samedi, avril 4, 2026
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Comment ADC a mobilisé 22,3 milliards de FCFA pour rénover l’aérogare de Douala

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La convention de prêt signée le 15 décembre 2025 à Yaoundé entre l’Agence française de développement et Aéroports du Cameroun, dépasse le cadre d’un financement classique d’infrastructure. Elle encadre le Projet de rénovation de l’aérogare passagers de l’aéroport international de Douala, connu sous l’acronyme RAP-AID, et mobilise un montage financier combinant prêt concessionnel, investissement propre de l’entreprise publique et recours à un instrument de marché.

Le financement global repose sur un prêt de l’AFD de 58,4 millions d’euros, soit 38,3 milliards de FCFA, complété par un investissement direct d’ADC évalué à 56 millions d’euros, équivalant à 36,7 milliards de FCFA. À ce socle s’ajoute l’appui de l’État camerounais, qui intervient sur la maturation du projet et la prise en charge des taxes et droits de douane liés aux travaux. La singularité du montage réside toutefois ailleurs, dans l’utilisation d’un mécanisme financier rarement mobilisé pour une infrastructure publique au Cameroun.

Un financement non souverain assumé

Le prêt accordé par l’AFD à ADC est explicitement non souverain. Concrètement, cela signifie que l’État camerounais ne se porte pas garant du remboursement de la dette contractée par l’entreprise. Le risque financier repose sur la capacité propre d’ADC à générer les ressources nécessaires au service de la dette. L’État n’intervient qu’à travers une lettre de confort, par laquelle il s’engage à créer les conditions administratives et fiscales nécessaires à la bonne exécution du projet, sans endosser la dette elle-même.

Ce schéma rompt avec les pratiques dominantes de financement des infrastructures publiques, historiquement adossées à des emprunts souverains ou à des garanties étatiques directes. Il traduit une volonté de contenir l’endettement public tout en maintenant l’investissement dans des équipements structurants, dans un contexte de contraintes budgétaires accrues.

La titrisation, cœur du montage financier

Pour compléter ce financement, ADC a mobilisé 34 millions d’euros, soit environ 22,3 milliards de FCFA, via une opération de titrisation réalisée en l’espace d’un mois. La titrisation consiste à transformer des revenus futurs prévisibles en ressources immédiatement mobilisables. Dans le cas présent, ADC a utilisé des flux financiers liés à son activité aéroportuaire comme support pour lever des fonds sur le marché, sans solliciter de garantie directe de l’État.

Ce mécanisme permet à une entreprise de convertir une partie de ses recettes attendues en liquidités, en les cédant à un véhicule financier qui émet des titres souscrits par des investisseurs. Les investisseurs sont ensuite remboursés à partir des flux générés par l’activité sous-jacente. Pour ADC, l’opération a permis d’accélérer la mobilisation des ressources nécessaires au projet RAP-AID, tout en diversifiant ses sources de financement.

La rapidité de mobilisation des fonds, rendue possible par l’implication du ministère des Finances et des équipes techniques d’ADC, a été présentée par l’AFD comme un signal de maturité institutionnelle. Elle témoigne de la capacité des acteurs publics camerounais à structurer et exécuter des instruments financiers complexes, habituellement réservés aux grandes entreprises privées ou aux marchés plus développés.

Une infrastructure au service de l’économie nationale

L’aéroport international de Douala reste la principale porte d’entrée aérienne du Cameroun et un hub sous-régional pour le commerce, le tourisme et la logistique. Sa rénovation vise une capacité d’accueil portée à 1,5 million de passagers par an, dans un environnement modernisé, plus fluide et conforme aux standards internationaux. Les travaux, qui se dérouleront en site exploité, doivent concilier continuité du service et exigences techniques.

Au-delà de l’amélioration de l’expérience passager, le projet est présenté comme un levier de compétitivité économique, avec des retombées attendues sur l’emploi, l’attractivité du territoire et l’intégration du Cameroun dans les flux régionaux et internationaux. La dimension environnementale est également intégrée, avec une trajectoire bas carbone inscrite dans les engagements de durabilité portés par les partenaires du projet.

Une rupture méthodologique plus qu’un cas isolé

En recourant à la titrisation pour financer une partie de la rénovation de l’aéroport de Douala, ADC introduit une rupture méthodologique dans le financement des infrastructures publiques au Cameroun. L’opération ne se limite pas à un besoin ponctuel de trésorerie. Elle illustre une approche fondée sur la mobilisation de ressources propres et de mécanismes de marché, dans un cadre non souverain maîtrisé.

Si ce modèle reste encore expérimental à l’échelle nationale, il pourrait servir de référence pour d’autres projets d’infrastructures portés par des entreprises publiques disposant de revenus récurrents. À court terme, il marque une étape dans la diversification des outils financiers disponibles. À moyen terme, il pose la question de la place des marchés dans le financement du développement, au-delà de l’endettement public classique.

