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Lutte contre la drépanocytose : Le Cameroun va réaliser plus de 51 000 tests gratuits

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Ledit projet bénéficie de l’accompagnement de l’Agence française de développement et de la Fondation Pierre Fabre.

Entre avril 2025 et mars 2028, plus de 51 000 tests pour détecter la drépanocytose seront réalisés grâce au Groupe d’étude de la drépanocytose du Cameroun (Gedrepacam). Ce sera dans le cadre de la deuxième phase du projet d’appui à la lutte contre la drépanocytose en Afrique Centrale et en Côte d’Ivoire (Drepacci II) dont le coup d’envoi a récemment été lancé dans la ville de Yaoundé.

L’opération va impliquer 17 formations sanitaires dans les régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest Cameroun. Entre autres activités attendues : outre la réalisation de 51 000 dépistages gratuits, le projet prévoit également des tests de confirmation sur plus de 500 enfants, la formation de 240 personnels de santé au dépistage néo-natal, l’impression de 1 500 guides de prise en charge et la formation continue de plus de 500 médecins et personnels infirmiers.

Le projet s’articule autour de trois phases. D’abord le dépistage de la maladie, en suite l’accompagnement du patient à la prise en charge et en fin, l’accompagnement des structures de la société civile mais aussi le ministère de santé publique afin de mieux coordonner les activités menées autour de la drépanocytose.

Selon les données de Gedrepacam, environ 8 000 enfants sont nés avec un syndrome drépanocytaire majeur au Cameroun entre 2022 et 2025. Au Cameroun, les familles dépensent en moyenne 53 000 FCFA pour chaque épisode de crise des personnes drépanocytaires. 

Selon le ministère camerounais de la Santé publique, la gestion de cette affection est entravée par l’absence de document de référence servant de boussole et d’un cadre de coordination des activités de prévention et de prise en charge, des cas par les différentes parties prenantes. D’où̀ l’urgence de l’implémentation d’une approche stratégique et coordonnée pour lutter efficacement contre cette maladie dévastatrice.

La Fondation Orange réhabilite l’Ecole primaire publique Gardens de Limbe

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Dans la cour de l’école, devant une foule composée d’autorités administratives et traditionnelles, de parents ainsi que des représentants de le Fondation Orange, les élèves en ont, en plus de l’exécution de l’hymne national, dédié une chanson à leurs bienfaiteurs en guise de bienvenue, sous le regard paternel de M. Viang Mekala, Préfet du département du Fako qui présidait la cérémonie de restitution des infrastructures entièrement réhabilitées par la Fondation Orange, avec à ses côtés, M. Innocent Moni, Sous-Préfet de Limbé 1 et Madame Epossi, Maire de l’arrondissement de Limbé 1 qui abritait l’évènement de ce jour .La joie perceptible sur les visages est d’autant plus justifiée que les infrastructures qui allaient être réceptionnées en leur présence offertes par la Fondation Orange, visent à assurer de meilleures conditions d’étude aux élèves de l’école.

S’exprimant au nom de la Fondation Orange Cameroun pour présenter les nouvelles infrastructures à la communauté éducative et aux autorités locales, Madame Elizabeth Mabom, SG de cette institution a expliqué les raisons du choix de la localité de Limbé par la volonté de participer à la garantie d’un développement équitable qui fournit aux populations l’accès aux commodités permettant un meilleur accès à l’éducation, conformément aux 2 principaux piliers sur lesquels s’appuient les missions, axes et domaines d’intervention régissant l’action de la Fondation Orange qui sont la santé et l’éducation.

Elle ne manquera pas de sensibiliser les élèves et les enseignants sur l’importance de l’éducation et de la qualité de l’enseignement, de même qu’elle confirmera sa volonté de renforcer le partenariat entre la Fondation Orange Cameroun et les autorités locales pour le développement de l’éducation
Il s’est agi à l’école primaire publique de Limbé Gardens, de:
• La réhabilitation et l’équipement en tables bancs neufs de 6 salles de classe,
• La construction et l’aménagement des latrines pour élèves et pour les enseignants
• La construction d’un forage à l’école publique.
• La rénovation du bureau de la Directrice de l’établissement
• -La rénovation et l’équipement de la salle informatique en mobilier et ordinateurs (15 laptops et tablettes)
• -L’aménagement d’un espace destiné à accueillir les réunions des parents d’élèves et autres
• L’installation de systèmes d’éclairage et de ventilation
• La fourniture de 300 kits scolaires aux élèves


