entreprises productives, a validé deux projets dont la configuration financière éclaire la structure actuelle du capital manufacturier.

Le premier projet concerne La Camerounaise de construction et de béton Sarl, dirigée par Han-Xiaomei. L’entreprise prévoit l’installation, à Yaoundé, d’une unité de production de béton destinée aux chantiers de bâtiments et de routes. Le capital engagé dépasse cinq milliards de FCFA. Selon les projections transmises à l’API, l’activité pourrait générer environ 100 emplois directs et plus de 500 emplois indirects. La logique capitalistique du projet repose sur un investissement industriel lourd — machines de broyage, malaxage et dosage — dont le coût d’entrée justifie l’usage d’un régime d’exonération pour réduire les charges à l’importation. Les exonérations fiscalo-douanières, qui couvrent plus de 90 % des redevances normalement dues, s’appliqueront sur dix ans, répartis entre une phase d’implantation (cinq ans) et une phase d’exploitation (cinq ans). Ce type de dispositif vise à alléger le CapEx initial, c’est-à-dire les dépenses d’investissement nécessaires au lancement de l’activité.

Le second projet implique Amana Motors Company, représentée par Hassan Hijazi. L’entreprise prévoit l’installation, au Port autonome de Douala, d’une unité industrielle d’assemblage de motos à deux et trois roues. Le coût annoncé excède 15 milliards de FCFA, soit un niveau triple de celui du projet cimentier. Les projections d’emploi associés atteignent plus de 500 emplois directs et plus de 1 000 emplois indirects à long terme. La configuration financière est typique des industries d’assemblage, où l’essentiel des dépenses concerne les chaînes de montage, les équipements logistiques et les approvisionnements initiaux. Comme pour le premier projet, les exonérations accordées, supérieures à 90 % des droits et taxes, neutralisent une grande partie du coût d’importation des équipements et pièces détachées.

L’examen comparé des deux investissements met en évidence un ratio incitations/CapEx particulièrement élevé. Pour l’industrie du béton, les exonérations couvrent presque intégralement les charges douanières sur une enveloppe d’investissement d’environ cinq milliards de FCFA, ce qui réduit fortement la barrière d’entrée dans un segment capitalistique traditionnellement coûteux. Pour l’assemblage de motos, les facilités s’appliquent à un investissement trois fois plus important, ce qui donne à l’exonération un effet de levier notable sur la compétitivité future de l’unité d’assemblage. Dans les deux cas, la durée de dix ans place le Cameroun dans la catégorie des pays offrant un amortissement fiscal long, utile aux secteurs où le retour sur investissement — ou ROI, indicateur de rentabilité d’un projet — nécessite plusieurs cycles de production.

Les représentants des deux entreprises ont salué ces facilités, y voyant un cadre favorable à la mise en œuvre de leurs projets industriels. Le directeur général par intérim de l’API, Boma Donatus, a estimé que ces signatures confirment l’attractivité du Cameroun pour les investisseurs étrangers et souligné la présence d’un capital mixte associant partenaires chinois et libanais à des opérateurs locaux.

La question de la soutenabilité budgétaire de ce régime d’exonérations se pose toutefois dans tout dispositif incitatif de long terme. Un taux supérieur à 90 % sur une décennie implique une forte réduction des recettes fiscales potentielles. Le gouvernement mise sur un retour indirect via la création d’emplois, l’effet multiplicateur sur les chaînes de valeur locales et l’émergence d’une base industrielle capable de renforcer l’assiette fiscale après la période d’exonération.

Ces deux conventions illustrent ainsi la stratégie camerounaise consistant à mobiliser l’incitation fiscale comme instrument d’attraction du capital productif. Elles éclairent également la structure du risque financier pris par les investisseurs, atténué par un dispositif qui réduit le coût initial d’entrée sur le marché tout en cherchant à stimuler une industrialisation orientée vers l’emploi.

La BAD accorde 16,3 milliards FCFA à CCA-Bank pour renforcer l’accès des PME au crédit  

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Le Groupe de la Banque africaine de développement a annoncé, le 2 décembre 2025, l’approbation d’une facilité de financement du commerce de 25 millions d’euros – environ 16,3 milliards FCFA – en faveur de CCA-Bank. La décision, prise lors d’une session du Conseil d’administration tenue la veille à Abidjan, porte sur la mise à disposition d’une Garantie de Transaction, un instrument conçu pour couvrir les risques des opérations de financement du commerce effectuées par les banques africaines éligibles.

