jeudi, avril 9, 2026
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Poisson, viande, légumes… l’inflation dévore le budget des ménages

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La légère progression de 0,3 % des prix à la consommation en octobre 2025 masque des tensions beaucoup plus fortes sur les denrées alimentaires. Les prix de ce groupe ont augmenté de 0,6 % en un mois, prolongeant la tendance observée depuis février. Cette poussée résulte d’un renchérissement simultané de plusieurs produits de base : légumes, huiles, viandes, poissons et fruits de mer.

Sur douze mois, l’inflation moyenne atteint 3,7 %. Le niveau se rapproche du critère communautaire fixé à 3 % dans la zone CEMAC, mais les produits alimentaires restent le principal moteur de la hausse, avec un accroissement de 7 %. Les services de transport, eux, progressent de 4,2 %, renforçant les pressions sur les prix finaux.

Le phénomène ne se limite pas à une seule région. L’inflation varie de 2,5 % à Bertoua à 4,8 % à Bamenda. Les zones les plus touchées cumulent coûts de transport élevés, approvisionnement fragile et fluctuations de l’offre locale. À Ngaoundéré, Bafoussam ou Buea, la progression des prix dépasse 4 %. Ces écarts reflètent l’impact direct des routes dégradées, des perturbations logistiques et du coût du carburant sur les chaînes d’approvisionnement.

Dans ce contexte, les protéines animales — notamment le poisson et la volaille — deviennent plus coûteuses pour les ménages. Les produits halieutiques enregistrent une hausse marquée, qu’il s’agisse de poissons séchés ou fumés (bar, silure, carpe) ou de poissons frais comme le « kanga », la dorade ou le capitaine. Cette tendance s’explique par la hausse des charges des pêcheurs : carburant pour les embarcations, glacières, filets et frais de conservation. Ces intrants pèsent sur le coût final du poisson, d’autant que les transporteurs appliquent des tarifs plus élevés en raison du prix du diesel et des difficultés sur certaines routes.

La chaîne de valeur du « kanga » illustre cette contrainte. Les pêcheurs du fleuve ou des zones côtières doivent financer le carburant, l’entretien du matériel et les conditions de conservation du poisson jusqu’au quai. Les mareyeuses, qui assurent l’acheminement jusqu’aux marchés urbains, paient davantage pour le transport, les taxes locales et la manutention. Les détaillants répercutent ensuite ces hausses sur les consommateurs, parfois en ajoutant des marges nécessaires pour compenser les pertes dues à la périssabilité du produit. À chaque étape, les coûts additionnels se cumulent.

La viande n’est pas épargnée. Les hausses concernent particulièrement le poulet de chair et le poulet local sur pieds. Les éleveurs supportent l’augmentation du prix de l’aliment pour volaille — mélange de maïs, tourteaux et compléments minéraux — fortement dépendant des coûts agricoles et des importations. L’aliment constitue la dépense principale dans la filière avicole. La hausse des intrants, combinée aux frais vétérinaires et au transport, tire les prix vers le haut. Là encore, les intermédiaires appliquent des marges pour couvrir leurs propres coûts, renforçant la pression sur les consommateurs.

L’inflation dite « sous-jacente », qui exclut les produits à prix volatils comme les fruits frais ou l’énergie, s’établit à 2,3 %. Ce niveau montre que la hausse des prix ne provient pas uniquement des fluctuations saisonnières mais aussi de mécanismes plus structurels liés aux chaînes de production et d’approvisionnement. Les produits frais progressent toutefois de 11,4 %, un rythme largement au-dessus de la moyenne générale.

La composante locale de l’inflation domine. Les biens produits sur le territoire augmentent de 4,1 %, contre 2,7 % pour les biens importés. Cette différence reflète des pressions internes : hausse des coûts de production, difficultés logistiques et demande intérieure soutenue. Pour les denrées périssables, chaque perturbation dans la chaîne — carburant, fermeture temporaire d’axes routiers, rareté de l’offre — se traduit immédiatement par un ajustement des prix.

L’ensemble de ces facteurs explique pourquoi les protéines animales, essentielles dans l’alimentation quotidienne, glissent progressivement hors de portée pour une partie des ménages.