Le Cameroun assure 46,3 % du Produit Net Bancaire de la CEMAC en 2024

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Selon le rapport annuel 2024 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), le Produit net bancaire cumulé des établissements de crédit de la CEMAC s’établit à 1 532 milliards de FCFA à fin décembre 2024. Ce niveau marque une progression de 131,5 milliards de FCFA par rapport à l’exercice 2023, soit une hausse annuelle de 9 %.

Cette évolution globale masque toutefois des dynamiques nationales contrastées. En rythme annuel, la croissance du PNB atteint 7 % au Cameroun, 26 % au Congo, 8 % au Gabon et 13 % en Guinée équatoriale, tandis que le Tchad et la République centrafricaine enregistrent respectivement des replis de 1,2 % et 1 %. Dans cet ensemble hétérogène, le Cameroun conserve une trajectoire de progression régulière, sans à-coups, qui renforce sa position centrale.

Le Cameroun concentre près de la moitié du PNB communautaire

Avec un PNB de 708,7 milliards de FCFA en 2024, les banques opérant au Cameroun génèrent à elles seules 46,3 % de la richesse bancaire produite dans l’ensemble de la CEMAC. Cette proportion place largement le pays devant le Gabon, qui capte 21,2 % du total régional, et le Congo, avec 17,8 %. Le Tchad, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine ferment la marche avec des parts nettement plus modestes.

Ce poids traduit la profondeur du marché bancaire camerounais, à la fois par la taille de son économie, la densité de son tissu d’entreprises et le volume des opérations financières traitées. Il confirme aussi que les évolutions observées au Cameroun ont un effet direct sur les équilibres globaux du système bancaire communautaire.

La relation avec la clientèle reste le premier moteur

Dans la structure du PNB régional, les opérations avec la clientèle — c’est-à-dire les revenus tirés principalement des crédits accordés et des services bancaires facturés aux clients — représentent 44,5 % en 2024. Douze mois plus tôt, cette part atteignait 46,8 %, signe d’un léger rééquilibrage vers d’autres sources de revenus, sans remise en cause de leur rôle central.

La marge issue de ces opérations progresse néanmoins en valeur absolue. Elle passe de 655,2 milliards de FCFA à fin décembre 2023 à 681,9 milliards de FCFA un an plus tard, soit une hausse de 26,7 milliards de FCFA, équivalente à 4 %. Le Cameroun capte 45,9 % de cette marge, pour un montant de 313 milliards de FCFA, confirmant sa place de principal marché de crédit et de services bancaires de la sous-région.

Une forte contribution camerounaise à la dynamique financière

La marge sur opérations financières, qui correspond aux revenus générés par la gestion des ressources à long terme des banques — comme les emprunts, les dettes subordonnées ou les placements financiers — connaît une évolution marquée en 2024. À l’échelle de la CEMAC, elle progresse de 339,7 milliards de FCFA à 429,1 milliards de FCFA, soit une augmentation de 26,3 % en un an.

Cette progression est largement imputable aux banques camerounaises, qui enregistrent à elles seules une hausse de 55,9 milliards de FCFA, correspondant à une croissance de 30,2 %. Cette performance conforte le rôle du Cameroun dans la structuration financière de la zone, notamment à travers sa capacité à mobiliser et à gérer des ressources financières de long terme.

Le recul du crédit-bail, un point de fragilité identifié

À l’inverse, la marge issue des opérations de crédit-bail, qui représente environ 1 % du PNB régional, recule fortement en 2024. Elle s’établit à 10,2 milliards de FCFA, en baisse de 47,6 % par rapport à l’année précédente. Cette contraction est principalement observée au Cameroun, où la marge chute de 12,9 milliards de FCFA, soit un repli de 73,6 %.

Le crédit-bail, qui permet aux entreprises de financer des équipements sans les acheter immédiatement, constitue un outil important pour l’investissement productif. Sa contraction au Cameroun signale un ralentissement de ce mode de financement, avec des implications potentielles pour certains secteurs économiques.

Les commissions progressent, mais à un rythme modéré au Cameroun

La marge sur opérations diverses, alimentée principalement par les commissions perçues sur les opérations de change, les chèques et autres services, atteint 466,4 milliards de FCFA en 2024, contre 409 milliards de FCFA un an plus tôt. Cette hausse de 8,2 % profite à plusieurs places bancaires.

Au Cameroun, la progression est plus contenue, avec une augmentation de 6,8 milliards de FCFA, soit 4 %. Ce rythme modéré contraste avec les hausses plus marquées observées dans certains pays voisins, mais il s’inscrit dans une dynamique de stabilité, en cohérence avec la maturité du marché bancaire national.

Un déficit de trésorerie qui s’accentue

Les opérations de trésorerie et interbancaires, qui retracent les échanges de liquidités entre banques, demeurent déficitaires à l’échelle régionale. Le solde négatif passe de 22,9 milliards de FCFA en 2023 à 55 milliards de FCFA en 2024, selon la COBAC.

Au Cameroun, ce déficit s’aggrave, passant de 9,9 milliards à 27,7 milliards de FCFA. Cette évolution traduit des tensions accrues sur la gestion de la liquidité bancaire, dans un contexte régional marqué par des déséquilibres persistants entre excédents et besoins de financement.