Dans le communiqué publié depuis Abidjan, la Banque explique que cette facilité permettra de soutenir les importations d’équipements destinés aux secteurs industriel, agro-industriel et des télécommunications.

Lamin Drammeh, Chef de la Division du Financement du Commerce du Groupe de la Banque, précise que la garantie pourra couvrir « jusqu’à 100 % » des opérations concernées par les banques confirmatrices, afin de faciliter la confirmation des lettres de crédit et des instruments similaires émis par CCA-Bank au profit des PME camerounaises.

Léandre Bassolé, Directeur général de la région Afrique centrale, indique que cette opération s’inscrit dans la volonté de l’institution d’accroître ses interventions directes en faveur du secteur privé au Cameroun.

« Elle renforcera la capacité de la CCA-Bank à soutenir les activités des PME, y compris celles détenues par des femmes et des jeunes, afin de dynamiser le secteur productif local, de faciliter la croissance économique et de créer et maintenir des milliers d’emplois », a-t-il déclaré.

Marguerite Fonkwen Atanga, Directrice générale de CCA-Bank, se félicite de ce premier soutien financier direct du Groupe de la Banque africaine de développement. « Nous tenons à exprimer notre gratitude au Groupe de la Banque africaine de développement pour cette importante facilité de financement du commerce.

Ce partenariat stratégique marque une étape majeure pour notre institution et renforcera considérablement notre capacité à soutenir les petites et moyennes entreprises, les femmes entrepreneures et les start-ups au Cameroun et en Afrique », a-t-elle déclaré.

La Banque africaine de développement rappelle que sa Garantie de Transaction, lancée en 2021, couvre plusieurs types d’instruments de financement du commerce, dont les lettres de crédit confirmées, les engagements de paiement irrévocables, les traites endossées ou encore les billets à ordre. L’outil est destiné aux banques inscrites et actives en Afrique après un processus de diligence raisonnable.

En dehors de ce financement de la BAD, CCA-Bank a obtenu deux autres appuis internationaux plus tôt dans l’année pour soutenir les PME. Le 24 avril 2025, la Société islamique pour le développement du secteur privé, membre du Groupe de la Banque islamique de Développement, a mis à disposition 15 millions d’euros, soit environ 9,8 milliards FCFA, pour améliorer l’accès au crédit dans les secteurs à fort potentiel comme l’agroalimentaire, les transports ou la santé.

Puis, le 21 mai 2025, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID à Alger, la Société internationale islamique de Financement du Commerce a annoncé une nouvelle facilité de 10 millions d’euros, environ 6,5 milliards FCFA, toujours en faveur de CCA-Bank.

Loi de Finances: Des coupes budgétaires, mais la consommation de l’État reste soutenue

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Dans le projet de loi de finances en cours d’examen au Parlement, les données transmises par le ministère des Finances montrent que les dépenses de biens et services augmentent nettement en 2026, malgré les instructions récurrentes de maîtrise du train de vie de l’État. En 2025, ces dépenses s’établissaient à 1 121,6 milliards de FCFA. Pour 2026, le gouvernement prévoit 1 320,9 milliards de FCFA, soit une progression d’environ 199 milliards de FCFA.

Les achats de biens, qui regroupent l’acquisition de matières, de matériel, de fournitures ou d’énergie, restent globalement stables mais affichent des dynamiques contrastées. Les postes dédiés aux matières, matériels et fournitures passent de 112,9 milliards de FCFA en 2025 à 107,8 milliards en 2026, ce qui traduit une légère baisse. À l’inverse, les dépenses liées à la consommation d’eau, d’électricité, de gaz et d’autres sources d’énergie progressent sensiblement, passant de 75,5 milliards à 80,1 milliards de FCFA, soit près de 4,6 milliards de plus. Le poste concernant le matériel et les fournitures spécifiques, qui renvoie à des équipements utilisés dans des missions techniques de l’administration, reste presque inchangé, s’établissant autour de 115,8 milliards de FCFA en 2025 et 115,4 milliards en 2026.