Asac : le nouveau bureau exécutif mise sur la digitalisation des services d’assurance

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C’est l’un des cinq piliers majeurs du plan d’action des deux années de mandat conféré à la nouvelle équipe dirigeante installée à la tête de l’Association des Sociétés d’Assurance du Cameroun par le ministre des Finances.

La transformation numérique est au cœur des objectifs déclinés par le nouveau bureau exécutif de l’Association des Sociétés d’Assurance du Cameroun. Le plan d’action a été dévoilé par la présidente élue, Eudoxie Douya, directrice générale de Royal Onyx Insurance lors de la cérémonie d’installation par le ministre des FinancesLouis Paul Motaze, le  4 décembre dernier à Douala.

5 leviers clés vont guider ce mandat de deux (02) ans : la digitalisation, les pools des grands risques, le développement du segment Vie, le capital humain et le dialogue institutionnel. La transformation numérique est présentée comme la clé de cette stratégie.  « Nous devons finaliser les chantiers engagés, étendre la dématérialisation à d’autres branches et faire du numérique un levier d’efficacité et de transparence » a indiqué Eudoxie Douya, nouvelle Présidente du bureau Exécutif de l’Asac. Le numérique, selon les acteurs du secteur aidera à mettre un terme à diverses mauvaises pratiques à l’instar des réseaux parallèle ou encore de fausses déclarations. Pour exemple, « la gestion manuelle des attestations d’assurance automobile doit être éliminée car les contrôles ont mis en évidence plusieurs failles : duplications, circuits parallèles, disparitions massives avec des conséquences regrettables pour le marché, l’Etat et les bénéficiaires », indique le ministre des Finances pour qui la digitalisation va aider à assainir le marché, protéger les finances publiques et renforcer la sécurité des usagers.

Pour implémenter son plan d’action, le nouveau bureau compte s’appuyer des commissions techniques et des comités ad hoc qui seront chargés de traduire en réalité les différents projets.

Le marché national des assurances a atteint 285 milliards de chiffre d’affaires à fin 2024. Globalement, le secteur connaît une croissance moyenne de 7% ces dernières années, se félicite l’équipe sortante de l’Asac conduit par Thierry Kepeden, DG d’AXA. Le secteur a enregistré une hausse de 7,14% en 2023,4,71% en 2024 et au 30 juin 2025, 4,30%.  La branche vie connaît cependant une faible évolution et moins de 2% de la population camerounaise reste couverte par une assurance. Pour le nouveau bureau, « l’assurance vie doit devenir un pilier de croissance et d’inclusion financière ».

Réaction

Louis Paul MOTAZE, ministre des Finances

 « Le nouveau bureau de l’Asac devra contribuer à l’atteinte des objectifs de la SND30 »

 « Le mandat de l’équipe sortante s’est inscrit dans la continuité de l’œuvre de leurs prédécesseurs et a contribué, sous le regard bienveillant de l’Etat, à l’amélioration de notre marché. Malgré quelques manquements, cette équipe a su accompagner la tutelle dans ses réformes structurantes, avec des résultats significatifs. Ce nouveau bureau de l’Asac devra contribuer fortement à l’atteinte des objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui vise la transformation structurelle de l’économie locale et l’accroissement de ses capacités de financement. Le nouveau bureau sera appelé à accompagner l’Etat dans la mise en place de la société nationale de Réassurance, la création d’un fonds de garantie automobile, la mise en place d’un pool de Co-assurance pour la gestion de l’assurance Location Conteneur, la réforme du Pool TPV, la poursuite du dialogue entre les acteurs intervenants dans le circuit de délivrance et de mise en œuvre de l’assurance caution, la rationalisation des plateformes numériques. Il vous revient d’intensifier la collaboration avec la tutelle, pilier de la régulation étatique d’une part, et de renforcer l’image et la crédibilité de la profession d’autres part, car servir l’assuré, c’est honorer la parole donnée »

Levée de fonds de 238 milliards FCFA : Afriland First Bank porte 21 % de l’opération

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L’opération de levée de fonds de 238 milliards FCFA initiée par l’État du Cameroun vient de confirmer, une fois encore, le rôle stratégique d’Afriland First Bank dans le financement de l’économie nationale. La banque camerounaise s’est illustrée par une participation majeure de 50 milliards FCFA, soit 21 % du montant total, intégralement décaissés dès la première tranche.