Une meilleure maîtrise des charges dans la durée

Malgré la hausse des frais généraux, qui atteignent 710,8 milliards de FCFA en 2024 contre 692 milliards de FCFA un an plus tôt, le secteur bancaire de la CEMAC améliore son efficacité globale. Le coefficient net d’exploitation, qui mesure le rapport entre les charges et le PNB, recule de 49,4 % à 46,4 % entre 2023 et 2024, soit une amélioration de 300 points de base.

Cette évolution signifie que, globalement, les banques parviennent à mieux contrôler leurs coûts par rapport aux revenus générés. Compte tenu du poids du Cameroun dans le PNB régional, cette amélioration reflète en grande partie les ajustements opérés sur la place bancaire camerounaise.

Les ADC et l’AFD signent un accord de 38,3 milliards FCFA pour la rénovation de l’aéroport international de Douala

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Les Aéroports du Cameroun (ADC S.A.) et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, le 15 décembre à Yaoundé, une convention de prêt d’un montant de 38,3 milliards de FCFA. Ce financement est destiné au Projet de rénovation de l’aérogare passagers de l’Aéroport international de Douala (RAP-AID). L’opération est coordonnée par le ministère des Transports et bénéficie de l’appui formel de l’État du Cameroun.

Le projet RAP-AID affiche un coût global de 95 milliards de FCFA toutes taxes comprises, pour un montant de travaux hors taxes évalué à 75 milliards de FCFA. En complément du prêt de l’AFD, ADC S.A. mobilise 36,7 milliards de FCFA sur fonds propres. L’État contribue à hauteur de 20 milliards de FCFA, sous forme de prise en charge des impôts et droits de douane, un mécanisme budgétaire usuel dans les projets d’infrastructures lourdes.

Sur le plan technique, la rénovation vise une remise à niveau complète de l’aérogare passagers afin de la conformer aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et de l’Association internationale du transport aérien (IATA). L’objectif opérationnel est l’atteinte du niveau de service IATA « C », correspondant à un standard intermédiaire garantissant une qualité de traitement jugée acceptable pour les passagers, les compagnies aériennes et les exploitants.

« Au-delà de la modernisation matérielle, ce projet porte aussi un enjeu de compétitivité économique, d’emploi, d’innovation et de rayonnement international. Il contribue directement à renforcer l’image du Cameroun et à soutenir une croissance durable dans les secteurs clés du tourisme, du commerce et du transport », a déclaré Virginie Dago, directrice de l’AFD au Cameroun. Et de poursuivre : « La rénovation intégrera enfin une trajectoire bas carbone, cohérente avec nos engagements conjoints en matière de durabilité et de modernisation responsable des infrastructures », a-t-elle déclaré dans son discours lors de la signature de convention ce lundi 15 décembre à Yaoundé.

Concrètement, le projet prévoit la séparation des flux domestiques et internationaux, tant à l’arrivée qu’au départ, afin de fluidifier les contrôles et de réduire les congestions. Les capacités d’enregistrement passeront de 20 à 30 banques. Les systèmes de traitement des bagages seront renforcés, avec l’installation de 600 mètres linéaires de carrousels. Six passerelles d’embarquement seront mises en service pour limiter l’embarquement à pied. L’accessibilité sera améliorée par l’installation de six ascenseurs et de trois rampes dédiées aux personnes à mobilité réduite.

Les infrastructures au sol feront également l’objet d’extensions significatives. Le projet prévoit la construction de 42 000 m² d’aires de trafic destinées à accueillir un plus grand nombre d’aéronefs, ainsi que le réaménagement de 25 000 m² d’espaces existants et l’ajout de 10 000 m² supplémentaires au sein de l’aérogare. L’ensemble de ces aménagements vise un relèvement du niveau de sûreté aéroportuaire, évalué à 9 sur l’échelle de conformité internationale.

Le projet est structuré en trois lots : l’extension des chaussées aéronautiques, la rénovation de l’aérogare passagers (superstructure, aménagements intérieurs et corps d’état techniques) et l’acquisition des équipements stratégiques. Le marché relatif aux chaussées a déjà été attribué à China Harbour Engineering Company pour un montant de 10,7 milliards de FCFA TTC, avec un ordre de service prenant effet le 15 décembre 2025. Les autres composantes restent conditionnées à l’obtention des avis de non-objection de l’AFD en vue du lancement des appels d’offres.

Les travaux devront être exécutés sans interruption de l’exploitation de l’aéroport. Le chronogramme d’exécution prévoit une phase zéro à partir de juin 2026, suivie de deux phases opérationnelles, dont l’achèvement est programmé pour mai 2028. Face aux interrogations liées à cet échelonnement, alors que le projet est attendu depuis 2018, le président du conseil d’administration d’ADC a apporté des clarifications. « Quand on parle de phase zéro à partir de juin 2026, cette période n’est pas vide. Elle correspond aux études et aux montages techniques et financiers, qui sont complexes et prennent du temps. Escamoter une étape peut compromettre la réussite du projet. Nous avons pris les dispositions nécessaires pour que toutes les études soient réalisées selon les règles de l’art », a déclaré Fritz Ntone Ntone, le 12 novembre 2025 à Douala, à l’issue d’une session du Conseil d’administration d’ADC.