Du côté des achats de services, une catégorie qui inclut le transport des agents publics, les missions, les loyers, les travaux de maintenance ou encore les honoraires. Leur montant diminue entre 2025 et 2026, mais reste élevé. Ils passent de 557,8 milliards de FCFA à 372,8 milliards, principalement en raison d’une réorganisation interne de certains postes, mais plusieurs segments stratégiques continuent d’augmenter.

Les frais de transport et de mission, par exemple, progressent de 70,8 milliards à 75,4 milliards de FCFA. Les honoraires et études, régulièrement critiqués pour leur coût, passent de 43,9 milliards à 77,3 milliards, soit une hausse très significative. Les dépenses consacrées aux relations publiques et à la communication, qui avaient été ciblées par les consignes de réduction, montent également de 63,8 milliards à 73,5 milliards de FCFA. Les frais de formation du personnel suivent la même trajectoire en passant de 35,4 milliards à 39,3 milliards de FCFA. Quelques postes diminuent toutefois, comme les loyers, qui reculent de 63 milliards à 24,1 milliards, ou l’entretien et la maintenance, qui passent de 27,5 milliards à 35,6 milliards.

Au-delà de ces deux blocs, des mouvements apparaissent aussi dans les autres services, une catégorie comprenant notamment le remboursement de certaines recettes encaissées. Les montants prévus évoluent de 86 milliards à 92,3 milliards de FCFA, tandis que les différentes recettes fiscales et non fiscales associées à ce chapitre connaissent des ajustements internes.

Ces évolutions contrastent avec les mesures de réduction annoncées un an plus tôt. Dans l’ordonnance modifiant la loi de finances 2024, signée le 20 juin 2024 par le président Paul Biya, l’État avait réduit ses prévisions d’achats de biens et services de plus de 80 milliards de FCFA.

152 milliards FCFA de subventions pour les entreprises publiques en 2026

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Selon le projet de loi de finances, les subventions destinées aux entreprises publiques vont passer de 1,5 milliard de FCFA en 2025 à 152,26 milliards de FCFA en 2026. Soit une hausse de 150 milliards FCFA, en valeur absolue et 10 50%, en valeur relative. Cette hausse significative qui n’est pas étayée par la moindre explication des décideurs, intervient dans un contexte ou le gouvernement camerounais multiplie les initiatives pour faciliter le retour de la performance, mais aussi de la rentabilité dans ces entreprises considérées comme des gouffres a sous pour les finances publiques.

Depuis le 18 juillet 2025, date correspondant à la publication de l’ordonnance présidentielle les rendant éligibles aux incitations à l’investissement, elles ont désormais droit aux avantages garantis par cette mesure de promotion de l’investissement.

Un coup de pouce de plus pour des entreprises qui cumulent d’importantes pertes, depuis plusieurs années, ce qui a entraîné des recapitalisations et autres formes d’appui financier. En 2021, un document annexé à la loi de finances indiquait déjà que les quarante-quatre entreprises publiques camerounaises avaient accumulé 224 milliards de FCFA de pertes entre 2017 et 2019.

Cette situation a conduit la présidence de la République à appeler, dans une circulaire relative à la préparation du budget 2025, à un encadrement plus strict des subventions. La circulaire insiste sur l’obligation d’évaluer les besoins réels des établissements et d’examiner l’exécution de leurs précédents budgets. Elle rappelle aussi que chaque ministre doit transmettre au chef de l’État un rapport annuel sur la situation des entités dont il assure la tutelle technique, conformément aux prescriptions légales.

Baisse continue des subventions aux entreprises privées

Les entreprises privées évoluent dans un sens exactement inverse, avec un recul des montants inscrits, qui passent de 7,606 milliards de FCFA en 2025 à 5,025 milliards de FCFA pour 2026.  Ces évolutions interviennent après une année 2024 marquée par un resserrement général des transferts directs de l’État, tel que l’a établi la Chambre des comptes dans ses dernières publications. Le rapport indique que les entreprises publiques ont vu leurs subventions diminuer de manière sensible, passant de 17,68 milliards de FCFA en 2023 à 14,06 milliards de FCFA en 2024.