Menée sous la garantie d’Afreximbank, l’opération a mobilisé un consortium bancaire composé d’Afriland First Bank, Société Générale, BICEC, Ecobank, SCB, UBA et Access Bank. Parmi ces institutions, Afriland First Bank s’est démarquée par la rapidité de son décaissement et par l’importance de son engagement financier.

En amont, la banque avait déjà accordé à l’État une ligne de crédit court terme (revolving), permettant d’assurer une avance de trésorerie indispensable au bon déroulement de l’opération et au financement des besoins publics immédiats. Une initiative qui témoigne de sa capacité d’anticipation et de sa proximité avec les impératifs économiques nationaux.

« Je salue l’engagement d’Afriland First Bank qui s’est distinguée par une contribution majeure à la mobilisation des financements publics, notamment à travers la souscription de 50 milliards FCFA et la mise en place d’une ligne de crédit court terme. Cette posture proactive illustre un partenariat solide et une volonté affirmée de soutenir l’intérêt général », a déclaré le ministre des Finances, Louis Paul MOTAZE.

Pour Célestin GUELA SIMO, Administrateur Directeur Général d’Afriland First Bank, cette contribution s’inscrit dans la continuité d’un positionnement assumé : « Chez Afriland First Bank, nous croyons que le développement économique passe par des partenariats solides et durables. Notre contribution démontre notre volonté d’accompagner l’État du Cameroun dans ses projets stratégiques et de soutenir les acteurs économiques pour bâtir une croissance inclusive et pérenne. »

Au-delà de cette opération ponctuelle, Afriland First Bank poursuit son engagement de long terme pour le financement des projets publics, des infrastructures structurantes et des politiques économiques nationales. La banque confirme ainsi sa vocation de catalyseur du développement, tout en renforçant la stabilité financière du pays.

Leader du marché bancaire camerounais et acteur financier majeur en Afrique centrale, Afriland First Bank incarne solidité, innovation et engagement au service du développement. Au 31 octobre 2025, l’institution affichait un total bilan de 2 489,5 milliards FCFA, un encours de crédits de 1 627 milliards FCFA, un encours de dépôts de 1 840 milliards FCFA et plus de 488 milliards FCFA de financements aux États et institutions sous-régionales via des titres obligataires et bons du Trésor assimilables.

Reconnue pour son expertise et sa maîtrise du marché, Afriland First Bank propose des solutions financières adaptées à toutes les catégories de clients : particuliers, institutions, PME, grandes entreprises et acteurs publics. Une banque de référence, résolument tournée vers la croissance inclusive et le progrès économique.

Les recettes douanières bondissent de 378 milliards FCFA de 2015 à 2024

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Les chiffres consolidés sur dix ans montrent une progression régulière des recettes douanières au Cameroun. Les prévisions sont passées de 692,7 milliards de FCFA en 2015 à 1 136,2 milliards de FCFA en 2025, soit un écart de 443,5 milliards de FCFA. Sur la même période, les recettes effectivement mobilisées ont augmenté de 678,1 milliards de FCFA en 2015 à 1 055,9 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 378,2 milliards de FCFA. L’année 2023 marque un point d’inflexion : la Direction générale des Douanes dépasse pour la première fois la barre des 1 000 milliards de FCFA de recettes budgétaires. Pour 2025, l’État attend 1 136,2 milliards de FCFA. Les résultats définitifs seront connus au soir du 31 décembre 2025.

Cette dynamique repose sur plusieurs leviers internes. « L’innovation technologique, la rationalisation des contrôles douaniers, la contractualisation des relations avec le secteur privé, l’optimisation des mesures de facilitation, la promotion des régimes économiques douaniers contribuent en outre à créer un environnement propice pour la compétitivité des entreprises et celle de l’économie nationale », a rappelé Louis Paul Motaze, ministre des Finances le 9 décembre, alors qu’il procédait à la pose de la première pierre du futur immeuble-siège des Douanes à Yaoundé.