Présidant la cérémonie de rétrocession de ces infrastructures, Monsieur Viang Mekala s’est réjoui « de ce que la réhabilitation de cette école donne à voir aujourd’hui, des bâtiments rénovés, source d’inspiration et de motivations autant pour les enseignants que pour les apprenants » de même, « il convient de saluer à juste titre les actions de la Fondation Orange Cameroun qui a consenti de lourds investissements (environ 87 millions de francs CFA) pour accompagner les pouvoirs publics dans cette région dans le cadre de ce projet. Il en appellera à la conscience professionnelle des encadreurs et des élèves, de même qu’il sollicitera une plus grande implication des parents réunis en association pour rappeler à tous et chacun leur devoir de responsabilité car « il s’agit là d’un bien précieux qui devrait servir aux générations actuelles et futures »

Finance inclusive : 22 microfinances mobilisées pour booster les MPME en zone rurale

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La préparation de cette édition intervient alors que la mise en œuvre du Projet d’Appui à la Stratégie Nationale de la Finance Inclusive (PASNFI) atteint une phase d’exploitation pleine. Validé en 2019 mais réellement activé en janvier 2022, le dispositif financé par le troisième Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) repose sur un financement d’environ 4 milliards de FCFA confié au ministère des Finances. Il constitue la contribution centrale du programme Transfagri , dédié à l’accès au financement pour les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) rurales, les coopératives et les acteurs des chaînes de valeur agroalimentaires.

La gouvernance du dispositif s’appuie sur une chaîne décisionnelle triangulaire : le MINFI comme maître d’ouvrage, le C2D comme source de financement, et deux cabinets d’assistance technique internationale chargés de l’ingénierie opérationnelle. Cette structuration a permis de réaliser en 2022 quatre diagnostics déterminants : état de l’offre et de la demande en services financiers, performance sociale et protection de la clientèle dans les EMF, état des pratiques d’éducation financière, et analyse des systèmes d’information du secteur, notamment la Centrale des Risques des EMF (CREMF) et le système de suivi CASEMF pilotés par le CNEF.

Sur cette base, la montée en charge de 2023 a vu le déploiement de l’ensemble des trois sous-composantes : développement de produits financiers adaptés, amélioration de la performance sociale et du reporting financier, puis coordination et suivi-évaluation. Le processus d’appel à projets a abouti à la réception de 36 dossiers, dont 22 ont été sélectionnés après analyse technique. Ces EMF partenaires bénéficient de conventions de partenariat et d’un appui financier total de 1,637 milliard de FCFA, dont 70% déjà décaissés pour soutenir la conception et la phase pilote de nouveaux produits.

Cinq mécanismes innovants sont testés : le warrantage (crédit adossé au stockage sécurisé), la finance islamique, le crédit-bail (micro-leasing), le cautionnement mutuel et l’agriculture contractuelle. Onze magasins de stockage ont été construits pour faciliter le warrantage, plus de 5 000 acteurs agricoles ont été sensibilisés, et une base de données de plus de 3 000 bénéficiaires potentiels a été constituée.

Parallèlement, 184 agents d’EMF, représentants du MINFI et du CNEF ont été formés, complétés par un réseau de dix consultants locaux pour l’accompagnement de terrain. Le renforcement du CNEF constitue un autre volet majeur. L’audit des applicatifs CREMF et CASEMF a ouvert la voie à leur mise à niveau, à la connexion progressive des EMF et à une amélioration attendue de la fiabilité des données financières.

L’objectif est d’accroître le nombre d’établissements transmettant régulièrement une information conforme, condition essentielle pour sécuriser le secteur et réduire les asymétries d’information qui freinent le crédit en zones rurales.

L’ensemble de ces activités s’inscrit dans les objectifs opérationnels du programme : accroître l’accès effectif des MPME rurales à des services financiers adaptés, améliorer la gouvernance sociale des EMF, structurer une éducation financière nationale et renforcer la capacité du MINFI à suivre et évaluer la SNFI. Le périmètre couvre sept régions – Adamaoua, Centre, Nord, Ouest, Nord-Ouest, Littoral et Sud-Ouest – où les tests-pilotes des nouveaux produits doivent s’achever en mars 2025.

À ce stade, la contribution du C2D et de Transfagri se matérialise par des flux financiers mobilisés, un portefeuille d’innovations en cours d’expérimentation, une infrastructure d’information financière en amélioration et une montée en compétence progressive des institutions locales.