Pour mémoire, en 2016, l’Agence française de développement avait déjà financé, à hauteur de 30 milliards de FCFA, la réhabilitation de la piste et des voies de circulation (taxiways) de l’Aéroport international de Douala.

Comment rattraper le retard pris dans la mise en œuvre de la SND30 ?

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Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND30) est donc assorti des recommandations à l’effet de rattraper le retard constaté dans l’atteinte de certains objectifs. Ainsi, cette évaluation appelle la nécessité de poursuivre et de renforcer la mise en œuvre des piliers et stratégies sectorielles avec quelques points d’attentions particuliers notamment, la nécessité de poursuivre les efforts de discipline budgétaires mis en œuvre dans le cadre du programme économique et financier avec le FMI et d’approfondir la réforme des finances publiques en lien avec le régime financier de l’Etat de 2018 et du code de transparence y associé.

 Egalement, l’on recommande de renforcer l’efficacité de l’Etat actionnaire, notamment dans un contexte de retrait d’Investisseurs dans certaines entreprises stratégiques et de viabiliser de manière volontariste l’ensemble du portefeuille d’entreprises publiques. Aussi, il est demandé de poursuivre la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISA) et de mettre en œuvre de manière efficace le projet d’aménagement de terres dans la plaine centrale (PATIPAPLACE).Tout comme la poursuite du déploiement du Programme d’impulsion initiale de la SND30 en faveur d’une programmation stratégique volontariste, en relation notamment avec la Société Nationale d’Investissement dans sa nouvelle configuration d’une part et une attention particulière sur l’aménagement de la Zone industrielle intégrée au Port de Kribi (ZIIPK) d’autre part.

Démarrer et achever le projet de réhabilitation de la SONARA

Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la SND30 recommande aussi de démarrer et d’achever le projet de réhabilitation de la SONARA en parallèle avec l’accompagnement adéquat des initiatives déjà entamées dans ce secteur ; de veiller au déploiement efficace et cohérent de la nouvelle ordonnance sur les incitations à l’investissement et l’opérationnalisation de l’APZE en vue de consolider et d’accélérer la dynamique des projets industriels et miniers en cours ; de veiller à un entretien à niveau du réseau routier pour garantir une circulabilité satisfaisante des routes avec une priorité sur les grands corridors de transports ; de veiller à un entretien à niveau des voiries notamment dans les principales villes, et parvenir à un traitement satisfaisant des déchets.

Mais également,  de mettre en œuvre en tant qu’un portefeuille, un train critique de projets d’infrastructures pour l’émergence du Cameroun, l’instrument portefeuille devant aider à construire des synergies opérationnelles pour générer des bénéfices additionnels en faveur de l’économie nationale ; de pérenniser les transferts sociaux directs et de mettre en place le Fonds de solidarité national ; de poursuivre les efforts en faveur d’un déploiement progressif de la couverture santé universelle, en élargissant le panier des soins et en mettant en place un cadre légal et réglementaire adéquat, etc.

Agriculture : La Banque islamique de développement va injecter plus de 24 milliards FCFA au Cameroun

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L’objectif pour la BID est de renforcer la résilience économique

C’est pour soutenir le projet de développement durable de l’irrigation et de la chaîne de valeur agricole.

Le 13 décembre 2025, le Conseil d’administration de la Banque islamique de développement (BID) a approuvé un nouveau programme de projets d’un montant total d’environ 1,365 milliards de dollars américains (plus de 726 milliards FCFA) pour 12 pays membres, parmi lesquels le Cameroun. C’était au cours de sa 363ème session du Conseil d’administration.

Les 14 opérations soutenant des projets de développement concernent les domaines des énergies renouvelables et des interconnexions électriques transfrontalières, des principaux axes de transport, de la sécurité hydrique et de l’agriculture, ainsi que des services d’éducation et de santé. L’objectif pour la BID est de renforcer la résilience économique, à améliorer l’accès aux services essentiels et à accélérer les progrès vers la des Objectifs de développement durable (ODD).

Pour le cas du Cameroun, le pays recevra 36,66 millions d’euros (plus de 24 milliards FCFA) pour le Projet de développement durable de l’irrigation et de la chaîne de valeur agricole, qui soutiendra une irrigation résiliente au climat, de meilleurs intrants et une infrastructure rurale améliorée. Ce projet financé par la BID vise à renforcer la sécurité alimentaire et à accroître la compétitivité des filières porteuses telles que le palmier à huile, l’ananas et le bananier plantain.

Pour mémoire, la BID fait partie des partenaires les plus constants du Cameroun, avec un porte feuille actif de 14 projets pour un montant total de 427,63 milliards FCFA. A en croire le ministère en charge de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), ce portefeuille s’est récemment renforcé, avec le projet d’Appui à l’éducation de base au Cameroun (Paebc/Cambesp), financé en partenariat avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) et le partenariat mondial pour l’éducation (GPE).