La décennie a aussi été marquée par une extension des missions de la Douane au-delà de la seule collecte des recettes. Depuis la circulaire présidentielle du 8 octobre 2020, l’administration douanière est intégrée dans la communauté nationale de défense et de sécurité. Elle intervient dans la lutte contre les trafics transfrontaliers, le transport de marchandises sensibles et les menaces émergentes. Cette évolution traduit une fonction élargie : protection de l’économie, sécurisation des frontières et contribution à la stabilité des circuits commerciaux.

La progression continue des recettes, combinée à ces transformations organisationnelles, illustre une évolution structurelle du rôle fiscal et sécuritaire de la Douane dans l’économie nationale.

Le MINFI lance à Yaoundé les travaux du nouvel immeuble-siège de la Douane, un projet de 23 milliards FCFA

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Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a lancé le 9 décembre les travaux du futur immeuble-siège de la Direction générale des Douanes (DGD), dans le nouveau quartier administratif de Yaoundé. L’infrastructure représente un investissement public d’environ 23 milliards de FCFA. Elle sera construite sur un terrain de 10 000 m², voisin du Palais d’Etoudi, et réalisée par China Machinery Engineering Corporation (CMEC) dans un délai contractuel de 42 mois, porté à 44 mois pour les prestations de maîtrise d’œuvre et de contrôle technique. L’achèvement est attendu entre 2029 et 2030.

Le programme prévoit un bâtiment principal en forme de tour comprenant deux sous-sols, un rez-de-chaussée, onze étages et une mezzanine. Deux ailes latérales, chacune dotée également de deux sous-sols, d’un rez-de-chaussée, de trois étages et d’une mezzanine, viendront compléter l’ensemble. Des aménagements extérieurs sont intégrés : guérite, circulations piétonnes et véhicules, locaux techniques, clôture, espaces verts et dispositifs pour panneaux photovoltaïques. Le site disposera de parkings souterrains et de stationnements en plein air. « A travers la construction de cet Immeuble-Siège, la direction générale des Douanes va disposer d’un cadre de travail adéquat, favorable à la performance », a déclaré Fongod Edwin Nuvaga, directeur général des Douanes.

« Ce projet vise entre autres à regrouper les services centraux de la direction générale des Douanes sur un site unique; rendre opérationnels tous les services des douanes créés; mettre à la disposition des personnels, des espaces et cadres de travail modernes, adaptés aux commodités et évolutions technologiques; améliorer la qualité du service rendu aux usagers; rehausser l’image de marque de l’Administration des Douanes, du Ministère des Finances et du Cameroun », précise le directeur général des Douanes camerounaise.

La conception fonctionnelle inclut des espaces adaptés aux exigences d’une administration fiscale centrale : salles de conférences de 200 et 500 places, bibliothèque, musée institutionnel, salles d’archives, salles de sport, cantine avec cuisine, crèche, infirmerie et zones techniques. Un système de recyclage des eaux de pluie viendra renforcer l’autonomie opérationnelle du bâtiment.

Dans son allocution, Louis Paul Motaze a rappelé que la Douane « est un maillon essentiel de la chaîne budgétaire », soulignant que ses recettes « n’ont cessé d’augmenter au fil des années ». L’administration douanière participe également à la politique d’import-substitution, un dispositif visant à réduire la dépendance du pays aux importations en stimulant la production locale, et contribue à l’attractivité des investissements privés. L’optimisation des contrôles, la digitalisation progressive et le développement de régimes économiques spécifiques — qui sont des dispositifs douaniers facilitant la transformation, le stockage ou le transit des marchandises — constituent selon le ministre des leviers pour « créer un environnement propice à la compétitivité des entreprises ».

Le ministre a également insisté sur l’évolution sécuritaire de la Douane, engagée depuis la circulaire présidentielle du 8 octobre 2020. Selon lui, « la Douane porte les attributs de gendarme de l’économie » et intervient désormais dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, le terrorisme, le trafic d’explosifs improvisés, la criminalité financière, le blanchiment et le trafic d’armes légères. Les saisies répétées de stupéfiants, produits psychotropes, marchandises à double usage ou composants d’explosifs forment, selon Louis Paul Motaze, la preuve d’une administration engagée dans la protection de la société.