Les travaux présentés lors des Petits Déjeuners du C2D permettront de consolider les perspectives d’accélération de la finance inclusive au Cameroun, dans un contexte où l’accès aux services financiers demeure un levier essentiel de transformation rurale.

Financement : le Japon octroie 1,5 milliard FCFA pour la 3e phase de reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest

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Dès janvier 2026, va donc démarrer la phase III du Plan présidentiel de reconstruction et de développement des régions su Nord-Ouest et du Sud-Ouest (PPRD). Les financements nécessaires à cet effet sont désormais disponibles. Le gouvernement du Cameroun, représenté par le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey et l’Ambassadeur du Japon au Cameroun, S.E Minami Kentaro, ont en effet signé, le 11 décembre 2025 à Yaoundé, le document du projet relatif à la phase III du financement pour la mise en œuvre (PPRD).

Avec cet autre financement d’un montant de 1,5 milliard de FCFA, le Japon, dixit Alamine Ousmane Alamine Mey, apporte sa pierre à la reconstruction des régions Nord-Ouest et du Sud-Ouest en crise. Particulièrement, ces financements mis à disposition par le Japon, dans le cadre de la troisième phase du PPRD, vont contribuer à la construction de 12 forages à énergie solaire ; la construction de 6 centres de santé ; la reconstruction et l’équipement de 6 écoles, dans 13 communes dans la région du Sud-ouest.

Le Minepat croit donc savoir « qu’avec ces opérations, le chef de l’État, à travers les actions du gouvernement, met en œuvre les engagements qui ont été pris dans le cadre du plan présidentiel de reconstitution et de développement. Certainement, cette dynamique-là a réussi avec l’appui d’United Nations Development Programme, le PNUD, qui est l’agence d’exécution, à la satisfaction des différentes parties prenantes ».

Avant d’ajouter que, « cette signature vient une fois de plus témoigner de la solidité des relations et de la densité de cette coopération. Il vous souvient qu’en 2019, le chef de l’État, après avoir instruit l’organisation du Grand Dialogue national, a décidé de l’instauration du Plan présidentiel de reconstruction et de développement des deux régions affectées, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ».

 En rappel, le Japon, en tant que pays partenaire bilatéral, a soutenu le PPRD dans les première et deuxième phases par une contribution de 5 millions de dollars. Ces ressources, explique-t-on, ont participé à la restauration, réhabilitation, reconstruction des infrastructures essentielles aux services sociaux de base. Il s’agit de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau potable. Dans ces deux premières phases, 700 000 personnes ont été touchées.

Blaise Nnang

Le secteur extractif verse plus 1 232 milliards FCFA dans la caisse de l’Etat en 2023

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Le Rapport ITIE 2023, récemment publié, indique que plus de 1 232,6 milliards FCFA ont été transférés au Trésor public, correspondant aux taxes, redevances et obligations financières acquittées par les entreprises extractives. Ce montant marque un recul de 12,96 % par rapport aux 1 416,22 milliards FCFA enregistrés en 2022, en lien avec la baisse de la production pétrolière et le fléchissement des cours internationaux.

Les hydrocarbures représentent 95,12 % de ces transferts, contre 3,89 % pour le transport pétrolier et 0,99 % pour les mines et carrières, confirmant la prédominance structurelle du pétrole dans la formation des recettes publiques.

Le rapport souligne également l’impact macroéconomique : ces ressources ont contribué à hauteur de 21 % au budget de l’État, 4,15 % du PIB, 32,04 % des exportations et 6,39 % des investissements. La dynamique demeure largement portée par le pétrole, tandis que les parts du transport pétrolier et des carrières, bien que marginales, témoignent d’une diversification encore limitée.

L’État a réalisé 4,1 milliards FCFA d’économies en 2025 en optimisant sa consommation d’électricité

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Selon les données rendues publiques fin novembre par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, lors de la présentation du programme de performance 2026 devant le Parlement, les administrations publiques ont économisé 4,15 milliards FCFA sur les six premiers mois de 2025 grâce au Projet de Suivi, Contrôle et Optimisation des Factures d’Électricité (PSCOFE).

Ce programme, conduit conjointement avec le ministère des Finances dans le cadre du Programme national de maîtrise de l’énergie (Proname), vise à garantir que l’État ne paie que le coût réel de sa consommation.