Sous-traitance : les PME s’imprègnent de la nouvelle loi

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Les responsables des PME et des PMI ont été édifiés sur les spécificités de loi promulguée cette année, à l’occasion d’une rencontre initiée par la bourse de sous-traitance à Douala.

La loi N° 2025/010 du 15 juillet 2025 portant régime de la sous-traitance au Cameroun est vulgarisée auprès des PME et PMI. Les entreprises membres de la Bourse de Sous traitance et de partenariat du Cameroun (BSTPCmr) ont bénéficié d’une journée de sensibilisation sur cette loi le 11 décembre dernier à Douala. Ils ont eu droit à une présentation globale de la loi avec des focus sur les avantages qu’elle comporte.

En réalité, ce nouveau texte donne la priorité aux locaux dans toute activité de sous-traitance. Le recours à une entreprise étrangère ne peut être fait qu’après avoir épuisé le répertoire des entreprises et des compétences locales. Les grandes entreprises ont ainsi l’obligation de sous-traiter 40% de leurs activités aux PME,  et de leur offrir des avances de démarrage d’au moins 30% du montant total.

Les participants étaient donc de divers secteurs d’activités : BTP, mines, hydrocarbures, énergie, industrie, TIC, services… Ces secteurs sont pris en compte par la loi aussi bien que les projets structurants nationaux et internationaux impliquant le Cameroun. Le séminaire a aussi donné l’occasion d’aborder la nouvelle ordonnance sur les incitations à l’investissement dans la République du Cameroun, en présentant ses avantages. « Il y a des avantages liés aux projets nouveaux, des avantages lies aux projets d’extension ; et suivant le montant investit dans le projet, il y a des avantages appropriés, ainsi que suivant la phase dans le projet nouveau à laquelle il y a des avantages spécifiques, de même que suivant la territorialité di projet, il y a des avantages. L’objectif étant d’accorder plus d’avantages aux entreprises créés dans l’arrière-pays. Pour les projets nouveaux par exemple, un projet en installation a plus d’avantages en matière d’exonération alors qu’un projet en cours d’exploitation a plus d’avantages en termes de taux réduit d’impôts », explique Constant Lobe, l’expert commis à la tâche.

 Les PME et PMI sont ainsi invitées à saisir les opportunités qu’offre le cadre règlementaire camerounais.

Réactions

Evariste YAMENI, le Directeur Exécutif de la BSTP-CMR

« La sous-traitance offre plusieurs opportunités inscrites dans le code de l’investissement »

« Le programme prévoit également une présentation et un échange sur le code de l’investissement par ce que nous avons voulu faire d’une pierre deux coups et ainsi minimiser les dépenses, mais il faut noter que la loi portant régime de la sous-traitance au Cameroun offre plusieurs opportunités inscrites dans le dernier code de l’investissement. Elle a également prévu des mécanismes d’incitation et une fiscalité attrayante pour les différents acteurs concernés.  Ce sont donc ces avantages intégrés dans le code de l’investissement qui seront également présentés aux participants par un expert venu de Yaoundé pour la cause. Nous sommes convaincus qu’à la fin, les participants auront compris cette loi et s’engageront à la respecter et la faire respecter.  La BSTP-CMR a commis un magazine de plus de 60 pages entièrement consacrés à la loi dans lequel tout y est. La loi y a été minutieusement décortiquée. Les participants recevront des exemplaires et pourront s’en référer en cas de doute. C’est le tout premier séminaire que nous organisons depuis la promulgation de la loi. Nous organiserons plusieurs autres pour sensibiliser davantage. »

Constant Lobe, Directeur du guichet unique des incitations à l’investissement privé  

« La courbe d’évolution de la création d’entreprises est exponentielle »

« La première modification de cette loi intervient en 2017 dans l’objectif de faciliter l’accès des investisseurs aux avantages. En 2017, il était question de déléguer les pouvoirs du gouvernement a des agences, ainsi, au lieu que ce soit le Minmidt qui signe la convention d’agrément au régime de l’installation, c’est désormais l’agence de promotion des investissements pour les entreprises étrangères et les grandes entreprises camerounaises et le directeur de l’Agence de la promotion des Pme pour le reste des investisseurs. En juillet 2025, il y a eu une autre avancée. Trois éléments fondamentaux ont suscité cette modification. D’abord l’effectivité des guichets uniques. La loi prévoyait qu’il y ait des guichets uniques pour le traitement des dossiers lies aux incitations. Mais, il se trouvait que l’entreprise devait encore traverser plusieurs étapes pour pouvoir bénéficier de l’incitation. Il est donc question de rassembler tout cela pour qu’il y ait un seul et unique interlocuteur. Il y a encore la territorialité. Elle accorde plus d’avantages aux investisseurs qui vont dans l’arrière-pays qu’a ceux qui sont dans les grandes villes. Enfin, il y avait des entreprises publiques qui étaient exclues de cette loi. Il fallait les réintégrer pour qu’elles puissent en bénéficier, et ainsi, les entreprises sous-traitantes pourront également en bénéficier. Nous sommes passés d’un nombre très réduit voire 2 ou 3 Pme qui sollicitaient les agréments à une vingtaine d’agréments cette année. On s’est rendu compte que les petites entreprises ont compris et prennent la chose en main. Elles se sentent plus intéressées. La courbe d’évolution de la création d’entreprises est exponentielle ces dernières années. On est parti d’un faible taux de création d’entreprises a 18000 aujourd’hui. 18000 entreprises créées par an. »