L’autre volet mis en avant lors de la pose de première pierre du siège de la direction de Douanes  concerne la coopération sino-camerounaise. Le ministre a rappelé que CMEC, filiale du conglomérat public chinois SINOMACH, « a remporté l’appel d’offres » et fait partie des entreprises chinoises opérant dans les infrastructures à l’international depuis la politique d’ouverture de 1978. Il a présenté ce projet comme un « acquis de la coopération bilatérale » soutenue par les présidents Paul Biya et Xi Jinping.

Le directeur général des Douanes, quant à lui, a insisté sur la finalité opérationnelle : le regroupement des services centraux aujourd’hui dispersés dans plusieurs immeubles de Yaoundé. Il a indiqué que le bâtiment permettra de « mettre à la disposition des personnels des espaces et cadres de travail modernes » et d’améliorer la qualité de service aux usagers. Il a également mis en avant la capacité du futur siège à accueillir des événements internationaux et à contribuer à l’« embellissement » urbain.

Le ministre a replacé l’ensemble dans la perspective de la Vision 2035, qui prévoit la transformation du Cameroun en économie industrialisée via la diversification, la réduction des inégalités et la montée en capacité des administrations publiques. Pour lui, la construction du siège des Douanes représente un levier institutionnel destinés à renforcer la collecte des recettes, la facilitation du commerce, la lutte contre la fraude et la participation au dispositif national de sécurité. L’opération marque ainsi la matérialisation d’un investissement budgétaire structurant pour une administration dont le rôle dans la chaîne de valeur fiscale, la gestion des flux commerciaux et la surveillance du territoire est devenu central.

Académie du Bonheur : une nouvelle organisation dédiée au bien-être voit le jour à Yaoundé

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L’assemblée s’est tenue sous le thème « Être heureux en contexte difficile : comment garder la lumière quand tout semble s’éteindre ? ». Le choix de ce sujet reflète les tensions vécues par de nombreux Camerounais : chômage, salaires impayés, stress au travail, fatigue psychologique, conflits familiaux et solitude. « Les études internationales montrent qu’un travailleur sur deux vit un stress quotidien et que les conflits familiaux sont en hausse », a expliqué Jean-Paul Tchomdou, initiateur du projet.

Au cours de la rencontre du samedi 6 décembre, les textes fondateurs ont été adoptés, la Charte du Bonheur signée et le premier bureau exécutif élu. A cette occasion, plusieurs masterclasses ont été organisées avec des experts. Notamment avec une spécialiste du bien-être en entreprise, un coach familial et une conseillère en harmonie domestique. Les discussions ont porté sur la gestion des émotions, la cohésion familiale et l’importance des plaisirs simples dans la vie quotidienne.

Les participants ont ensuite partagé leurs expériences personnelles, ouvrant la voie aux activités prévues pour 2026. L’Académie annonce des ateliers de gestion émotionnelle, des groupes de soutien, des consultations psychologiques, du coaching individuel et collectif, des conférences thématiques, des programmes pour le bien-être en entreprise et des actions de médiation familiale. Des événements ouverts au public sont également programmés : Festival du Bonheur, Week-end du Bonheur, retraites et randonnées.

Pour donner une assise intellectuelle au projet, les initiateurs s’appuient sur des références philosophiques. Sénèque écrivait que « les choses deviennent difficiles quand on n’ose pas », tandis qu’Aristote considérait le bonheur comme la finalité de l’existence. « Il s’agit de remettre cette question au centre de la vie collective et d’encourager chacun à mener la vie qu’il aime et à aimer la vie qu’il mène », a déclaré Tchomdou.

L’Académie du Bonheur trouve son origine dans un groupe WhatsApp créé en avril 2025 sous le slogan « Tout le monde a droit au bonheur ! ». Chaque semaine, les membres y explorent un thème lié au bien-être : famille, travail, relations sociales. « Ici, pas de jugement. Juste des voix qui s’élèvent pour apprendre, comprendre, guérir et transmettre », a précisé Tchomdou. En quelques mois, près de 600 personnes venues du Cameroun, d’Europe, d’Amérique et d’autres pays africains ont rejoint le mouvement.