Le ministre a toutefois reconnu que les gains actuels n’atteignent pas encore le niveau visé. Le taux de réduction des dépenses reste limité à 7 %, alors que l’objectif fixé dans le cadre du Proname est de 30 %. Pour combler cet écart, la stratégie engagée en 2025 doit entrer dans une phase plus opérationnelle dès 2026. Les services du ministère entendent accélérer l’assainissement des points de livraison, c’est-à-dire la mise à jour exhaustive des compteurs et installations réellement utilisés par l’État, afin d’éliminer les raccordements inactifs ou redondants.

 Ils comptent également renforcer la lutte contre les pertes techniques, souvent liées à la vétusté des équipements, et promouvoir la sobriété énergétique au sein des administrations en encourageant l’utilisation d’appareils moins énergivores. L’optimisation de l’éclairage public, un poste historiquement coûteux, est également identifiée comme un levier majeur pour atteindre l’ambition gouvernementale d’abaisser d’au moins 10 % la consommation des bâtiments publics d’ici 2026.

Les économies évoquées supra, reflètent principalement l’ajustement des « puissances souscrites », un concept technique qui renvoie au niveau maximal de puissance électrique réservé auprès du fournisseur. Lorsque ce seuil est surestimé, l’abonné paie pour une capacité qu’il n’utilise jamais.

C’est précisément ce que révélait l’audit mené en 2023. Les 267 abonnés de l’État en moyenne tension examinés cette année-là n’avaient besoin que de 17 mégawatts, alors que les abonnements contractés atteignaient 56 mégawatts. Le ministre a rappelé que cet écart de plus du triple était source d’un gaspillage financier massif. À sa demande, Eneo, l’opérateur chargé de la distribution, a ramené ces puissances à un niveau compatible avec la consommation réelle.

Cette décision a déclenché les premières économies dès la fin de l’année 2023. Entre décembre 2023 et février 2024, la facture globale de l’État s’est allégée de 624,7 millions FCFA, selon les données transmises au Parlement.

Eneo estimait alors que le montant cumulé pour l’ensemble de l’année 2024 atteindrait 2,4 milliards FCFA. Une source proche du dossier, qui a requis l’anonymat, rappelle que l’administration payait jusque-là des capacités jamais utilisées, ce qui équivalait à financer une électricité fictive.

Autoroute Yaoundé-Nsimalen : un 1er financement annoncé, mais des travaux toujours incertains

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vue partielle de la maquette de la section urbaine de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen

« Je suis heureuse que Monsieur le Premier ministre ait donné des consignes pour que toutes les conditions soient réunies afin que ces travaux démarrent dès avril 2024. » Ces mots sont ceux de Célestine Ketcha Courtes, ministre de l’Habitat et du Développement urbain. Elle s’exprimait ainsi dans les colonnes de Cameroon Tribune, quelques jours après un conseil de cabinet tenu le 29 février 2024.

Cette déclaration empreinte d’enthousiasme était une réponse à notre confrère qui tentait de savoir quand aurait lieu le démarrage effectif des travaux de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen.

Plus d’un an après cette sortie, le Minhdu, qui se félicite d’avoir au moins amorcé, sur fonds propres, des travaux préliminaires comme le recalibrage du lit du Mfoundi derrière le Bois Sainte-Anastasie — où doit passer l’autoroute — ne peut toujours indiquer avec exactitude quand La construction débutera.

Toutefois, depuis le mois de novembre, tant lors de son passage devant le Parlement que dans son programme de performance pour l’exercice 2026, Célestine Ketcha Courtes répète que les travaux du lot I, qui va de l’échangeur Ahala à l’échangeur Trois-Statues en passant par Obam-Ongola, débuteront en 2026. Cette assurance découle d’une avancée majeure enregistrée en novembre.

En effet, le financement qui semblait être le principal verrou a été partiellement levé le 18 novembre 2025, lorsqu’un décret présidentiel a autorisé la signature d’une combinaison de prêts représentant environ 154,4 milliards de FCFA pour le seul premier lot, entre l’échangeur Ahala et le carrefour Trois-Statues. Ce montage inclut un crédit acheteur de 136,3 milliards de FCFA et un crédit commercial de 18,10 milliards de FCFA contractés auprès de MUFG Bank Londres.

Lors d’une séance de travail organisée au Minhdu le 9 décembre 2025, Célestine Ketcha Courtes a même laissé entendre que la signature des conventions de prêt était imminente, même s’il faut encore, pour atteindre cette conclusion heureuse, boucler les derniers réglages. « En guise de recommandations, des plannings doivent être proposés, et les procédures accélérées, afin que la convention de financement soit signée, et que les travaux puissent effectivement démarrer en début d’exercice 2026 », souligne le compte rendu du Minhdu.