Crevettes : Bakassi, principal bassin de production subit la contrebande vers le Nigéria

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 Une bonne partie des crevettes pêchées dans cette localité est vendue au Nigéria sans déclaration selon une enquête réalisée dans la filière par la FAO avec l’appui de l’union européenne.

L’enquête a dénombré 11 107 acteurs engagés dans des activités liées à la pêche crevettière le long de la façade maritime camerounaise, dont 4 085 pêcheurs et 5 854 aides-pêcheurs. Les quantités totales de crevettes débarquées par la pêche artisanale sont estimées à 6 002 tonnes par an, pour une valeur de près de 30 milliards de FCFA. Plus de la moitié de la production provient de la péninsule de Bakassi (3 463 tonnes) qui concentre 70 % des engins de pêche, suivie du département du Wouri (1 722 tonnes), qui concentre 19% des engins de pêche, notamment les filets mousgoums.

Cependant l’enquête confirme le résultat d’un autre travail de terrain réalisé en novembre 2023. Il faisait état de ce que dans 76 % des campements de pêche crevettière de la région du Sud-Ouest, 48 % envoient leur production de crevette au Nigéria. Cette nouvelle enquête révèle que dans le département du Ndian,  67 % des campements déclarent principalement exporter leur production vers le Nigéria,  tandis que les autres départements consomment leur production.  Dans la zone de Bakassi par exemple, une bonne partie des crevettes est vendue au Nigéria sans déclaration ni suivi, en raison de la proximité des campements avec la frontière nigériane.  Cette localité du sud-ouest qui constitue le principal bassin de production nationale est ainsi menacée par un commerce illicite vers le pays voisin. Déjà que l’essentiel de la production dans cette zone n’est pas destiné au marché local. L’enquête recommande ainsi aux pouvoirs publics de trouver des moyens pour limiter ces ventes incontrôlées.

Cette enquête a été réalisée dans le cadre de la mise en œuvre du projet FISH4ACP, une initiative de la FAO visant à renforcer la durabilité et la compétitivité du secteur crevettes. Conduite du 15 au 31 mai 2024 dans les trois régions côtières du Cameroun, elle a été menée en collaboration des autorités camerounaises avec le soutien financier de l’Union européenne et de la Coopération allemande.

Cette publication présente les résultats d’une enquête de caractérisation et de dénombrement menée sur la pêche artisanale maritime crevettière au Cameroun. Elle fournit des données détaillées sur les acteurs, les engins de pêche, les captures ainsi que sur les aspects socio-économiques liés à cette activité. L’objectif est d’offrir une base d’information structurée pour appuyer les décisions stratégiques et les investissements dans la chaîne de valeur de la crevette, principal produit halieutique d’exportation du pays.

Coupe du Cameroun de football : Et de trois pour Panthère

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Le duel entre la Panthère sportive du Ndé et la Colombe du Dja et Lobo a finalement été l’affaire du club de l’Ouest (1-1/3-1 TAB). Et Bryan Fopa n’a pas volé son titre d’homme du match de la Coupe du Cameroun de football, édition 2025. L’attaquant de la Panthère sportive du Ndé est celui qui aura très tôt ouvert la voie de la victoire pour son équipe. A peine cinq minutes de jeu dans cette 64ème finale de la Coupe du Cameroun de football, que le renard des surfaces cloue le bec à l’adversaire. Profitant d’une inattention de la défense adverse,le jeune homme armé un bolide et surprend le portier de la Colombe du Dja et Lobo. Les signaux étaient déjà clairs pour le club de l’Ouest qui court après sa troisième étoile en Coupe du Cameroun.

Il faudra attendre la 45ème minutes de jeu pour voir l’oiseau du Sud rétablir l’équilibre. Sur une faute de main dans la surface, la Colombe bénéficie d’un penalty et Edzimbi remet les pendules à l’heure. Calmant ainsi les ardeurs d’un Nzuimanto époustouflant qui a depuis multiplié les occasions de saler l’addition. Réclamation d’ailleurs un penalty à la 40ème minutes, que l’arbitre n’a pas accordé.

On en restera là jusqu’au coup de sifflet final. Mais ce n’est pas faute pour l’une ou l’autre équipe d’avoir essayé de prendre le dessus. Et c’est surtout la Panthère, dans son style à l’espagnol impulsé par son entraîneur Yves Clément Arroga, qui se livre à une attaque à outrance. En face, Richard Towa et ses poulains développent une rigueur défensive. Et Panthère bute sur une muraille dont le dernier rempart est bien adroit.