Avec sa structuration officielle, l’Académie du Bonheur entend désormais inscrire ses activités dans un cadre organisé, doté d’organes dirigeants et de programmes réguliers. Elle se positionne comme une nouvelle initiative associative dans le domaine de la santé psychosociale, reliant expériences locales et participation internationale autour d’un même objectif : fournir des outils pratiques pour améliorer le bien-être collectif.

Les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires fragilisées par les routes dégradées et les coûts du fret

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Les derniers indicateurs publiés décrivent un environnement des affaires marqué par une montée des contraintes pour les entreprises, en particulier dans les filières agroalimentaires. Le début de la saison des pluies, qui détériore les principaux axes routiers, s’ajoute à la hausse des coûts logistiques et des matières premières, compromettant les rythmes de production dans plusieurs unités de transformation.

Les difficultés logistiques apparaissent nettement dans les réponses des entreprises. L’accessibilité aux matières premières locales se dégrade lorsque les routes secondaires deviennent impraticables. Les industries de transformation des produits agricoles, dépendantes d’un flux constant d’approvisionnement depuis les zones rurales, rapportent des retards fréquents et des ruptures qui affectent directement leurs cadences.

À ces obstacles routiers s’ajoute une hausse généralisée des intrants. Plus de 74 % des entreprises évoquent l’augmentation des prix des matières premières, tandis que 72 % signalent leur rareté. Les intrants désignent ici l’ensemble des produits nécessaires à la production : céréales, huiles, produits d’élevage, composants importés ou matériaux de conditionnement. Leur coût en hausse pèse sur les chaînes de transformation, réduisant les marges et fragilisant la trésorerie.

Les entreprises mentionnent également la progression des frais liés au passage portuaire et au fret. Le fret désigne le transport maritime ou terrestre de marchandises. Son renchérissement, signalé par 71 % des entreprises, renforce le coût final des intrants importés. Parallèlement, 76 % des entreprises relèvent une hausse des frais portuaires. Cette addition de charges logistiques alourdit le coût des matières premières et pénalise les unités qui dépendent des importations.

L’accès aux devises constitue une autre contrainte persistante. Pour 77,6 % des entreprises interrogées, la disponibilité limitée des devises ralentit les achats d’intrants à l’étranger. La “politique de change” désigne l’ensemble des règles encadrant l’accès aux monnaies étrangères. Sa complexité rallonge les délais de paiement, limite les stocks et expose les industries à des interruptions.

Les contraintes énergétiques amplifient ces difficultés. Plus de 83 % des entreprises signalent des problèmes d’accès à l’électricité, soit une progression notable par rapport au trimestre précédent. Pour les unités de transformation, l’énergie représente un poste essentiel : refroidissement, stockage, broyage, cuisson, séchage ou conditionnement dépendent d’un approvisionnement stable. Les coupures ou fluctuations entraînent des pertes de matières et augmentent les coûts de production.

Le financement devient également plus difficile. 77 % des entreprises évoquent un accès restreint au crédit, une hausse de plus de 15 points. L’insuffisance de financement limite la capacité à acheter des stocks de sécurité, à renouveler le matériel ou à absorber la hausse des coûts logistiques. La trésorerie se dégrade d’autant plus que 77 % des entreprises rapportent des retards de paiement, désormais classés parmi les principales préoccupations.

Cette accumulation de contraintes se déroule dans un contexte d’inflation maîtrisée mais toujours sensible dans les secteurs alimentaires. Selon l’Institut national de la statistique, les prix à la consommation ont progressé de 0,3 % en septembre 2025, portés par une hausse de 0,9 % des produits alimentaires, notamment les pains, céréales, fruits et légumes. Sur douze mois, l’inflation moyenne atteint 3,9 %, proche du seuil de convergence de la CEMAC fixé à 3 %.

Cet environnement met en évidence la vulnérabilité des filières agroalimentaires face à des facteurs simultanés : routes dégradées, hausse des intrants, contraintes énergétiques et difficultés d’accès au financement. Des éléments qui, cumulés, perturbent les chaînes d’approvisionnement locales et pèsent sur les capacités de transformation.