Une fois cette étape franchie, le projet devra encore satisfaire un certain nombre de préalables dont le bouclage conditionne le démarrage effectif des grands travaux. Le Minhdu cite notamment l’acquisition du visa de maturité. Ce document est une attestation de préparation avancée, prouvant que le projet est « prêt à être lancé » sur les plans technique et financier, condition indispensable pour débloquer les financements.

Cela signifie, au sens du décret du 17 juin 2025 fixant les règles régissant le processus de maturation des projets et d’investissement public, que l’étude d’impact environnemental, les plans de masse, de construction et d’aménagement, ainsi que les études techniques (faisabilité, plan directeur, etc.) doivent encore être validés par les autorités compétentes afin d’obtenir ce quitus.

Le Minhdu attend également la publication du décret d’indemnisation, huit mois après que le président de la République, par un décret, a classé les terrains nécessaires au projet dans le domaine public artificiel de l’État, une étape juridique essentielle pour l’expropriation et l’indemnisation conformément à la réglementation en vigueur.

Selon toute vraisemblance, et d’après des informations obtenues auprès de sources proches du dossier, la publication dudit décret serait retardée par l’absence de financements pour les indemnisations et par un désaccord sur la partie devant supporter ces coûts. Pourtant, selon la même source, une clause contractuelle précise que cette obligation incombe à l’entreprise chargée des travaux.

La conclusion heureuse de ces deux opérations conditionne l’inscription du projet dans le Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT), ainsi que l’obtention de l’avis favorable de la Commission de la dette publique, qu’attend avec impatience le Minhdu. Autant d’éléments susceptibles de retarder le début effectif des travaux.

Malgré cette peinture un peu pessimiste, quelques progrès ont tout de même été enregistrés. L’adoption d’un décret présidentiel en avril 2025 a permis de classer en domaine public artificiel les terrains indispensables à la réalisation des travaux.

« Cette mesure a enclenché les procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique, un acte essentiel pour sécuriser les emprises touchant une cinquantaine de titres fonciers», souligne le Minhdu, qui ne donne aucune indication sur l’état d’avancement des opérations de mobilisation des financements nécessaires à la réalisation des deux autres lots.

Pour mémoire, la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen est longue de 12,3 km. Elle part de l’échangeur Ahala, situé dans l’arrondissement de Yaoundé III, pour rejoindre la sous-préfecture de Tsinga dans la commune de Yaoundé II, en passant par la Poste centrale. Le projet a été subdivisé en trois lots.

La construction du premier tronçon, qui va de l’échangeur Ahala à l’échangeur Trois-Statues en passant par Obam-Ongola sur un linéaire de 6,2 km, a été confiée à l’entreprise Buns. Quant aux lots 2 (Trois-Statues – Poste centrale) et 3 (Boulevard du 20 Mai – Carrefour Tsinga), ils ont été attribués à Razel.

D’après le Document de programme d’investissement prioritaire (PIP) 2024-2026, les travaux, qui en principe doivent débuter cette année, vont s’achever en 2027, pour un coût global de 379 milliards de FCFA.

Emmanuel Noubissie Ngankam : « Barrage Hydroélectrique de Nachtigal : La vraie-fausse controverse »

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L’actualité de ces dernières semaines au Cameroun a été, entre autres, marquée par les mutations survenues dans le secteur de l’électricité. Ces mutations tiennent en haleine l’opinion nationale, notamment les deux points nodaux que sont, d’une part, ce qui est convenu d’appeler la renationalisation d’ENEO et, d’autre part, les contours de l’exploitation du barrage hydroélectrique de Nachtigal assurée par l’entreprise NHPC (Nachtigal Hydro-Power Company).

S’agissant particulièrement de ce second point, il suscite une forte controverse, alimentée à la fois par des leaders d’opinion et les médias de tous bords. L’analyse, pertinente ou non, se dispute avec l’amalgame et parfois la désinformation, voire la manipulation, d’un public pour qui un seul fait compte : la persistance des délestages et des coupures d’électricité, alors même que l’entrée en fonction du barrage de Nachtigal et ses 420 MW était annoncée comme le début de la fin du rationnement de l’électricité.