 La différence atteint 3,62 milliards de FCFA, ce qui correspond à un repli de 20 %. Les entreprises privées ont connu une contraction encore plus marquée, leurs dotations chutant de 20,31 milliards de FCFA en 2023 à 14,51 milliards de FCFA en 2024. L’écart de 5,8 milliards de FCFA représente une baisse de 30 %.

Africa Processing Company inaugure sa 2ème usine de transformation de cacao à Dimako

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L’inauguration, le 28 novembre 2025 à Ngolambélé dans l’arrondissement de Dimako, de la deuxième unité industrielle d’Africa Processing Company (APC) confirme la montée en puissance d’un acteur 100 % camerounais dans un segment dominé depuis des décennies par les multinationales. Présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des responsables de la filière et des opérateurs économiques, traduisant l’enjeu stratégique d’un investissement qui redéfinit progressivement l’architecture nationale de transformation du cacao. APC, fondée et dirigée par Lisette Claudia Tame Soumedjong, occupe désormais une place singulière dans le paysage industriel.

 Alors que la transformation locale reste largement portée par des groupes internationaux tels que Barry Callebaut, Tiger Brands, Atlantic Cocoa ou Neo Industry, APC se distingue par un modèle de croissance appuyé sur une double implantation industrielle : un premier site à Mbankomo, mis en service en janvier 2025, et une seconde unité désormais opérationnelle à Ngolambélé. Cette configuration permet à l’entreprise de se rapprocher des bassins de production et de réduire les coûts logistiques liés à l’acheminement des fèves.

La capacité installée d’APC illustre l’ambition de sa trajectoire. L’entreprise traite actuellement environ 8 000 tonnes de cacao par an. Elle projette d’atteindre 24 000 tonnes à l’horizon 2028-2029, soit une croissance de 200 % en moins de cinq ans. Dans l’industrie du cacao, la capacité de transformation renvoie au volume annuel de fèves qu’une usine peut convertir en produits semi-finis ou finis, tels que la pâte de cacao, le beurre de cacao ou la poudre. Ces produits servent ensuite de base à l’industrie chocolatière ou cosmétique internationale.

 La montée d’APC s’inscrit dans la stratégie publique de transformation locale, rappelée à Dimako par le ministre du Commerce. Le membre du gouvernement a exhorté les producteurs à privilégier la vente en circuit court, c’est-à-dire la commercialisation directe aux transformateurs sans intermédiaires, afin d’améliorer la rémunération des planteurs. Le ministre a également indiqué que le gouvernement vise l’installation d’une unité de transformation dans chaque département pour mieux structurer les flux de production et réduire la dépendance aux exportations de fèves brutes.

Le volume croissant des exportations de produits semi-finis montre d’ailleurs l’évolution du modèle camerounais : en 2024, selon les données du Minepat, le pays a exporté 61 527 tonnes de pâte de cacao pour une valeur de 210 milliards FCFA, en hausse de 115,5 % par rapport à 2023. Le beurre de cacao a atteint 24 819 tonnes pour 99 milliards FCFA, soit une progression de 78,6 % en valeur. L’implantation de Ngolambélé est alignée sur cette dynamique.

Située au cœur du bassin cacaoyer du Haut-Nyong, l’usine consolide une chaîne de valeur locale en créant des emplois techniques et industriels et en stimulant l’activité des producteurs. APC développe une gamme couvrant la poudre de cacao – naturelle ou alcalinisée –, la masse de cacao, le beurre de cacao et des produits finis destinés à la consommation directe. L’alcalinisation, un procédé chimique utilisé pour modifier l’acidité de la poudre et améliorer sa solubilité, permet à l’entreprise de répondre à des exigences spécifiques de l’industrie agroalimentaire.

 L’expansion d’APC intervient dans un contexte de renforcement des incitations à l’investissement. L’entreprise fait partie des cinq sociétés industrielles ayant signé, le 13 novembre dernier, des conventions avec l’Agence de Promotion des Investissements, portant sur la création d’emplois, le développement de la production locale et l’amélioration des performances environnementales. Ces engagements soutiennent l’augmentation des capacités et l’extension géographique des implantations industrielles.

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