La FAO ouvre un concours régional pour projets agricoles urbains et périurbains

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La FAO a annoncé depuis Libreville le lancement d’un appel à candidatures visant les jeunes innovateurs et agri-preneurs engagés dans l’agriculture urbaine et périurbaine au Cameroun, au Gabon, au Congo et en Guinée équatoriale. Cette démarche s’inscrit dans un programme régional de coopération technique axé sur la promotion de pratiques agricoles adaptées aux villes et à leurs périphéries.

L’agriculture urbaine et périurbaine désigne l’ensemble des activités de production, de transformation et de commercialisation agricoles réalisées au cœur des villes ou dans les zones proches. Elle inclut les cultures maraîchères, l’élevage de petite taille, la pisciculture, ainsi que les services liés à la gestion ou la mise en marché des produits. Cette approche, encore peu structurée dans plusieurs pays d’Afrique centrale, gagne en importance face à l’urbanisation rapide et à la pression croissante sur l’emploi des jeunes.

Le programme piloté par la FAO entend identifier huit initiatives portées par des jeunes âgés de 18 à 35 ans. Les projets doivent relever des filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques. Ces filières recouvrent la production agricole (agro), la gestion forestière et ses produits dérivés (sylvo), l’élevage (pastoral) et la pêche ou pisciculture (halieutique). Les porteurs de projets doivent également intégrer l’usage des technologies de l’information et de la communication, qu’il s’agisse d’outils numériques de gestion, de plateformes de vente ou de solutions d’optimisation de la production.

Selon le Coordonnateur sous-régional de la FAO, Athman Mravili, l’agriculture urbaine ne se limite pas à une réponse aux besoins alimentaires. Elle constitue un levier structurant pour des villes plus autonomes et mieux préparées face aux pressions économiques et sociales. En pratique, ce type de production permet de rapprocher l’offre alimentaire des centres de consommation, de réduire les coûts logistiques, de diversifier les revenus des ménages et d’encourager l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Les candidats retenus bénéficieront d’un accompagnement technique comprenant du coaching individuel, des formations pratiques et un appui financier pour accélérer la mise en œuvre ou l’extension de leurs activités. Les projets seront d’abord présentés lors des cafés innovation organisés dans chaque pays participant, avant une sélection finale par un jury d’experts du secteur agricole.

Les candidatures sont ouvertes du 4 au 15 décembre 2025. Les jeunes entrepreneurs résidant dans l’un des quatre pays concernés doivent soumettre leurs dossiers via la plateforme projet-aup.org. Les porteurs de projets encore au stade de démarrage sont éligibles, à condition de proposer une démarche innovante dans la production, la transformation, la distribution ou les services associés à l’agriculture urbaine et périurbaine.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale visant à moderniser les systèmes alimentaires et à encourager une agriculture plus durable, plus résiliente et mieux intégrée aux territoires urbains. Elle complète les actions de la FAO, organisation spécialisée des Nations unies qui accompagne 194 États membres dans l’amélioration durable de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche et de la nutrition.

L’API signe des conventions avec la Chambre de commerce d’Éthiopie, la Magzi et le PAD

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C’était la 2e édition du « dîner des investisseurs ». Le rendez-vous gastronomique du 5 décembre 2025 était placé sous le thème « Augmenter la contribution du secteur privé au PIB du Cameroun ». Comme la première édition, cette autre édition du « dîner des investisseurs » avait donc pour vocation d’adresser les problématiques inhérentes au secteur de l’investissement. Tout en invitant les acteurs à venir s’implanter en terre camerounaise, riche en ressources halieutiques, agropastorales et même touristiques.

Une soirée qui a également vu la signature d’un mémorandum d’entente entre les directeur généraux de l’Agence de Promotion des Investissements (Api), Boma Donatus et celui du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o, en vue de faciliter les opérations d’importation. Un autre mémorandum sera signé avec le représentant de la Chambre de commerce Cameroun-Ethiopie pour ouvrir une porte aux investisseurs de ce pays-là. L’on n’oublie pas aussi la signature du plan triennal de collaboration entre l’API et la Mission d’aménagement des zones industrielles pour faciliter l’installation des entreprises. Pour Boma Donatus, plus que jamais, l’API veut soutenir les investisseurs en s’appuyant sur le triptyque confiance, fluidité et réduction de risque. Un trio qui s’articule autour des innovations telles que sont le guichet unique, un comité d’audit et l’orientation donnée aux projets.