Faut-il le rappeler, et toutes les études et analyses l’attestent, l’un des principaux facteurs limitants au développement économique et social du Cameroun, ainsi qu’à la compétitivité des entreprises, est le déficit structurel en énergie électrique. Qu’il s’agisse de la Vision 2035, de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND 30), de sa devancière le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), du Mémorandum de l’Économie Camerounaise de la Banque mondiale, du Cameroon Economic 2025 Update de juillet 2025 de la Banque mondiale, de la Stratégie de Développement Pays 2023-2028 (DSP) de la BAD, tous ces documents de référence font le même diagnostic et prescrivent la même médication en ce qui concerne l’amélioration de l’offre de l’énergie électrique au Cameroun. Le Tableau de Bord de l’économie camerounaise du 2ème trimestre 2025 publié par le GECAM révèle que 83,6% des entreprises indexent les perturbations et les difficultés d’accès à l’énergie électrique comme la principale faiblesse de l’environnement des affaires au Cameroun.

//Au-delà de l’accroissement de la capacité installée, Nachtigal est le relais permettant de procéder à la maintenance des barrages d’Edéa et Songloulou tous les deux à bout de souffle faute d’entretien //

Comme pour y donner un écho, le barrage hydroélectrique de Nachtigal, dont les premières études datent des années 70, s’est avéré être la clé de voûte de la solution à un problème structurel, du fait, entre autres, de sa capacité qui en fait la plus grande infrastructure du secteur au Cameroun. Bien plus, et au-delà de l’accroissement de la capacité installée qui, jusqu’à l’entrée en fonction de Nachtigal, stagnait autour de 1600 MW sur un potentiel de 12000 MW, ce barrage était et reste la solution idoine devant permettre de prendre le relais et d’assurer la maintenance des barrages d’Edéa construit dans les années 50 et Songloulou qui date de 1976 (environ 50 ans), tous les deux à bout de souffle faute d’entretien, ce qui représente un risque majeur d’un blackout total pour le Cameroun.

Au-delà de cette fonction stratégique qui a suscité beaucoup d’appétit, notamment celui du major des mines Rio Tinto qui a quitté le Cameroun sur la pointe des pieds en 2015 du fait, entre autres, des atermoiements autour de la réalisation de Nachtigal, une question de fond taraude les esprits et amplifie la controverse. Il s’agit du montage financier et du contrat de construction et d’exploitation du barrage avec, en ligne de mire, la clause du « Take or Pay » qui engage le distributeur ENEO (offtaker) à payer mensuellement environ 10 milliards de F CFA au consortium NHPC, que la production soit entièrement absorbée ou pas.

//La clause du « Take or Pay » présente de nombreux avantages pour toutes les parties prenantes//

La controverse autour de la clause du « Take or Pay », pour compréhensible qu’elle puisse être, relève tout simplement d’un déficit de connaissance des pratiques courantes dans le secteur de l’énergie pris au sens le plus large (pétrole, gaz et électricité). Cette clause, qui est l’élément clé de l’accord d’achat de l’électricité (Power Purchase Agreement – PPA), a priori contraignante, présente de nombreux avantages pour toutes les parties prenantes.

  • Pour l’État, cette clause permet une meilleure allocation des ressources publiques (la maximisation du financement de développement) dans ce sens qu’elle (la clause) facilite le Partenariat Public Privé (PPP), ce qui fait porter le poids du financement du projet par le secteur privé et oriente les ressources limitées de l’État vers les secteurs, notamment sociaux, peu attractifs pour les opérateurs privés. 
  • Pour les prêteurs et financiers, et dans le cas d’espèce EDF (Électricité de France) chef de file, IFC (Société Financière Internationale – Groupe de la Banque mondiale), l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA – Groupe de la Banque mondiale), Africa 50 (Groupe de la BAD), la clause Take or Pay constitue une forme de garantie en ce qui concerne la viabilité et le remboursement des investissements.
  • Pour la société de projet, en l’occurrence NHPC, la clause est également une garantie de revenu, de stabilité financière et de l’exploitation optimale de l’infrastructure. Elle réduit considérablement le risque de défaut de paiement de la part de son client ENEO. 
  • Pour ENEO, et à travers lui l’État qui s’est porté garant, le Take or Pay permet de négocier de meilleurs coûts du kWh et, au-delà, un meilleur prix de l’électricité facturé aux consommateurs (ménages et entreprises). Cette clause est particulièrement avantageuse dans un contexte de volatilité, d’imprévisibilité et de vulnérabilité à des externalités.