Il faudra attendre la séance des tirs aux buts pour départager les deux adversaires. Malgré les bonnes dispositions du portier de Colombe, les tireurs de la Panthère sont plus réalistes et inscrivent tous leurs trois premiers tirs alors qu’en face, on n’en a inscrit qu’un seul (1-1/3-1 TAB). Le duel tourne ainsi en faveur de la Panthère qui arrache son troisième trophée en Coupe du Cameroun. Détrônant ainsi Colombe, le détenteur du titre qui courrait après sa seconde étoile.

Nzuimanto triomphe ainsi à la 64ème édition de la Coupe du Cameroun, après 1988 et 2009. Colombe devra attendre encore pour prétendre à ce trône. En revanche, pendant que la Panthère défendra les couleurs du Cameroun en Coupe de la confédération, Colombe qui visait le doublé, le fera en Ligue des champions.

Comme l’année dernière, c’est le Premier ministre Joseph Dion Ngute qui a présidé la finale au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. La finale de la Coupe du Cameroun de football clôturait comme de tradition, l’année sportive au Cameroun.

Les points forts d’Ecobank Cameroun désignée banque de l’année 2025

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Optimisation des délais d’ouverture des comptes, promotion du commerce intra africain à travers une plateforme innovante, engagement en faveur de l’inclusion financière et soutien aux communautés sont les principales initiatives qui ont permis à la banque de se démarquer.

Pour la deuxième année consécutive, Ecobank Cameroun, est désignée « Banque de l’Année 2025 » par le prestigieux magazine britannique The Banker.  En décernant ce prix à la banque, le 3 décembre dernier à Londres, les organisateurs ont salué non pas les performances financières de cette filiale mais des critères de soutenabilité et de contribution au développement durable. 

L’une des innovations d’Ecobank Cameroun qui lui vaut cette distiction est la transformation digitale. Grâce à un groupe de travail baptisé « Transformation Squad », la banque a optimisé les délais de traitement. Le délai d’ouverture de compte a été réduit de 65%  tandis que le temps moyen de traitement des demandes de crédit a été divisé par deux, passant de six à seulement trois jours.

Un autre point fort est la simplification du commerce intra africain à travers sa plateforme « Single Market Trade Hub » qui permet de connecter les PME camerounaises et de faciliter leur expansion au-delà des frontières. A date, ce sont plus de 1200 PME qui sont inscrites au niveau du Cameroun. « L’efficacité de cette plateforme s’est renforcée  grâce à son intégration avec le dépôt numérique Mansa d’Afreximbank. Cette réalisation a été un véritable « game changer » pour Ecobank Cameroun », souligne la banque.  

The banker a également noté l’engagement d’Ecobank Cameroun en faveur de l’inclusion financière, notamment à travers le programme Ellevate, dédié à l’accompagnement des entreprises dirigées par des femmes. En étendant ce programme à plus de clients, un plus grand nombre de femmes entrepreneures ont pu bénéficier de solutions financières et non financières adaptées.  Résultat :  depuis juin 2024, plus de 2 000 entreprises dirigées par des femmes inscrites et 4,8 milliards de FCFA de prêts octroyés.

 S’agissant des investissements en faveur des communautés, ce sont plus de 300 millions de FCFA qui ont été mobilisés en 11 ans avec impacts sur plus de 3000 élèves et leurs familles pendant les 3 dernières années. Les initiatives ont porté en entre autres sur le soutien aux orphelinats, l’accès l’eau potable, la prévention du paludisme, les soins maternels, le plant d’arbres etc.  Pour l’Administratrice Directrice Générale d’Ecobank Cameroun, Gwendoline Abunaw « Cette reconnaissance consécutive souligne notre parcours de transformation, depuis la refonte des processus d’intégration des clients jusqu’à l’élargissement de notre plateforme de financement dédiée aux femmes (Ellevate) et nos investissements dans l’éducation par la technologie », a-t-elle déclaré lors de la présentation de la distinction à la presse à Douala.

En dehors du Cameroun, d’autres filiales du groupe Ecobank ont également été récompensées par The Banker. Il s’agit de la Guinée Équatoriale, du Gabon, de la Gambie, de la Guinée et du Togo.

Réactions

Gwendoline Abunaw, Administratrice Directrice Générale d’Ecobank Cameroun

« Nous dédions cet award aux clients et à nos équipes » 

« Le processus de jugement enregistré par les experts mondiaux va bien au-delà de la performance financière, en cherchant l’évidence sur quatre points clés.  Le premier est sur les initiatives stratégiques. Le deuxième sur l’innovation technologique. Le troisième est la valeur ajouté d’un client. Et le dernier est l’impact sur la communauté. Après avoir revu des centaines d’entrées par catégorie, les juges ont trouvé Ecobank l’une des meilleures banques de Cameroun. Pour nous, cet award signifie trois choses majeures. Premièrement, notre dédicace aux équipes. Il reconnaît l’effort déterminé de chaque équipe d’Ecobank, de l’exécutif à l’équipe d’opérations, qui assurent un service de meilleure qualité chaque jour.  Notre dédicace aux clients. En écoutant nos clients, et en simplifiant la banque, nous avons relevé le niveau de qualité de service. L’année prochaine, nous accélérons l’innovation et renforcerons l’inclusion financière au Cameroun et dans la région. »