Un bilan flatteur

Dressant à l’occasion le bilan de l’API, Boma Donatus, le DG de l’API expliqué que la mise sur pied de l’Agence et même la signature de la nouvelle ordonnance sur les incitations à l’investissement témoignent à suffisance d’une volonté du pays de faire prospérer les investisseurs pour leur permettre de participer à l’industrialisation du pays. Et comme preuves tangibles de l’efficacité de l’Agence, le DG a indiqué l’API a déjà signé jusqu’à ce jour 500 conventions d’investissements pour un total 7000 milliards de FCFA injectés, avec à la clé, 17000 emplois générés au terme du processus d’investissement.

Un riche potentiel peu exploité

Au cours de cette soirée, une visite en images, des différentes aires géographiques et des zones agro écologiques du pays, a permis aux invités d’avoir un aperçu de ces richesses et de se faire une idée des secteurs porteurs. Mais, si le Cameroun est si riche en ressources naturelles, pourquoi est-il si dépendant des importations ? A cette question, les membres du gouvernement présents, notamment le ministre charge de l’Agriculture et ministre par intérim du Tourisme et le ministre en charge de l’Elevage, ont expliqué que le pays est encore limité dans son élan industriel par le manque d’unités de transformation et de ressources humaines qualifiées. Pour sa part, le président du Mouvement des entreprises du Cameroun, Daniel Claude Abate, a relevé notamment les difficultés d’accès au foncier et d’existence de juridictions en charge des conflits d’affaires pour justifier la fragilité du climat des affaires.

Access Bank accélère son implantation au Cameroun avec le rachat de Standard Chartered

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« Cette transition représente un moment déterminant pour Standard Chartered, alors que nous recentrons nos efforts sur nos domaines d’excellence. Notre priorité tout au long du processus a été d’assurer une transition fluide pour nos employés et nos clients », a déclaré Anna Asonganyi, Directrice générale de Standard Chartered Cameroun dans un communiqué rendu public le 5 décembre 2025. Elle a ajouté que les clients et collaborateurs « continueront de bénéficier du niveau de service et d’accompagnement auquel ils sont habitués » sous l’égide d’Access Bank.

Les équipes des deux banques ont travaillé ces dernières années à l’intégration des agences, du personnel et de la clientèle dans le réseau d’Access Bank. Cette fusion opérationnelle doit permettre de développer de nouvelles offres et d’élargir la base de clients.

Access Bank Cameroon affichait déjà en 2024 une progression notable : les dépôts ont augmenté de 84,81 %, passant de 79 milliards FCFA en décembre 2023 à 146 milliards FCFA en décembre 2024. Les crédits à la clientèle atteignaient 17 milliards FCFA. La banque annonçait également un bénéfice annuel de 3,5 milliards FCFA et une hausse de 4 % du retour sur fonds propres, indicateur qui mesure la rentabilité des capitaux investis.

Renforcement du portefeuille entreprises

Avec cette acquisition, Access Bank Cameroon élargit son portefeuille, notamment dans le financement des entreprises et les services aux grandes sociétés, segments historiquement privilégiés par Standard Chartered au Cameroun. La banque affirme servir plus de 22 000 clients – entreprises, particuliers et commerçants – à travers cinq agences situées à Douala et Yaoundé.

L’opération s’inscrit dans un mouvement plus large de retrait orchestré par la maison-mère.  En 2022, Standard Chartered avait annoncé son intention de céder ses activités dans sept pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Selon Kariuki Ngari, Managing Director & CEO Standard Chartered Kenya & Africa, cette stratégie vise à « gagner en efficacité, réduire la complexité, renforcer l’échelle et servir nos clients là où notre impact est maximal ». Il a salué la collaboration avec Access Bank dans la mise en œuvre de la cession et remercié les régulateurs camerounais pour leur accompagnement. Il a rappelé que, malgré son retrait local, le groupe « continuera de faciliter les flux internationaux de capitaux à destination du pays ».

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