Plus globalement et au-delà des avantages évoqués plus haut, la bonne exécution du contrat de production et d’achat de l’électricité entre NHPC et ENEO/État renforce l’attractivité du Cameroun dans un contexte où notre pays voudrait faire de son Compact Énergétique National un exemple, voire un modèle, dans le cadre de la Mission 300, initiative de la Banque mondiale et de la Banque Africaine de Développement (BAD) lancée en janvier 2025 et dont l’objectif est d’accélérer l’accès à l’énergie électrique à 300 millions d’Africains d’ici 2030. Le Compact énergétique du Cameroun, présenté en avril 2025 à Washington lors des Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI, se veut être une boussole qui vise particulièrement à augmenter la qualité et la quantité d’énergie fournie aux consommateurs, améliorer la stabilité annuelle de l’accès à l’électricité et ce, en mobilisant environ 12,5 milliards de dollars US, (environ 7 751 milliards de CFA) dont 6,5 milliards de dollars (un peu plus de 50%) attendus du secteur privé.

Mais au-delà de ces avantages et de la pertinence du barrage de Nachtigal, des zones d’ombre demeurent et interpellent tous les maillons de la chaîne du secteur de l’électricité, car, faut-il le rappeler, NHPC en tant que producteur indépendant n’est que l’un des maillons auquel sont rattachés d’autres producteurs (barrages d’Edéa, de Songloulou et de Lagdo opérés par ENEO, le barrage de Memvele opéré par EDC, les centrales thermiques de Kribi et de Douala opérés par Globelec). En aval de la production et avant le distributeur, le maillon clé est le gestionnaire du réseau de transport, la SONATREL (Société Nationale de Transport d’Électricité) qui, depuis sa création en 2018, est responsable de l’exploitation, de la maintenance et du développement du réseau national de transport, de ses interconnexions avec d’autres réseaux et de la gestion des flux d’énergie.

//En aval de la production, les réseaux de transport et de distribution sont les maillons faibles de l’ensemble du système//

Cette dernière fonction, mal connue du grand public, fait de SONATREL LE Dispatcheur national de l’énergie électrique. C’est à elle qu’incombe au quotidien la responsabilité de réguler le niveau de production de chacun des producteurs. Il se trouve des moments de la journée où Nachtigal est contraint par le dispatcheur de réduire sa production jusqu’à 200 MW, le différentiel par rapport à la capacité optimale de 420-430 MW étant « déversé » dans la nature, même si contractuellement ENEO doit payer 412 MW.

Les autres maillons, notamment l’ARSEL (l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité), l’AER (l’Agence de l’Électrification Rurale) ont des missions définies dans la loi n°211/022 du 14 décembre 2011 régissant le secteur de l’électricité au Cameroun et les textes réglementaires spécifiques à ces entités.

Au regard de la situation actuelle du secteur, marquée entre autres sur le plan technique par un déficit de planification, la vétusté du réseau de transport et de distribution, la mauvaise conception du mix énergétique (le thermique étant conçu pour servir en base plutôt qu’en pointe), la vétusté des deux principales usines hydro-électriques Edéa et Songloulou, le système serait dans l’incapacité de supporter une production maximale du barrage de Nachtigal 24h/24. Et pour cause aux périodes creuses, le réseau de transport, qui est le maillon le plus faible du système, ne peut absorber la totalité de l’énergie produite.

Comme le prévoit le Compact Énergétique National, il devient impérieux de : (i) réviser la loi de 2011 susmentionnée en vue, entre autres, d’ouvrir le champ du transport à d’autres compétences, (ii) investir massivement dans la réhabilitation et l’extension des réseaux de transport et de distribution, (iii) engager un programme de maintenance des barrages d’Edéa, Songloulou et Lagdo grâce à l’optimisation de Nachtigal, (iv) redéfinir le rôle dévolu aux centrales thermiques qui ne devraient servir qu’en pointe et dont le coût du kWh est de près de 300 F CFA comparé à 65 F en moyenne pour l’hydro.

Toutes ces considérations techniques et bien d’autres, notamment la saine évaluation de l’opportunité de l’arrivée de nouveaux producteurs, iraient de pair avec la recherche de l’équilibre financier du secteur, véritable talon d’Achille.