Aubin NOUMEGNE NANKAM, directeur de la banque commerciale Cameroun Cemac

« On a environ 12 000 entreprises enregistrées sur notre plateforme de commerce »

« Aujourd’hui, on a environ 12 000 entreprises enregistrées sur la plateforme,  globalement pour à peu près 1 300 produits.  Pour moi, c’est une excellente chose.  Ça veut dire qu’à l’échelle africaine, on a déjà 10 000 possibilités de connexion sur à peu près 1 200 produits. Si on revient au niveau de Cameroun, ici,  on était au-dessus de 900 l’année dernière, mais les derniers chiffres, nous sommes au-dessus de 1 200. Ici, au Cameroun, entreprise… On a peut-être précisé qu’on n’a pas besoin d’être client de la banque. C’est vraiment pour client et non-client. Donc, il y a à peu près 1 200 entreprises qui sont connectées. On a presque une centaine de produits enregistrés. L’impact est visible. Vous allez voir que d’une année à l’autre, la croissance est assez intéressante. Donc, à l’échelle africaine, à l’échelle locale, il y a cet impact qui est visible. Vous savez, aujourd’hui, la plupart des économies africaines, sous-régionales, et même pour l’Afrique subsaharienne en général, il y a une grosse dépendance à l’égard des exportations et des importations.  Je regarde un rapport de l’INS qui dit, par exemple, que 60% des exportations du Cameroun allaient en Asie-Afrique. Donc il y aura un impact dans l’équilibre de la balance commerciale. Pas seulement du Cameroun, pas seulement des pays de l’Afrique centrale, mais de façon générale sur les économies africaines. »

L’ITIE met en lumière l’écart entre 15 tonnes d’or informel et 22 kg déclarés en 2023 au Cameroun

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Le 28 novembre 2023, à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, un lot de 30,5 kilogrammes d’or est intercepté avant de quitter le territoire. La marchandise est saisie, puis confiée à la Caisse de dépôts et consignations pour conservation. Cet épisode, « confirme l’existence de flux physiques importants échappant au circuit légal ».

Cette saisie intervient dans un contexte où la filière aurifère camerounaise révèle une fracture profonde entre ce qui est produit dans le pays et ce qui est officiellement déclaré à l’exportation. Les chiffres du commerce international des Nations unies, compilés dans la base Comtrade, indiquent que les importations d’or déclarées comme provenant du Cameroun ont atteint 15,2 tonnes en 2023. Au même moment, la Direction générale des douanes camerounaise ne recense que 22,31 kilogrammes d’or exportés à usage non monétaire, pour une valeur de 904,14 millions de FCFA.

À partir de ces éléments, et en l’absence de données directes, le rapport 2023 de l’ITIE récemment rendu public révèle qu’on « peut raisonnablement estimer que la production informelle nationale d’or en 2023 se situe autour de 15 tonnes, soit plus de 90 % de la production totale du pays ». L’or informel recouvre ici l’ensemble des volumes extraits, achetés ou exportés en dehors des circuits agréés, sans déclaration aux administrations fiscales et douanières, et sans mécanisme de suivi officiel.

L’année 2023 ne constitue pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique plus longue. Entre 2019 et 2023, Comtrade recense plus de 30 tonnes d’or exportées depuis le Cameroun vers le reste du monde. Sur la même période, les statistiques nationales cumulées font état de moins de 200 kilogrammes officiellement exportés. Mais c’est en 2023 que l’écart atteint une ampleur inédite, avec une divergence qualifiée d’historique entre les volumes observés à l’importation par les partenaires commerciaux et ceux déclarés à l’exportation par les services douaniers camerounais.

Les routes de cet or non tracé sont connues. Près de 92 % des volumes prennent la direction des Émirats arabes unis, devenus en quelques années une plateforme centrale du commerce mondial de l’or. Environ 8 % sont destinés à l’Ouganda. L’écart persistant entre production, exportations déclarées et importations constatées ne révèle pas seulement l’ampleur du commerce informel. Il met en lumière une défaillance plus profonde : celle de la traçabilité, qui la capacité d’un État à suivre un produit depuis son point d’extraction jusqu’à sa commercialisation finale. Dans le cas de l’or camerounais, cette chaîne apparaît disloquée.

A l’observation, les exportations d’or semblent largement canalisées via des circuits non déclarés, alimentés par des réseaux d’achat parallèle et des comptoirs non agréés. Ces circuits offrent aux producteurs et aux collecteurs des conditions jugées plus avantageuses que celles du cadre légal, apprend-on. La fiscalité en vigueur — un impôt de 25 % sur les substances minières liquides, une taxe à l’exportation de 3,75 % et diverses taxes locales — s’ajoute à des procédures administratives complexes, perçues comme coûteuses et dissuasives.

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