Le Cameroun aligne ses lois Cemac sur les Partenariats Public-Privés (PPP) afin de booster les investissements publics

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L’atelier de mutualisation consacré à la transposition de la directive CEMAC sur les Partenariats Public-Privés (PPP) s’est tenu le 9 décembre 2025 à Yaoundé. En ouvrant les travaux, Paul Tasong, ministre délégué à l’Économie chargé de la planification, a replacé l’exercice dans le cadre communautaire : « Cet atelier avait pour objectif de s’assurer que les différents acteurs impliqués ont une base de compréhension partagée. Le Cameroun fait partie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale constituée de six États et nous avons un certain nombre d’acquis à protéger. Parmi ces acquis, il y a la monnaie : le franc CFA de l’Afrique centrale. »

La directive adoptée le 25 février 2025 vise à doter les six États membres d’un cadre juridique commun pour les PPP, afin d’harmoniser les pratiques de commande publique et de rendre les projets d’infrastructures plus attractifs pour les investisseurs. Le texte intervient dans un contexte marqué par un déficit massif en infrastructures de transport, d’énergie, de télécommunications et de services sociaux de base.

Pierre-Guillaume Boum Bissai, représentant résident de la CEMAC au Cameroun, a rappelé les contraintes qui ont conduit à l’élaboration du dispositif : « Le contexte qui a donné lieu à l’élaboration de cette directive est celui d’une Afrique centrale marquée par des défis financiers et structurels critiques. On parle d’un besoin massif d’infrastructures dans les domaines vitaux […]. Ce déficit infrastructurel s’accompagne d’un accès restreint aux financements lié à une capacité budgétaire limitée des États et à un manque de profondeur du marché financier sous-régional. » La Banque mondiale estime ce déficit à environ 2 500 milliards de FCFA par an.

Face à la faiblesse des ressources publiques et au coût de la dette, la CEMAC a retenu les PPP comme mécanisme pour attirer des capitaux privés dans le financement d’infrastructures. L’objectif est de définir des règles communes, de renforcer la transparence, de sécuriser les engagements contractuels et de rendre les projets structurants plus compétitifs.

Paul Tasong a insisté sur la dimension budgétaire du dispositif : « L’un des instruments à prendre en compte ici, c’est la politique budgétaire. Il est aujourd’hui connu que les pays en développement ont des difficultés pour accéder aux financements. Les pays de la CEMAC se sont mis d’accord sur le fait que pour résoudre cette contrainte, il faut trouver des sources alternatives comme les partenariats publics-privés. D’où la mise en œuvre de cette directive adoptée par le Conseil des ministres. Les États sont donc appelés à la transposer dans les différentes législations locales. »

La transposition nationale doit également moderniser les structures d’accompagnement, notamment le Comité d’Appui à la Réalisation des Partenariats Public-Privés (CARPA), afin d’assurer un pilotage institutionnel plus rigoureux et de limiter les risques financiers pour l’État.

Cameroun : MTN domine le marché du mobile money en 2024 avec 70,2 milliards FCFA de chiffre d’affaires

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photo générée par Mobile Money

D’après des données de l’Observatoire annuel du marché des communications électroniques publié le 9 décembre 2025 par l’Agence de régulation des télécommunications (ART), MTN Mobile Money a pris une avance nette sur Orange Money, son concurrent direct. Avec 70,2 milliards de FCFA de chiffre d’affaires en 2024, l’opérateur  trône en tête du marché camerounais des services financiers sur mobile en 2024.

Les parts de marché ont souvent fluctué entre MTN et Orange au cours des quatre dernières années. Orange Money menait en 2021 avec 45,5 milliards FCFA de chiffre d’affaires, contre 39,6 milliards FCFA pour MTN. En 2022, l’écart s’est inversé. MTN est passé en tête avec 46,2 milliards FCFA de chiffre d’affaires, devant Orange (44,5 milliards FCFA). En 2023, seules les données de MTN étaient disponibles, l’opérateur ayant déclaré 55,1 milliards FCFA de chiffre d’affaires. En 2024, MTN a davantage creusé l’écart avec 70,2 milliards FCFA, dépassant les résultats d’Orange Money 65,5 milliards FCFA.

La domination de MTN survient dans un marché en pleine expansion. Le nombre de comptes actifs continue de croître, passant de 10,7 millions en 2023 à 11,4 millions en 2024. Depuis 2021, la progression est régulière. 8,26 millions d’utilisateurs en 2021, 9,36 millions en 2022, puis 10,65 millions en 2023. Quand au chiffre d’affaires global du secteur, il est passé de 85,2 milliards FCFA en 2021 à 90,7 milliards FCFA en 2022, avant de retomber à 55,1 milliards FCFA en 2023. En 2024, il s’est établi à 135,8 milliards de FCFA.

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